8 critères pour comprendre et analyser le Coran !

Comprendre et analyser le Coran c’est surtout chercher à le faire dans une démarche intra-coranique puisque le Coran s’explique par le Coran lui-même. Aussi, voici une proposition de 8 critères mis en avant ci-après et reposant sur un ou plusieurs versets coraniques par lesquels Dieu définit Son Livre et la façon de l’approcher. Evidemment, des explications permettant de les détailler sont nécessaires et cela fera l’objet d’articles spécifiques ultérieures :

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Le critère 1 – La langue arabe : cela repose sur le texte coranique expliquant que le Coran fut révélé en langue arabe claire, mais aussi sur le bon-sens puisqu’il s’agit de la langue de la Révélation. Aussi, il parait évident que le Coran ne peut s’approcher de façon sérieuse, argumentée et détaillée que par le biais de la langue dans lequel il fut révélé initialement. En effet, chacun pourra convenir, du moins c’est ce que font les linguistes, que traduire c’est déjà orienter le texte et sa compréhension et donc, comme l’affirme la paronomase suivante : tradittore traditore (traduire c’est trahir).

Le critère 2 – La précision de chaque terme : cela repose sur le texte coranique puisque le Coran est défini comme explicite et sans ‘iwaj (ambiguïté). Or, il n’est pas concevable de penser que Dieu utilise des termes avec approximation du sens ou encore qu’Il utilise des termes différents pour exprimer exactement la même chose. Chaque terme choisi à son sens particulier qui le distingue des autres de façon importante ou subtile.

Le critère 3 – Pas de recours à des sources extra-coraniques : cela repose également sur le texte coranique et l’analyse des sources externes quant à leur valeur indicative, probante, irréfragable et incontestable. Dieu précise qu’Il est celui à qui incombe le bayân du Coran et, dans les faits, seul le Coran fut véritablement préservé par voie de mutawâtir. Or, il est impossible d’attribuer à Dieu le fait d’avoir lié la compréhension du texte coranique au recours à des sources singulières, douteuses et discutables, tant au niveau de la source originale, de la voie de transmission que du contenu transmis. Affirmer cela revient à affirmer que le Coran est douteux quant à son indication notamment, car celle-ci dépendrait de sources très discutables à plusieurs niveaux.

Le critère 4 – Privilégier le sens littéral : cela repose sur le texte coranique qui est défini comme étant sans ambiguïté, comme susmentionné, et sur la langue arabe puisque cela est notamment conforme à la Balagha (éloquence). Or, la cohérence linguistique impose que l’on s’exprime d’abord en des termes qui seront compris en premier lieu dans leur sens littéral (puisque la raison impose cela), et que le sens métaphorique soit utilisé avec parcimonie tout en indiquant, de manière directe ou indirecte (soit textuellement soit parce que la raison s’y oppose) quand on y a recours. C’est ce qui se produit dans le texte coranique à plusieurs reprises.

Le critère 5 – Prendre en compte la portée universelle et intemporelle du Coran : cela repose sur plusieurs versets coraniques démontrant que le Coran a une portée universelle et intemporelle, puisqu’il s’adresse à l’ensemble de l’humanité jusqu’au Jour Dernier, sauf indication textuelle contraire. Ceci dit, il convient de préciser que le Coran est souvent formulé en tenant compte des premiers destinataires de la Révélation et de leur contexte : l’Arabie du VIIe siècle. Ainsi, certains versets sont formulés de façon à ce qu’ils soient compris et appliqués d’abord par les Arabes de ce temps et certains versets normatifs ne les concernent qu’eux, notamment dans les moyens mentionnés pour réaliser les objectifs visés, puisque lesdits moyens sont ceux de leur temps. Toutefois, même si un verset normatif s’avère circonstancié dans ses moyens, son profit ou son dessein a évidemment une valeur universelle.

Le critère 6 – Le Tafsîr du Coran par le Coran : cela repose sur le texte coranique puisque Dieu explicite à plusieurs reprises qu’Il est Celui à qui le bayân (explication, éclaircissement) du Coran incombe et que Son Livre est suffisant et explicite. Nous avons développé légèrement cela plus haut. De même, pas une seule fois dans le texte coranique il est indiqué que le Messager aurait pour mission d’expliquer le Coran aux gens. Ses seules missions sont la transmission fidèle du Message, sa mise en application et le jugement par ce dernier.

Le critère 7  – Lecture holistique et non fragmentaire/atomique du Coran : ce critère repose sur le texte coranique puisque le Coran nous invite à ne pas faire de lecture fragmentaire de ce dernier et que la logique impose que la cohérence d’un texte vaut si celui-ci est lu comme un tout où chaque partie est reliée à son ensemble textuel. En effet, tout linguiste pourra affirmer qu’un texte est un ensemble structuré, homogène et cohérent de phrases ayant pour objectif de délivrer un message. Or, une lecture déstructurée ne permet nullement de réaliser cet objectif. Triste est toutefois de constater que nombre de règles et de principes sont imposés à la communauté via l’explication de versets ou fragments de versets complètement déconnectés et isolés de l’ensemble textuel auquel ils appartiennent, ce qui permet de leur faire dire ce qu’ils ne disent absolument pas initialement.

Le critère 8 – Prendre en compte le contexte de la Révélation : ce critère repose sur le texte coranique et la logique puisqu’il est impensable et inacceptable de dire que Dieu nous donnerait des informations inutiles dans Son Livre… Or, à partir du moment où Dieu nous donne le contexte de telle ou telle révélation, c’est que celui-ci à son importance dans la compréhension du sens et de la portée des versets concernés. A l’inverse, quand Dieu n’indique pas le contexte, c’est que celui n’a pas de réelle importance dans la compréhension des versets. Nul besoin donc de recourir à des sources externes pour déterminer les causes de la Révélation, d’autant que celles-ci sont, de toute façon, extrêmement douteuses comme nous l’avons mis en avant dans un autre article.

Que Dieu nous permette de comprendre.

Rédaction LVDH

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