« Je vous laisse le Livre de Dieu et ma sunnah », un hadith forgé !

I. Les sources du hadîth

On trouve ce hadîth mentionné dans différentes sources islamiques sunnites.

Source n°1 : La Sîra d’Ibn Ishâq (mort en 151 H.)

La première source est tout simplement la biographie du Prophète Muhammad (que la paix de Dieu soit sur lui) écrite par Ibn Ishâq. Le passage en question se trouve rapporté dans le discours prononcé par le Messager de Dieu (que la paix de Dieu soit sur lui) lors du sermon d’adieu  :

[…] Ô hommes ! Comprenez bien mon discours (que) je vous ai communiqué. J’ai laissé chez vous quelque chose qui si vous y restez fermement attachés, vous ne vous égarerez jamais : une chose claire et distincte, à savoir : le Livre de Dieu et la sunnah de son Prophète. […]

Source : Ibn ‘Ishâq, Muhammad, traduction, introduction et note ‘Abdurrahmân Badawî, tome II, éditions ALBOURAQ, p.529

De même, dans la version arabe des chroniques de l’imâm ibn Jarîr at-Tabarî (mort en 310 H.), ce dernier cite ce hadîth selon Ibn Ishâq. Il s’agit donc du même récit.

Source n°2 : « Al-Mouwatta' » de l’imâm Mâlik (mort en 179 H.)

مَالِكٌ؛ أَنَّهُ بَلَغَهُ أَنَّ رَسُولَ اللهِ صلى الله عليه وسلم قَالَ:
« تَرَكْتُ فِيكُمْ أَمْرَيْنِ لَنْ تَضِلُّوا مَا تَمَسَّكْتُمْ بِهِمَا: كِتَابَ اللهِ وَسُنَّةَ نَبِيِّهِ »

On rapporta à Mâlik que l’Envoyé de Dieu (que la paix de Dieu soit sur lui) a dit : «Je vous ai laissé deux sujets ; si vous les suivez, vous ne serez jamais perdus: Le Livre de Dieu et la Sunnah de Son Prophète. » 

Source : Imâm Mâlik, al-Muwatta’, : Introduction, traduction, notes et commentaires de Muhammad Diakho, Le Livre du destin, chapitre 1, numéro 1662, édition ALBOURAQ, p.715

Source n°3 : « al Musnad » de l’imâm al-Bazzâr (mort en 292 H.) 

8993- حَدَّثنا أَحْمَدُ بْنُ مَنْصُورِ بْنِ سَيَّارٍ، قَال: حَدَّثنا داود بن عَمْرو، قَال: حَدَّثنا صالح بن موسى بن عَبد الله بن طلحة قال: حدثني عَبد العزيز بن رفيع عن أبي صالح، عَن أبي هُرَيرة، قَالَ: قَالَ رَسُول اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيه وَسَلَّم: إني قد خلفت فيكم اثنين لن تضلوا بعدهما أبدا كتاب الله وسنتي ولن يتفرقا حتى يردا على الحوض.

Hadîth n°8993 – Ahmad ibn Mansur ibn Sayyâr nous a rapporté que Dawud ibn ‘Amru nous a rapporté que Sâlih ibn Musa ibn ‘Abd Allâh ibn Talha nous a rapporté selon ‘Abd al-‘Azîz ibn Rufay’, selon Abî Sâlih, selon Abu Hurayra que le prophète (paix et bénédictions sur lui) a dit : « Certes, je vous ai laissé deux [choses], après quoi, vous ne pourrez jamais vous égarer  : Le livre de Dieu et ma Tradition (Sunna), et ils ne se sépareront pas jusqu’à ce que me soit présenté le Bassin [sous-entendu au jour de la Résurrection]. » 

Source n°4 : « As-Sunna » (la tradition prophétique) d’al-Marwazî (mort en 294 H.)

68 – حَدَّثَنَا مُحَمَّدُ بْنُ يَحْيَى، ثنا ابْنُ أَبِي أُوَيْسٍ، حَدَّثَنِي أَبِي، عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ أَبِي عَبْدِ اللَّهِ الْبَصْرِيِّ، وَعَنْ ثَوْرِ بْنِ يَزِيدَ الدَّيْلِيِّ، عَنْ عِكْرِمَةَ، عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ، قَالَ: قَالَ النَّبِيُّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: «أَيُّهَا النَّاسُ اسْمَعُوا قَوْلِي فَإِنِّي لَا أَدْرِي لَعَلِّي لَا أَلْقَاكُمْ بَعْدَ يَوْمِي هَذَا فِي هَذَا الْمَوْقِفِ، أَيُّهَا النَّاسُ إِنَّ دِمَاءَكُمْ وَأَمْوَالَكُمْ حَرَامٌ عَلَيْكُمْ إِلَى يَوْمِ تَلْقَوْنَ رَبَّكُمْ كَحُرْمَةِ يَوْمِكُمْ هَذَا فِي بَلَدِكُمْ هَذَا وَإِنَّكُمْ سَتَلْقَوْنَ رَبَّكُمْ فَيَسْأَلُكُمْ عَنْ أَعْمَالِكُمْ وَقَدِ بَلَّغْتُ» ، فَذَكَرَ كَلَامًا كَثِيرًا وَقَالَ فِي آخِرِهِ: «فَاعْقِلُوا أَيُّهَا النَّاسُ قَوْلِي فَإِنِّي قَدْ بَلَّغْتُ وَقَدْ تَرَكْتُ فِيكُمْ أَيُّهَا النَّاسُ مَا إِنِ اعْتَصَمْتُمْ بِهِ فَلَنْ تَضِلُّوا أَبَدًا، كِتَابَ اللَّهِ وَسُنَّةَ نَبِيِّهِ، أَيُّهَا النَّاسُ اسْمَعُوا مِنِّي مَا أَقُولُ لَكُمُ اعْقِلُوا تَعِيشُوَا وَلَا تَرْجِعُوا بَعْدِي كُفَّارًا يَضْرِبُ بَعضُكُمْ رِقَابَ بَعْضٍ بِالسُّيُوفِ، اللَّهُمْ هَلْ بَلَّغْتُ اللَّهُمْ هَلْ بَلَّغْتُ اللَّهُمْ هَلْ بَلَّغْتُ؟»

Hadîth n°68 – Muhammad ibn Yahya nous a rapporté qu’ Ismâ’il ibn Abî Uways selon ‘Abd Allâh ibn Abî ‘Abd Allâh al-Basrî et selon Thawr ibn Yazîd ad-Daylî, selon ‘Ikrimah, selon Ibn ‘Abbâs que l’Envoyé de Dieu (paix et bénédictions sur lui) a dit : « Ô vous les gens ! Écoutez mes paroles car je ne sais pas si je serai parmi vous après ce jour et ce lieu. Ô vous les gens ! Certes votre sang et vos biens sont sacrés jusqu’au jour où vous rentrerez votre Seigneur tout autant que ce jour est sacré ainsi que ce pays. Vous rencontrerez certes votre Seigneur et vous serez interrogé sur vos actes et je vous ai certes communiqué le message. » Ensuite il mentionna beaucoup de choses et il dit à la fin : « Réfléchissez sur mes paroles ô vous les gens car je vous ai communiqué le message et je vous ai certes laissé ce qui, si vous vous y attachez fermement, vous ne vous égarerez plus jamais : Le Livre de Dieu et la Sounnah (tradition) de son prophète. Ô vous les gens, écoutez ce que je vous dis et prêtez-y attention afin que vous viviez et ne devenez pas après moi des infidèles, les uns frappant les cous des autres avec les épées. Ô Seigneur Dieu ! Ai-je bien transmis le message ? Ô Seigneur Dieu ai-je bien transmis le message ? Ô Seigneur Dieu ai-je bien transmis le message ? »

Source n°5 : « Kitâb ad-Du’afâ » (le livre des transmetteurs faibles) dal-‘Uqaylî (mort en 322 H.)

حَدَّثَنَا مُحَمَّدُ بْنُ إِسْمَاعِيلَ، وَالْعَبَّاسُ بْنُ الْفَضْلِ الْأَسْفَاطِيُّ قَالَا: حَدَّثَنَا إِسْمَاعِيلُ بْنُ أَبِي أُوَيْسٍقَالَ: حَدَّثَنِي أَبِي عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ أَبِي عَبْدِ اللَّهِ الْبَصْرِيِّ، وَعَنْ ثَوْرِ بْنِ يَزِيدَ الدَّيْلَمِيِّ عَنْ عِكْرِمَةَ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ قَالَ: قَالَ النَّبِيُّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ:  » اعْقُلُوا أَيُّهَا النَّاسُ قَوْلِي، فَإِنِّي قَدْ بَلَّغْتُ، وَقَدْ تَرَكْتُ فِيكُمْ أَيُّهَا النَّاسُ مَا إِنِ اعْتَصَمْتُمْ بِهِ فَلَنْ تَضِلُّوا أَبَدًا: كِتَابَ اللَّهِ وَسُنَّةَ نَبِيِّهِ « 

Muhammad ibn Ismâ’îl et al-‘Abbâs ibn al-Fadl al-Asfâtî nous ont tous deux rapporté qu’ Ismâ’il ibn Abî Uways a rapporté qu’Abî ‘Abd Allâh ibn Abî ‘Abd Allâh al-Basrî a rapporté selon Thawr ibn Zayd ad-Dayli, selon ‘Ikrimah selon, Ibn ‘Abbâs que l’Envoyé de Dieu (paix et bénédictions sur lui) a dit : « Réfléchissez sur mes paroles ô vous les gens, car je vous ai communiqué le message et je vous ai certes laissé, ô vous les gens, ce qui, si vous vous y attachez fermement, vous ne vous égarerez plus jamais : Le Livre de Dieu et ma Sunnah (tradition). »

حَدَّثَنَا مُوسَى بْنُ إِسْحَاقَ، حَدَّثَنَا مُحَمَّدُ بْنُ عُبَيْدٍ الْمُحَارِبِيُّ، حَدَّثَنَا صَالِحُ بْنُ مُوسَى الطَّلْحِيُّ، عَنْ عَبْدِ الْعَزِيزِ بْنِ رُفَيْعٍ، عَنْ أَبِي صَالِحٍ، عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ قَالَ: قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ:«إِنِّي قَدْ خَلَّفْتُ فِيكُمْ شَيْئَيْنِ لَنْ تَضِلُّوا بَعْدَهُمَا أَبَدًا مَا أَخَذْتُمْ بِهِمَا، أَوْ عَمِلْتُمْ بِهِمَا، كِتَابَ اللَّهِ وَسُنَّتِي، وَلَنْ يَتَفَرَّقَا حَتَّى يَرِدَا عَلَيَّ الْحَوْضَ»

Mussa ibn Ishâq nous a rapporté que Muhammad ibn ‘Oubayd al-Mouhâribî a rapporté selon Sâlih ibn Mussa at-Talhî, selon al-‘Azîz ibn Rufay’, selon Abî Sâlih, selon Abu Hurayra qui dit que le prophète (paix et bénédictions sur lui) a dit : « Certes, je vous ai laissé deux [choses] après quoi, vous ne pourrez jamais vous égarer si vous vous y tenez: Le Livre de Dieu et ma Tradition (Sunnah) et ils ne se sépareront pas jusqu’à ce que me soit présenté le Bassin [sous-entendu au jour de la Résurrection]. »

Source n°6 : « al-Kâmil » d’ibn ‘Adîy (mort en  365 H.)

أخبرنا أبو يعلى، حَدَّثَنا داود بن عَمْرو الضبي، حَدَّثَنا صالح بن موسى الطلحي، حَدَّثَنا عَبد الْعَزِيزِ بْنِ رَفِيعٍ، عَن أَبِي صَالِحٍ، عَن أَبِي هُرَيْرَةَ، قَال: قَال رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِنِّي قَدْ خَلَفْتُ اثْنَتَيْنِ لَنْ تَضِلُّوا بَعْدَهُمَا أَبَدًا كِتَابُ اللَّهِ وَسُنَّتِي، وَلَنْ يَتَفَرَّقَا حَتَّى يَرِدَا عَلَي الْحَوْضِ.

Abu Ya’la nous a rapporté que Dawud ibn ‘Amro a rapporté selon Sâlih ibn Mussa ibn ‘Abd Allâh ibn Talha, selon ‘Abd al-‘Azîz ibn Rafi’, selon Abî Sâlih, selon Abu Hurayra que le prophète (paix et bénédictions sur lui) a dit : « Certes, je vous ai laissé deux [choses], après quoi, vous ne pourrez jamais vous égarer : Le livre de Dieu et ma Tradition (Sunna), et ils ne se sépareront pas jusqu’à ce que me soit présenté le Bassin [sous-entendu au jour de la Résurrection]. » 

Source n°7 : Les « Sunan » (traditions) de l’imâm ad-Dâraqutnî (mort en 385 H.)

 

4606 – حَدَّثَنَا أَبُو بَكْرٍ الشَّافِعِيُّ , نا أَبُو قَبِيصَةَ مُحَمَّدُ بْنُ عَبْدِ الرَّحْمَنِ بْنِ عُمَارَةَ بْنِ الْقَعْقَاعِ , نا دَاوُدُ بْنُ عَمْرٍو , نا صَالِحُ بْنُ مُوسَى , عَنْ عَبْدِ الْعَزِيزِ بْنِ رُفَيْعٍ , عَنْ أَبِي صَالِحٍ , عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ , قَالَ: قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: خَلَّفْتُ فِيكُمْ شَيْئَيْنِ لَنْ تَضِلُّوا بَعْدَهُمَا: كِتَابُ اللَّهِ وَسُنَّتِي , وَلَنْ يَفْتَرِقَا حَتَّى يَرِدَا عَلَيَّ الْحَوْضَ

Hadîth n°4606 – Abu Bakr ash-Shâfi’î nous a rapporté qu’Abu Qabîssa Muhammad ibn ‘Abd ar-Rahmân ibn ‘Umâra ibn al-Qa’qa’ nous a informé que Dawûd ibn ‘Amru a rapporté selon Sâlih ibn Mussa, selon ‘Abd al-‘Azîz ibn Rufay’, selon Abî Sâlih, selon Abu Hurayra que le prophète (paix et bénédictions sur lui) a dit : « Je vous ai laissé deux choses, après quoi, vous ne pourrez jamais vous égarer : Le livre de Dieu et ma Tradition (Sunna), et ils ne se sépareront pas jusqu’à ce que me soit présenté le Bassin [sous-entendu au jour de la Résurrection]. » 

Source n°8 : « At-Targhîb fî Fadâ’îl al-A’mâl wa Thawâbu Dhâlika » d’Ibn Shâhîn (mort en 385 H.)

528 – حَدَّثَنَا إِسْمَاعِيلُ بْنُ عَلِيِّ بْنِ إِسْمَاعِيلَ، ثنا مُوسَى بْنُ إِسْحَاقَ الْأَنْصَارِيُّ، ثنا مُحَمَّدُ بْنُ عُبَيْدِ بْنِ مُحَمَّدٍ الْمُحَارِبِيُّ، ثنا صَالِحُ بْنُ مُوسَى، عَنْ عَبْدِ الْعَزِيزِ بْنِ رُفَيْعٍ، عَنْ أَبِي صَالِحٍ مَوْلَى أُمِّ حَبِيبَةَ زَوْجِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ قَالَ: قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: «إِنِّي قَدْ خَلَّفْتُ فِيكُمْ شَيْئَيْنِ لَنْ تَضِلُّوا بَعْدَهُمَا أَبَدًا مَا أَخَذْتُمْ بِهِمَا وَعَمِلْتُمْ بِهِمَا كِتَابَ اللَّهِ وَسُنَّتِي، وَلَنْ يَتَفَرَّقَا حَتَّى يَرِدَا عَلَى الْحَوْضِ»

Hadîth n°528 – Ismâ’îl ibn ‘Alî ibn Ismâ’îl nous a rapporté que Mussa ibn Ishâq al-Ansârî a rapporté selon Muhammad ibn ‘Ubayd ibn Muhammad al-Muhâribî, selon Sâlih ibn Mussa, selon ‘Abd al-‘Azîz ibn Rufay’, selon Abî Sâlih, le client d’Umm Habîba la femme du Prophète (paix et bénédictions sur lui), selon Abu Hurayra que le Prophète (paix et bénédictions sur lui) a dit : « Certes, je vous ai laissé deux choses, après quoi, vous ne pourrez jamais vous égarer si vous vous y tenez et vous vous y conformez : Le livre de Dieu et ma Tradition (Sunna), et ils ne se sépareront pas jusqu’à ce que me soit présenté le Bassin [sous-entendu au jour de la Résurrection]. »

Source n°9 : « Sharh Madhâhib Ahl as-Sunna » (Explication des écoles de jurisprudence des sunnites) d’Ibn Shâhîn (mort en 385 H.)

44 – حَدَّثَنَا إِسْمَاعِيلُ بْنُ عَلِيٍّ، ثنا مُوسَى بْنُ إِسْحَاقَ، ثنا مُحَمَّدُ بْنُ عُبَيْدِ بْنِ مُحَمَّدٍ الْمُحَارِبِيُّ، ثنا صَالِحُ بْنُ مُوسَى، ثنا عَبْدُ الْعَزِيزِ بْنُ رُفَيْعٍ، عَنْ أَبِي صَالِحٍ، مَوْلَى أُمِّ حَبِيبَةَ زَوْجِ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ، قَالَ: قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ:  » إِنِّي قَدْ خَلَّفْتُ فِيكُمْ شَيْئَيْنِ، لَنْ تَضِلُّوا بَعْدَهُمَا أَبَدًا مَا أَخَذْتُمْ بِهِمَا، وَعَمِلْتُمْ بِهِمَا: كِتَابَ اللَّهِ، وَسُنَّتِي، وَلَنْ يَتَفَرَّقَا حَتَّى يَرِدَا عَلَى الْحَوْضِ « 

Hadîth n°44 – Ismâ’îl ibn ‘Alî nous a rapporté que Mussa ibn Ishâq a rapporté selon Muhammad ibn ‘Ubayd ibn Muhammad al-Muhâribî, elon Sâlih ibn Mussa selon ‘Abd al-‘Azîz ibn Rufay’, selon Abî Sâlih, le client d’imm Habîba la femme du Prophète (paix et bénédictions sur lui), selon Abu Hurayra que le Prophète (paix et bénédictions sur lui) a dit : « Certes, je vous ai laissé deux choses, après quoi, vous ne pourrez jamais vous égare si vous vous y tenez et vous vous y conformez : Le livre de Dieu et ma Tradition (Sunna), et ils ne se sépareront pas jusqu’à ce que me soit présenté le Bassin [sous-entendu au jour de la Résurrection]. »

Remarque : Il y a un bon et long commentaire et de ce hadîth que nous verrons plus tard, s’il plait à Dieu (insha Allâh).

Source n°10 : « Al-Mustadrak ‘ala as-Sahihayn » (Le complément aux deux authentiques) de l’imâm al-Hâkim an-Nisâburî (mort en 405 h.)

318 – حَدَّثَنَا أَبُو بَكْرٍ أَحْمَدُ بْنُ إِسْحَاقَ الْفَقِيهُ، أَنْبَأَ الْعَبَّاسُ بْنُ الْفَضْلِ الْأَسْفَاطِيُّ، ثنا إِسْمَاعِيلُ بْنُ أَبِي أُوَيْسٍ، وَأَخْبَرَنِي إِسْمَاعِيلُ بْنُ مُحَمَّدِ بْنِ الْفَضْلِ الشَّعْرَانِيُّ، ثنا جَدِّي، ثنا ابْنُ أَبِي أُوَيْسٍ، حَدَّثَنِي أَبِي، عَنْ ثَوْرِ بْنِ زَيْدٍ الدِّيلِيِّ، عَنْ عِكْرِمَةَ، عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ، أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ خَطَبَ النَّاسَ فِي حَجَّةِ الْوَدَاعِ، فَقَالَ: «قَدْ يَئِسَ الشَّيْطَانُ بِأَنْ يُعْبَدَ بِأَرْضِكُمْ وَلَكِنَّهُ رَضِيَ أَنْ يُطَاعَ فِيمَا سِوَى ذَلِكَ مِمَّا تُحَاقِرُونَ مِنْ أَعْمَالِكُمْ، فَاحْذَرُوا يَا أَيُّهَا النَّاسُ إِنِّي قَدْ تَرَكْتُ فِيكُمْ مَا إِنِ اعْتَصَمْتُمْ بِهِ فَلَنْ تَضِلُّوا أَبَدًا كِتَابَ اللَّهِ وَسُنَّةَ نَبِيِّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، إِنَّ كُلَّ مُسْلِمٍ أَخٌ مُسْلِمٌ، الْمُسْلِمُونَ إِخْوَةٌ، وَلَا يَحِلُّ لِامْرِئٍ مِنْ مَالِ أَخِيهِ إِلَّا مَا أَعْطَاهُ عَنْ طِيبِ نَفْسٍ، وَلَا تَظْلِمُوا، وَلَا تَرْجِعُوا مِنْ بَعْدِي كُفَّارًا يَضْرِبُ بَعْضُكُمْ رِقَابَ بَعْضٍ»

  وَقَدِ احْتَجَّ الْبُخَارِيُّ بِأَحَادِيثِ عِكْرِمَةَ وَاحْتَجَّ مُسْلِمٌ بِأَبِي أُوَيْسٍ، وَسَائِرُ رُوَاتِهِ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِمْ، وَهَذَا الْحَدِيثُ لِخُطْبَةِ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مُتَّفَقٌ عَلَى إِخْرَاجِهِ فِي الصَّحِيحِ: «يَا أَيُّهَا النَّاسُ إِنِّي قَدْ تَرَكْتُ فِيكُمْ مَا لَنْ تَضِلُّوا بَعْدَهُ إِنِ اعْتَصَمْتُمْ بِهِ كِتَابَ اللَّهِ، وَأَنْتُمْ مَسْئُولُونَ عَنِّي فَمَا أَنْتُمْ قَائِلُونَ؟» وَذِكْرُ الِاعْتِصَامِ بِالسُّنَّةِ فِي هَذِهِ الْخُطْبَةِ غَرِيبٌ وَيَحْتَاجُ إِلَيْهَا « . وَقَدْ وَجَدْتُ لَهُ شَاهِدًا مِنْ حَدِيثِ أَبِي هُرَيْرَةَ

Hadîth n° 318 – Abu Bakr ibn Ishâq le juriste nous a informé qu’ al-‘Abbâs ibn Fadli al-Asfât a rapporté selon Ismâ’il ibn Abî Uways ; de même [une autre chaine de transmission est citée] qu’Isma’îl ibn Muhammad ibn al-Fadl ash-Sha’rânî a informé que son grand-père a rapporté qu’ibn Abî Uways a dit que son père l’a informé selon Thawr ibn Zayd ad-Dayli, selon ‘Ikrimah, selon Ibn ‘Abbâs que l’Envoyé de Dieu (paix et bénédictions sur lui) a donné un sermon aux gens le jour du pèlerinage d’adieu et dit : « Le diable a désespéré d’être adoré dans votre pays mais il sera obéi dans certains de vos actes que vous sous-estimez. Méfiez vous Ô les gens car je vous ai laissé ce qui, si vous vous y attachez fermement, vous ne vous égarerez plus jamais : Le Livre de Dieu et la Sunna (tradition) de son prophète (que la paix de Dieu soit sur lui). Certes, le musulman est le frère du musulman. Les musulmans sont frères, il ne convient à personne de prendre de force les biens de son frère sauf ce qu’il lui cédera par bonté d’âme. Et ne soyez pas oppresseur, et ne devenez pas après moi des infidèles, les uns frappant les cous des autres. »

[Il y a ensuite un commentaire de l’imâm al-Hâkim que nous verrons, s’il plait à Dieu) dans la partie suivante.]

319 – أَخْبَرَنَا أَبُو بَكْرِ بْنُ إِسْحَاقَ الْفَقِيهُ، أَنْبَأَ مُحَمَّدُ بْنُ عِيسَى بْنِ السَّكَنِ الْوَاسِطِيُّ، ثنا دَاوُدُ بْنُ عَمْرٍو الضَّبِّيُّ، ثنا صَالِحُ بْنُ مُوسَى الطَّلْحِيُّ، عَنْ عَبْدِ الْعَزِيزِ بْنِ رُفَيْعٍ، عَنْ أَبِي صَالِحٍ، عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ، قَالَ: قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ:  » إِنِّي قَدْ تَرَكْتُ فِيكُمْ شَيْئَيْنِ لَنْ تَضِلُّوا بَعْدَهُمَا: كِتَابَ اللَّهِ وَسُنَّتِي، وَلَنْ يَتَفَرَّقَا حَتَّى يَرِدَا عَلَيَّ الْحَوْضَ « 

Hadîth n° 319 – Abu Bakr ibn Ishâq nous a informé que Muhammad ibn ‘Isâ ibn as-Saqanî al-Wasitî a rapporté selon Dâwud ibn ‘Amro ad-Dabbîy, selon Sâlih ibn Mussa at-Talhî, selon ‘Abd al-‘Azîz ibn Rufay’, selon Abî Sâlih, selon Abu Hurayra que le Prophète (paix et bénédictions sur lui) a dit : « Certes, je vous ai laissé deux choses, après quoi, vous ne pourrez jamais vous égarer : Le livre de Dieu et ma Tradition (Sunna), et ils ne se sépareront pas jusqu’à ce que me soit présenté le Bassin [sous-entendu au jour de la Résurrection]. » 

Source n°11 : « Sharh Usûl I’tiqâd Ahl as-Sunna » (Explication des croyances des sunnites) d’al-Lâ-lakâ’î (mort en 418 H.)

89 – أَخْبَرَنَا عِيسَى بْنُ عَلِيِّ بْنِ عِيسَى , أنبا عَبْدُ اللَّهِ بْنُ مُحَمَّدِ بْنِ عَبْدِ الْعَزِيزِ الْبَغَوِيُّ , ثنا دَاوُدُ بْنُ عَمْرٍو , ثنا صَالِحُ بْنُ مُوسَى , ح

90 – وَأَخْبَرَنَا الْحَسَنُ بْنُ عُثْمَانَ , ثنا ضَمْرَةُ بْنُ مُحَمَّدِ بْنِ الْعَبَّاسِ , ثنا عَبْدُ الْكَرِيمِ بْنُ الْهَيْثَمِ , ثنا صَالِحُ بْنُ مُوسَى , عَنْ عَبْدِ الْعَزِيزِ بْنِ رُفَيْعٍ , عَنْ أَبِي صَالِحٍ ,عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ , قَالَ: قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ:  » إِنِّي قَدْ خَلَّفْتُ فِيكُمْ مَا لَنْ تَضِلُّوا بَعْدَهُمَا أَبَدًا مَا أَخَذْتُمْ بِهِمَا أَوْ عَمِلْتُمْ بِهِمَا: كِتَابَ اللَّهِ وَسُنَّتِي , فَلَنْ يَتَفَرَّقَا حَتَّى يَرِدَا عَلَى الْحَوْضِ « 

Hadîth n°88 – ‘Issâ ibn ‘Alî ibn ‘Issâ nous a rapporté que ‘Abd Allâh ibn Muhammad ibn ‘Abd al-‘Azîz al-Baghawî a rapporté selon Dawûd ibn ‘Amro, selon Sâlih ibn Musa –

Hadîth n°89 – Et al-Hassan ibn ‘Uthmân nous a rapporté que Damratu ibn Muhammad ibn al-‘Abbâs a rapporté selon ‘Abd al-Karîm ibn al-Haytham selon Sâlih ibn Musa, selon  ‘Abd al-‘Azîz ibn Rufay’, selon Abî Sâlih, selon Abu Hurayra que le Prophète (paix et bénédictions sur lui) a dit : « Certes, je vous ai laissé ce qui, après quoi, vous ne pourrez jamais vous égarer si vous vous y attachez et conformez : Le livre de Dieu et ma Tradition (Sunna), et ils ne se sépareront pas jusqu’à ce que me soit présenté le Bassin [sous-entendu au jour de la Résurrection]. »

Source n°12 : « As-Sunan al-Kubrâ » (les grandes traditions) de l’imâm al-Bayhaqî (mort en 458 H.)

 

20337 – أَخْبَرَنَا أَبُو الْحُسَيْنِ بْنُ بِشْرَانَ الْعَدْلُ، بِبَغْدَادَ، أنبأ أَبُو أَحْمَدَ حَمْزَةُ بْنُ مُحَمَّدِ بْنِ الْعَبَّاسِ، ثنا عَبْدُ الْكَرِيمِ بْنُ الْهَيْثَمِ , أنبأ الْعَبَّاسُ بْنُ الْهَيْثَمِ , ثنا صَالِحُ بْنُ مُوسَى الطَّلْحِيُّ , عَنْ عَبْدِ الْعَزِيزِ بْنِ رُفَيْعٍ , عَنْ أَبِي صَالِحٍ , عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ، رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ: قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ:  » إِنِّي قَدْ خَلَّفْتُ فِيكُمْ مَا لَنْ تَضِلُّوا بَعْدَهُمَا مَا أَخَذْتُمْ بِهِمَا , أَوْ عَمِلْتُمْ بِهِمَا , كِتَابُ اللهِ , وَسُنَّتِي , وَلَنْ يَفْتَرِقَا حَتَّى يَرِدَا عَلَيَّ الْحَوْضَ « 

Hadîth n°20337 – Abu al-Husayn ibn Bishrân al-‘Adlu de Bagdâd nous a informé que Ahmad ibn Muhammad ibn al-‘abbâs a rapporté selon ‘Abd al-Karîm ibn Haytham selon al-‘Abbâs ibn al-Haytham, selon Sâlih ibn Mussa at-Talhî selon ‘Abd al-‘Azîz ibn Rufay’, selon Abî Sâlih, selon Abu Hurayra que le Prophète (paix et bénédictions sur lui) a dit : «  Certes, je vous ai laissé ce qui, après quoi, vous ne pourrez jamais vous égarer si vous vous y attachez et conformez : Le livre de Dieu et ma Tradition (Sunna), et ils ne se sépareront pas jusqu’à ce que me soit présenté le Bassin [sous-entendu au jour de la Résurrection]. » 

Source n°13 : « Dalâ’il an-Nubûwa » (Les preuves de la prophétie) de l’imâm al-Bayhaqî (mort en 458 H.)

أَخْبَرَنَا أَبُو عَبْدِ اللهِ الْحَافِظُ، أَنْبَأَنَا أَبُو جَعْفَرٍ الْبَغْدَادِيُّ، حَدَّثَنَا أَبُو عُلَاثَةَ مُحَمَّدُ بْنُ عَمْرِو بْنِ خَالِدٍ، حَدَّثَنَا أَبِي، حَدَّثَنَا ابْنُ لَهِيعَةَ، عَنْ أَبِي الْأَسْوَدِ، عَنْ عُرْوَةَ بْنِ الزُّبَيْرِ، فَذَكَرَ قِصَّةَ حَجَّةِ الْوَدَاعِ، قَالَ: ثُمَّ رَكِبَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَلَى الرَّاحِلَةِ، وَجَمَعَ النَّاسَ وَقَدْ أَرَاهُمْ مَنَاسِكَهُمْ، فَقَالَ: «يَا أَيُّهَا النَّاسُ اسْمَعُوا مَا أَقُولُ لَكُمْ، فَإِنِّي لَا أَدْرِي لَعَلِّي لَا أَلْقَاكُمْ بَعْدَ عَامِي هَذَا فِي هَذَا الْمَوْقِفِ» ، ثُمَّ ذَكَرَ خُطْبَتَهُ، وَقَالَ فِي آخِرِهَا:  » اسْمَعُوا أَيُّهَا النَّاسُ قَوْلِي؛ فَإِنِّي قَدْ تَرَكْتُ فِيكُمْ مَا إِنِ اعْتَصَمْتُمْ بِهِ لَنْ تَضِلُّوا أَبَدًا أَمْرَيْنِ بِيِّنَيْنِ: كِتَابَ اللهِ وَسُنَّةَ نَبِيِّكُمْ  » وَكَذَلِكَ ذَكَرَهُ أَيْضًا مُوسَى بْنُ عُقْبَةَ بِمَعْنَاهُ أَخْبَرَنَا أَبُو الْحُسَيْنِ بْنُ الْفَضْلِ، أَنْبَأَنَا أَبُو بَكْرِ بْنُ عَتَّابٍ، حَدَّثَنَا الْقَاسِمُ الْجَوْهَرِيُّ، حَدَّثَنَا ابْنُ أَبِي أُوَيْسٍ، حَدَّثَنَا إِسْمَاعِيلُ بْنُ إِبْرَاهِيمَ بْنِ عُقْبَةَ، عَنْ عَمِّهِ مُوسَى بْنِ عُقْبَةَ، فَذَكَرَهُ إِلَّا أَنَّهُ قَالَ:  » لَنْ تَضِلُّوا بَعْدَهُ أَبَدًا أَمْرًا بَيِّنًا: كِتَابَ اللهِ، وَسُنَّةَ نَبِيِّهِ « 

Abu Mussa ‘Abd Allâh al-Hâfidh nous a rapporté qu’Abu Ja’far al-Baghdâdî a rapporté selon Abu ‘Ulâtha Muhammad ibn ‘Amru ibn Khâlid, selon son père qui a rapporté d’après d’ibn Lahî’a, selon Abî al-Aswad, selon ‘Urwa ibn az-Zubayr – puis il mentionna l’histoire du sermon d’adieu – il dit : Puis le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) est monté sur sa monture, il rassembla les gens et leur montra leurs rites cultuels et dit : « Ô vous les gens, écoutez ce que j’ai à vous dire car je ne sais pas si je vous reverrai après cette année en ce même lieu ». Puis il mentionna son sermon à la fin duquel il dit  : « Ô vous les gens ! Ecoutez mes paroles. Je vous ai certes laissé ce qui, si vous vous y attachez fermement, vous ne vous égarez jamais. Deux choses claires : Le Livre de Dieu et la Sunna (tradition) de votre prophète.  » De même, ceci a été mentionné dans ce sens par Mussa ibn ‘Uqba : Abu al-Husayn ibn al-Fadl nous a informé qu’Abu Bakr ibn ‘Attâb a rapporté selon al-Qâsim al-Jawharî, selon ibn Abî Uways, selonIsma’îl ibn Ibrâhîm ibn ‘Uqba d’après son oncle paternel Mussa ibn ‘Uqba – et il le mentionna sauf qu’il [le Prophète] dit ceci à la place : « Vous ne vous égarez jamais après cela. Une chose claire : Le Livre de Dieu et la Sunna (tradition) de votre prophète. »

أَخْبَرَنَا أَبُو عَبْدِ اللهِ الْحَافِظُ، أَخْبَرَنِي إِسْمَاعِيلُ بْنُ مُحَمَّدِ بْنِ الْفَضْلِ الشَّعْرَانِيُّ، حَدَّثَنَا جَدِّي، حَدَّثَنَا ابْنُ أَبِي أُوَيْسٍ، قَالَ: حَدَّثَنَا أَبِي، عَنْ ثَوْرِ بْنِ زَيْدٍ الدِّيلِيِّ، عَنْ عِكْرِمَةَ، عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ  » أَنَّ رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ خَطَبَ النَّاسَ فِي حَجَّةِ الْوَدَاعِ، فَقَالَ:  » إِنَّ الشَّيْطَانَ قَدْ يَئِسَ أَنْ يُعْبَدَ بِأَرْضِكُمْ، وَلَكِنَّهُ رَضِيَ أَنْ يُطَاعَ فِيمَا سِوَى ذَلِكَ مِمَّا تَحَاوَرُونَ مِنْ أَعْمَالِكُمْ، فَاحْذَرُوا، أَيُّهَا النَّاسُ، إِنِّي قَدْ تَرَكْتُ فِيكُمْ مَا إِنِ اعْتَصَمْتُمْ بِهِ فَلَنْ تَضِلُّوا أَبَدًا: كِتَابَ اللهِ وَسُنَّةَ نَبِيِّهِ، إِنَّ كُلَّ مُسْلِمٍ أَخُو الْمُسْلِمِ، الْمُسْلِمُونَ إِخْوَةٌ، وَلَا يَحِلُّ لِامْرِئٍ مِنْ مَالِ أَخِيهِ إِلَّا مَا أَعْطَاهُ عَنْ طِيبِ نَفْسٍ، وَلَا تَظْلِمُوا وَلَا تَرْجِعُوا بَعْدِي كُفَّارًا يَضْرِبُ بَعْضُكُمْ رِقَابَ بَعْضٍ  » وَاللهُ تَعَالَى أَعْلَمُ

Abo Mussa ‘Abd Allâh al-Hâfidh nous a rapporté qu’Isma’îl ibn Muhammad ibn al-Fadl ash-Sha’rânî a rapporté que son grand-père a rapporté qu’ibn Abî Uways a dit que son père l’a informé selon Thawr ibn Zayd ad-Dayli, selon ‘Ikrimah, selon Ibn ‘Abbâs que l’Envoyé de Dieu (paix et bénédictions sur lui) a donné un sermon aux gens le jour du pèlerinage d’adieu et dit : « Le diable a désespéré d’être adoré dans votre pays mais il sera obéi dans certains de vos actes que vous sous-estimez. Méfiez vous Ô les gens car je vous ai laissé ce qui, si vous vous y attachez fermement, vous ne vous égarerez plus jamais : Le Livre de Dieu et la Sunna (tradition) de son prophète (que la paix de Dieu soit sur lui). Certes, le musulman est le frère du musulman. Les musulmans sont frères, il ne convient à personne de prendre de force les biens de son frère sauf ce qu’il lui cédera par bonté d’âme. Et ne soyez pas oppresseur, et ne devenez pas après moi des infidèles, les uns frappant les cous des autres. » Et Dieu Sait Mieux.

Source n°14 : « Al Faqih wal Mutafaqqih » d’al-Khatîb al-Baghdâdî (mort en 463 H.)

أنا أَبُو الْحُسَيْنِ عَلِيٌّ , وَأَبُو الْقَاسِمِ عَبْدُ الْمَلِكِ أنبا مُحَمَّدُ بْنُ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ بِشْرَانَ , قَالَا: أنا أَبُو أَحْمَدَ حَمْزَةُ بْنُ مُحَمَّدِ بْنِ الْعَبَّاسِ , نا عَبْدُ الْكَرِيمِ بْنُ الْهَيْثَمِ , نا الْعَبَّاسُ بْنُ الْهَيْثَمِ , نا صَالِحُ بْنُ مُوسَى الطَّلْحِيُّ , عَنْ عَبْدِ الْعَزِيزِ بْنِ رُفَيْعٍ , عَنْ أَبِي صَالِحٍ , عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ , قَالَ: قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: «إِنِّي قَدْ خَلَّفْتُ فِيكُمْ مَا لَنْ تَضِلُّوا بَعْدَهُمَا مَا أَخَذْتُمْ بِهِمَا أَوْ عَمِلْتُمْ بِهِمَا كِتَابَ اللَّهِ وَسُنَّتِي , وَلَنْ يَفْتَرِقَا حَتَّى يَرِدَا عَلَى الْحَوْضِ»

Hadîth n°274 – Abu al-Husayn ‘Alî et Abu al-Qâsim ‘Abd al-Malik nous ont rapporté que Muhammad ibn ‘Abd Allâh ibn Bishrân a informé qu’Abu Muhammad Hamza ibn Muhammad ibn al-‘abbâs a rapporté selon ‘Abd al-Karîm ibn Haytham, selon al-‘Abbâs ibn al-Haytham que  Sâlih ibn Moussa at-Talhî a rapporté selon ‘Abd al-‘Azîz ibn Rufay’, selon Abî Sâlih, selon Abu Hurayra que le Prophète (paix et bénédictions sur lui) a dit : « Certes, je vous ai laissé ce qui, après quoi, vous ne pourrez jamais vous égarer si vous vous y attachez et conformez : Le livre de Dieu et ma Tradition (Sunna), et ils ne se sépareront pas jusqu’à ce que me soit présenté le Bassin [sous-entendu au jour de la Résurrection]. »

أنا أَبُو طَالِبٍ , مُحَمَّدُ بْنُ مُحَمَّدِ بْنِ إِبْرَاهِيمَ بْنِ غَيْلَانَ الْبَزَّازُ , نا مُحَمَّدُ بْنُ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ إِبْرَاهِيمَ الشَّافِعِيُّ , نا أَبُو قَبِيصَةَ , مُحَمَّدُ بْنُ عَبْدِ الرَّحْمَنِ بْنِ عُمَارَةَ بْنِ الْقَعْقَاعِ بْنِ شُبْرُمَةَ الضَّبِّيُّ , نا دَاوُدُ بْنُ عَمْرٍو , نا صَالِحُ بْنُ مُوسَى الطَّلْحِيُّ , عَنْ عَبْدِ الْعَزِيزِ بْنِ رُفَيْعٍ , عَنْ أَبِي صَالِحٍ , عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ , قَالَ: قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: «خَلَّفْتُ فِيكُمْ شَيْئَيْنِ لَنْ تَضِلُّوا بَعْدَهُمَا كِتَابَ اللَّهِ وَسُنَّتِي , وَلَنْ يَتَفَرَّقَا حَتَّى يَرِدَا عَلَيَّ الْحَوْضَ»

Hadîth n°275 – Abu Tâlib nous a rapporté que Muhammad ibn Muhammad ibn Ibrâhîm a rapporté selon Ghaylân al-Bazâr, Muhammad ibn Ibrâhîm le shâfi’ite, selon Abu Qabîssa, selon Muhammad ibn ‘Abd ar-Rahmân ibn ‘Umâra ibn Al-Qa’qa’ ibn Shuyruma ad-Dabby, selon Dâwud ibn ‘Amru, selon Sâlih ibn Mussa at-Talhî, selon ‘Abd al-‘Azîz ibn Rufay’, selon Abî Sâlih, selon Abu Hurayra que le Prophète (paix et bénédictions sur lui) a dit : « Je vous ai laissé deux choses après quoi, vous ne pourrez jamais vous égarer : Le livre de Dieu et ma Tradition (Sunna), et ils ne se sépareront pas jusqu’à ce que me soit présenté le Bassin [sous-entendu au jour de la Résurrection]. »

أنا أَبُو طَالِبٍ مُحَمَّدُ بْنُ عَلِيِّ بْنِ إِبْرَاهِيمَ الْبَيْضَاوِيُّ , أنا مُحَمَّدُ بْنُ الْعَبَّاسِ الْخَزَّازُ , نا أَبُو بَكْرِ بْنُ الْمُجَدَّدِ , نا عَبْدُ اللَّهِ بْنُ عُمَرَ , حَدَّثَنِي شُعَيْبٌ هُوَ ابْنُ إِبْرَاهِيمَ التَّمِيمِيُّ نا سَيْفٌ يَعْنِي ابْنَ عُمَرَ- عَنْ أَبَانَ بْنِ إِسْحَاقَ الْأَسَدِيِّ , عَنِ الصَّبَّاحِ بْنِ مُحَمَّدٍ , عَنْ أَبِي حَازِمٍ , عَنْ أَبِي سَعِيدٍ الْخُدْرِيِّ , قَالَ: خَرَجَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ , عَلَيْنَا فِي مَرَضِهِ الَّذِي تُوُفِّيَ فِيهِ , وَنَحْنُ فِي صَلَاةِ الْغَدَاةِ , فَذَهَبَ أَبُو بَكْرٍ لِيَتَأَخَّرَ , فَأَشَارَ إِلَيْهِ مَكَانَكَ , وَصَلَّى مَعَ النَّاسِ , فَلَمَّا انْصَرَفَ , حَمِدَ اللَّهَ وَأَثْنَى عَلَيْهِ ثُمَّ قَالَ:  » يَا أَيُّهَا النَّاسُ , إِنِّي قَدْ تَرَكْتُ فِيكُمُ الثَّقَلَيْنِ: كِتَابَ اللَّهِ وَسُنَّتِي فَاسْتَنْطِقُوا الْقُرْآنَ بِسُنَّتِي , وَلَا تُعْسِفُوهُ , فَإِنَّهُ لَنْ تَعْمَى أَبْصَارُكُمْ , وَلَنْ تَزُلْ أَقْدَامُكُمْ , وَلَنْ تُقْصَرَ أَيْدِيكُمْ مَا أَخَذْتُمْ بِهِمَا « 

Hadîth n°276 –  Abu Tâlib Muhammad ibn ‘Alî ibn Ibrâhîm al-Baydâwî nous a rapporté que Muhammad ibn al-‘Abbâs al-Khazzar a rapporté selon Abu Bakr ibn al-Mujaddid, selon ‘Abd Allâh ibn ‘Umar, selon Shu’ayb – et il s’agit du fils d’Ibrâhîm at-Tamîmî – qui avait rapporté que Sayf – c’est-à-dire Ibn ‘Umar – a rapporté selon Abân ibn Ishâq al-Asadî, selon as-Sabbâh ibn Muhammad, selon Abî Hazm, selon Abî Sa’îd al-Khudrî qui a dit que le Prophète (paix et bénédictions sur lui) est sorti vers nous lors de la maladie au cours de laquelle il trouva la mort et ce, alors que nous étions dans la prière de « al ghadâ ». Et Abu Bakr est parti pour s’attarder et il lui a montré ton endroit et il pria avec les gens. Quand il eut terminé, il rendit des louanges à Dieu et fit des éloges puis dit :

« Ô vous les gens, je vous est certes laissé les deux poids : Le Livre de Dieu et ma Tradition (Sunna). Comprenez donc le Coran par ma tradition et ne le négligez pas en prenant une mauvaise méthodologie. Car vos yeux ne s’aveugleront pas, vos pas ne s’ébranleront pas et vous ne serez pas empêché d’atteindre votre objectif (litt. vos mains ne rétréciront pas) tant en vous vous y tenez fermement. « 

Source n°15 : « at-Tamhîd » d’ibn ‘Abd al-Barr (mort en 463 H.)

حَدَّثَنَا عَبْدُ الرَّحْمَنِ بْنُ مَرْوَانَ قَالَ حَدَّثَنَا أَحْمَدُ بْنُ سُلَيْمَانَ الْبَغْدَادِيُّ قَالَ حَدَّثَنَا الْبَغَوِيُّ قَالَ حَدَّثَنَا دَاوُدُ بْنُ عَمْرٍو الضَّبِّيُّ قَالَ حَدَّثَنَا صَالِحُ بْنُ مُوسَى الطَّلْحِيُّ قَالَ حَدَّثَنَا عَبْدِ الْعَزِيزِ بْنِ رُفَيْعٍ عَنْ أَبِي صَالِحٍ عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِنِّي قَدْ خَلَّفْتُ فِيكُمُ اثْنَتَيْنِ لَنْ تَضِلُّوا بَعْدَهُمَا أَبَدًا كِتَابُ اللَّهِ وَسُنَّتِي

‘Abd ar-Rahmân ibn Marwân nous a rapporté qu’Ahmad ibn Sulayman al-Baghdâdî nous a rapporté selon al-Baghawî, selon Dawud ibn ‘Amru ad-Dabbîy, selon Sâlih ibn Musa at-Talhî, selon al-‘Azîz ibn Rufay’, selon Abî Sâlih, selon Abu Hurayra qui dit que le Prophète (paix et bénédictions sur lui) a dit : « Certes, je vous ai laissé deux [choses] après quoi, vous ne pourrez jamais vous égarer : Le livre de Dieu et ma Tradition (Sunna). »

وَحَدَّثَنَا عَبْدُ الرَّحْمَنِ بْنُ يَحْيَى قَالَ حَدَّثَنَا أَحْمَدُ بْنُ سَعِيدٍ قَالَ حَدَّثَنَا مُحَمَّدُ بْنُ إِبْرَاهِيمَ الديبلي قال حَدَّثَنَا عَلِيُّ بْنُ زَيْدٍ الْفَرَائِضِيُّ قَالَ حَدَّثَنَا الْحُنَيْنِيُّ عَنْ كَثِيرُ بْنُ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عَمْرِو بْنِ عَوْفٍ عَنْ أَبِيهِ عَنْ جَدِّهِ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ تَرَكْتُ فِيكُمْ أَمْرَيْنِ لَنْ تَضِلُّوا مَا تَمَسَّكْتُمْ بِهِمَا كِتَابِ اللَّهِ وَسُنَّةِ نَبِيِّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ

‘Abd ar-Rahmân ibn Marwân ibn Yahya nous a rapporté qu’Ahmad ibn Sa’îd a rapporté selon Muhammad ibn Ibrâhîm ad-Daybulî, selon ‘Alî ibn Zayd al-Farâ’idî, selon al-Hunaynî, selon Kathir ibn ‘Abd Allâh ibn ‘Amru ibn al-‘Awf, selon son père, selon son grand-père que le Messager de Dieu (paix et bénédictions sur lui) a dit : « Je vous ai laissé deux sujets avec lesquels vous ne pourrez jamais vous égarer tant que vous vous y tenez : Le Livre de Dieu et la tradition (Sunna) de son prophète (paix et bénédictions sur lui) ».

Source n°16 : « Jâmi Bayân al-‘ilm » d’ibn ‘Abd al-Barr (mort en 463 H.)

1389 – حَدَّثَنَا سَعِيدُ بْنُ عُثْمَانَ، نا أَحْمَدُ بْنُ دُحَيْمٍ، نا مُحَمَّدُ بْنُ إِبْرَاهِيمَ الدَّيْبُلِيُّ، نا عَلِيُّ بْنُ زَيْدٍ الْفَرَائِضِيُّ، نا الْحُنَيْنِيُّ، عَنْ كَثِيرِ بْنِ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عَمْرِو بْنِ عَوْفٍ، عَنْ أَبِيهِ، عَنْ جَدِّهِ قَالَ: قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ:  » تَرَكْتُ فِيكُمْ أَمْرَيْنِ لَنْ تَضِلُّوا مَا تَمَسَّكْتُمْ بِهِمَا: كِتَابَ اللَّهِ وَسُنَّةَ نَبِيِّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ « 

Hadith n°1389 – Sa’îd ibn ‘Uthmân nous a rapporté qu’Ahmad ibn Duhaym a rapporté selon Muhammad ibn Ibrâhîm ad-Daybulî, selon ‘Alî ibn Zayd al-Farâ’îdî, selon al-Hunaynî, selon Kathir ibn ‘Abd Allâh ibn ‘Amru ibn al-‘Awf, selon son père, selon son grand-père que le Messager de Dieu (paix et bénédictions sur lui) a dit : « Je vous ai laissé deux sujets avec lesquels vous ne pourrez jamais vous égarer tant que vous vous y tenez : Le Livre de Dieu et la tradition (Sunna) de son prophète (paix et bénédictions sur lui) ».

Conclusion sur les sources 

Quand on analyse correctement toutes les références données, nous nous rendons compte que nous pouvons diviser ces dernières en sept rubriques étant donné la similitude qu’on retrouve chez les rapporteurs. Quelque soit le livre islamique pris en compte, il citera l’une des sept versions présentées dans le tableau suivant.

Capture d’écran 2019-04-17 à 09.33.07

En conséquence, en dehors des versions que citées, il n’existe aucun autre hadîth sortant de ce cadre. Aussi, maintenant que nous avons défini les versions possibles du hadîth analysons-les.

II. Les rapporteurs problématiques dans les versions du hadîth

Version 1 : Rapportée par l’imâm Mâlik (m. 179 H.

L’imâm Mâlik dans son livre al-Muwatta’ ne cite aucune de chaîne de transmission. Le hadîth est donc détaché (ar. mursal) et ne peut servir de preuve.

Dans le livre de Mahmud At-Tahhân, nous lisons ceci quant au hadîth détaché.

a) Au sens propre : nom passif, de ‘arsala’ [envoyer], au sens de détacher, tout comme celui qui délie la chaîne des transmetteurs a détaché cette chaîne, sans l’imputer à un transmetteur connu.
b) Sens terminologique : celui qui contient un manque à la fin de la chaîne, après le Suivant [c’est-à-dire celui qui a rencontré en étant musulman, un Compagnon du Prophète (paix et bénédictions sur lui) et est mort en musulman]

Et un peu plus loin nous lisons :

Le détaché, en principe, est faible et irrecevable, car il est dépourvu d’une des conditions de validité, la continuité de la chaîne des transmetteurs, ainsi que l’ignorance de l’état du transmetteur manquant ; il se peut en effet que la personne manquante ne soit pas un Compagnon, avec la possibilité dans ce cas, qu’il soit faible.

Source : Mahmoud At-Tahhan, Précis des sciences du hadîth, édition al Qalam, Paris 2004, p.89-91

Et l’imâm Muslim dit ceci au sujet du hadîth « Mursal » dans l’introduction de son célèbre recueil de hadîth  :

 وَالْمُرْسَلُ مِنَ الرِّوَايَاتِ فِي أَصْلِ قَوْلِنَا، وَقَوْلِ أَهْلِ الْعِلْمِ بِالْأَخْبَارِ لَيْسَ بِحُجَّةٍ

« Et par principe de base, le hadîth détaché (mursal), chez nous et les gens de science dans les hadîths (akhbâr est aussi synonyme de ahâdith), n’est pas une preuve. »

On ne peut donc accepter ce hadîth comme sain (sahîh), quand bien même ce serait l’imâm Mâlik qui le rapporterait. De même, comme nous le lisons dans l’introduction du Sahîh de l’imâm Muslim, Muhammad ibn Sîrîn disait : « Cette science (science du hadîth) est une religion. Voyez de qui vous puisez votre religion ». Il parlait ici de la chaîne de transmission. Or, sans chaine de transmission nous pouvons imputer tout et n’importe quoi au Prophète (paix et bénédictions sur lui).

Pour être même plus précis dans la science du hadîth, il manque deux personnes dans la chaine de transmission entre l’imâm Mâlik et le Prophète Muhammad (paix et bénédictions sur lui). Ainsi, on dit d’un tel hadîth qu’il est « mu’dal », c’est-à-dire défaillant.

Le défaillant [al-mu’dal]

1 – Définition
a) Sens propre : nom passif au sens d’être fatigué, de « a’dala » [avoir fatigué]
b) Sens terminologique : celui dont la chaîne est dépourvue de deux transmetteurs ou plus, les uns à la suite des autres. […]
3 – Son caractère juridique
Le « défaillant » est un hadîth « faible », dont l’état est plus fragile que le « détaché » [moursal] ou le discontinu [mounqati’], en raison du nombre de manquants dans la chaîne. Les savants sont unanimes à conférer ce caractère au défaillant.

Source : Mahmoud at-Tahhan, Précis des sciences du hadîth, éditions Al Qalam, 2003, p.94-95

Quoi qu’il en soit, seul, ce hadîth faible ne peut servir de preuve et il faut pouvoir le confirmer par un autre hadîth au moins. Mais est-ce réellement le cas ? C’est ce que nous verrons plus loin.

Pour conclure sur cette première version, nous pouvons dire qu’elle est « détachée » (mursal) et même « défaillante » (mu’dal). Donc cette version du hadîth en elle-même est faible et est à rejeter. Pour la confirmer, il faut une chaîne de transmission saine. Est-ce vraiment le cas ?

Version 2 : La version d’Ibn Ishâq (m. 151 H.) citée également par at-Tabarî (m. 310 H.)

Quant à la version rapportée par Ibn Ishâq selon la version d’ibn Hishâm, elle a le même défaut que la version de l’imâm Mâlik. Il manque des personnes dans la chaîne de transmission. Cependant, l’imâm at-Tabarî, qui cite plus correctement Ibn Ishâq dans ses chroniques (version arabe), rajoute un rapporteur après Ibn Ishâq du nom de ‘Abd Allâh ibn Abî Najîh mort en 131 ou 132 H. [cf. Ibn Hajar, Tahzib at-tahzib 2/444-445 & Ibn Sa’d (m. 230 H.), Kitâb at-Tabaqât al-Kabîr, 8/44, notice n°2408].

Sachant que le Prophète (paix et bénédictions sur lui) est mort en l’an 11 de l’hégire, il manque tout de même une ou deux personnes au minimum entre ‘Abd Allâh ibn Abî Najîh et le Prophète (paix et bénédictions sur lui). De plus, bien que l’imâm an-Nasâ’î considérait ce rapporteur comme étant quelqu’un de confiance, il l’a également classé parmi ceux qui pratiquent la dissimulation (at-tadlîs). Ce qui veut dire que s’il ne mentionne pas explicitement de qui il a reçu le hadîth, on ne doit pas le prendre en considération d’après l’approche classique du hadith (« sahihologie »). .

Cette version est donc identique à la précédente : elle est faible en raison de la coupure qui existe entre le rapporteur et le Prophète (paix et bénédictions sur lui).

Version 3 : Celle qui est rapportée par Sâlih ibn Musa at-Talhî selon Abu Hurayra

Cette version du hadîth, rapportée par Salih ibn Moussa at-Talhî, a été citée dans une dizaine de sources sunnites des premiers siècles de l’Islâm. Cependant, un problème manifeste subsiste avec ces chaînes de transmission qui passent par Salîh ibn Mussa at-Talhî. Regardons ce que disent de lui les savants de « la science de la critique des transmetteurs » (‘ilm al-jarh wat-ta’dîl).

a) L’imâm Shams ad-Dîne adh-Dhahabî (m. 748 H.) dans Mîzân al-I’tidal (la balance de la qualité d’honorabilité), tome 3, p.414-415, notice n°3835

3835 – Sâlih ibn Mussa [ibn ‘Abd Allâh] ibn Ishâq ibn Talha ibn ‘Ubayd Allâh le Quraychite [at-Talhî] – est un habitant de Koufâ faible [dans le hadîth]. Il rapporte ses hadîth d »Abd al-‘Azîz ibn Rufay’.

  • Yahya dit : Il ne vaut rien, on ne doit pas écrire son hadîth.
  • Al-Bukhârî a dit : Il est réprouvé dans le hadîth.
  • An-Nasâ’î a dit : Il est rejeté.
  • Ibn ‘Adîy a dit : Pour moi, il ne fait pas partie de ceux qui mentent.

Ensuite l’imâm adh-Dhahabî va donner des exemples de hadîth rapportés par Sâlih ibn Musa qui prouvent ce que les savants de la critique des transmetteurs lui reprochent. Et parmi ces hadîths, il cite celui-ci : Dawûd ibn ‘Amru nous a rapporté que Sâlih ibn Musa a rapporté selon ‘Abd al-‘Azîz ibn Rufay’, selon Abî Sâlih, selon Abu Hurayra que le Prophète (paix et bénédictions sur lui) a dit : « Je vous ai laissé deux choses, après quoi, vous ne pourrez jamais vous égarer : Le livre de Dieu et ma Tradition (Sunna), et ils ne se sépareront pas jusqu’à ce que me soit présenté le Bassin [sous-entendu au jour de la Résurrection]. » Ce qui veut clairement dire que ce hadîth fait partie des hadîths qui ne sont pas authentiques…

Et plus loin il dit :

  • Abu Ishâq al-Jawzajânî a dit : Il est faible dans le hadîth malgré qu’il soit quelqu’un de bien.
  • Abu Hâtîm a dit : Il rapporte des hadîths très très reprouvés qu’il met sur le compte des gens de confiance.
  • Ibn ‘Adîy a dit : La plupart des choses qu’il rapporte n’est rapportée par personne d’autre que lui.

b) L’imâm Ibn Hajar al-‘Asqalânî (m. 852 H.) dans Tahzîb at-Tahzîb (Le résultat de la synthèse), tome 2, p.201

Sâlih ibn Musa ibn Ishâq ibn Talha ibn ‘Ubayd Allâh at-Talhî le Kufite (habitant de Koufâ). […]
– Ibn Ma’în a dit : Il ne vaut rien [dans le hadîth].
– Hâshim ibn Marthad rapporte selon Ibn Ma’în que celui-ci dit [au sujet de Sâlih ibn Moussa] : il n’est pas de confiance.
– al-Jawzajânî a dit : Il est faible dans le hadîth malgré qu’il soit quelqu’un de bien.
– Ibn Abî Hâtim ar-Râzî rapporte selon son père que celui-ci dit : « Il est très très réprouvé dans les hadîths. Il rapporte beaucoup de choses réprouvées [en les mettant sur le compte] des gens de confiance » Je lui dis : « Doit-on écrire son hadîth? » Il répondit : « Ce n’est pas une chose qui me plaît. »
– al-Bukhârî a dit : Il est réprouvé dans les hadîths [qu’il rapporte] selon Suhayl ibn Abî Sâlih.
– An-Nasâ’î a dit : Son hadîth ne doit pas être écrit [car] il est faible.
– Ibn ‘Adîy a dit : La plupart des choses qu’il rapporte n’est rapporté par personne d’autre que lui. Pour moi, il ne fait pas partie de ceux qui mentent, cependant, il lui semble certaines choses et fait erreurs. Et la plupart des mérites qu’il rapporte sur son grand-père grand-père n’ont été rapportées par personne d’autre.
– At-Tirmidhî a dit : Certains gens de science ont parlé sur lui. […]
– al-‘Uqaylî a dit : Nous ne devons pas prendre quoi que ce soit de ses hadîths.
– Ibn Hibbân a dit : Il rapportait des gens de confiance ce qui ne ressemblait pas au hadîth des gens reconnus [dans le domaine] jusqu’à ce que l’auditeur témoigne que les traditions qu’il rapportait étaient forgées ou inversées. Il n’est pas autorisé d’utiliser ses hadîths comme preuve.
– Abou Nu’aym a dit : Il est rejeté [dans le hadîth] car il rapporte des récits réprouvés.

c) L’imâm Abû al-Hajjâj al-Mizzî (m. 742 H.) dans Tahzîb al-Kamâl fî asmâ ar-Rijâl (synthèse parfaite sur les noms des transmetteurs), tome 13, p.95, notice n°2841

2841 – Sâlih ibn Musa ibn Ishâq ibn Talha ibn ‘Ubayd Allâh at-Talhî le Koufite (habitant de Koufâ). […]
– Yahiya ad-Dourîy rapporte selon ibn Ma’în que celui-ci dit : Il ne vaut rien [dans le hadîth].
– Hâshim ibn Marthad at-Tabarânî rapporte selon ibn Ma’în que celui-ci dit : Il n’est pas de confiance.
– Ibrâhîm ibn Ya’qub al-Jawzajânî a dit : Il est faible dans le hadîth malgré qu’il soit quelqu’un de bien.

– ‘Abd ar-Rahmân ibn Abî Hâtim ar-Râzî a dit : j’ai interrogé mon père sur lui et il me répondit : « Il est faible dans le hadîth, mais bien plus, il est très très reprouvé dans les hadîths. Il rapporte beaucoup de choses réprouvées [en les mettant sur le compte] des gens de confiance. » Je lui dis : « Doit-on écrire son hadîth? » Il répondit : « Ce n’est pas une chose qui me plaît. »

– al-Bukhârî a dit : Il est réprouvé dans les hadîths [qu’il rapporte] selon Suhayl ibn Abî Sâlih.
– An-Nasâ’î a dit : « Son hadîth ne doit pas être écrit [car] il est faible » et il dit autre part : « Il est rejeté dans le hadîth ».
– Abu Ahmad ibn ‘Adîy a dit : La plupart des choses qu’il rapporte n’est rapporté par personne d’autre que lui. Pour moi, il ne fait pas partie de ceux qui mentent, cependant, il lui semble certaines choses et fait erreurs. Et la plupart des mérites qu’il rapporte sur son grand-père grand-père n’ont été rapportées par personne d’autre.

d) L’imâm al-Bukhârî (m. 256 H.) dans Tarîkh al-Islâm al-Kabîr (Le grand historique de l’islam), partie 2, deuxième section, p. 291, notice n°2874

2874 – Sâlih ibn Musa ibn ‘Abd Allâh figure parmi les enfants de Talha ibn ‘Ubayd Allâh le Quraychite. Il est réprouvé dans le hadîth selon ce qu’il rapporte de Suhayl ibn Abî Sâlih.

e) L’imâm Abu Hâtim ar-Râzî (m. 327 H.) dans Kitâb al-Jarh wat ta’dîl (Le livre de la critique et de l’agrément [des transmetteurs]), tome 2 première section, p.415, notice n°1825

1825 – Sâlih ibn Musa at-Talhi – il est le fils de Musa ibn ‘Abd Allâh ibn Ishâq ibn Talha ibn ‘Ubayd Allâh […]
‘Abderrahmân nous a rapporté qu’il a été lu devant ‘al-‘Abbâs ibn Muhammad ad-Dourîy selon Yahya ibn Ma’în qui dit : Il ne vaut rien [dans le hadîth].
‘Abderrahmân nous a rapporté qu’il a interrogé son père sur Sâlih ibn Moussa at-Talhî et il me répondit : « Il est faible dans le hadîth, mais bien plus, il est très très reprouvé dans les hadîths. Il rapporte beaucoup de choses réprouvées [en les mettant sur le compte] des gens de confiance. » Je lui dis : « Doit-on écrire son hadîth? » Il répondit : « Son hadîth ne me plait pas. »

f) L’imâm Ibn al-Jawzî (m. 597 H.) dans Kitâb ad-Du’afâ wal Matrukîn (Le livre des faibles et des rejetés [dans le hadîth]) tome 2, p.50, notice n°1674

Sâlih ibn Musa [ibn ‘Abd Allâh] ibn Ishâq ibn Talha ibn ‘Ubayd Allâh at-Talhî […]
– Yahya a dit : Il ne vaut rien.
– al-Boukhârî a dit : Il est réprouvé dans le hadîth.
– As-Sa’dî a dit : Il est faible.
– ibn ‘Adîy a dit : Pour moi, il ne fait pas partie de ceux qui mentent, cependant, il lui semble certaines choses et fait erreurs.
– Ibn Hibbân a dit : Il rapportait des gens de confiance ce qui ne ressemblait pas au hadîth des gens reconnus [dans le domaine] jusqu’à ce que l’auditeur témoigne que les traditions qu’il rapportait étaient forgées.

g) L’imâm an-Nasâ’î (m. 303 H.) dans Kitâb ad-Du’afâ wal Matrukîn (Le livre des faibles et des rejetés [dans le hadîth])  p.136, notice n°314

314 – Sâlih ibn Moussa at-Talhî : Il est rejeté dans le hadîth.

h) L’imâm Ibn Hibbân (m. 354 H.) dans Kitâb al-Majruhîn (Le livre de ceux qui ont été critiqués dans le hadîth), tome1, p.469, notice n°475

485 – Sâlih ibn Musa at-Talhî – fait parti des enfants de Talha ibn ‘Ubayd Allâh. Il rapporte selon Suhayl ibn Abî Sâlih. Il a vécu à Médine et ses habitants ont rapporté de lui. Il rapportait des gens de confiance ce qui ne ressemblait pas au hadîth des gens reconnus [dans le domaine] jusqu’à ce que l’auditeur témoigne que les traditions qu’il rapportait étaient forgées ou inversées. Il n’est pas autorisé d’utiliser ses hadîths comme preuve.

Pour conclure sur cette version, nous nous rendons compte qu’elle ne peut tout simplement pas être authentifiée car il s’y trouve Sâlih ibn Musa at-Talhî qui est considéré comme faible/rejeté/réprouvé dans le hadîth. Pour illustrer ces propos, l’imâm adh-Dhahabî par exemple a cité plusieurs hadîths rapportés selon ce rapporteur dont le hadîth qui nous intéresse … à savoir le hadîth qui fait dire au Prophète (paix et bénédictions sur lui) qu’il nous a laissé « le Livre de Dieu et Sa Sunna » …

Il s’agit pourtant de la version la plus rapportée dans les livres de hadîths. Donc pour l’instant, on ne peut absolument pas authentifier cette tradition. Qu’en est-il des autres chaînes de transmission ?

Version 4 : Celle qui est rapportée par Kathîr selon son grand-père ‘Amr ibn al-‘Awf

Cette version est assez étrange. Nous ne l’avons trouvé citée que par ibn ‘Abd al-Barr (m. 463 H.). D’après nos modestes recherches, nous n’avons trouvé personne d’autre avant lui l’ayant cité. Quoi qu’il en soit, qu’en est-il de la chaîne de transmission ? Peut-elle relever le niveau d’acceptation des versions déjà traitées ? Malheureusement, ce n’est pas le cas. On trouve dans la chaîne de transmission Kathîr ibn ‘Abd Allâh ibn ‘Amr ibn al-‘Awf et les savants ont beaucoup parlé sur son honnêteté comme en témoigne, entre autres pour ne pas rallonger la lecture, les deux sources suivantes.

a) L’imâm Shams ad-Dîn adh-Dhahabî (m. 748 H.) dans Mîzân al-I’tidal (la Balance de la qualité d’honorabilité), tome 5, p.492-494, notice n°6949

6949 – Kathîr ibn ‘Abd Allâh ibn ‘Amru ibn al-‘Awf ibn Zayd al-Muzanî al-Madanî […]
– Ibn Ma’în a dit : Il ne vaut rien [dans le hadîth].
– Ash-Shâfi’î et Abou Dawûd ont dit : C’est un pilier parmi les piliers du mensonge.
– Ahmad [ibn Hanbal] a frappé (d’interdiction) son hadîth.
– Ad-Dâraqutnî et d’autres que lui ont dit : Il est rejeté dans le hadîth.
– Abu Hâtim a dit : Il n’est pas solide [dans le hadîth].
– An-Nasâ’î a dit : Il n’est pas de confiance.
– Mutraf ibn ‘Abd Allâh al-Madanî a dit : Je l’ai vu et il se querellait beaucoup. Aucun de nos compagnons ne prenait de lui quoi que ce soit.
– Ibn ‘Imrân al-Qâdî lui a dit : Ô Kathîr, tu es un homme mauvais, tu te querelles sur des choses dont tu ne connais rien et tu prétends des choses que tu n’as pas, et tu n’as aucune preuve. Ne m’approches plus sauf si tu me vois faire partie de ceux qui ne cherchent pas à travailler!
– Ibn Hibbân a dit : Il possède de son père et de son grand-père une copie [contenant des hadîths] inventée.
Quant à at-Tirmidhî il a rapporté de lui le hadîth suivant : « La concorde est autorisée entre les musulmans » et il l’a authentifié. Et c’est pour cela que les savants ne s’appuient pas sur les authentifications d’at-Tirmidhî.
– Ibn ‘Addîy a dit : La plupart des choses qu’il rapporte n’est rapporté par personne d’autre que lui.
– Ibn Abî Uways a dit : J’ai entendu de lui [le hadîth pour la première fois] à partir de l’année 158.

Remarque : Ibn Abî Uways, dont nous verrons la biographie plus loin, rapporte également le hadîth qui nous intéresse. Notons en outre que lui et Kathîr, qui est considéré par certains comme un pilier du mensonge, se connaissaient…

b) L’imâm Ibn Hajar al-‘Asqalânî (m. 852 H.) dans Tahzîb at-Tahzîb (Le résultat de la synthèse), tome 3, p.462-463

Kathîr ibn ‘Abd Allâh ibn ‘Amru ibn al-‘Awf ibn Zayd ibn Milha al-Yashkurî al-Muzanî al-Madanî
– Abu Tâlib a rapporté selon Ahmad [ibn Hanbal] : Il est réprouvé dans le hadîth, il ne vaut rien.
– ‘Abd Allâh ibn Ahmad a dit : Mon père [Ahmad ibn Hanbal] a frappé [d’interdiction] son hadîth dans Musnad et il ne nous rapportait rien de lui.
– Abu Khaythama rapporte qu’Ahmad lui dit : Ne rapporte strictement rien de lui.
– Ad-Durî rapporte selon Ibn Ma’în : « Son grand-père a été compagnon du prophète (paix et bénédictions sur lui) mais lui, il est faible dans le hadîth » et il dit une fois : « Il ne vaut rien ».
– Ad-Dârimî a rapporte également selon Ibn Ma’în qu’il dit : Il ne vaut rien.
– Al-Ajurrî a dit : Abu Dawud a été interrogé à son sujet et il répondit : Il faisait partie des menteurs, j’ai entendu Muhammad ibn al-Wazîr al-Misrî dire : J’ai entendu ash-Shâfî’i alors que Kathîr ibn ‘Abd Allâh ibn ‘Amru ibn al-‘Awf a été mentionné dire : Celui-ci fait partie des menteurs ou il s’agit d’un des piliers du mensonge.
– Ibn Abî Hâtim a dit : J’ai interrogé Abou Zur’a a son sujet et il répondit : Il est incertain dans le hadîth, il n’est pas fort [dans ça] […]
– Abu Hâtim a dit : Il n’est pas solide. […]
– An-Nasâ’î et ad-Dâraqutnî ont dit : Il est rejeté dans le hadîth.
– An-Nasâ’î dit autre part : Il n’est pas de confiance.
– Ibn Hibbân a dit : Il a rapporté selon son père selon son grand-père une copie [contenant des hadîths] inventée et il n’est pas autorisé de la mentionner dans les livres, ni même rapporter de lui sauf si c’est pour s’étonner !
– Ibn ‘Addî a dit : La plupart des choses qu’il rapporte n’est rapporté par personne d’autre que lui. […]
– Ibrâhîm ibn al-Mundhirî rapporte selon Mutraf ibn ‘Abd Allâh al-Madanî : Je l’ai vu et il se querellait beaucoup. Aucun de nos compagnons ne prenait de lui quoi que ce soit. Ibn ‘Imrân al-Qâdî lui a dit : Ô Kathîr, tu es un homme mauvais, tu te querelles sur des choses dont tu ne connais rien et tu prétends des choses que tu n’as pas, et tu n’as rien dont on ne puisse s’en passer. Je dis : Abu Nu’aym a dit : ‘Alî ibn al-Madînî l’a affaibli.
– Ibn Sa’d a dit : Il rapportait peu hadîth, il a été affaibli.
– Ibn as-Sakan a dit : Il rapporte selon son père selon son grand-père des hadîths dans lesquels il y a des choses à redire.
– Al-Hâkim a dit : Il a rapporté selon son père selon son grand-père une copie dans laquelle il s’y trouve des choses réprouvées.
As-Sâjîy, Ya’qub ibn Sufyane et Ibn Barqî l’ont affaibli.
– Ibn ‘Abd al-Barr a dit : Il y a un consensus sur le fait qu’il est faible [dans le hadîth].

Kathir est donc considéré comme un menteur et fait même partie des piliers du mensonge. L’ensemble des savants mentionné a largement statué sur la faiblesse de ce rapporteur qui inventait sciemment des mensonges sur le compte du Prophète (paix et bénédictions sur lui). Voilà pour la version 4. Aussi, pour le moment, il n’y a rien d’acceptable dans cette parole prétendument prophétique et pourtant si répandue parmi les gens de la Sunna…

Version 5 : Celle qui est rapportée par le compagnon Abu Sa’îd al-Khudrî par le biais des rapporteurs suivants : As-Sabbâh ibn Muhammad, Sayf ibn ‘Umar et Shu’ayb ibn Ibrâhîm at-Tamîmî

Etant donné qu’il y a 3 personnes à traiter dans cette partie, je ne vais citer qu’une seule référence à chaque fois, ce qui sera amplement suffisant, s’il plait à Dieu. 

a) As-Sabbâh ibn Muhammad (cf. Ibn Hajar al-‘Asqalânî (m. 852 H.) dans Tahzîb at-Tahzîb (Le résultat de la synthèse), tome 2, p.203)

Sabbâh ibn Muhammad ibn Abî Hâzim al-Bajalî al-Ahmasî le Koufite. […] Ibn Hibbân a dit : […] Il rapportait les hadiths inventés et les imputait aux gens de confiance […] Al-‘Uqaylî a dit : Dans son hadîth il y a de la faiblesse, et il faisait remonter au Prophète (paix et bénédictions sur lui) le hadîth arrêté/fixé [mawquf = le hadîth qui s’arrête dans sa chaine de transmission à un Compagnon]

b) Sayf ibn ‘Umar (Shams ad-Dîne adh-Dhahabî (m. 748 H.), Mîzân al-I’tidal (La balance de la qualité d’honorabilité), tome 3, p.353, notice n°3642)

3642 – Sayf ibn ‘Umar ad-Dabîy al-Usaydîy. Et on dit de lui : al-Tamîmî al-Burjamî. Et on dit aussi de lui : as-Sa’dî al-Kufî […]
– ‘Abbâs a rapporté selon Yahya : Faible.
– Mutayyîn a rapporté selon Yahya : un centime vaut plus que lui.
– Abou Dâwud a dit : Il ne vaut rien.
– Abou Hâtim a dit : Il est rejeté.
– Ibn Hibbân a dit :  Il a été accusé d’incrédulité.
– Ibn ‘Addîy a dit : La plupart de ses hadîths sont réprouvés.

Ainsi, Sayf Ibn ‘Umar est rejeté dans le hadîth. Il est considéré comme faible et a même été accusé d’incrédulité. De plus, même si adh-Dhahabî ne le cite pas ici, Ibn Hibbân affirme que Sayf ibn ‘Umar rapportait des hadîths inventés…

c) Shu’ayb ibn Ibrâhîm at-Tamîmî (cf. Ibn Hajar al-‘Asqalânî (m. 852 H.) dans Lisân al-Mîzân, tome 4, p.247, notice n°3797)

Shu’ayb ibn Ibrâhîm al-Koufî […] Il y a une part d’inconnue en lui [c’est-à-dire peu d’information sur le rapporteur] […] Ibn ‘Addîy l’a mentionné et dit : « Il n’est pas connu. On rapporte de lui des traditions et des informations et il s’y trouve des choses à y redire. »

Ainsi la version n°5 du hadîth est très problématique.

  • Premièrement, Il s’y trouve deux personnes – as-Sabbâh ibn Muhammad et Sayf ibn ‘Umar – considérées comme faibles et rejetées dans le hadîth ; et qui sont même accusés de rapporter des hadîths mensongers en les mettant sur le compte des gens de confiance.
  • Deuxièmement, il s’y trouve une personne inconnue – Shu’ayb ibn Ibrâhîm at-Tamîmî – et à notre connaissance il n’existe aucune critique sur cet individu. Quoi qu’il en soit cette version du hadîth est également rejetée… 

Version 6 : Celle qui est rapportée par ‘Urwa ibn az-Zubayr selon Ibn Lahî’a

Sans même nous attarder sur la chaîne de transmission, nous nous rendons compte que cette version est rapportée par ‘Urwa ibn az-Zubayr qui est né du temps du Califat de ‘Uthmâne (que Dieu l’agrée). Le hadîth est donc dit « détaché » (ar: mursal), ce qui veut dire que le hadîth contient un manque à la fin de la chaîne de transmission après le Suivant (at-Tabi’î), c’est-à-dire la génération après le Prophète, que la paix soit sur lui.

Par définition, et nous l’avons déjà vu précédemment, ce type de hadîth est considéré comme faible – sauf s’il remplit certaines conditions, ce qui n’est malheureusement pas le cas ici.

Cette version est d’autant plus étrange, que nous ne l’avons trouvée rapportée que par al-Bayhaqî (m. 458 H.) dans son livre Dalâ’îl an-Nubûwa (les preuves de la prophétie) et nous n’avons trouvé personne d’autre la citer. Quoiqu’il en soit, il s’y trouve Ibn Lahî’a qui est considéré faible.

1) ‘Urwa ibn az-Zubayr (m. 96 H. d’après ce qui est le plus authentique) 

Il fait parti de la 3ème génération et est né du temps du Califat de ‘Uthmân (que Dieu l’agrée). Il n’est donc pas un contemporain du Prophète (paix et bénédictions sur lui). Le hadîth est donc « détaché » (mursal).

2) Abu ‘Abd ar-Rahmân ‘Abd Allâh ibn Lahî’a ibn ‘Uqba al-Hadramî

 a) L’imâm Muslim (m. 261 H.) dans son livre al-Kuna wal-Asmâ (Les Kunya* et les noms des transmetteurs), partie 1, p. 519, notice n°2060

(*) Kunya: On désigne quelqu’un par le lien de paternité ou de maternité qui le lie avec son enfant aînée, fille ou garçon. Par exemple : Abu al-Hasan (le père d’al-Hasan) pour désigner ‘Ali Ibn Abî Talîb, que la paix de Dieu soit sur eux. Ou encore la mère des croyants Umm Habîba (la mère de Habîba), que la paix de Dieu soit sur elle, pour désigner Ramla bin Abî Sufyân, l’épouse du prophète (paix et bénédictions sur lui).

2060 – Abu ‘Abd ar-Rahmân ‘Abd Allâh ibn Lahî’a ibn ‘Uqba al-Hadramî. Il a été rejeté [dans le hadîth] par Ibn Mahdî, Yahya et Waqî’.

b) L’imâm as-Suyûtî (m. 911 H.), Kitâb Asmâ al-Mudallisîn (Le livre des noms des dissimulateurs), p. 66-67, notice n°29

29 – ‘Abd Allâh ibn Lahi’a : Il est décrit comme pratiquant la dissimulation. Ainsi, l’imâm as-Suyûtî le classe parmi ceux qui dissimulent les hadîths (mudallîs). Il s’agit ici d’une critique d’ibn Lahî’a. Or, le hadîth qui nous concerne dans cette étude est « mu’an’an ». Ceci signifie que le rapporteur ne dit pas explicitement qu’il l’a entendu de la personne, il ne dit pas : « j’ai entendu untel » mais plutôt il dit : « d’après untel » et ce, sans citer le mode de réception ou de transmission. Un tel hadîth est donc dit « mu’an’an ». Or, quand nous lisons cette version du hadîth, nous nous rendons compte qu’ibn Lahî’a ne dit pas explicitement qu’il a entendu Abu al-Aswad Muhammad ibn ‘Abd ar-Rahmân ibn Nawfal lui rapporter le hadîth, donc un tel hadith est « mu’an’an » et d’après la science du hadîth, il ne peut être accepté si le rapporteur est connu pour être un « dissimulateur » (mudallis). Ce seul fait suffit pour rejeter cette version. Mais on pourrait demander d’où sort cette règle précédemment citée. Alors la voici pour ceux qui souhaitent des preuves :

LE DISSIMULE [al-mudallas] 

[…] b) Sens terminologique : dissimulation d’un défaut dans la chaîne des transmetteurs et embellissement de son apparence […] 

Effet juridique de la relation 
Les savants divergent quant à accepter ce que rapporte le dissimulateur et adoptent ainsi plusieurs avis. Les plus réputés sont au nombre de deux :

a) Refus total de la relation du dissimulateur, même s’il précise l’audition. Car la dissimulation en elle-même, est une dépréciation. Cet avis n’est guère reconnu.
b) Il faut faire la nuance. Ce qui est l’avis juste. 

S’il indique clairement l’audition, sa relation est acceptée, c’est-à-dire s’il déclare « J’ai entendu » ou toute autre proposition semblable, alors sa relation du hadîth est acceptée.

S’il n’indique pas clairement son audition, sa relation est refusée, c’est-à-dire s’il déclare « d’après » ou toute autre chose semblable, sa relation du hadith n’est alors pas acceptée.

Source : Mahmoud At-Tahhan, Précis des sciences du hadîth, éditions al Qalam, Paris 2004, p.99 ; 105-106

c) L’imâm an-Nasâ’î (m. 303 H.), Kitâb ad-Du’afâ wal Matrukîn (Le livre des faibles et des rejetés [dans le hadîth]), p. 153, notice n°363

363 – ‘Abd Allâh ibn Lahi’a ibn ‘Ouqba : Il s’agit d’Abou ‘Abd Allâh al-Basrî : Faible.

d) Abu Sa’îd al-La’âlî (m. 761 H.), « Kitâb al-Mukhtalitîne » (Le livre de ceux qui s’emmêlent [dans les hadîths]), p.65, notice n°26

  1. ‘Abd Allâh ibn Lahî’a.‘Amrou ibn ‘Alî al-Fallâs a dit : Celui qui a écrit auprès de lui avant que ne soient brûlés ses livres – tels qu’ibn al-Moubârak, et al-Mouqrî – alors ceci est plus authentique. C’est-à-dire plus authentique que ce qui a été écrit après cet événement car il pataugeait dans ses rapports de hadîth après cela.
    […]
    Al-Fadl ibn Ziyâd a dit : J’ai entendu Ahmad ibn Hanbal alors qu’il fut interrogé au sujet d’ibn Lahî’a dire : Celui qui a écrit auprès de lui jadis alors son audition du hadîth est authentique.
    Ad-Dâraqoutnî dit : Est pris en considération que ceux qui les ‘abdallâh (ar: al-‘ibâdalah) ont rapporté : Ibn al-Moubârak, al-Mouqrî, Ibn Wahb et al-Qa’nabî

Ainsi, les imâms du hadîth considèrent uniquement ce que les « abdallâh » ont rapporté de lui, c’est-à-dire ibn al-Moubârak, ‘Abd Allâh ibn Yazîd al-Mouqrî, ibn Wahb et al-Qa’nabî. Or, la tradition qui nous concerne dans cette étude a été rapporté de lui par ‘Amrou ibn Khâlid le père d’Abou Ghoulâtha. Ce qui veut dire que cette tradition est également rejetée de ce fait.

Ainsi, le cheikh châfé’îte traditionniste Abu Sa’îd al-La’âlî (m. 761 H.) inclut Ibn Lahî’a dans son livre dans lequel il ne mentionne que les rapporteurs qui s’emmêlaient les pinceaux lorsqu’ils rapportaient des hadîths…

e) L’imâm al-Bukhârî (m. 256 H.), « Kitâb ad-Du’afâ al-Kabîr » (le grand livre des rapporteurs faibles), tome p.69, notice n°190

190 – ‘Abd Allâh ibn Lahî’a : il est également appelé Ibn ‘Uqba, Abû ‘Abd ar-Rahmân al-Hadramî. Il est aussi appelé al-Ghâfîqî, le juge d’Egypte. Muhammad nous a rapporté qu’Al-Humaydî rapporte selon Yahya ibn Sa’îd que celui-ci voyait en lui qu’il ne valait strictement rien. Il est mort en l’an 174 H.

f) Ibn Hibbân (m. 354 H.), Kitâb al-Majruhîn (Le livre ceux qui ont été critiqués dans le hadîth), tome 1, p. 504-507, notice n°532

Ibn Lahî’a est né en l’an 96 H. et est mort en l’an 174 H. Il était quelqu’un de pieux, cependant il pratiquait la dissimulation [et rapportait ses traditions] selon les faibles [dans le hadîth]. Puis ses livres ont été brûlés, et nos compagnons disaient : « L’audition du hadîth de celui qui a l’a entendu de lui avant que ne soient brûlés ses livres – tels que les « ‘abdâllah » (al-‘ibâdal) : ‘Abd Allâh ibn Wahb et ibn al-Mubârak ; de même que ‘Abd Allâh ibn Yazîd al-Muqrî et ‘Abd Allâh ibn Salama al-Qa’nabî – alors leur audition du hadîth est authentique. Alors que ceux qui ont entendu après que ses livres aient été brûlés alors son écoute du hadîth [auprès d’ibn Lahî’a] ne vaut rien. Ibn Lahî’a faisait partie de ceux qui écrivaient le hadîth ainsi que de ceux qui s’efforçaient de regrouper la science ainsi que de ceux qui voyageaient pour cela. »

Note : Nous laissons le soin aux arabophones de lire toute la citation d’ibn Hibbân sur Ibn Lahî’a. De même, nous renvoyons le lecteur arabophone vers le livre d’ibn Hajar al-‘Asqalânî (m. 852 H.) Tahzîb at-Tahzîb (Le résultat de la synthèse), tome 2, éditions « Mu’assasate ar-Risala », p.414-414 dans lequel il traite longuement la biographie d’ibn Lahî’a. De même que l’a fait le Hafîdh adh-Dhahabî (m. 748 H.) dans son livre Siyar a’lâm an-Nubala (Biographies des noble personnalités), éditions « Mu’assasate ar-Risala », tome 8 p.11-31 ou l’imâm al-Uqaylî (m. 322 H.) dans son livre ad-Du’afâ al-Kabîr (le grand livres des rapporteurs faibles), éditions « Dar as-Simay’î », partie 2, p. 694, notice n°869.

En conclusion nous pouvons dire que cette version du hadîth est détachée et qu’il s’y trouve Ibn Lahi’a qui est considéré comme faible, surtout après que ses livres aient été brûlées. Bien qu’il soit un grand juriste égyptien et même reconnu comme le spécialiste du hadîth d’Egypte par l’imâm Ahmad ibn Hanbal et qu’il fut très considéré par le grand imâm al-Layth ibn Sa’d d’Egypte et l’imâm Mâlik, la plupart des savants du hadîth le considèrent comme faible sous certaines conditions. Et ce, bien qu’il soit quelqu’un de confiance. Les deux ne sont pas contradictoires.

Il fut accusé de dissimulation (tadlîs), ce qui signifie que s’il ne dit pas explicitement de qui il a entendu le hadîth alors son récit est rejeté. Or, en ce qui concerne le hadîth que nous traitons dans cette étude, c’est le cas puisqu’il ne dit pas explicitement qu’Abu al-Aswad Muhammad ibn ‘Abd ar-Rahmân ibn Nawfal lui a rapporté le hadîth. Donc, ce défaut affaiblit la tradition. Mais bien plus, les savants du hadîth considèrent qu’il n’y a que ce qui est rapporté de lui par l’un des  » ‘abdâllah  » qui est authentique et que nous ne devons pas tenir compte du reste. Or cette tradition est rapportée de lui par ‘Amru ibn Khâlid le père d’Abu Ghulâtha qui ne fait pas parti des « ‘abdallâh ». Ce qui ajoute un autre défaut à cette chaîne de transmission.

Pour résumer brièvement les défauts de cette version du hadîth :

1 – Le hadîth est dit détaché (mursal) et il ne remonte donc pas au Prophète (paix et bénédiction sur lui). ‘Urwa ibn az-Zubayr qui est né du temps du califat de ‘Uthmân (que Dieu l’agrée) ne dit pas explicitement de qui il l’a entendu.

2 – Il s’y trouve Ibn Lahî’a qui est considéré faible et même dissimulateur par les savants du hadîth. Deux conditions permettent d’affaiblir ses hadîths :

a) S’il ne dit pas explicitement de qui il a entendu le hadîth, son récit est rejeté et malheureusement, il ne dit pas qu’il a entendu explicitement le hadîth d’Abu al-Aswad. Ce qui fait que cette tradition est rejetée.

b) Si son hadîth n’est pas rapporté par l’un des « ‘abdallâh » alors ceci est rejeté. Or, malheureusement, cette tradition est rapportée par ‘Amru ibn Khâlid. Cette tradition est donc également rejetée par ce biais…

En tout état de cause, les défauts que nous avons mentionnés dans la chaîne de transmission ne permettent pas d’authentifier cette tradition. Qui plus est, nous n’avons trouvé cette version dans aucun livre de hadîth, si ce n’est le livre de l’imâm al-Bayhaqî intitulé Les preuves de la prophétie. Il est d’ailleurs vraiment étrange qu’elle ne soit rapportée par personne d’autre. Ceci dit, même si tel ne fut pas le cas, cela n’ajouterait rien au fait que cette tradition soit faible, car ce n’est pas parce qu’un mensonge est répété mille fois qu’il devient une vérité. Loin s’en faut, mais peu le comprennent.

Version 7 : Celle qui est rapportée par Ismâ’îl ibn Abî Uways selon Ibn ‘Abbâs

Il nous reste maintenant à traiter la dernière version du hadîth qui est rapportée par Ibn ‘Abbâs selon Ismâ’îl ibn Abî Uways. Nous allons voir ce que les savants de la critique en disent.

1/ L’imâm adh-Dhahabî (m. 748 H), Siyar a’lam an-Nubalâ (Biographies des nobles personnalités) tome 10, p. 391-395, notice n°108

108 – Ismâ’îl ibn Abî Uways

‘Abd Allâh ibn ‘Abd Allâh ibn Uways ibn Mâlik ibn Abî ‘Âmir, l’imâm, le Hâfîdh, le véridique. Abou ‘Abd Allâh al-Asbahî le médinois, frère d’Abou Bakr ‘Abd al-Humayd ibn Abî Uways.

Il a récité le Coran et l’a perfectionné auprès de Nâfi’ et il fut le dernier de ses élèves à décéder.   […] Ont rapporté de lui: al-Bukhârî et Muslim, puis Muslim, Abu Dâwud, at-Tirmidhî et al-Qazwînî par un intermédiaire. Ainsi qu’Ahmad ibn Sâlih, Ahmad ibn Yusuf as-Sulamî, Abu Muhammad ad-Dârimî, Ya’qub al-Fasawî, Muhammad ibn Nasr as-Sâ’igh, ‘Alî ibn Jabala al-Asbahânî, al-Hasan ibn ‘Alî le Syrien, ‘Uthmân ibn Sa’îd ad-Dârimî, Muhammad ibn Ismâ’îl at-Tirmidhî, al-Fadl ibn Muhammad ash-Sha’rânî et d’autres.

Et il était le savant des gens de Médine et leur traditionaliste à son époque bien qu’il avait des défaillances dans la mémorisation [des hadîths] et dans son perfectionnement. Et si les deux cheikhs [c-à-d Boukhârî et Mouslim] ne l’avaient pas utilisés dans leur argumentation alors son hadîth serait descendu du degré de l’authentique (sahih) au degré du bon (hasan). Et c’est mon avis dessus [c’est-à-dire l’avis de l’imâm adh-Dhahabî].

– Ahmad ibn Hanbal dit : Il n’est pas mal.
– Et Ahmad ibn Zuhayr a rapporté selon Ibn Ma’în : « il est honnête, d’intelligence faible, il n’est pas de ça ». C’est-à-dire qu’il ne perfectionne pas le hadîth et ne sait pas comment l’amener ou alors il lit [le hadîth] selon une autre source que son livre.
– Abu Hâtim ar-Râzî dit : Sa place est la sincérité; il était [cependant] sot.
– An-Nasâ’î dit : « Il est faible » et il dit une autre fois en exagérant : « Il n’est pas de confiance ».
– Ad-Dâraqutnî dit : Je ne le choisirai pas dans [ou pour rapporter] ce qui est authentique.
– Abu Ahmad ibn ‘Adî a dit : Il a rapporté de son oncle maternel des choses étranges que personne d’autre que lui ne rapporte alors qu’il est meilleur que son père.

Nous disons : L’homme est parvenu à ce degré de bonté et c’est pour cela que les deux auteurs du Sahih (Bukhârî et Muslim) ont compté sur lui. Cependant, il n’y a aucun doute qu’il a rapporté des singularités et des hadîths réprouvés qui se sont glissés parmi les nombreuses choses qu’il a rapportées. Il fait partie des connaisseurs. Et il est plus fort [dans le hadîth] que ‘Abd Allâh, le scribe d’Al-Layth.

Il est né en 139 H.

Un jour Ahmad ibn Hanbal le mentionna et le déclara de confiance et ajouta : « Quand a eu lieu l’épreuve [la fitna qui a existé entre les musulmans] il a adopté une position glorieuse. » […]

– Al-Barqânî dit : Je demandais à ad-Dâraqutnî pour quelle raison an-Nasâ’î a affaiblit Ismâ’îl ibn Abî Uways ? Il me répondit : Muhammad ibn Musa al-Hâshimî – qui était un imâm dont an-Nasâ’î faisait partie de son cercle proche – mentionna ceci : An-Nasâ’î m’a raconté que Salama ibn Shabîb lui parla d’Ismâ’îl ibn Abî Uways, puis an-Nasâ’î s’arrêta de parler. Ensuite, je n’ai pas arrêté de le presser de me raconter l’histoire jusqu’à ce qu’il dise : Salama m’a dit : J’ai entendu Ismâ’îl ibn Abî Uways dire : « Il se peut que j’inventais le hadîth pour les Médinois si jamais il y avait des divergences entre eux« . Abu Bakr al-Barqânî dit : Je dis à ad-Dâraqutnî : Qui t’a raconté cela sur Ibn Musâ ? Il me répondit : al-Wazîr, c’est-à-dire Ibn Hinzâba – et je l’ai écrit de son livre.

– Ahmad ibn Abî Khaythama a également rapporté de Yahya ibn Ma’în : Il ne vaut rien. Puis Yahya ajouta : ‘Abd Allâh ibn ‘Ubayd Allâh al-Hâshimî le yéménite nous a dit : Je suis parti avec Ismâ’îl ibn Abî Uways vers le Yemen, il m’a rendu visite un jour alors qu’il avait avec lui un vêtement et quelque chose d’autre et dit : Ma femme sera répudiée trois fois si tu n’achètes pas de cet homme ce vêtement pour une valeur de 100 dinars. Je dis alors au serviteur: « pèses-le pour lui », et il le pesa et il s’avéra que le vêtement valait 50 dinars. Je le questionnais plus tard sur cela et il dit : certes l’homme m’en a donné 20 dinars [c’est-à-dire qu’il a arnaqué ‘Abd Allâh ibn ‘Ubayd Allâh al-Hâshimî].

Je dis (adh-Dhahabî) : Sa sottise est manifeste !

2/ L’imâm adh-Dhahabî (m. 748 H), Mîzân al-I’tidâl (la Balance de la qualité d’honorabilité) tome 1, p. 379-380, notice n°855

855 – Ismâ’îl ibn Abî Uways ‘Abd Allâh ibn ‘Abd Allâh ibn Abî Uways ibn Mâlik ibn Abî ‘Âmir al-Asbâhî Abou ‘Abd Allâh le médinois. Traditionaliste prolifique, mais il y a un peu de faiblesse en lui […] Ont rapporté de lui: les auteurs des deux Sahih [Bukhârî et Muslim] […]
– Ahmad a dit : Il n’est pas mal.
– Ibn Abî Khathama a rapporté selon Yahya : « il est honnête, d’intelligence faible, il n’est pas de ça ».
– Abu Hâtim dit : Sa place est la sincérité ; il était [cependant] sot.
– An-Nasâ’î a dit : Il est faible.
– Ad-Dâraqutnî dit : Je ne le choisirai pas dans [ou pour rapporter] ce qui est authentique.

Il est mort en 226 H.

– Ibn ‘Adîy a dit : Ahmad ibn Abî Yahya a dit : J’ai entendu Ibn Ma’în dire : Lui et son père volent le hadîth [= accusation de mensonge].
– ad-Dawlâbî a dit dans son livre ad-Dou’afâ [les faibles dans le hadîth] : J’ai entendu an-Nadr ibn Salama al-Marwazî dire : C’est un menteur, il rapportait de Mâlik des choses d’ibn Wahb.
–  al-‘Uqaylî dit : Usâma ad-Daqaq Basrî m’a informé qu’il a entendu Yahya ibn Ma’în dire : Ismâ’îl ibn Abî Uways ne vaut pas deux centimes. Je dis : Puis il ajouta : Il a rapporté de son oncle maternel Mâlik des étrangetés que personne d’autre que lui ne rapporte, de même de Sulaymân ibn Bilâl. Et al-Bukhârî a beaucoup rapporté de lui. Je dis : Il est mort en 226 H. Ses traditions sont restées dans l’histoire de l’islâm.

3/ L’imâm Ibn Hajar al-‘Asqalânî (m. 852 H.) dans Tahzîb at-Tahzîb (Le résultat de la synthèse), tome 1, p.157

Ismâ’îl ibn ‘Abd Allâh ibn ‘Abd Allâh ibn Uways ibn Mâlik ibn Abî ‘Âmir al-Asbâhî Abu ‘Abd Allâh ibn Abî Uways, le fils de la soeur de Mâlik et faisait parti de sa belle famille.bOnt rapporté directement de lui : al-Bukhârî et Muslim ; de même qu’eux et les autres ont rapporté de lui par intermédiaire […]

– Abu Tâlib a rapporté selon Ahmad qu’il dit : Il n’est pas mal. De même que ‘Uthmân ad-Dârimî a rapporté selon d’ibn Ma’în.
– Ibn Abî Khathama a également rapporté de lui [c’est-à-dire Yahya ibn Ma’în] : « il est honnête, d’intelligence faible, il n’est pas de ça ». C’est-à-dire qu’il ne perfectionne pas le hadîth et ne sait pas comment l’amener ou il lit [le hadîth] selon une autre source que son livre

– Mu’âwiya ibn Sâlih a dit de lui : Lui et son père sont faibles.
– ‘Abd al-Wahhâb ibn [Abî] ‘Isma rapporte selon Yahya ibn Abî Yahya selon Ibn Ma’în que ce dernier dit : Ibn Abî Uways et son père volent le hadîth [=accusation de mensonge].
– Ibrâhîm ibn Abî Junayd rapporte selon Yahya : Il mélange les choses ; il ment ; il ne vaut rien.
– Abu Hâtim dit : Sa place est la sincérité ; il était [cependant] sot.
– An-Nasâ’î a dit : « Il est faible » et il dit autre part : « Il n’est pas de confiance. »
– Al-La’lakâ’î a dit : An-Nasâ’î a tellement parlé sur lui que ça a amené au fait qu’il soit délaissé. Il lui est sûrement apparu quelque chose que d’autre n’ont pas vu parce que la parole de tous ceux-là [les savants de la critique des transmetteurs] s’explique par le fait qu’il [ibn Abî Uways] est faible.
– Ibn ‘Adîy a dit : Il a rapporté de son oncle des hadîths étranges que personne d’autre que lui ne suit. De même de Sulaymâne ibn Bilâl et d’autres personnes parmi ses professeurs. De plus, les gens ont rapporté de lui. L’ont recommandé Ibn Ma’în et Ahmad ; et al-Bukhârî a beaucoup rapporté de lui. Et il meilleur que [son père] Abî Uways. […]

– Ibn ‘Asâkir a dit : Il est mort en l’an 226 H. – et on a dit aussi 227 H. – durant le mois de Rajab.

Je dis [Ibn Hajar] : Ibn Hibbân a affirmé dans son livre ath-thiqât (les gens de confiance [dans le hadîth]) qu’il est mort en l’an 226 H.

– ad-Dawlâbî a dit dans son livre ad-Du’afâ [les faibles dans le hadîth] : J’ai entendu an-Nadr ibn Salama al-Marwazî dire : C’est un menteur, il rapportait de Mâlik des choses d’ibn Wahb.
–  al-‘Uqaylî dit dans son livre ad-Du’afâ : Osâma ad-Daqaq Basrî m’a informé qu’il a entendu Yahya ibn Ma’în dire : Ismâ’îl ibn Abî Uways vaut deux centimes.
– Ad-Dâraqutnî dit : Je ne le choisirai pas dans [ou pour rapporter] ce qui est authentique.
– Et al-Khalîlî a mentionné dans son livre al-irshâd qu’Abu Hâtim a dit : Il était solide concernant son oncle [c’est-à-dire Mâlik]. Et dans son livre al-Kâmil il mentionna qu’Abu Hatîm dit : Il faisait parti des gens de confiance. […]
– Ibn Hazm a dit dans son livre al-Mahalla : Abu al-Fath al-Azdî a dit : Sayf ibn Muhammad m’a informé qu’Ibn Abî Uways inventait le hadîth.

Et j’ai lu envers ‘Abd Allâh ibn ‘Umar selon Abu Bakr ibn Muhammad qu »Abd ar-Rahmân ibn Makkî leur a informé au sujet d’un écrit. Al-Hafidh Abou Tâhir as-Silafî nous a informé qu’Abu Ghâlib Muhammad ibn al-Hasan ibn Ahmad al-Bâqillânî nous a informé que le Hafîdh Abu Bakr Ahmad ibn Muhammad ibn Ghâlib al-Barqânî nous a rapporté qu’Abu al-Hasan ad-Dâraqutnî a dit : Muhammad ibn Musa al-Hâshimî mentionna – qui était l’un des imâms, et qu’an-Nasâ’î [yakhusahou bima la yakhusaho bihi] son fils – mentionna selon Abu ‘Abd ar-Rahmân : « Salama ibn Shabîb me raconta « – puis an-Nasâ’î se tut un moment puis je n’ai pas arrêté de le presser de me raconter l’histoire jusqu’à ce qu’il dise  : Salama m’a dit qu’il a entendu Ismâ’îl ibn Abî Ouways dire : « Il se peut que j’inventais le hadîth pour les Médinois si jamais il y avait des divergences entre eux« . Abu Bakr al-Barqânî dit : Je dis à ad-Dâraqutnî : Qui t’a raconté cela sur Muhammad Ibn Musâ ? Il me répondit : al-Wazîr, – et je l’ai écrit de son livre et je l’ai même relu devant lui.

Ce qu’il veut dire par « al-Wazîr » c’est le Hafîdh [al-jalîl] Ja’far ibn Hinzâba.

Je dis [Ibn Hajar]: Et c’est ce qui est apparu à an-Nasâ’î à son sujet [ibn Abî Uways] jusqu’à ce qu’il délaisse son hadîth et il affirma sur lui qu’il n’était pas de confiance.  Il se peut que ceci se soit passé durant la jeunesse d’Ismâ’îl et qu’il se soit par la suite amélioré. Et nous ne pouvons douter des deux cheikhs [Bukharî et Muslim] qu’ils n’ont rapporté de lui que ce qui est authentique et qui est confirmé par les gens de confiance. Et j’ai détaillé cela dans l’introduction de mon exégèse du Sahih d’al-Bukhârî et Dieu Sait Mieux.

Il existe une problématique manifeste : Il apparait qu’al-Bukhârî a rapporté beaucoup trop de hadîths d’Ismâ’îl ibn Abî Uways. Certains auteurs avancent des chiffres. Regardons le livre Ikmâl Tahzîb al-Kamâl fî Asmâ ar-Rijâl (Complément à la synthèse parfaite sur les noms des transmetteurs) de l’imâm ‘Alâ ad-Dîn Mughlatây (m. 726 H.), un des élèves du célèbre shaykh al-Mizzî (m. 742 H.), professeur de l’imâm adh-Dhahabî (m. 748 H.), et qui, d’après ce que l’on rapporte était en conflit avec eux.

L’auteur du livre az-Zahra a dit : Il [Ismâ’îl ibn Abî Uways] est mort alors qu’il avait réalisé 88 pèlerinages. Et al-Bukhârî a rapporté de lui ce qui s’approche de 200 hadîths ; et quant à Muslim, environ une vingtaine de hadîths.

Ainsi, nous voyons qu’al-Bukhârî aurait rapporté de lui environ 200 hadîths et Muslim une vingtaine. Cependant, notre compte personnel concernant al-Bukhârî est de 17 hadîths dont voici les numéros : 76, 100, 357, 577, 1236, 2269, 2705, 3048, 3202, 3265, 3269, 3300, 3319, 5289, 6014, 6790, 7176.

Quoi qu’il en soit, allons voir ce que dit al-Hafîdh ibn Hajar dans son introduction de son exégèse du recueil de tradition de l’imâm al-Bukhârî.

4/ L’imâm Ibn Hajar al-‘Asqalânî (m. 852 H.) dans Hadiyu as-Sârî Muqaddimatu Fath al-Bârî, p.1022-1023

Ismâ’îl ibn Abî Uways ‘Abd Allâh ibn ‘Abd Allâh ibn Uways ibn Mâlik ibn Abî ‘Âmir al-Asbahî fils de la soeur de Mâlik ibn Anas.

Les deux shaykhs (Bukhârî et Muslim) l’ont compté [parmi leurs rapporteurs de tradition] sauf qu’ils n’ont pas exagéré en rapportant beaucoup de hadîths de lui. Et al-Bukhârî n’a rien rapporté de lui qui ne soit singulier [c’est-à-dire qu’il n’y a qu’ibn Abî Uways qui le rapporte] excepté deux hadîths. Quant à Muslim, il a rapporté de lui moins de hadîths que ne l’a fait al-Bukhârî. Et les autres ont rapporté de lui sauf an-Nasâ’î car il l’a déclaré faible. Et [pour prouver cela] il [an-Nasâ’î] a rapporté de Salama ibn Shabîb ce qui nous oblige à retirer ses rapports.

Comme nous l’avons vu précédemment, ibn Abî Uways reconnait clairement qu’il inventait des hadîths et ceci c’est l’imâm an-Nasâ’î qui le confirme dans le rapport qu’en fait l’imâm ad-Dâraqutnî…

Les paroles d’ibn Ma’în à son encontre sont divergentes. Il dit une fois : « Il n’est pas mal ». Et une autre fois il dit : « Il est faible ». Et il dit une autre fois : « Lui et son père volait le hadîth » [= accusation de mensonge]. Et Abû Hâtîm a dit : la place est l’honnêteté ; et il était [cependant] sot. Et Ahmad ibn Hanbal dit : Il n’est pas mal. Et ad-Dâraqoutnî dit : Je ne le choisirai pas dans [ou pour rapporter] ce qui est authentique.

Ibn Hajar va essayer maintenant de trouver une issue à cette problématique parce qu’il y a clairement un forgeur de hadîth dans le Sahih de l’imâm al-Bukhârî.

Je dis [ibn Hajar] : Et nous avons rapporté dans les mérites de l’imâm al-Bukhârî par une chaine de transmission authentique qu’Ismâ’îl ibn Abî Uways a sorti pour al-Bukhârî ses sources et lui a donné l’autorisation d’y prendre ce qu’il voulait, et qu’il pointe pour lui ce qu’il doit rapporter afin qu’il le rapporte. Et il avait le sentiment que ce qu’al-Bukhârî a rapporté de lui faisait partie de ce qui est authentique parmi ses hadîths parce qu’il l’a écrit à partir de ses sources. Et en partant de ce principe, on ne peut utiliser de ses hadîths rien d’autre que ce qui s’y trouve dans le Sahih à partir du moment où an-Nasâ’î et d’autres que lui l’ont dénigré, sauf si d’autres que lui rapportent la même chose, alors on le prend en considération.

Ainsi en partant de cette règle (assez étrange d’ailleurs) qu’Ibn Hajar définit, on ne peut utiliser d’ibn Abî Uways que ce qu’il y a dans le Sahih. Or, le hadîth qui nous intéresse ici ne se trouve ni dans al-Bukhârî ni dans Muslim. En partant de ce principe, on ne peut donc en tenir compte. De plus, pour pouvoir prendre en compte ses hadîths, il faut que d’autres que lui rapportent la même chose avec comme condition bien évidemment, que ce que les autres rapportent, le soit avec une chaine de transmission correcte. Ce qui n’est absolument pas le cas ici…

5/ L’imâm Abu Hâtim ar-Râzî (m. 327 H.) dans Kitâb al-Jarh wat ta’dîl (Le livre de la critique et de l’agrément [des transmetteurs]), tome 1 première section, p.180, notice n°613

613 – Ismâ’îl ibn Abî Uways et il s’appelle en réalité Abû Uways ‘Abd Allâh ibn ‘Abd Allâh ibn Uways ibn Mâlik ibn Abî ‘Âmir al-Asbahî […]
‘Abd ar-Rahmân nous a rapporté qu’ibn Abî Khaythama l’a informé au sujet de ce qu’il lui avait écrit dire : J’ai entendu Yahya ibn Ma’în dire : « Ismâ’îl ibn Abî Uways est quelqu’un de véridique bien qu’intellectuellement faible. Il n’est pas de ça » [expression utilisée dans la critique des transmetteurs, déjà expliqué avant].
J’ai entendu mon père dire que la place d’Ismâ’îl ibn Abî Ouways est l’honnêteté ; il était [cependant] sot.
‘Abd ar-Rahmân nous a rapporté que Muhammad ibn Hamuh ibn al-Hasan dire : j’ai entendu Abou Tâlib dire : J’ai interrogé l’imâm Ahmad ibn Hanbal au sujet d’Ismâ’îl ibn Abî Ouways et il répondit : Il n’est pas mal.

6) L’imâm an-Nasâ’î (m. 303 H.) dans Kitâb ad-Du’afâ wal Matrukîn (Le livre des faibles et des rejetés [dans le hadîth]), p.51, notice n°44

44 – Ismâ’îl ibn [Abî] Uways : Faible.

L’imâm an-Nasâ’î le classe parmi les transmetteurs faibles et nous avons vu pourquoi précédemment, parce qu’il a eu vent qu’Ismâ’îl ibn Abî Uways disait lui-même qu’il inventait le hadîth pour les Médinois lorsqu’ils étaient en divergence.

Remarque très importante : Il y a parmi ceux qui ont accusé Ismâ’îl ibn Abî Uways des personnes considérées comme pratiquant le mensonge : Ahmad ibn Abî Yahya et an-Nadr ibn Salama al-Marwazî. Le souci pour ceux qui veulent le défendre de cette manière, c’est qu’an-Nasâ’î et ad-Dâraqutnî rapportent bel et bien le fait qu’Ismâ’îl ibn Abî Uways ait reconnu lui-même qu’il lui arrivait peut être d’inventer le hadîth, ce qui renforce les dires d’Ahmad ibn Abî Yahya et d’an-Nadr ibn Salama al-Marwazî. De plus, ce fut la raison pour laquelle ils l’ont rejeté..

Certains auteurs contemporains ont voulu défendre Ismâ’îl ibn Abî Uways en jouant sur le terme arabe « ada’u » dont le premier sens est « j’inventais » et ce, en disant qu’il pouvait signifier, en fonction du contexte, « je rapportais ». Or, la phrase ne laisse pas de doute quant à son véritable sens, sinon l’attitude d’an-Nasâ’î devient incompréhensible puisque c’est lui qui nous rapporte cette parole. On ne peut pas venir des siècles après et soutenir qu’an-Nasâ’î n’a pas compris de quoi il s’agissait, d’autant plus que c’est lui qui a entendu directement les propos de Salama et qu’il a dû en discuter longuement avec lui…

Ajoutons à cela qu’ibn Hajar n’aurait pas tenté de le défendre en disant qu’il ne faut prendre de son hadîth que ce qui est confirmé dans l’authentique à cause de ce qu’an-Nasâ’î a rapporté… Ce qui signifie que tout le monde a compris la citation dans son sens premier, à savoir qu’il lui arrivait d’inventer des hadîths pour régler les conflits entre les Médinois…

Conclusion quant à cette version du hadîth rapportée par Ismâ’îl ibn Abî Uways :

Nous nous rendons compte qu’il y a à la fois une critique (jarh) et un agrément (ta’dîl) concernant ce personnage. Ainsi parmi ceux qui le prennent en compte, il y a principalement: al-Bukhârî, Muslim et l’imâm Ahmâd et parmi ceux qui le rejettent il y a : an-Nasâ’î, ad-Dâraqutnî et ibn Ma’în (selon le plus vraisemblable). Quelle est la règle à adopter dans un tel cas ?

Conjonction de la critique et de l’agrément en un seul transmetteur

Lorsque, dans un seul transmetteur se trouvent réunis critique et agrément :

a) A la base on fait prévaloir la critique, si elle est précisée.

b) On a dit aussi que, lorsque le nombre de ceux qui agréent dépasse celui des critiques, l’agrément prévaut alors. Cette position, en fait, est faible et n’est pas prise en compte.

Source : Mahmoud At-Tahhan, Précis des sciences du hadîth, éditions al Qalam, Paris 2004, p.191

Ainsi, si la critique est précisée et détaillée alors nous devons rejeter le hadîth de la personne. Il se peut qu’il ne soit ni apparu à al-Bukhârî ni à Muslim la faiblesse du rapporteur et qu’ils n’ont pas fait attention à ses rapports contrairement à ce qu’ont vu les imâms an-Nasâ’î et ad-Dâraqutnî. En effet, Ismâ’îl ibn Abî Uways reconnait lui-même que de temps en temps il forgeait le hadîth pour résoudre certains conflits qu’il y avait à Médine comme cela est rapporté de l’imâm an-Nasâ’î et confirmé par ad-Dâraqutnî. Donc la critique est ici détaillée.

Devant une telle situation, qu’ont fait les savants Ibn Hajar et Adh-Dhahabî ? Ont-il appliqué la règle énoncée et connue de tous ? Malheureusement non.

a) La position du Hâfidh adh-Dhahabî: L’imâm affirme que si al-Bukhârî et Muslim n’avaient pas rapporté de traditions d’Ismâ’îl ibn Abî Uways, alors  ce rapporteur serait descendu d’un degré, c’est-à-dire que son hadîth serait passé du « sahih » au « hasan ». C’est ici l’avis de l’imâm adh-Dhahabî.

b) La position du Hâfih Ibn Hajar: Quant à l’avis d’ibn Hajar, ce dernier pense qu’il n’y a, des hadîths d’ibn Abî Uways, que ce qu’il y a dans le Sahih à prendre en considération ou s’il s’y trouve un autre hadîth authentique qui confirmerait ses dires.

Maintenant, posons-nous la question suivante : pouvons-nous sincèrement prendre le hadîth de celui qui dit clairement : « Il se peut que j’inventais le hadîth pour les Médinois si jamais il y avait des divergences entre eux«  comme ceci est rapporté par an-Nasâ’î et qui est confirmé par ad-Dâraqutnî ? Bien qu’ibn Hajar ait tenté de défendre, avec brio ou pas – nous laissons le soin au lecteur de se faire sa propre opinion-, la présence de ce rapporteur dans les recueils dits sahîh décrédibilise la fiabilité de toutes les sources de ces deux ouvrages…

Mais il y a un autre souci avec ce rapporteur. Les savants sont quasi-unanimes à reconnaitre qu’il était intellectuellement faible. Or, quelle est la condition pour déclarer un rapporteur « acceptable » ?

Les conditions d’acceptabilité du transmetteur

Il y a unanimité entre les sommités du hadîth et du Droit sur deux conditions essentielles qu’ils posent, concernant le transmetteur. Elles sont : 

a) La qualité de témoin honorable [al-‘adâla] : Ils entendent, par cela, que le transmetteur doit être : musulman, pubère, doué de raison, dépourvu de facteurs de perversité, dépourvu de ce qui déchoit l’honorabilité.

b) La fiabilité [ad-dabt] : Ils entendent, par cela, que le transmetteur : ne doit pas être en opposition avec les transmetteurs sûrs, ne doit pas avoir une mémoire déficiente, ne commet pas d’erreur grossière, n’est pas distrait, n’a pas fréquemment de fausses impressions.

Source : Mahmoud At-Tahhan, Précis des sciences du hadîth, éditions al Qalam, Paris 2004, p.188

Ainsi, il y a deux conditions à respecter. Premièrement, il doit être honorable [al-‘adâla]. Or Ibn Abî Uways pèche déjà par cette condition sachant qu’il reconnait lui-même qu’il lui arrivait de forger le hadîth d’après an-Nasâ’î. Deuxièmement, il y a la fiabilité [ad-dabt]. Par exemple le transmetteur ne doit pas être en opposition avec les transmetteurs sûrs [nous verrons dans la prochaine partie que ce hadîth contredit un autre qui met en avant « le Livre de Dieu est (la) famille (du Prophète) » et qui est sahîh] et il ne doit pas avoir un défaut. Or, il est reconnu qu’Ismâ’îl ibn Abî Uways était faible intellectuellement. Ainsi, il pèche par cette deuxième condition quand bien même nous admettrions qu’il soit un témoin honorable et que les accusations de mensonge à son égard sont toutes infondées, même celles d’an-Nasâ’î.

A noter : En tout état de cause, l’imâm an-Nasâ’î a raison lorsqu’il le déclare faible. Qu’il est vraiment étrange que nos imâms aient cherché par tous les moyens à défendre le travail d’al-Bukhârî et Muslim quitte à accepter des sots et des personnes intellectuellement faibles dans nos chaînes de transmission. Il aurait mieux valut défendre le hadîth et donc le Prophète (paix et bénédictions sur lui) plutôt que de chercher à défendre les erreurs manifestes. Quoi qu’il en soit, devant de tels faits incontestables, l’imâm ibn Hajar nous donne une règle (qui peut être critiquable) et qui stipule que tout ce qui est rapporté dans les recueils dits sahîh venant de la part d’Ismâ’îl ibn Abî Uways est correcte et, tout ce qui ne l’est pas, est faible… Cela parce qu’al-Bukhârî a eu accès directement à ses sources. Outre le fait que cette règle n’a été établie par le Hâfidh ibn Hajar que dans l’intention de défendre le travail de l’imâm al-Bukhârî, – et cela apparaît clairement pour quiconque analyse correctement les faits sans parti pris -, il devient évident qu’en partant de cette logique et en appliquant cette même règle pour le hadîth qui nous intéresse dans cette étude (c-à-d « le Livre de Dieu et ma sunna ») que celui-ci est faible pour les deux raisons/arguments donnés par le Hafîdh :

1) il s’y trouve Ismâ’îl ibn Abî Uways et ce hadîth n’a pas été rapporté dans les recueils sahîh.
2) il n’a pas été confirmé par une autre voie saine.

Voilà donc la conclusion sur cette dernière version du hadîth.

 

III. Quid de la version rapportée par Abu Hurayra

Nous avons vu dans la partie précédente qu’il n’existe aucune chaîne de transmission qui ne soit correcte pour accepter ce hadîth. Nous allons voir dans cette seconde partie, qu’il existe même au sein de ces traditions faibles, des changements de sens qui se sont opérés, intentionnellement ou non. Nous laisseront les lecteurs en juger.

La version qui a subi manifestement un glissement de sens est la version (cf. Tableau précédent, version 3 du hadîth) qui est rapportée d’après Abu Hurayra et dans laquelle se trouverait Salîh ibn Musa at-Talhî sur lequel nous avons longuement parlé précédemment. A titre de rappel, ce rapporteur est considéré comme « rejeté » et « faible » dans le hadîth par les savants de la critique et de l’agrément.

Quoi qu’il en soit, cette version est celle qui est la plus citée dans nos anciennes sources comme nous l’avons répertorié dans notre tableau. Mais qu’en est-il réellement de cette version ? Si nous regardons le tableau, il apparait que la version la plus ancienne d’après nos modestes recherches – et Dieu Sait Mieux – remonterait à l’imâm al-Bazzar (m. 292 H.). Il la mentionne dans son Musnad.

Or, il y a manifestement un gros problème avec les manuscrits du Musnad. En effet, l’imâm al-Bazzâr n’a jamais rapporté d’après Salih Ibn Musa at-Talhî [d’après Hurayra] que le Prophète, que la paix de Dieu soit sur lui, a dit qu’il nous avait laissé « Le livre de Dieu et Sa Sunna (wa Sunnati) », mais plutôt « Et ma parenté » (wa Nasabî) tel que le mentionne l’éditeur même du livre…

En note de pas de page nous lisons après avoir mis entre parenthèse le mot « ma tradition » (wa Sunnatî) :

4) A la base il y avait marqué « et ma parenté » (wa Nasabî) ; le copiste a écrit en note de bas de page : « et c’est ce qu’il a rapporté » [c’est-à-dire al-Bazzâr]

Ainsi, à la base, l’imâm al-Bazzâr (m. 292 H.) a rapporté cette version du hadîth selon Abu Hurayra : « Le livre de Dieu et ma parenté » et il n’a jamais rapporté l’autre version qu’on lui impute. Ainsi, il y a eu manifestement un glissement de sens entre les mots « sunnati » et « nasabi » qui s’écrivent à peu près de la même manière en arabe sans les points diacritiques… De plus, tous les imâms qui ont mentionné al-Bazzâr affirment qu’il a cité la version qui dit « wa nasabi » et non « wa sunnati ». Voici quelques exemples :

1) Al-Hâfidh ibn ‘Alî ibn Abî Bakr al-Haythamî (m. 807 H.), Maj’ma’ az-Zawâ’îd wa Manba az-Zawâ’îd« , tome 9, p. 256, hadîth n°14958

Selon Abu Hurayra, le Prophète (paix et bénédictions sur lui) a dit : « Certes, je vous ai laissé deux choses, après quoi, vous ne pourrez jamais vous égarer  : Le livre de Dieu et ma parenté (ar: Nasabî), et ils ne se sépareront pas jusqu’à ce que me soit présenté le Bassin [sous-entendu au jour de la Résurrection]. »

Il a été rapporté par al-Bazzâr, et il s’y trouve Sâlih ibn Mussa at-Talhî et il est fabile.

Ainsi, l’imâm al-Haythamî qui cite l’imâm al-Bazzâr rapporte que celui-ci a rapporté les termes suivants « wa nasabi », c’est-à-dire la proche parenté du Prophète (paix et bénédictions sur lui), et non la version qui affirme qu’il aurait mentionné sa tradition. Notez que le hadîth est rapporté selon Abu Hurayra et dans la chaine de transmission s’y trouve Sâlih ibn Mussa at-Talhî, c’est-à-dire qu’il s’agit de la même version que nous avons traitée précédemment.

2) L’imâm Jalâl ad-Dîne as-Souyoûtî (m. 911H.), « Ihya al-Mayt fî Fadâ’îl Ahl al-Bayt » (la Revivification des morts par les mérites de la famille [du Prophète paix et bénédictions sur lui]), p.23

Le hadîth n°22 : Al-Bazzâr a rapporté d’après Abu Hurayra, que Dieu l’agrée, que le Prophète (paix et bénédictions sur lui) a dit : « Certes, je vous ai laissé deux choses, après quoi, vous ne pourrez jamais vous égarer  : Le livre de Dieu et ma parenté (ar: Nasabî), et ils ne se sépareront pas jusqu’à ce que me soit présenté le Bassin [sous-entendu au jour de la Résurrection]. »

Ainsi, as-Suyutî mentionne également qu’al-Bazzâr a cité la version contenant la proche parenté du Prophète (paix et bénédictions sur lui).

3) Le shaykh Shu’ayb al-Arnâ’ut dans son authentification du Musnad de l’imâm Ahmad, tome 17, p.174

Et sixièmement, le hadîth d’Abu Hurayra rapporté par al-Bazzâr et al-Hâkim. Les deux l’ont rapporté par deux chaines de transmission remontant au Prophète (paix et bénédictions sur lui) selon Dâwud ibn ‘Amru ad-Dabî selon Sâlih ibn Musa at-Talhî selon ‘Abd al-‘Aziz ibn Rufay’, selon Abî Sâlih, selon Abu Hurayra avec les termes suivants : « Certes, je vous ai laissé deux choses, après quoi, vous ne pourrez jamais vous égarer  : Le livre de Dieu et ma parenté (ar: Nasabî) » ce sont les termes d’al-Bazzâr ; et cette chaîne de transmission est faible en raison de la faiblesse de Sâlih ibn Musa at-Talhî ; et les termes rapportés par al-Hâkim sont « Et ma Sunna » au lieu de « Et ma parenté ».

Ainsi, le shaykh Shu’ayb al-Arnâ’ut rapporte également que la version d’al-Bazzâr affirme que le Prophète (paix et bénédictions sur lui) contenait sa parenté et non sa tradition. Nous verrons dans la partie suivante, s’il plait à Dieu, le commentaire au complet du shaykh Shu’ayb al-Arnâ’ut sur cette tradition.

Résumé de cette partie : 

Il existe également beaucoup d’autres savants qui ont mentionné cette information, à savoir qu’al-Bazzâr a rapporté la version du hadîth – selon Abu Hurayra – contenant la parenté du Prophète (paix et bénédictions sur lui) et non sa tradition. Il serait assez long et fastidieux de tout citer. Les exemples précédents sont largement suffisants.

La version de l’imâm al-Bazzâr est antérieure et plus proche des sources que la version rapportée par al-Hâkim, aussi est-elle préférée. Ceci ne change en rien la faiblesse du hadîth, mais à défaut, cette étude permet de montrer que même des hadîths faibles peuvent être altérés…

Il devient ainsi clairement manifeste que la version 3 du hadîth (cf. tableau), n’a jamais été celle qu’Abu Hurayra a rapportée, version dans laquelle se trouve Sâlih ibn Musa at-Talhî dans la chaine de transmission. Même si ce dernier est rejeté dans le hadîth, à la base, il n’a jamais rapporté cette version.

Quoi qu’il en soit, nous sommes obligés de reconnaitre qu’un glissement de sens, volontaire ou pas, a été opéré. La raison de cela ne fait pas partie de l’objet de cette étude et cela risque de nous détourner de notre sujet. Quoi qu’il en soit, le lecteur est assez intelligent pour comprendre et faire des recherches sur cette question.

Devant tous ces faits, quelles ont été les positions des savants du hadîth sur cette tradition ? L’ont-ils authentifiée ? Affaiblie ?

 

IV. L’authentification du hadîth par les savants

 

  1. L’authentification d’Al-Hâkim an-Nisâburî & remarques autour de ses paroles

وَقَدِ احْتَجَّ الْبُخَارِيُّ بِأَحَادِيثِ عِكْرِمَةَ وَاحْتَجَّ مُسْلِمٌ بِأَبِي أُوَيْسٍ، وَسَائِرُ رُوَاتِهِ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِمْ، وَهَذَا الْحَدِيثُ لِخُطْبَةِ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مُتَّفَقٌ عَلَى إِخْرَاجِهِ فِي الصَّحِيحِ: «يَا أَيُّهَا النَّاسُ إِنِّي قَدْ تَرَكْتُ فِيكُمْ مَا لَنْ تَضِلُّوا بَعْدَهُ إِنِ اعْتَصَمْتُمْ بِهِ كِتَابَ اللَّهِ، وَأَنْتُمْ مَسْئُولُونَ عَنِّي فَمَا أَنْتُمْ قَائِلُونَ؟» وَذِكْرُ الِاعْتِصَامِ بِالسُّنَّةِ فِي هَذِهِ الْخُطْبَةِ غَرِيبٌ وَيَحْتَاجُ إِلَيْهَا « . وَقَدْ وَجَدْتُ لَهُ شَاهِدًا مِنْ حَدِيثِ أَبِي هُرَيْرَةَ

Al-Bukhârî a adopté dans le hadîth le rapporteur ‘Ikrimah, et Muslim, Ibn Abî Uways. Quant au reste des rapporteurs, il y a « consensus » dessus. Et ce hadîth concernant le sermon d’adieu du Prophète (paix et bénédictions sur lui ainsi que sur sa famille) est conforme à ce qui a été relevé dans le sahih [al-Hâkim va citer ici la version de Muslim, hadîth n°1218] : « Ô vous les gens, je vous ai certes laissé une chose grâce à laquelle vous ne vous égarerez jamais tant que vous vous y attacherez : le livre de Dieu. De plus, vous serez interrogés à mon sujet, que répondrez-vous donc ? » Quant à la mention de l’attachement à la Sunna dans ce sermon , ceci est étrange et a besoin de quelque chose pour le confirmer. Et j’ai trouvé un témoin de cela parmi les hadîth d’Abu Hurayra.

Nous constatons qu’al-Hakîm a relevé le fait que la mention de la sunnah dans ce hadîth mentionne est étrange. Nous notons également que seule la partie mentionnant le Livre de Dieu doit être authentifiée et non tout le texte, sinon il n’aurait pas mentionné l’étrangeté de la mention de la sunna. En réalité, al-Hâkim a rapporté plusieurs fois dans son ouvrage l’autre version qui stipule que le Messager de Dieu, paix et bénédictions sur lui, nous a laissé le Livre de Dieu ainsi que sa famille et c’est pour cela qu’il a relevé cette étrangeté. Quand al-Hâkim authentifie un hadîth, il précise bien que le hadîth est conforme aux conditions de Muslim, ou aux conditions d’al-Bukhârî et Muslim, etc. Or ici, il ne dit pas cela.

Des auteurs postérieurs ont pu faire une méprise quant aux propos d’al-Hakîm dans son Mustadrak. Une petite mise au point est nécessaire : Le Mustadrak – ou le Complément – d’al-Hâkim est un livre dans lequel l’auteur rassemble les hadîths qu’al-Bukhârî et Muslim n’ont pas relevé et qui respectent leurs critères d’authentification, que ce soit le critère d’un des deux imâms ou des deux en même temps. Le problème c’est que tout ce qui est rapporté ne respecte pas les critères des deux shaykhs et quand ce n’est pas le cas, il ne dit strictement rien, ce qui est le cas pour le hadîth que nous traitons.

  1. Le shaykh al-Albânî & discussion autour de son authentification du hadîth

Il existe trois authentifications du shaykh al-Albânî sur ce hadîth dans trois ouvrages différents.

a) Authentification du shaykh al-Albânî du livre d’al-Khatîb at-Tibrîzî, Mishkât al-Masâbîh, tome 1, p. 66, hadîth n°186

Le hadîth est « mu’dal » (défaillant) [c’est-à-dire qu’il manque deux personnes entre Mâlik et le prophète (paix et bénédictions sur lui], cependant il a un témoin parmi le hadîth d’ibn ‘Abbâs avec une bonne chaîne de transmission comme il a été rapporté par al-Hâkim.

At-Tibrîzi rapporte cette tradition de l’imâm Mâlik dans son Muwattâ‘ et nous avons déjà assez longuement discuté sur cette version. En note de bas de page, le shaykh al-Albânî reconnait ici que le hadîth rapporté par l’imâm Mâlik est dafaillant (Mu’dal) et confirme ainsi ce que nous avons dit sur ce texte. Mais il ajoute ensuite que la version d’Ibn ‘Abbâs rapportée par Ibn Abî Uways est bonne (hasan).

b) Muhammad Nâsir ad-Dîn al-Albânî, Sahîh al-Jâmi’ al-Saghîr wa Ziyâdâtih, tome 1, p. 615 , hadîth n°3232

Le shaykh al-Albânî déclare ici le hadith « authentique » (Sahîh) et confirme que le hadîth a été rapporté par Abu Hurayra (dans la chaine de transmission figure Sâlih Ibn Musa at-Talhî) et qu’il a été cité dans al-Ghilâniyât d’Abu Bakr Muhammad ibn ‘Abd Allâh ibn Ibrâhîm ash-Shâfi’î (m. 354 H.), tome 1, p.510, hadîth n°632. Très bien, regardons cet ouvrage et vérifions bien nos présomptions et le fait qu’il s’y trouve bien Sâlih ibn Musa at-Talhî.

Contrairement au shaykh al-Albânî, le vérificateur du livre, Halmî Kâmil As’ad ‘Abd al-Hâdî, déclare le hadîth très faible (da’îf jidân) parce que Sâlih Ibn Musa at-Talhî est rejeté. Et le vérificateur ajoute qu’adh-Dhahabî – comme nous l’avons vu en fait – met ce hadîth sur le compte des hadîths réprouvés rapportés par Sâlih ibn Musa at-Talhî.

c) ‘Abd al-‘Azîm ibn ‘Abd al-Qawî al-Mundhirî Zakî ad-Dîn (m. 656 H.), Sahîh at-Targhib wat-Tarhîb, tome 1, p. 82. hadîth n°40 avec vérification du shaykh al-Albânî

Le shaykh authentifie ici la version rapportée selon ibn ‘Abbâs et met entre parenthèse qu’elle est saine (sahîh). L’auteur du livre, ‘Abd al-‘Azîm ibn ‘Abd al-Qawî al-Mundhirî Zakî ad-Dîn,  ajoute ceci par contre :

Al-Hâkim l’a rapporté et dit : « De chaine de transmission saine. Al-Bukhârî a adopté [dans le hadîth le rapporteur] ‘Ikrimah, et Muslim, Ibn Abî wUays. Et [cette tradition] a une base saine. »

Or, al-Hâkim an-Nisâburî n’a jamais dit que la chaine de transmission de ce texte était saine, nous avons traduit sa citation précédemment… De plus, il y a une troncature manifeste des paroles d’al-Hâkim qui ajoute bien que la mention de la Sunna dans le sermon d’adieu dans ce hadîth est étrange. Aussi, étonnant que cela puisse paraître, le shaykh al-Albânî ne relève pas du tout cette méprise de l’auteur du livre alors que dans les hadîths qui suivent, il commente à chaque fois ses déclarations… Est-ce un oubli ?

Discussion autour de l’authentification du hadîth

Nous voyons donc qu’al-Albânî a deux authentifications de ce hadîth. Une fois, il dit « hasan » (bon) pour la version qui est rapportée par Ibn ‘Abbâs (dans laquelle il y a Ismâ’îl ibn Abî Uways) et une autre fois il dit « sahih », c’est-à-dire sain. De même, qu’il a également authentifié la version d’Abu Hurayra (dans laquelle il s’y trouve Sâlih ibn Musa at-Talhî).

  • Premier constat: il est clairement impossible de déclarer la version rapportée par Abu Hurayra selon Sâlih ibn Musa at-Talhî comme étant sahîh. La totalité des savants de la critique le considèrent comme faible comme nous l’avons déjà rapportée et bien plus, si jamais il faut l’authentifier, alors à la base, la version d’Abu Hurayra disait « le Livre de Dieu et ma parenté » comme nous l’avons vu dans la partie précédente…
  • Deuxième constat: La version d’Ibn Abî Uways ne peut être authentifiée non plus, car certes certains savants l’ont agrée (al-Bukhârî, Muslim, Ahmad, etc.), mais d’autres l’ont clairement attaqué et ont même expliqué pourquoi il devait être rejeté dans le hadîth (an-Nasâ’î, ad-Dâraqutnî, etc). Et nous avons vu que quand on trouve chez un rapporteur à la fois un agrément et une critique, alors la critique doit l’emporter si celle-ci était détaillée. Or, dans le cas d’Ismâ’îl ibn Abî Uways, elle est détaillée et il a été rapporté par an-Nasâ’î et ad-Dâraqutnî qu’Isma’îl reconnaissait lui-même qu’il forgeait le hadîth. De plus, le Hâfidh ibn Hajar al-‘Asqalânî affirme qu’on ne peut prendre des hadîths d’ibn Abî Uways que ce qu’on en trouve dans les recueils sahîh ou ce qui est confirmé par une voie saine, ce qui n’est pas le cas ici.
  • Troisième constat: Le shaykh al-Albânî déclare une fois la version d’Ibn Abî Uways bonne (hasan) dans son authentification du livre Mishkât al-Masâbîh, et une autre fois il la déclare saine (sahîh) dans son authentification du livre at-Targhib wat-Tarhîb. Outre le fait qu’il y a une différence entre le « sahih » et le « hasan », nous remarquons que dans l’authentification du livre at-Targhib wat-Tarhîb, il n’a pas relevé qu’al-Hâkim n’avait jamais authentifié ce hadîth contrairement à ce que dit l’auteur de l’ouvrage. Mais bien plus, il n’a pas relevé la troncature manifeste de la citation d’al-Hâkim, alors que pour les autres hadîths du même livre, il détaille s’il trouve ou non la citation et donne son avis dessus… Oubli ou non, nous laissons le soin aux lecteurs de se faire leur propre opinion dessus.
  1. L’authentification du shaykh Shu’ayb al-Arnâ’ut & discussion autour de certains de ses propos

Le shaykh Shu’ayb al-Arnâ’ut a commenté deux fois ce hadîth d’après nos recherches, une fois dans sa vérification du Musnad de l’imâm Ahmad et une autre fois dans sa vérification des Sunan d’ad-Dâraqutnî.

a) Authentification des Sunan d’ad-Dâraqutnî par le shaykh Shu’ayb al-Arnâ’ut

En note de bas de page, le shaykh dit ceci concernant la tradition qui nous intéresse :

4606 – Sa parole « Selon Abu Hurayra » – le hadîth a été rapporté par Mâlik dans son Muwattâ’ de manière détaché (mursal), et al-Hâkim l’a rapporté selon Ibn ‘Abbâs et dit : Sa chaine de transmission est saine.

Discussion sur les propos du shaykh Shu’ayb al-Arnâ’ut sur la première authentification : 

Il y a deux constats à faire malheureusement :

1) Le shaykh Shu’ayb al-Arnâ’ut ne donne pas son avis sur ce hadîth, ce qui est assez étrange.
2) Il prétend qu’al-Hâkim a dit que « Sa chaine de transmission est authentique ».

Or, nous avons beau lire et relire le Mustadrak d’al-Hâkim, nous ne voyons pas où cela est précisé… Bien au contraire, al-Hâkim dit même que la mention de la Sunna dans le sermon est étrange. Nulle part il n’a authentifié tout ce hadîth…

b) Authentification du Musnad de l’imâm Ahmad par le shaykh Shu’ayb al-Arnâ’ut

Le shaykh al-Arnâ’ut a également cité ce hadîth dans son commentaire du Musnad de l’imâm Ahmad en commentaire du hadîth n°11104 qui affirme que le Prophète (paix et bénédictions sur lui) nous a laissé deux choses, le Livre de Dieu ainsi que sa famille. Dans son commentaire qui est très très long, il dit ceci au point n°6 :

Et sixièmement, le hadîth d’Abu Hurayra rapporté par al-Bazzâr et al-Hâkim. Les deux l’ont rapporté par deux chaines de transmission remontant au Prophète (paix et bénédictions sur lui) selon Dâwud ibn ‘Amro ad-Dabî selon Sâlih ibn Mussa at-Talhî selon ‘Abd al-‘Aziz ibn Rufay’ selon Abî Sâlih, selon Abu Hourayra avec les termes suivants : « Certes, je vous ai laissé deux choses, après quoi, vous ne pourrez jamais vous égarer  : Le livre de Dieu et ma parenté (nasabî) » ce sont les termes d’al-Bazzâr ; et cette chaîne de transmission est faible en raison de la faiblesse de Sâlih ibn Musa at-Talhî ; et les termes rapportés par al-Hâkim sont « et ma Sunna » au lieu de « et ma parenté ». Et al-Hakîm a mentionné un témoin du hadîth d’Ibn ‘Abbâs sur le Prophète (paix et bénédictions sur lui) concernant le sermon d’adieu : « Ô les gens car je vous ai laissé ce qui, si vous vous y attachez fermement, vous ne vous égarerez plus jamais : Le Livre de Dieu et la Sunna (tradition) de Son prophète (que la paix de Dieu soit sur lui). » Il l’a rapporté via Ismâ’îl ibn Abî Uways selon son père, selon Thawr ibn Zayd ad-Dayli, selon ‘Ikrimah, selon lui [c-à-d Ibn ‘Abbâs] et il ajouta : Al-Bukhârî a adopté dans le hadîth le rapporteur ‘Ikrimah, et Muslim, Ibn Abî Uways. Quant au reste des rapporteurs, il y a consensus dessus. Et ce hadîth concernant le sermon d’adieu du Prophète (paix et bénédictions sur lui ainsi que sur sa famille) est conforme à ce qui a été relevé dans l’authentique [Muslim, hadîth n°1218] : « Ô vous les gens, je vous ai certes laissé une chose grâce à laquelle vous ne vous égarerez jamais tant que vous vous y attacherez : le Livre de Dieu. De plus, vous serez interrogés à mon sujet, que répondrez-vous donc ? »  Quant à la mention de l’attachement à la Sunna dans ce sermon , ceci est étrange et a besoin de quelque chose pour le confirmer. Nous disons [Shu’ayb al-Arna’ut et ‘Âdil Murshid] : le hadîth est mentionné avec ces termes « et la Sunna de Son prophète » chez Ibn ‘Abd al-Barr dans son livre Jâmi’ Bayân al-‘Ilm, p.269 parmi les hadîths cités par ‘Amru ibn al-‘Awf avec une chaine de transmission faible.

Discussion sur les propos du shaykh Shu’ayb al-Arnâ’ut sur la deuxième authentification : 

Il y a trois constats à faire :

1) Le shaykh ne donne pas, encore une fois, son avis sur ce hadîth, ce qui est une fois de plus assez étrange
2) Cette fois-ci, il ne prétend pas qu’al-Hâkim a authentifié la version contrairement à ce que nous avons vu précédemment
3) Il affaiblit la version du hadîth qui est rapportée par Kathir ibn ‘Abd Allâh ibn ‘Amr ibn al-‘Awf

En tout état de cause, le shaykh Shu’ayb al-Arna’ut ne donne pas son avis sur ce hadîth.

  1. Les propos d’ibn ‘Abd al-Barr autour de cette tradition et discussion autour de ses paroles

Ibn ‘Abd al-Barr dit ceci dans son ouvrage « at-Tamhîd », tome 24, p.331 :

 مَالِكٌ أَنَّهُ بَلَغَهُ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ تَرَكْتُ فِيكُمْ أَمْرَيْنِ لَنْ تَضِلُّوا مَا تَمَسَّكْتُمْ بِهِمَا كِتَابُ اللَّهِ وَسُنَّةُ نَبِيِّهِ
وَهَذَا أَيْضًا مَحْفُوظٌ مَعْرُوفٌ مَشْهُورٌ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عِنْدَ أَهْلِ الْعِلْمِ شُهْرَةً يَكَادُ يُسْتَغْنَى بِهَا عَنِ الْإِسْنَادِ وَرُوِيَ فِي ذَلِكَ مِنْ أَخْبَارِ الْآحَادِ أَحَادِيثُ مِنْ أَحَادِيثِ أَبِي هُرَيْرَةَ وَعَمْرِو بْنِ عَوْفٍ

On rapporta à Mâlik que l’Envoyé de Dieu (que la paix de Dieu soit sur lui) a dit : «Je vous ai laissé deux sujets ; si vous les suivez, vous ne seriez jamais perdus: Le Livre de Dieu, et la Sunnah de Son Prophète. » Et ceci est aussi préservé, et tellement connu et répandu du prophète (paix et bénédictions sur lui) chez les gens de science que ceci nous permet de nous passer des chaînes de transmission. Et ceci a été rapporté dans les informations traditionnelles singulières parmi les hadîths d’Abou Hourayra et de ‘Amru ibn ‘Awf.

Discussion autour des affirmations d’ibn ‘Abd al-Barr : 

Au vue de l’étude réalisée autour de ce hadîth, nous trouvons que l’affirmation d’ibn ‘Abd al-Barr est légère et laisse à désirer. En effet, rappelons la parole de Muhammad ibn Sîrîn qui disait ceci : « Cette science (science du hadîth) est une religion. Voyez de qui vous puisez votre religion » [Introduction du Sahih de Muslim]. Ce n’est pas parce qu’une parole a été rendue célèbre qu’elle est pour autant authentique. Un mensonge, même répété mille fois reste un mensonge. Il est donc faux de dire qu’on puisse se passer des chaînes de transmission. De plus, Ibn ‘Abd al-Barr cite deux hadîths pour prouver que cette tradition serait authentique :

1) la version d’Abu Hurayra dans laquelle on trouve dans la chaîne de transmission Sâlih ibn Mussa at-Talhî et tout le monde est d’accord pour dire qu’il doit être rejeté,

2) la version d »Amru ibn al-‘Awf dans laquelle on trouve dans la chaine de transmission son petit-fils Kathîr qui est accusé par beaucoup de mensonge et qui est considéré par l’imâm ash-Shâfi’î comme un pilier parmi les piliers du mensonge.

Est-ce avec ces textes-là qu’ibn ‘Abd al-Barr veut nous faire croire que cette tradition est acceptée et qu’elle l’est tellement que nous ne sommes pas obligés de citer de chaine de transmission ?!

  1. L’authentification du shaykh Muqbil ibn Hâdî al-Wâdi’î

Nous avons déjà cité le Mustadrak d’al-Hâkim an-Nisâburî, cependant, il faut savoir que cet ouvrage a été vérifié par adh-Dhahabî ainsi que par le shaykh Muqbil ibn Hâdî al-Wâdi’î.

En note de bas de page, le shaykh Muqbil dit ceci concernant le hadîth rapporté par Ibn ‘Abbas et celui rapporté par Abu Hurayra :

Hadîth faible ; parce qu’il est rapporté par Ismâ’îl ibn Abî Uways selon son père, et on a parlé sur les deux. Et son témoin [c’est-à-dire le hadîth censé témoigné de la véracité du premier rapporté par al-Hakîm selon Ibn ‘Abbâs] est rapporté via Sâlih ibn Musa at-Talhî et il est rejeté dans le hadîth.

Le shaykh Muqbil affirme très clairement que ce hadîth est faible en raison des défauts que nous avons déjà mentionnés lorsque nous avons abordé les transmetteurs.

  1. L’authentification du shaykh al-Barzanjî

Le shaykh al-Barzanjî a authentifié les chroniques de l’imâm at-Tabarî dans un ouvrage qu’il a intitlué Sahih wa Da’if Târikh at-Tabarî (L’authentique et le faible dans le livre « l’Histoire » d’at-Tabarî), tome 2, p. 343-345, hadîth n°301. Voyons voir ce qu’il dit de ce hadîth.

Le shaykh al-Barzanjî dit ceci :

Sa chaîne de transmission est faible et nous n’avons pas trouvé de tradition qui regrouperait ce qu’at-Tabarî rapporte ici (selon Ibn Ishâq) excepté la tradition rapporté par l’imâm at-Tirmidhî dans ses traditions qui se rapproche de celle rapportée par at-Tabarî sur quelques parties du texte.

Ainsi le shaykh al-Barzanjî confirme nos dires concernant la faiblesse du récit rapporte par l’imâm at-Tabarî et par la même occasion celle d’ibn Ishâq. Quoi qu’il en soit, il dit que cette version n’est confirmée en partie que par un hadîth qui est rapporté par l’imâm at-Tirmidhî. Or, dans ce que rapporte l’imâm at-Tirmidhî, il n’y a pas la partie où le Prophète (paix et bénédictions sur lui) dit qu’il nous a laissé le Livre de Dieu et la Sunna…

  1. L’authentification d’Abu Muhammad Sâlim ibn Ahmad le salafiste

Le shaykh salafiste Abu Muhammad Sâlim ibn Ahmad a authentifié le livre as-Sunna d’al-Marwazî. Il dit en note de bas de page ceci :

[68] Bon (Hasan) : il a un témoin dans Muslim et dans Ahmad.

Pour rappel cette version contient Isma’îl ibn Abî Uways le forgeur de hadîth selon ses propres dires rapportés par an-Nasâ’î. Quoi qu’il en soit, où sont les témoins de cette version dans les recueils de Muslim et Ahmad ? Bien au contraire, Muslim et Ahmad rapportent la version contenant la famille du Prophète (paix et bénédictions sur lui), ils n’ont jamais rapporté la version contenant la Sunna. Nous verrons cela dans la prochaine partie. Quoi qu’il en soit, nous laissons les lecteurs juger de la pertinence de cette authentification…

  1. L’authentification du shaykh ‘Âdil ibn Muhammad du livre d’ibn Shâhin

Le shaykh ‘Adil ibn Muhammad est celui qui a authentifié le livre d’Ibn Shâhin Sharh Madhâhib Ahl as-Sounna (Explication des écoles de jurisprudence des sunnites).

Il y a un très long commentaire autour de ce hadîth de la part du shaykh Âdil ibn Muhammad. Il affaiblit ici les deux versions du hadîth (le Livre de Dieu et la Sunna & le livre de Dieu et la famille) et préfère la version de l’imâm Muslim (hadîth n°1218) qui ne mentionne que le Coran. Nous verrons dans la prochaine partie si ce qu’il dit sur la deuxième partie du hadîth est authentique ou pas. Quoi qu’il en soit voici ce qu’il dit sur la tradition qui nous concerne  :

Sa chaine de transmission est endommagée et il n’est pas authentique selon ces termes. Sâlih ibn Musa at-Talhî est rejeté et il y a consensus concernant sa faiblesse.

C’est la version rapportée par Abu Hurayra qu’il commente. Le shaykh commente par la suite la parole d’ibn ‘Abd al-Barr en disant que si ce dernier visait le sens, alors ceci était exacte, mais en ce qui concerne ce hadîth-ci, les chaines de transmission ne l’aident en rien. Il rapporte ensuite le fait que le hadîth a été rapporté par Kathir ibn ‘Abd Allâh ibn ‘Amru ibn al-‘Awf et qu’il était rejeté et considéré comme un pilier du mensonge par ash-Shâfi’i et que ce qui est authentique c’est ce que Muslim, Abu Dawud, Ibn Khuzayma et Ibn Hibbân ont rapporté, à savoir la version qui ne mentionne que le Livre de Dieu sans rien ajouter !

Quoi qu’il en soit, il est évident pour ce shaykh que cette version du hadîth est faible. C’est le point que nous voulions souligner. Quant à ses paroles sur l’autre version du hadîth nous verrons la véracité de cela quand nous traiterons l’autre partie, s’il plait à Dieu.

  1. L’authentification du shaykh Muhammad Hasan Muhammad Hasan Ismâ’îl du livre d’lbn Shâhîn at-Targhib fî fadâ’îl al-a’mâl

En note de bas de page, le shaykh Muhammad Hasan Muhammad Hasan Ismâ’îl dit ceci :

Très faible : il s’y trouve Sâlih ibn Musa at-Taymî et il est rejeté dans le hadîth.

  1. L’authentification par le shaykh Ahmad ibn Mas’ud ibn Hamdâne du livre Sharh Usul I’tiqâd Ahl as-Sunna d’al-Lâ-lakâ’î

En note de bas de page, nous lisons :

(2) Sa chaine de transmission : « Faible« . Il s’y trouve « Sâlih ibn Mussa » at-Talhî. Adh-Dhahabî a dit de lui qu’il était faible. Yahya a dit : Il ne vaut rien, et on ne doit pas utiliser son hadîth comme preuve. Al-Bukhârî a dit : Il est réprouvé dans le hadîth. An-Nasâ’î a dit : Il est rejeté. Ibn ‘Adîy a dit : Pour moi, il ne fait pas partie de ceux qui mentent, cependant, il lui semble certaines choses et fait erreurs.

  1. L’authentification du shaykh Husayn Salîm Asad ad-Dârânî du Musnad de l’al-Humaydî (m. 219 H.)

Le shaykh a authentifié le Musnad de l’imâm al-Humaydî.

Dans sa propre introduction, le vérificateur du Musnad rapporte le hadîth et affirme :

Le hadîth est authentique, il a été rapporté par Muslim dans [le livre concernant] « les mérites des compagnons » (n°2408), chapitre « parmi les mérites de ‘Alî (que Dieu l’agrée) » et voir « Musnad al-Musalî » n°1021, 1140.

Discussion autour des affirmations du vérificateur Housayn Salîm Asad  : 

Le vérificateur affirme que le hadîth est authentique et donne des références. Ainsi, d’après ses affirmations, le hadîth a été rapporté par Muslim, hadîth n°2408 et dans le Musnad d’al-Musalî (hadiths n°1021 et 1140). Très bien vérifions ses paroles !

Quand on ouvre le Sahîh de l’imâm Muslim, le hadîth n°2408 dans le même chapitre qu’il cite, nous tombons sur un très long hadîth – que nous citerons dans la partie suivante en entier – et nous lisons entre autre ceci :

قَامَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَوْمًا فِينَا خَطِيبًا، بِمَاءٍ يُدْعَى خُمًّا بَيْنَ مَكَّةَ وَالْمَدِينَةِ فَحَمِدَ اللهَ وَأَثْنَى عَلَيْهِ، وَوَعَظَ وَذَكَّرَ، ثُمَّ قَالَ:  » أَمَّا بَعْدُ، أَلَا أَيُّهَا النَّاسُ فَإِنَّمَا أَنَا بَشَرٌ يُوشِكُ أَنْ يَأْتِيَ رَسُولُ رَبِّي فَأُجِيبَ، وَأَنَا تَارِكٌ فِيكُمْ ثَقَلَيْنِ: أَوَّلُهُمَا كِتَابُ اللهِ فِيهِ الْهُدَى وَالنُّورُ فَخُذُوا بِكِتَابِ اللهِ، وَاسْتَمْسِكُوا بِهِ  » فَحَثَّ عَلَى كِتَابِ اللهِ وَرَغَّبَ فِيهِ، ثُمَّ قَالَ: «وَأَهْلُ بَيْتِي أُذَكِّرُكُمُ اللهَ فِي أَهْلِ بَيْتِي، أُذَكِّرُكُمُ اللهَ فِي أَهْلِ بَيْتِي، أُذَكِّرُكُمُ اللهَ فِي أَهْلِ بَيْتِي»

Hadîth n°2408 – […] Un jour, le Messager de Dieu (paix et bénédictions sur lui) se tint debout parmi nous pour nous donner un sermon près d’un point d’eau appelé Khum, entre La Mecque et Médine. Il loua Dieu, fit son éloge, exhorta et fit le rappel, puis dit : « Or donc … Ô vous les gens : Je ne suis qu’un être humain, peu s’en faut pour que ne vienne l’émissaire de mon Seigneur et que j’y réponde [c’est-à-dire l’ange de la mort]. Je laisse parmi vous deux poids : le premier est le Livre de Dieu contenant la droiture et la lumière. Prenez donc le Livre de Dieu et tenez-vous-y ! » Il recommanda le Livre de Dieu et y exhorta, puis dit : « Et les gens de ma maison ! Je vous rappelle Dieu concernant les gens de ma maison ! Je vous rappelle Dieu concernant les gens de ma maison ! » […]

Ainsi, où dans ce hadîth est-il question de la Sunna ? Contrairement à ce que dit le vérificateur du Musnad, Muslim n’a jamais rapporté cette version du hadîth, mais bien au contraire, il a rapporté la version contenant la famille du Prophète (paix et bénédictions sur eux). Nous laissons les lecteurs juger de l’honnêteté du vérificateur qui affirme que le hadîth « Le Livre de Dieu et Ma Sunna » a été rapporté par Muslim ! De même, regardons la deuxième référence qu’il donne, à savoir le Musnad d’al-Musalî (m. 307 H.) qu’il a lui-même authentifié… et dont il cite 2 hadîths.

Musnad d’al-Mousalî, hadîth n°1021 (tome 2, p.297) & hadith n°1140 (tome 2, p.376) 

Les deux autres références qu’il cite n’indiquent nulle part que le Prophète (paix et bénédictions sur lui) ait mentionné la version « Le Livre de Dieu et Ma Sunna »… mais au contraire « Le Livre de Dieu et sa famille »…  Que dire après ça ?

Le pire c’est que c’est lui-même qui affirme que ce hadîth est authentique dans son authentification du Musnad d’al-Humaydî, c’est encore lui qui affirme que le hadîth se trouve dans le Musnad d’al-Musalî qu’il a lui-même authentifié et c’est lui qui donne les références où l’on ne trouve en rien ce qu’il affirme…

12. Les paroles du shaykh ibn al-‘Uthaymîn sur le hadîth et ce qu’il met sur le compte d’al-Hâkim an-Nîsaburî

Nous lisons ceci dans son livre Majmu’ al-Fatawâ (Recueil de Fatwa), tome 20, p.270 :

A la suite du hadîth (la version d’ibn ‘Abbâs qu’il cite), le shaykh ibn al-‘Uthaymîn dit ceci : Il a été rapporté par al-Hâkim et il dit : Sa chaine de transmission est authentique.

Or, comme nous l’avons dit précédemment, nulle part al-Hâkim an-Nîsaburî ne dit que la chaine de transmission de ce hadîth était authentique, mais bien plus, il dit que la mention de la Sunna dans ce hadîth est étrange… De plus, en note de bas de page, il est dit que la première phrase de ce hadîth a été rapportée par l’imâm Ahmad sans préciser que l’imâm Ahmad a rapporté la version contenant la famille du Prophète (paix et bénédictions sur eux) … Que d’erreurs ou de manipulations dans l’ensemble de ces propos !

Résumé sur l’authentification du hadîth faite par les savants

En regardant comment les savants ont considéré ce hadîth, nous nous rendons compte des divergences extrêmes qu’il y a entre eux. Le tableau résume leur position.

 

Capture d’écran 2019-04-17 à 14.52.09

Nous voyons d’après ce tableau que les savants sont en divergence. Nous pourrions citer d’autres authentifications du hadîth, mais il devient évident qu’il n’y a absolument pas consensus sur son authenticité chez les sunnites.

V. La règle de l’imâm Ahmad ibn Hanbal en cas de divergence concernant un hadîth

L’imâm Ahmad ibn Hanbal a établi une règle (logique ou non) qui permet de départager les musulmans s’ils sont en conflit concernant un hadîth du Prophète (paix et bénédictions sur lui). Nous lisons dans le livre al-dhibu al-Ahmad ‘an Musnadi al-Imâm Ahmad, p.12, écrit par le shaykh al-Albânî pour défendre le Musnad de l’imâm Ahmad envers tous ceux qui le considèrent comme étant falsifié ceci :

2 – Hanbal ibn Ishâq a dit : Mon oncle paternel nous a réunit, moi, Sâlih et ‘Abd Allâh, et il nous a lu du Musnad ce que d’autres que nous ont entendu de lui – c’est-à-dire au complet – et il nous dit : « Certes, ce livre, j’y ai rassemblé et sélectionné les hadîths parmi plus 750 000 hadîths [qui existaient]. Si les musulmans divergent concernant le hadîth du Prophète (paix et bénédictions sur lui), alors revenez vers mon Musnad afin de voir si la tradition s’y trouve, si ce n’est pas le cas alors ce n’est pas une preuve. »

Le Hafîdh al-Madînî l’a rapporté avec une chaîne de transmission dans son livre al-Khasâ’îss (les particularités) et Ibn al-Jawzî dans son livre Manâqib al-Imâm Ahmad (les mérites de l’imâm Ahmad) via deux chemins remontant à Hanbal. Ceci est confirmé et authentique.

Notons que le shaykh al-Albânî confirme que cette parole de l’imâm Ahmad est authentique. Ainsi, si nous divergeons quant au fait qu’un hadîth soit ou non authentique, il faut revenir à cette règle. Or, nous avons vu que les savants du hadîth divergent quant à l’authenticité de cette parole prophétique.

Et bien soit, si nous appliquons la règle de l’imâm Ahmad ibn Hanbal, alors la question est tranchée et il n’y a plus débat. Est-ce que le hadîth « Le livre de Dieu et ma Sunna » est mentionné dans son Musnad ? La réponse est non. Ainsi, ce hadîth ne constitue pas une preuve, mais bien plus, il apparait qu’il est véritablement très faible.

Passons maintenant à la conclusion et résumons tout ce qui a été dit sur ce thème.

 VI. Conclusion

Après avoir rassemblé toutes les sources de ce hadîth, nous avons vu que nous pouvions les regrouper en sept versions distinctes qui se répètent dans les livres islamiques :

  • Version 1: Rapportée par Mâlik ibn Anas – la tradition est défaillante (ar: Mou’dal), c’est-à-dire qu’il manque deux personnes entre le prophète (paix et bénédictions sur lui) et Mâlik
  • Version 2: Rapportée par Ibn Ishâq selon Ibn Abî Najîh – la tradition est défaillante également
  • Version 3: Rapportée par Sâlih ibn Mussa at-Talhî selon Abu Hurayra – Salîh est rejeté dans le hadîth
  • Version 4: Rapportée par ‘Amr ibn al-‘Awf selon son petit-fils Kathîr qui est un pilier parmi les piliers du mensonge
  • Version 5: Rapportée par Abu Sa’îd al-Khudrî via as-Sabbâh ibn Muhammad, « Sayf ibn ‘Umar » et « Shu’ayb ibn Ibrâhîm at-Tamîmî » – As-Sabbâh et Sayf sont faibles voire même accusés de mensonge et Shu’ayb est inconnu
  • Version 6: Rapporté par ‘Urwa ibn Az-Zubayr via Ibn Lahî’a – ‘Urwa est né lors du Califat de ‘Uthmân (que Dieu l’agréé) et n’a jamais vu le Prophète (paix et bénédictions sur lui) et Ibn Lahî’a est faible et accusé de dissimulation ; son hadîth n’est accepté que s’il est rapporté par l’un des quatre ‘Abd Allâh, ce qui n’est pas le cas ici
  • Version 7: Rapportée par Ibn ‘Abbâs selon Ismâ’îl ibn Abî Uways – Il y a divergence sur ce dernier. Al-Bukhârî et d’autres ont utilisé son hadîth et an-Nasâ’î le considérait comme faible en raison du fait qu’il forgeait les traditions. Quoi qu’il en soit, d’après ibn Hajar nous ne pouvons prendre de son hadîth que ce qu’il y a dans les Sahih… ce qui n’est pas le cas de ce hadîth


Il y a plusieurs constats à faire
 :

1) Le hadîth « Le Livre de Dieu et Ma Sunna » ne se trouve dans aucun des six recueils de tradition sunnite !

2) Toutes ses voies de transmission contiennent des défauts !


3) La version (faible de toute façon) rapportée via Abu Hurayra a même été altérée, « Ma Parenté » est devenu « Ma Sunna » !


4) Les savants divergent quant à l’authenticité de la tradition ! Certains disent même des faussetés !


5) En cas de divergence, si nous appliquons la règle de l’imâm Ahmad, à savoir que tous les hadîths qui se trouvent dans son Musnad sont une preuve et tout ce qui ne s’y trouve pas, ne l’est pas, alors ce hadîth ne constitue pas une preuve !

Conclusion : Ce hadîth extrêmement connu et répété dans tous les prêches est très très faible … mais nous verrons, s’il plait à Dieu, dans la partie suivante que ce hadîth semble être une fabrication claire et manifeste opérée, et Dieu sait Mieux, du temps du pouvoir Umeyyade qui était en conflit avec les partisans de la famille du prophète (paix et bénédictions sur eux).

Par Salik al-Hanîf (chercheur indépendant), avec très légers remaniements par LVDH.

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