La durée maximale de la grossesse serait de 4 à 5 ans ?!

Voici une nouvelle illustration du fait que les avis des anciens ne sont pas toujours des avis pertinents, fondés et tenables et ce, même s’ils furent émis par des personnes que l’on considère aujourd’hui comme des sommités.

Ainsi, on apprend que l’imâm Ash Shafi’î a émis l’avis qu’un enfant pouvait rester dans le ventre de sa mère pendant une durée de quatre ans. De même, on attribue à ‘Âïsha que cette durée est de deux ans et à Malîk qu’elle est de cinq ans !

En effet, voici ce qu’écrit l’imâm Al Qurtubî dans l’exégèse du verset 8 de la sourate 13 :

« ٱللَّهُ يَعْلَمُ مَا تَحْمِلُ كُلُّ أُنثَىٰ وَمَا تَغِيضُ ٱلأَرْحَامُ وَمَا تَزْدَادُ وَكُلُّ شَيْءٍ عِندَهُ بِمِقْدَارٍ»

وٱختلف العلماء في أكثر الحمل؛ فروى ابن جُرَيج عن جَميلة بنت سعد عن عائشة قالت: لا يكون الحمل أكثر من سنتين قدر ما يتحوّل ظِل المِغزَل؛ ذكره الدَّارَقُطْنِي. وقالت جَميلة بنت سعد ـ أخت عبيد بن سعد، وعن الليث بن سعد ـ: إن أكثره ثلاث سنين. وعن الشافعي أربع سنين؛ وروي عن مالك في إحدى روايتيه، والمشهور عنه خمس سنين؛ وروي عنه لا حدّ له، ولو زاد على العشرة الأعوام؛ وهي الرواية الثالثة عنه. وعن الزّهري ست وسبع. قال أبو عمر: ومن الصحابة من يجعله إلى سبع؛ والشافعي: مُدَّةٌ الغاية منها أربع سنين. والكوفيون يقولون: سنتان لا غير. ومحمد بن عبد الحكم يقول: سنة لا أكثر. وداود يقول: تسعة أشهر، لا يكون عنده حمل أكثر منها

“Les savants ont divergé sur la durée maximale d’une grossesse. Ibn Jurayj recueille de Jamîlah fille de Sa’d, selon ‘Âïshah, que la durée maximale d’une grossesse est de deux ans. La même Jamîlah recueille d’Al Layth ibn Sa’d que ce dernier a dit : “La durée maximale d’une grossesse est trois ans”, “4 ans” selon as Shâfi’î. Il est recueilli de Mâlik, dans une de ses deux versions, la même chose, mais son avis le plus connu est 5 ans, comme il est recueilli de lui que la grossesse n’a pas de limite (….). »

Or, quand bien même ces avis auraient été prononcés par la femme du Prophète et des imâms fondateurs de deux grandes Ecoles de fiqh sunnites que beaucoup sacralisent et suivent aveuglément aujourd’hui, force est de constater qu’ils sont totalement intenables, pour ne pas dire autre chose. Ceci est l’illustration que leur position est aussi la résultante des limites et contraintes de leur temps en terme de connaissances, d’avancées scientifiques et de technologiques, d’éducation et autres. Ils se sont prononcés, comme dans bien d’autres sujets, en fonction du cadre socio-culturel et scientifique qui était le leur. Mais qui peut aujourd’hui soutenir qu’une grossesse peut durer deux, trois, quatre, cinq ans ou plus encore ?

Même la grossesse la plus longue évoquée serait celle de l’anglaise Jacqueline Haddock en 1910 qui aurait donné naissance à une fille après quasiment 400 jours de grossesse, soit plus de 13 mois au lieu des 9 traditionnels. Mais cela reste encore à prouver et est bien loin des 24, 36, 48 ou encore 60 mois évoqués par ces Salafs !

Ainsi, à l’instar de ce qu’a dit l’un des spécialistes contemporains du hadîth, Ahmad ibn as Siddiq al Ghumârî dans son ouvrage Tawjîh al andhar li tawhîd al muslimîna fil iftar (p. 149), même un ijmâ’ (consensus déclaratif en réalité) peut être remis en question si les données sur lesquelles il se base initialement ont changé :

إذا أجمعوا علي شيء ثم حدث معني في ذالك الشيء، لم يحتج بالإجماع المتقدم لأنهم أجمعوا علي معني قد زال و وجد خلافه، و هو معني لم يروه، فكيف يجمعون عليه؟

De notre côté, nous disons même qu’aucun consensus n’a force de loi puisqu’ils sont tous, sans exception, indémontrables/invérifiables et ne sont donc que déclaratifs. Or, même en terme de données scientifiques, le moins que l’on puisse dire est que celles dont on dispose aujourd’hui n’ont rien à voir avec celles des théologiens de la communauté musulmane des premiers siècles de l’islam, même si certains ne veulent pas, pour on ne sait quelle raison d’ailleurs, l’admettre.

A bon entendeur

Rédaction LVDH

 

Publicités
%d blogueurs aiment cette page :
search previous next tag category expand menu location phone mail time cart zoom edit close