Le port du voile est-il une pratique notoire comme la prière ?

Répondre à cette question nécessite déjà de rappeler que Dieu ne nous demande pas de suivre les savants (‘ulamâ`) dans Son Livre (aucun verset ne demande cela) et encore moins de le faire au détriment de ce que contient Son Livre. Ceci dit, il est évident que les avis des théologiens peuvent servir d’outils de réflexion et peuvent être tout à fait pertinents et riches, mais ils ne sont en rien une sharî’ah (législations) qui nous est imposée. Dieu est d’ailleurs clair sur le fait qu’il peut être considéré comme du shirk (associationnisme) de choisir un avis de créature au détriment et en contradiction avec ce que dit le Créateur.

Ceci dit, la différence entre la Ṣalât (prière) et le voile des cheveux est manifeste et flagrante : la prescription de la première repose sur des textes coraniques explicites et non circonstanciés, alors que le second n’est jamais présenté comme une prescription générale et ne repose sur aucun texte explicite, mais seulement sur des interprétations humaines et influencées par divers facteurs, qu’ils soient culturels, sociologiques ou méthodologiques.

La valeur de la première n’est donc pas celle de la seconde. Ce qui se perpétue de génération en génération ne peut avoir de valeur législative que si cela repose sur un texte fiable et clair issu du Coran. Sinon c’est un simple avis juridique qui se répète sous l’influence de divers éléments, souvent en dehors de l’ijtihâd, et cela n’a pas de valeur contraignante d’un point de vue coranique ou même principologique.

En effet, même si on considère l’aspect de la transmission notoire de la pratique du voile (mutawâtir ‘amalî), cela ne change rien au sujet puisque le mutawâtir ‘amalî n’a pas pour fonction de fonder un Ḥukm shar’î (statut normatif). Il prouve simplement qu’une pratique c’est répandue de génération en génération, mais il ne prouve pas que cette pratique est wâjibah (obligatoire). En outre, pour que cela ait un intérêt, il faudrait déterminer à partir de quand cette pratique de se couvrir la tête devînt mutawâtirah (notoire) dans la pratique et avec le sens de le faire au nom de l’islam, car plusieurs textes montrent que cette pratique, anté-islamique et coutumière, était surtout celle pratiquée par les femmes libres afin de les distinguer des esclaves.

Ainsi, le parallèle entre l’aspect obligatoire des rak’ât de la prière par exemple qui relève du tawâtur ‘amalî et la pratique du voile n’est pas correct. Comme susmentionné, la prescription de la Salât est une prescription coranique explicite, ce qui n’est pas du tout le cas du voile de la tête. Il y a donc une cohérence à considérer que ce qui est contenu dans la pratique de la prière soit une prescription indirecte puisque la prière est une prescription coranique directe… En revanche, un tel raisonnement n’est pas possible avec le port du voile puisque celui-ci n’est pas une prescription divine.

De plus, s’il suffisait qu’un avis ou une pratique se répète pour avoir force de loi, sans même qu’il ne se base sur une source injonctive claire, pourquoi donc l’imâm Mâlik par exemple aurait rejeté le mutawâtir ma’nawî (transmission notoire trans-générationnelle par le sens) concernant le masḥ (essuyage) sur les khuff (chausson de cuir)[1] comme le firent d’ailleurs vraisemblablement plusieurs Ṣaḥâbah, alors que le rejet d’un tel acte mutawâtir est considéré comme un acte de kufr (dénégation) par bon nombre de théologiens ?

L’utilisation du siwâk et sa forte recommandation lors des ablutions est un acte considéré également comme mutawâtir ‘amalî (transmission notoire trans-générationnelle par l’acte) car ayant été rapporté et pratiqué par un grand nombre de Compagnons. Pour autant, cet acte n’est pas considéré comme obligatoire dans sa pratique (voir les divers avis juridique sur la question). Ainsi, même à considérer un acte comme relevant du mutawâtir ‘amalî, cela n’implique pas que son statut soit celui de l’obligation. En effet, le mutawâtir est un mode de transmission et non un statut normatif.

En outre, considérer un acte comme mutawâtir (transmis notoirement de génération en génération) ne signifie pas qu’il le fut depuis l’époque du Prophète (paix sur lui). La question est donc de savoir à partir de quand un acte jugé mutawâtir relève véritablement de cette catégorie. En effet, concernant le fait de ne pas donner de zakât sur les biens avant l’écoulement de la première année, Al Jaṣṣâṣ explique qu’il s’agit d’un Ḥadîth aḥâd (singulier) devenu mutawâtir ‘amalî par son acceptation et son utilisation par les fuqahâ (juristes) (voir Aḥkâm al Qur`ân). Cela est donc devenu mutawâtir à postériori…

Quant à la réponse à donner à ceux qui utilisent le verset de la sourate An Nisâ (4/115) afin d’imposer le suivi de tout acte ou parole des Compagnons du Prophète:

وَمَنْ يُشَاقِقِ الرَّسُولَ مِنْ بَعْدِ مَا تَبَيَّنَ لَهُ الْهُدَىٰ وَيَتَّبِعْ غَيْرَ سَبِيلِ الْمُؤْمِنِينَ نُوَلِّهِ مَا تَوَلَّىٰ وَنُصْلِهِ جَهَنَّمَ ۖ وَسَاءَتْ مَصِيرًا

« Et quiconque fait scission d’avec le Messager, après que le droit chemin lui soit apparu et suit un sentier autre que celui des croyants, alors Nous le laisserons comme il s’est détourné et le brûlerons dans l’Enfer. Et quelle mauvaise destination ! »

Voici plusieurs éléments de réponse :

  1. Il n’y a pas d’autre sentier pour les croyants que celui du chemin d’Allah et du sentier de son Messager (paix sur lui) dont l’absence maintiendrait les gens dans l’incroyance et la crédulité.
  2. Il est connu que le ال- Alif Lam – fait partie des termes indiquant (dans les Uṣûl al Fiqh – les principes du droit) la généralité. Ce verset englobe ainsi tous les croyants (المؤمنين– Al Mu`minûn). Il n’est donc pas permis de restreindre le verset à certains croyants seulement, comme le fait de le limiter aux gens de science ou au Ṣaḥâbah (Compagnons).
  3. Le fait de « faire scission » avec le Messager d’Allah (paix sur lui) à un élément qui, à lui seul, oblige cette menace divine.
  4. La personne ne mérite la menace de l’Enfer qu’après que le droit chemin lui soit apparu (clairement, la guidée). Il faut donc mettre en avant ici le fait que les paroles des Hommes ne possédant pas de preuves les soutenant ne font pas partie de la guidée. En effet, la guidée est ce que Dieu révélé et non ce que les Hommes ont légiféré pour x ou y raisons. Dieu dit :

قُلْ إِنْ ضَلَلْتُ فَإِنَّمَا أَضِلُّ عَلَىٰ نَفْسِي ۖ وَإِنِ اهْتَدَيْتُ فَبِمَا يُوحِي إِلَيَّ رَبِّي ۚ إِنَّهُ سَمِيعٌ قَرِيبٌ

« Dis : Si je m’égare, je ne m’égare qu’à mes dépens ; tandis que si je me guide, alors c’est grâce à ce que Mon Seigneur me révèle, car Il est Audient et Proche. » (Saba : 50)

هُوَ الَّذِي أَرْسَلَ رَسُولَهُ بِالْهُدَىٰ وَدِينِ الْحَقِّ لِيُظْهِرَهُ عَلَى الدِّينِ كُلِّهِ وَلَوْ كَرِهَ الْمُشْرِكُونَ

« C’est Lui qui a envoyé Son messager avec la bonne direction et la religion de la vérité, afin qu’elle triomphe sur toute autre religion, quelque répulsion qu’en aient les associateurs. »(At Tawbâ : 33)

وَأَنَّا لَمَّا سَمِعْنَا الْهُدَىٰ آمَنَّا بِهِ ۖ فَمَنْ يُؤْمِنْ بِرَبِّهِ فَلَا يَخَافُ بَخْسًا وَلَا رَهَقًا

« Et lorsque nous avons entendu le guide [le Coran], nous y avons cru, et quiconque croit en son Seigneur ne craint alors ni diminution de récompense ni oppression. »(Al Jinn : 13)

وَلَقَدْ جَاءَهُمْ مِنْ رَبِّهِمُ الْهُدَىٰ

« (…) la guidée leur est venue de leur Seigneur. »(An Najm : 23)

فَإِنْ لَمْ يَسْتَجِيبُوا لَكَ فَاعْلَمْ أَنَّمَا يَتَّبِعُونَ أَهْوَاءَهُمْ ۚ وَمَنْ أَضَلُّ مِمَّنِ اتَّبَعَ هَوَاهُ بِغَيْرِ هُدًى مِنَ اللَّهِ ۚ إِنَّ اللَّهَ لَا يَهْدِي الْقَوْمَ الظَّالِمِينَ

« Mais s’ils ne te répondent pas, sache alors que c’est seulement leurs passions qu’ils suivent. Et qui est plus égaré que celui qui suit sa passion sans une guidée d’Allah ? Allah vraiment, ne guide pas les gens injustes. »(Al Qaṣaṣ : 50)

قُلْ هَلْ مِنْ شُرَكَائِكُمْ مَنْ يَهْدِي إِلَى الْحَقِّ ۚ قُلِ اللَّهُ يَهْدِي لِلْحَقِّ ۗ أَفَمَنْ يَهْدِي إِلَى الْحَقِّ أَحَقُّ أَنْ يُتَّبَعَ أَمَّنْ لَا يَهِدِّي إِلَّا أَنْ يُهْدَىٰ ۖ فَمَا لَكُمْ كَيْفَ تَحْكُمُونَ

« Dis : Est-ce qu’il y a parmi vos associés un qui guide vers la vérité ? Dis : C’est Allah qui guide vers la vérité. Celui qui guide vers la vérité est-il plus digne d’être suivi, ou bien celui qui ne se dirige qu’autant qu’il est lui-même dirigé ? Qu’avez-vous donc ? Comment jugez-vous ainsi ? »

وَمَا يَتَّبِعُ أَكْثَرُهُمْ إِلَّا ظَنًّا ۚ إِنَّ الظَّنَّ لَا يُغْنِي مِنَ الْحَقِّ شَيْئًا ۚ إِنَّ اللَّهَ عَلِيمٌ بِمَا يَفْعَلُونَ

« Et la plupart d’entre eux ne suivent que des conjectures. Mais, la conjecture ne sert à rien contre la vérité ! Allah sait parfaitement ce qu’ils font. » (Yunûs : 35 et 36)

…ۗ وَمَنْ يَعْتَصِمْ بِاللَّهِ فَقَدْ هُدِيَ إِلَىٰ صِرَاطٍ مُسْتَقِيمٍ

« (…) Quiconque s’attache fortement à Allah, il est certes guidé vers un droit chemin. »(Âl ‘Imran : 101)

فَمَنِ اتَّبَعَ هُدَايَ فَلَا يَضِلُّ وَلَا يَشْقَىٰ

« (…) Quiconque suit Mon guide ne s’égarera ni ne sera malheureux. » (Ṭâhâ : 123)

  1. Dieu a dit dans le verset succédant (à celui pris comme argument par les théologiens) :

إِنَّ اللَّهَ لَا يَغْفِرُ أَنْ يُشْرَكَ بِهِ وَيَغْفِرُ مَا دُونَ ذَٰلِكَ لِمَنْ يَشَاءُ ۚ وَمَنْ يُشْرِكْ بِاللَّهِ فَقَدْ ضَلَّ ضَلَالًا بَعِيدًا

« Certes, Allah ne pardonne pas qu’on Lui donne des associés. A part cela, Il pardonne à qui Il veut. Quiconque donne des associés à Allah s’égare, très loin dans l’égarement. »(An Nisâ : 116)

Ainsi, celui qui associe les savants (‘ulamâ) dans l’institution d’une chose religieuse que Dieu n’a pas révélé est un associateur.[2]  Des gens ont prétendu que le verset était spécifique à ceux sur qui il fut révélé, mais cette parole est rejetée. As Ṣanâ’nî a dit :

وَإِجْمَاع الْمُؤمنِينَ عِنْد نزُول الْآيَة غير مَعْهُود إِذا لإِجْمَاع فِي عصره صلى الله عَلَيْهِ وَسلم والمعهود عِنْد نُزُولهَا هُوَ الْإِيمَان وَاتِّبَاع الْكتاب وَالسّنة »اهـ

« Le ‘Ijmâ’ (consensus) des croyants lors de la révélation du verset est inhabituel. En effet, le Ijmâ’ (courant/habituel) à l’époque (du Prophète) est constitué de la foi et du suivi du Livre (Coran) et de la Sunnah. » fin de citation.[3]

Cela oblige donc celui qui affirme que le sens du verset ne concernent que « les croyants présents lors de la révélation » à restreindre sa portée à ceux qui ont cru avant la révélation du verset et de suivre leur voie… ce qui n’a pas de sens.

  1. Le Messager de Dieu est le premier des croyants. Or, en tant que transmetteur du Coran, lorsque provient une parole du Messager (paix sur lui), son suivi devient obligatoire et ce, même si les gens ne s’accordent pas.
  1. Il est impossible et inconcevable que Dieu ordonne à un croyant de suivre les paroles des croyants alors qu’il fait lui-même partie du groupe des croyants. En réalité, ceux qui confirment le principe du ijmâ’ (consensus) reconnaissent que le verset n’indique pas le ijmâ’.

Al Ghazzâlî a dit :

والذي نراه أن الآية ليست نصا في الغرض، بل الظاهر أن المراد بها أن من يقاتل الرسول ويشاقه ويتبع غير سبيل المؤمنين في مشايعته ونصرته ودفع الأعداء نوله ما تولى فكأنه لم يكتف بترك المشاقة حتى تنضم إليه متابعة سبيل المؤمنين في نصرته والذب عنه والانقياد له فيما يأمر وينهى. وهذا هو الظاهر السابق إلى الفهم فإن لم يكن ظاهراً فهو محتمل.

« Ce que nous constatons (en vérité) c’est que le verset ne concerne pas (vraiment) le sujet (du Ijmâ’). Mais ce qui est apparent c’est que sa signification est que celui qui combat le Messager (paix sur lui), fait scission et suit une autre voie que la voie des croyants, dans le fait de l’accompagner, de le soutenir et de le défendre face à l’ennemi, (Dieu) le laissera (alors) comme il s’est détourné. C’est comme s’il ne suffisait pas de délaisser la scission jusqu’à ce qu’il joigne à cela le fait de suivre la voie des croyants, dans son soutien, sa défense et son obéissance dans ce que (le Prophète) ordonne et interdit. C’est cela qui est apparent et qui vient de suite à la compréhension. En revanche, ce qui n’est pas apparent est supposé. »[4]

L’Imâm Al Ḥaramayn Abû al Ma’âlî al Juwaynî a dit :

وقال امام الحرمين أبو المعالي الجويني : « بل أوجه سؤالا واحدا يسقط الاستدلال بالآية فأقول إن الرب تعالى أراد بذلك من أراد الكفر وتكذيب المصطفى صلى الله عليه وسلم والحيد عن سنن الحق وترتيب المعنى ومن يشاقق الرسول ويتبع غير سبيل المؤمنين المقتدين به نوله ما تولى فإن سلم ظهور ذلك فذلك وإلا فهو وجه في التأويل لائح ومسلك في الإمكان واضح فلا يبقى للمتمسك بالآية إلا ظاهر معرض للتأويل ولا يسوغ التمسك بالمحتملات في مطالب القطع وليس على المعترض إلا أن يظهر وجها في الإمكان ولا يقوم للمحصل عن هذا جواب إن أنصف »اهـ.

« (…) je pose une seule question qui fait tomber la prise comme argument du verset. Je dis qu’en réalité le Seigneur, le Très haut, a voulu désigner (par ce verset) celui qui a fait acte de mécréance, a démenti l’élu (paix sur lui) et (a emprunté) la déviance des voies de la vérité. L’ordre du sens (du verset, est) que celui qui fait scission avec le Messager et ne suit pas la voie des croyants qui le suivent, (alors Allah) le laissera comme il s’est détourné :  si l’on admet ce sens apparent, alors il s’agit de cette compréhension). Sinon il s’agit d’une sorte d’interprétation manifeste et une voie possible, et Il ne reste pour celui qui s’appuie sur le verset qu’un sens apparent susceptible d’être interprété. Or, il ne peut être admis de s’appuyer sur des contingences pour revendiquer ce qui est péremptoire (Al Qaṭ’î), [à savoir le Ijmâ’). Il ne reste au contradicteur qu’à en admettre la possibilité et il ne peut, suite à ce qui en résulte, y apporter de réponse s’il est honnête. »[5]

As Ṣan’ânî a dit :

قال الصنعاني:  » وَلِهَذَا صرح شَارِح غَايَة السُّؤَال وَمن قبله الإِمَام الْمهْدي فِي المعيار بِأَن الْآيَة حجَّة ظنية وَقد تقرر أَنه لَا يثبت هَذَا الأَصْل بالأدلة الظنية  » اه

« C’est pour cela que le commentateur de “Ghâyah as Su`âl“ et ceux avant lui, (comme) l’Imâm Al Mahdî dans “Al Mi’yar“ ont déclaré que le verset est un argument présomptif (Ẓannî) [dans sa Dalâlah – indication du sens – et non en lui-même] et il est établi que ce fondement (le Ijmâ’) n’est pas corroboré par des preuves présomptives (Al Adillah az Ẓanniyah). »[6]

En résumé, jamais Dieu ne nous demande de suivre des savants, des théologiens ou autres, même quand ils se permettent de légiférer Sa place. Le musulman se doit suivre ce qu’Allah a révélé et cela lui est clairement demandé. Le reste n’est pas une voie imposée. Celui qui veut écouter tel ou tel parmi les créatures d’Allah, libre à lui, mais il n’a nul droit d’imposer aux autres ce qu’il s’impose à lui-même et de le faire, en outre, au nom de Dieu, de l’islam et de façon universelle.

Se prendre pour Dieu, c’est notamment imposer en Son nom ce qu’Il n’impose pas. Or, Allah est explicite quant au fait que les croyants doivent suivre la révélation… c’est cela la voie des croyants et celle du Messager. Ainsi, si la masse impose au nom de Dieu ce que Dieu n’impose pas, et cela c’est déjà vu dans l’histoire de l’islam ou des autres religions, nous n’avons absolument pas le droit de la suivre en ce qu’elle prétend, car la masse ne remplace pas Dieu et ne sera jamais Dieu. D’ailleurs, le Coran nous met en garde contre le suivi aveugle de la majorité des gens :

وإِن تُطِعْ أَكْثَرَ مَن فِي الأَرْضِ يُضِلُّوكَ عَن سَبِيلِ اللّهِ إِن يَتَّبِعُونَ إِلاَّ الظَّنَّ وَإِنْ هُمْ إِلاَّ يَخْرُصُونَ

« Et si tu te laisses convaincre (Yuṭi’) par la majorité de ceux qui sont sur la terre, ils t’égareront du sentier de Dieu : ils ne suivent que la conjecture et ne font que fabriquer des mensonges. »

Ce qui est stupéfiant, c’est qu’au lieu de présenter éventuellement les choses comme étant recommandées selon tel ou tel individus, ou déconseillé selon tel ou tel, d’après telle coutume ou tel contexte, certains se donnent le droit de légiférer en interdisant ou imposant ce que jamais Dieu n’interdit ou n’ordonne. Pire, ils ont rendu les avis des Fuqahâ et des Écoles juridique tels des avis intangibles et immuables, alors que cette portée législative ne relève que du divin, non des Créatures, car c’est Lui qui a une Science sans limite et qui peut universaliser tel ou tel statut par Son infinie sagesse. Le musulman n’est pas appelé à suivre la masse quand elle détermine le statut du voile de la femme, mais il est appelé à suivre le Coran dans ce qu’il légifère et si la masse des croyants va dans le même sens, alors il suivra automatiquement cette voie.

Longtemps nous avons entendu que Dieu demandait aux musulmans dans Son Livre de suivre les savants. Pour justifier cette assertion, on avançait alors deux versets principaux avec, comme souvent, une orientation, voire une manipulation, dans la traduction de ces derniers.

Rédaction LVDH

Références :

[1]Al Ḥâfiẓ,  Al Fatḥ(1/305) ; Ibn Taymiyyah, Al Fatâwâ al Kubrâ(4/389). Le travail du Shaykh Ḥasan Saqqâf sur le sujet est très intéressant et répond aux divers narrations contradictoires dans le sujet.

[2]Or, le Ijmâ’ vient justement instituer des choses qu’Allah n’a pas révélées.

[3]Ijâbah as Sâ`il Sharḥ Bughiyah al Âmal, p. 143

[4]Al Mustaṣfâ, p. 138

[5]Al Burhân fî Uṣûl al Fiqh, 1/262

[6]Ijâbah as Sâ`il Sharḥ Bughiyah al Âmal, p.143

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