Et si le verset du « voile » s’adressait aux hommes ? (fiction)

Imaginons que le verset 24/31 interprété par l’orthodoxie comme signifiant que la femme doive se couvrir obligatoirement la chevelure s’était adressé à des hommes en utilisant la même formulation coranique. Dans l’Arabie au VIIe siècle, les hommes avaient pour tradition et habitude culturelle de porter une ‘Imâmah (turban) sur la tête et ce, à l’instar des femmes arabes de l’époque antique et médiévale portant le Khimâr par tradition et coutume. Imaginons maintenant que Dieu ordonne à ces hommes via un verset coranique ce qui suit :

« Et dis aux croyants de rabattre/ramener leur ‘Imâmah (turban) sur leur torse. »

Vous constaterez que ceci est une formulation à l’image de celle que l’on trouve en 24/31 disant selon les traductions classiques :

« …dis aux croyantes […] qu’elles rabattent leur Khumûr sur leur Juyûb (poitrine, décolleté). »

Aurions-nous dû comprendre que Dieu ordonne ici de porter la ‘Imâmah à l’ensemble des Arabes ? Allons même plus loins en disant qu’Il ordonne à l’ensemble des hommes de la planète jusqu’à la fin des temps d’être enturbannés ? Aurait-on affirmer que Dieu impose le port du turban à travers cette formulation ?

Une telle compréhension n’aurait aucun sens. La logique et la cohérence qui s’imposent voudraient que l’on comprenne naturellement que Dieu ordonne ici de couvrir le torse à ces gens qui sont les contemporains de la Révélation et qu’Il ne mentionne le turban que parce qu’Il s’adresse en premier lieu à des hommes arabes pour qui ce vêtement est porté par tradition, coutume et habitude liée au climat. Or, comme les gens de cette époque sont les premiers destinataires du message divin et que celui-ci a notamment pour rôle de traiter les situations de ce temps, alors Dieu fait logiquement référence, comme il le fait dans de nombreux autres versets, à ce qui leur est coutumier et tient compte du contexte sans pour autant que ce dernier soit universalisé. Ni plus ni moins. En revanche, jamais cette injonction et formulation n’ordonnerait le port du turban à tous les hommes du monde dès leur puberté… Il semble incroyable que l’on puisse comprendre autre chose de cela.

Pour autant, s’agissant des femmes et alors même que Dieu mentionne un vêtement qui leur est coutumier dans l’Arabie du VIIe siècle (et bien avant d’ailleurs), l’analyse est totalement différente et on en vient à imposer à l’ensemble des femmes de la planète jusqu’à la fin des temps le port d’un voile sur la tête tout en prétextant que Dieu l’imposerait…En réalité, jamais dans ce verset Dieu n’impose le port du Khimâr, mais Il ordonne en premier lieu aux femmes arabes de l’époque qui ne semblaient pas couvrir leur décolleté/poitrine de le dissimuler par leur couverture, le Khimâr n’étant mentionné que comme un moyen, présent et coutumier, de réaliser cet objectif. Le verset se comprend donc exactement de la même façon que s’il avait été adressé aux hommes de cette époque comme premiers destinataires :

« Et dis aux croyantes […] (c’est-à-dire d’abord aux musulmanes de l’époque du Prophète dans l’Arabie médiévale) qu’elles rabattent leur Khumûr (qu’elles portent déjà par tradition depuis des siècles) sur leur Juyûb (poitrine, décolleté). »

Il n’y a pas lieu d’y voir une injonction divine s’adressant à l’ensemble des femmes de la planète jusqu’au Jour Dernier de se couvrir la chevelure, les oreilles, le cou et autres en plus des Juyûb mentionnés.

Rédaction LVDH

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