Le verset de l’épée selon la compréhension des Salaf as Sâlih ?!

La question qui est posée est destinée à faire réfléchir les partisans du slogan vide de sens : « Suivre le Coran et La Sunna avec la compréhension des pieux précédesseurs »

Nous allons mettre en application le slogan et voir comment les pieux prédécesseurs ont compris ce que ces gens appellent « le verset de l’épée ».

I. Le Tafsîr d’Ibn Kathîr

Ouvrons pour cela le Tafsîr du grand commentateur du Coran, Abu al-Fidâ’ Ismaël b. Kathîr (m. 774H.) et lisons lentement.

Dans son commentaire des versets 9.5-6 (le fameux verset de l’épée), ce grand commentateur dira :

وَهَذِهِ الْآيَةُ الْكَرِيمَةُ هِيَ آيَةُ السَّيْفِ الَّتِي قَالَ فِيهَا الضَّحَّاكُ بْنُ مُزَاحِمٍ: إِنَّهَا نَسَخَتْ كُلَّ عَهْدٍ بَيْنَ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَبَيْنَ أَحَدٍ مِنَ الْمُشْرِكِينَ، وَكُلَّ عَهْدٍ، وَكُلَّ مُدَّةٍ.

C’est-à-dire que ce verset est celui de l’épée au sujet duquel ad-Dahhâk b. Muzâhim a dit qu’il a abrogé tout pacte entre le Prophète et n’importe quel polythéiste.

Il dira plus loin dans son exégèse du Coran au sujet du même verset :

ثُمَّ اخْتَلَفَ الْمُفَسِّرُونَ فِي آيَةِ السَّيْفِ هَذِهِ، فَقَالَ الضَّحَّاكُ وَالسُّدِّيُّ: هِيَ مَنْسُوخَةٌ بِقَوْلِهِ تَعَالَى: {فَإِمَّا مَنًّا بَعْدُ وَإِمَّا فِدَاءً} [مُحَمَّدٍ:4] وَقَالَ قَتَادَةُ بِالْعَكْسِ.

C’est-à-dire que les exégètes ont divergé sur ce verset de l’épée. Ad-Dahhâk et as-Suddî (ou as-Saddî) disent qu’il fut abrogé par le verset « c’est soit la libération gratuite, soit la rançon » (Coran 47.4) et Qatâdah a dit l’exact contraire !

Nous sommes donc en présence d’une problématique assez cocasse en fait d’après ce que cite Ibn Kathîr.

Présentons d’abord les personnages en jeu :

1) Ad-Dahhâk

Il s’agit d’Abou al-Qâsim ad-Dahhak b. Mouzahîm al-Hilâlî mort après l’an 100 de l’hégire. Son hadith est cité chez Abou Dâwoud, at-Tirmidhî, an-Nasâ’î et Ibn Mâjâh.  Ce salaf Sâlih a prit le tafsîr d’Ibn ‘Abbâs (peu probable) ou de Sa’id b. Joubayr l’élève d’Ibn ‘Abbâs.

D’après un récit (que je trouve douteux personnellement) il prétend que sa mère a mis deux ans pour le faire naitre !

Juste au passage, ce salaf portait une bague en argent dont était gravé quelque chose qui ressemblait à un oiseau… (ça c’est cadeau pour les partisans de la compréhension des salafs)

2) As-Saddî

Il s’agit d’Isma’ïl b. ‘Abd ar-Rahmân as-Saddî mort en 127 après l’hégire. Son hadith est cité par Mouslim, Abou Dâwoud, Tirmidhî, Nasâ’î et Ibn Mâjah. Il rapporte des hadiths d’Anas et d’Ibn ‘Abbâs.

Il est koufite et comme beaucoup d’entre eux, il fut accusé de chiisme. Ash-Sha’bî, qui visiblement ne connaissait pas l’avis « suivre le Coran et la Sunna avec la compréhension des pieux prédécesseurs » avait un avis très négatif sur son tafsîr.

3) Qatâda

Il s’agit de Qatâda b. Di’âmah, né vers 60 de l’hégire et mort après l’an 100 de l’hégire. Son hadith est cité chez Boukhari, Mouslim, Abou Dâwoud, Tirmidhi et Ibn Mâjah. Il est accusé de dissimulation dans les hadiths bien que tout le monde le cite…

II. Problématique

Ces gens font partie de l’ère des salafs. Ils sont reconnus dans leur domaine. Donc si on veut comprendre le Coran tout seul, c’est interdit parce que la règle dit qu’il faut le faire selon le « Kitab et la Sunnah BI FAHM (avec la compréhension) des salaf de la Ummah ».

On va donc interroger « Salaf al-Ummah » puisque c’est le slogan qui nous le dit.

Nous posons premièrement la question à as-Saddî et à ad-Dahhak au sujet du verset de l’épée et les deux répondent qu’il est abrogé ! Abrogé par le verset : « c’est soit la libération gratuite, soit la rançon » (Coran 47.4) ! Et quand nous nous dirigeons vers Qatada parce ce dernier nous épond en substance :  « Non ! C’est l’inverse » !!!

Nous vous laissons terminer l’article dans vos têtes parce que pour nous l’affaire est réglée…

Article de Salik al-Hanîf (chercheur indépendant)

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