Différence entre le rôle d’un Prophète et celui d’un Messager

Coraniquement, il est possible de distinguer la différence qui existe entre le rôle, la mission, d’un Prophète et celle d’un Messager et ce, même si la personne en question endosse cette double casquette en même temps à l’instar du noble Prophète et Messager Muhammad (paix sur lui).

Ainsi, il convient vraisemblablement de distinguer l’appellation coranique « ô Prophète » de celle de « ô Messager » en ce sens que le rôle de Prophète semble être destiné à l’adaptation des principes coraniques envers un peuple et dans un contexte particulier, alors que celui de Messager semble être destiné à la transmission d’un message divin à la vocation universelle et intemporelle, du moins dans les principes et lois principales.

L’Imâm As Suyûṭî nous informe dans son Al Itqân fî ‘Ulûm al Qur`ân (chapitre 51), au niveau du point 10, de ce qui suit :

الْعَاشِرُ : خِطَابُ الْكَرَامَةِ كَقَوْلِهِ : يَا أَيُّهَا النَّبِيُّ يَا أَيُّهَا الرَّسُولُ قَالَ بَعْضُهُمْ : وَنَجِدُ الْخِطَابَ بِالنَّبِيِّ فِي مَحَلٍّ لَا يَلِيقُ بِهِ الرَّسُولُ ، وَكَذَا عَكْسُهُ فِي الْأَمْرِ بِالتَّشْرِيعِ الْعَامِّيَاأَيُّهَا الرَّسُولُ بَلِّغْ مَا أُنْزِلَ إِلَيْكَ مِنْ رَبِّكَ [ الْمَائِدَةِ : 67 ] ، ، وَفِي مَقَامِ الْخَاصِّ يَاأَيُّهَا النَّبِيُّ لِمَ تُحَرِّمُ مَا أَحَلَّ اللَّهُ لَكَ [ التَّحْرِيمِ : 1 ] ، قَالَ : وَقَدْ يُعَبَّرُ بِالنَّبِيِّ فِي مَقَامِ التَّشْرِيعِ الْعَامِّ لَكِنْ مَعَ قَرِينَةِ إِرَادَةِ الْعُمُومِ كَقَوْلِهِ : يَاأَيُّهَا النَّبِيُّ إِذَا طَلَّقْتُمُ [ الطَّلَاقِ : 1 ] ، وَلَمْ يَقُلْ : طَلَّقْتَ

« Point 10 : l’interpellation en guise de respect, comme sa parole: « Ô Prophète ! » (8/64) et « Ô Messager ! » (5/41). Quelqu’ un (az Zarkashî) dit : ‘Tu trouveras l’ interpellation du Prophète dans une situation par laquelle le Prophète n’est pas directement concerné, ainsi que le contraire, comme sa parole où il ordonne de légiférer de façon générale : « Ô Messager (Rasûl) ! Fais parvenir ce qui est descendu sur toi de la part de ton Seigneur » (5/67) et là où il légifère de façon particulière : « Ô Prophète (Nabî) ! Pourquoi interdis-tu ce que Dieu t’a permis ? » (66/1)”. Il ajoute : “Il se peut qu’il informe par l’intermédiaire du Prophète là où il légifère de façon générale, mais en lien (qarînah) avec la volonté de généraliser, comme dans sa parole: « Ô Prophète ! Lorsque vous répudiez …» (65/1): il ne dit pas : “tu répudies” »

Point 4 :

الرَّابِعُ : خِطَابُ الْخَاصِّ وَالْمُرَادُ الْعُمُومُ كَقَوْلِهِ : يَاأَيُّهَا النَّبِيُّ إِذَا طَلَّقْتُمُ النِّسَاءَ [ الطَّلَاقِ : 1 ] ، افْتَتَحَ الْخِطَابَ بِالنَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَالْمُرَادُ سَائِرُ مَنْ يَمْلِكُ الطَّلَاقَ ، وَقَوْلُهُيَاأَيُّهَا النَّبِيُّ إِنَّا أَحْلَلْنَا لَكَ أَزْوَاجَكَ [ الْأَحْزَابِ : 50 ] ، الْآيَةَ. قَالَ أَبُو بَكْرٍ الصَّيْرَفِيُّ : كَانَ ابْتِدَاءُ الْخِطَابِ لَهُ فَلَمَّا قَالَ فِي الْمَوْهُوبَةِ خَالِصَةً لَكَ [ الْأَحْزَابِ : 50 ] عُلِمَ أَنَّ مَا قَبْلَهَا لَهُ وَلِغَيْرِهِ

« Point 4 : l’interpellation particulière dont la portée est générale, comme sa parole: « Ô Prophète ! Lorsque vous répudiez les femmes » (65/1); il ouvre le discours avec le Prophète et sa portée concerne aussi les autres qui possèdent le pouvoir de répudier ; et comme sa parole : « Ô Prophète ! Nous t’ avons rendues licites tes épouses … » (33/50) ; Abû Bakr aṣ Ṣîrafî dit : “Le début du discours s’adresse à lui et lorsqu’il dit, à propos de celle qui se donne elle-même au Prophète, « comme privilège pour toi », on sait que ce qui précède s’adresse à lui et aux autres”. »

Remarques : Les exemple des versets 5/67, 66/1 ou 33/50 mettent en avant ce qui précède, à savoir que l’interpellation par « ô Messager (Rasûl) » fait référence à la transmission du message coranique, alors que celle par « ô Prophète (Nabî) » évoque un cas personnel, particulier ou contextualisé et propre aux contemporains de la Révélation.

En revanche, prétendre que le verset 65/1 en lien avec la répudiation ait une portée générale n’est que supposition. En effet, le verset pris dans son entièreté montre qu’il fait référence à ce qui était fait par les Arabes de cette époque au moment d’un divorce. Certes, le verset ne s’adresse donc pas seulement au Prophète, mais rien n’indique qu’il s’adresse à l’ensemble des Hommes jusqu’à la fin des temps, bien que le principe qui le régit ait une portée universelle. De plus, il est tout à fait possible que la ‘Iddah (période de viduité) à respecter après un divorce soit due au fait qu’il y avait besoin de déterminer si la femme était enceinte ou non de son ex-époux. A ce titre, la fin du verset – « Tu ne sais pas si d’ici là Dieu ne suscitera pas quelque chose de nouveau ! » – pourrait très bien faire référence à l’arrivée d’un nourrisson. Cela se trouve d’ailleurs corroborer par le verset 33/49 évoquant le cas du divorce avant tout rapport sexuel/intime et indiquant que dans ce cas aucune ‘Iddah ne devra être imposée. Ainsi, si cela valait donc pour l’époque du Prophète et les générations qui suivirent, ne pourrait-on pas voir cela d’un œil nouveau aujourd’hui avec les nouvelles techniques et technologies permettant d’identifier rapidement si une femme est enceinte ? Cependant, ceci est un autre débat.

Quoiqu’il en soit, d’un point de vue traditionnel, la règle est donc que l’on prendra en compte la spécificité de l’interpellation, à moins qu’un élément textuel (Qarînah) n’indique la portée générale, indication pouvant être dans le verset 65/1 l’utilisation des verbes au pluriel.

Ceci dit, sans entrer dans les discussions autour de ce qui précède, il convient de relever que l’attribution à un verset d’une portée générale n’est qu’interprétative et ne constitue donc nullement une preuve indiscutable.

Point 23 :

الثَّالِثُ وَالْعِشْرُونَ : خِطَابُ الْعَيْنِ وَالْمُرَادُ بِهِ الْغَيْرُ ، نَحْوُ :يَاأَيُّهَا النَّبِيُّ اتَّقِ اللَّهَ وَلَا تُطِعِ الْكَافِرِينَ [ الْأَحْزَابِ : 1 ] . الْخِطَابُ لَهُ وَالْمُرَادُ أُمَّتُهُ; لِأَنَّهُ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ كَانَ تَقِيًّا وَحَاشَاهُ مِنْ طَاعَةِ الْكُفَّارِ. وَمِنْهُ : فَإِنْ كُنْتَ فِي شَكٍّ مِمَّا أَنْزَلْنَا إِلَيْكَ فَاسْأَلِ الَّذِينَ يَقْرَءُونَ الْكِتَابَ الْآيَةَ [ يُونُسَ : 94] . حَاشَاهُ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مِنَ الشَّكِّ وَإِنَّمَا الْمُرَادُ بِالْخِطَابِ التَّعْرِيضُ بِالْكُفَّارِ. أَخْرَجَ ابْنُ أَبِي حَاتِمٍ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ فِي هَذِهِ الْآيَةِ قَالَ : لَمْ يَشُكَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَلَمْ يَسْأَلْ ، وَمِثْلُهُ وَاسْأَلْ مَنْ أَرْسَلْنَا مِنْ قَبْلِكَ مِنْ رُسُلِنَا [ الزُّخْرُفِ : 45 ] الْآيَةَ . فَلَا تَكُونَنَّ مِنَ الْجَاهِلِينَ [ الْأَنْعَامِ : 35] ، وَأَنْحَاءُ ذَلِكَ

« Point 23 : l’interpellation de lui-même personnellement, alors qu’elle vise un autre, comme: « Ô Prophète ! Crains Dieu et n’obéis pas aux mécréants » (33/1). Le discours s’adresse à lui, mais il est destiné à sa communauté, parce que lui-même craignait Dieu et il se gardait bien d’obéir aux mécréants. De même: « si tu as un doute à propos de ce que nous avons fait descendre vers toi, interroge ceux qui récitent le Livre » (10/94). Il se gardait bien du doute. Le discours a seulement comme sens l’intimation faite aux mécréants. Ibn Abî Ḥâtim cite le propos de Ibn ‘Abbâs disant au sujet de ce 4/1500 verset : “(Le Prophète) ne doutait et n’interrogeait jamais.” Autres exemples : « interroge ceux de nos envoyés que nous avons dépêchés avant toi … » (43/45) et : « ne sois pas au nombre des ignorants ! » (6/35), etc.

Remarques : En réalité, l’exemple du verset 33/1 ne remet nullement en cause ce qui est susmentionné et le premier élément de compréhension consiste à cerner ce que signifie le terme Ṭuti’i (“obéis”), d’où le dérivé Ṭâ’ah souvent traduit par obéissance.

Linguistiquement, le terme Ṭâ’ah ou le verbe conjugué ici provient de la racine ط و ع (Ṭa, Waw, ‘A) qui exprime tout ce qui a trait à la coopération et dont l’une des composantes seulement, parmi d’autres, renvoie à une forme d’obéissance.

Le verbe « Aṭâ’a » implique par exemple linguistiquement, non pas l’obéissance, mais « la disposition à suivre », le fait « d’être docile » ou encore le fait « d’accéder à la demande » de quelqu’un, mais cela de façon totalement consentie, volontaire et souhaitée, donc sans aucune contrainte. En d’autres termes, la racine ط و ع (Ṭa, Wa, ‘A) exprime autant le fait d’être obéissant que celui d’être complaisant, disponible, spontanée ou encore coopératif. Il s’agit par conséquent d’une attitude caractérisée par le fait de s’adapter aisément et d’être facile à vivre, coopératif. C’est tout cela qu’exprime le verbe Aṭâ’a issue de cette racine, à savoir l’idée d’accepter de se conformer à une requête, d’y accéder spontanément avec souplesse.

De même, la Ṭâ’ah est le contraire de la contrainte ce qui implique une forme de coopération et d’adhésion librement consentie. Or, le terme obéissance renvoie, dans sa première acception, au fait de se soumettre ou de se plier à quelqu’un, ce qui est absent de la notion de Ṭâ’ah. La Ṭâ’ah se fait sans contrainte et l’opposé de ce terme n’est autre que le « Ikrâh ». D’ailleurs, ce terme donne celui de « Makrûh » pour qualifier une chose ou un acte de détestable ou de repoussant. Plusieurs versets coraniques prouvent que ces deux notions sont antinomiques : 9/53, 3/83, 41/11, 2/158 ou encore 2/256. Ainsi, conformément à l’exemple en 33/1, Dieu dit en 68/8-9 : classique :

فَلَا تُطِعِ الْمُكَذِّبِينَ ـ وَدُّوا لَوْ تُدْهِنُ فَيُدْهِنُونَ

« N’obéis pas (Falâ Tuṭi’i) à ceux qui crient au mensonge, ¤ Ils aimeraient bien que tu transiges (composes) avec eux afin qu’ils transigent (composent) avec toi. »

Or, il est évident que le Prophète n’avait nullement l’intention d’obéir, de se plier à la volonté des ennemis mecquois de l’islam. La traduction la plus adéquate aurait donc été : « Ne sois pas complaisant avec ceux qui te démentent », ce qui est renforcer par la suite du verset : « Ils aimeraient que tu transiges avec eux… ». Cela montre que l’un des sens de la Ṭâ’ah est la complaisance ou le fait de composer avec quelqu’un. En somme, concernant le verset 33/1, la traduction pourrait très bien être celle-ci et concernée alors directement le Prophète :

« Ô Prophète, crains Dieu et ne sois pas complaisant avec les dénégateurs et les hypocrites, car Dieu est Sachant et Sage. »

Quant au verset 10/94, il n’est pas question ici de dire que le Prophète doutait car l’outil de condition utilisé – Fa in – en début de verset sous-entend simplement le cas où cela se présenterait. Or, rien n’appuie dans le Coran le fait que cela se soit produit une seule fois pour le Prophète, bien que plusieurs états intérieurs à Muḥammad soient mentionnés, comme cela fut le cas également pour Mûsâ (Moïse) en 20/67 par exemple, mais jamais celui du doute face à la révélation coranique. De la même manière, le verset 2/23 évoque, avec le même outil – Fa in – le cas où nous douterions de la révélation. Or, ce verset s’adressant à tout le monde ne concerne pas tout le monde, car nous ne doutons pas tous.

Point 24 :

. الرَّابِعُ وَالْعِشْرُونَ: خِطَابُ الْغَيْرِ وَالْمُرَادُ بِهِ الْعَيْنُ ، نَحْوُ :لَقَدْ أَنْزَلْنَا إِلَيْكُمْ كِتَابًا فِيهِ ذِكْرُكُمْ – الْأَنْبِيَاءِ : 10.

« Point 24 : l’interpellation d’un autre, alors qu’il vise lui-même de façon précise, comme : « nous avons fait descendre vers vous un Livre où se trouvent votre rappel » (21, 10).

Remarques : Ici encore, même si cela ne concerne pas directement le cas de l’appellation par « ô Prophète », ce verset peut parfaitement s’adresser aux Arabes contemporains de la révélation et non au Prophète spécifiquement puisque plusieurs versets font clairement références aux arabes de cette époque et s’adressent à eux. Enfin, ce Livre comprend clairement leur rappel, un rappel qui leur est adressé, bien qu’il ne soit pas exclusif pour eux.

En résumé, le Nabî semble être la personne de Muḥammad dans sa vie, ses affaires particulières, ses relations humaines avec ceux qui l’entourent et ses comportements, c’est pour cette raison qu’avec cette casquette ou ce statut Muḥammad en tant que Prophète peut être blâmé pour des faits mineurs comme en 66/1, 8/67, 9/113 ou encore 33/1 à 3 et ce, sachant que jamais Dieu ne blâme Muḥammad en tant que Rasûl dans le Coran. Le terme « Nabî » possède un sens spécifique en ce sens qu’il désigne l’homme que Dieu a choisi parmi les êtres humains afin de l’informer par la Révélation et qu’il soit un Messager.

Quand le discours coranique concerne les relations de Muḥammad avec ses épouses, (33/28, 33/30 à 32, 66/3), avec les gens (33/59, 33/6, 33/53, 33/13) c’est alors en qualité de Nabî qu’il est interpelé. Il en est de même dans ses comportements et relations humaines particulières et générales, car il est interpellé en qualité de Nabî afin de suivre le Waḥî (Révélation).

En somme, quand Muḥammad est interpelé par « ô Prophète », cela est donc circonstancié à son temps et n’a pas vocation à être universalisé dans les directives circonstancielles qu’il applique. Ceci a, pour nous, la même valeur que les histoires des Prophètes que Dieu nous raconte dans le Coran. Nous en tirons plusieurs profits et sagesses, mais leur aspect normatif ne nous concerne pas directement car elles sont liées au temps et à l’espace de vie du Prophète en question (paix sur lui) et sont institutionnalisées en fonction de la coutume et la société, mais elles n’ont pas de rapport avec le Tashrî’ (Législation) universel et intemporel. 

En revanche, lorsque le Prophète reçoit le message coranique, il devient le Rasûl transmettant la Risâlah divine et dont l’obéissance est égale à l’obéissance à Dieu (4/64 à 80) puisqu’il s’agit de suivre de manière consentie Dieu par le Coran, c’est-à-dire le Message divin transmis par le Messager de Dieu en tant que récipiendaire de ce dernier. Le Prophète Muḥammad dans sa qualité humaine est le premier à devoir obéir à la révélation coranique et le premier à devoir l’appliquer pour lui-même et les siens en son temps. D’ailleurs, aucun verset coranique n’appelle à avoir Ṭâ’ah envers « Muḥammad » ou envers le « Nabî », mais à chaque fois le Coran précise qu’il s’agit d’avoir Ṭâ’ah envers Dieu et envers Son Rasûl (Messager), c’est-à-dire celui qui transmet/enseigne la révélation coranique (un verset évoque cependant le cas du Nabî, mais il est clairement circonstancié et cadré par la situation du pacte d’allégeance et le fait de suivre ce qui s’y trouve tant que cela entre dans le cadre de ce qui est Ma’ruf. cf : Coran 60/12).

A titre d’exemple, précisions que dans le verset dit du Jilbâb (33/59), il est explicitement dit : « ô Prophète dit… » Or, Dieu demande d’avoir la Ṭâ’ah envers le Rasûl et non envers le Nabî, car ce que fait le Nabî n’a pas vocation à être universalisé, mais cela est bel et bien circonstancié à son temps comme le démontre le verset 60 suivant précisant qu’il s’agit de régler une situation ayant lieu à Médine au VIIe siècle.

Quant au terme « Rasûl », il possède plusieurs significations dans le Coran : le sens de Jibrîl (81/19 à 23), des anges (43/80), des anges de la mort (7/37), d’un messager parmi les humains (12/50), du Coran ou de la Risâlah (3/101, 4/100, 48/9), et c’est dans ce dernier sens que l’interpénétration entre la Risâlah et le Nabî allant de paire avec la Révélation donne celle de Rasûl.

 

Rédaction LVDH

Publicités
%d blogueurs aiment cette page :
search previous next tag category expand menu location phone mail time cart zoom edit close