Le voile ne protège pas la femme musulmane contre les agressions !

LE VOILE NE PROTÈGE PAS LA FEMME MUSULMANE CONTRE LES AGRESSIONS !

Bien ancrée dans les esprits de millions de musulmans et musulmanes, il y a la fausse et détestable idée que la femme voilée serait davantage protégée/immunisée contre les agressions verbales, physiques ou sexuelles. Il n’est donc pas rare d’entendre ou de lire certaines affirmations qu’il convient de traiter au moins succinctement :

AFFIRMATION 1 : « Le voile protège la femme musulmane car on remarque que lorsqu’un homme de mauvaises mœurs siffle ou drague avec insistance certaines femmes, il baisse les yeux devant une femme voilée. »

Réponse : Ce comportement, hypocrite et honteux au passage, peut-être une réalité dans certains cas et en certains lieux, mais il est loin d’être une généralité. Il suffit par exemple de constater la situation des femmes voilées en Égypte pour s’en rendre compte. En outre, de nombreuses femmes ont déjà témoigné que, d’une part, leur voile leur posait des problèmes face à des gens, non pas pervers, mais xénophobes, islamophobes ou encore racistes et qu’elles furent victimes d’insultes, de crachats ou d’agressions physiques. Ajoutons que plusieurs ont également témoigné que des hommes ne se gênent pas pour les aborder, les draguer avec insistance en pleine rue par exemple, voire les harceler par la suite et ce, même si elles sont voilées. En vérité, il n’y a pas de règle en la matière et le comportement des hommes et des femmes dépendra de leur éducation, de leur raisonnement et de leur foi. Certains, par réflexe ou tradition, se contrôleront davantage devant une femme voilée et d’autres, aux mœurs différentes, s’en moqueront ou en profiteront pour agir encore plus mal.

AFFIRMATION 2 : « La femme voilée est davantage préservée contre les agressions sexuelles et le viol que celle qui ne l’est pas ou qui est habillée légèrement »

« Le voile ou le viol »… Couplet redondant et moralisateur que l’on a pu malheureusement entendre sous différentes formes prononcées par des prédicateurs ou des musulmans lambdas et qui illustre assez bien l’état d’esprit entourant cette pratique vestimentaire corroborée par l’exégèse classique qui explique, indirectement, que la femme aurait une part de responsabilité dans son agression de type sexuel sous prétexte qu’elle ne serait pas suffisamment couverte et que, par voie d’incidence, l’homme serait en partie excusé de n’avoir pu se contrôler face à un manque de décence de la part de la femme. Alors, certes, Dieu demande à la femme d’être pudique, chaste et de ne pas s’exhiber, mais il demande également à l’homme de refreiner ses regards et de se maîtriser (24/30) :

قُل لِّلْمُؤْمِنِينَ يَغُضُّوا مِنْ أَبْصَارِهِمْ وَيَحْفَظُوا فُرُوجَهُمْ ذَلِكَ أَزْكَى لَهُمْ إِنَّ اللَّهَ خَبِيرٌ بِمَا يَصْنَعُونَ

« Dis aux croyants de refreiner certains de leurs regards et de garder leur chasteté. C’est plus pur (décent) pour eux. Allah est, certes, Parfaitement informé de ce qu’ils font. »

Ceci étant dit, considérer l’acte d’un violeur comme étant la résultante d’un désir sexuel naturel est la preuve d’une méconnaissance totale de la nature de l’acte en question.

Le viol n’est pas un acte naturel mû par le désir charnel, il n’a rien à voir avec la sexualité, comme l’explique la psychiatre Muriel Salmona spécialiste des violences sexuelles, le viol est une violence monstrueuse qui utilise la sexualité comme une arme et qui fait de cet acte un acte de haine, d’humiliation et de désir.L’homme qui viole une femme parce qu’elle s’habille de telle ou telle façon, même légère, n’agit pas différemment d’un suprématiste blanc qui violerait des femmes parce qu’elles sont noires, d’un antisémite qui violerait des femmes parce qu’elles sont juive, d’un homophobe qui violerait des femmes parce qu’elles sont lesbiennes ou d’un brahmane qui violerait des femmes parce qu’elles font parties des indiennes intouchables, les harijans ou dalits. L’homme qui viole une femme parce qu’elle s’habille légèrement le fait parce que son éducation et sa culture lui ont appris à mépriser ce type de femmes.En outre, le fait même de considérer qu’une femme couverte ou vêtue d’un voile serait moins sujette aux agressions sexuels et aux viols semble totalement infondé.

Pour preuve, citons le rapport du groupe de recherche sur la situation des femmes dans le monde, Woman Stat Project, qui a mis en avant, dès 2014, une carte du monde des actes de viol subi par les femmesdont le titre est Combinaison de la prévalence des agressions sexuelles contre les femmes et de leurs sanctions.Ce groupe est composé d’environ 19 assistants de recherche, 13 chercheurs principaux, et plus de 120 anciens étudiants assistants.[1]

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Légende (dans l’ordre à partir de celle en anglais) :
Le viol : est rare
Le viol : est inhabituel
Le viol : est peu courant
Le viol : est fréquent
Le viol : est endémique

Bien que les données officielles dans les pays où le viol est considéré comme inhabituel ou peu courant soit certainement en-deçà de la réalité, il faut noter que dans la totalité des pays dit « musulmans » le viol est considéré comme endémique (au « mieux » fréquent) ! De même, si nous mettons en lien cette carte avec cette autre concernant les règles vestimentaires féminines, voici ce que nous constatons (voir carte) :

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Légende (dans l’ordre à partir de celle en anglais) :
Blanc : Pression légère et mineure en faveur du voilement. Le voilement peut être commun.
Gris foncé : Forte pression en défaveur du voilement. Le voilement peut être restreint en public
Vert 1 : Pas de pression en faveur du voilement
Vert 2 : Coutume prônant une modestie vestimentaire générale. Voilement intégral très rare
Vert 3 : Une tenue vestimentaire spécifique peut être nécessaire. Le voilement existe mais il est limité
Vert 4 : Une tenue vestimentaire spécifique est nécessaire. Le voilement intégral peut y être courant
Vert 5 : Code vestimentaire nécessaire. Toute violation entraîne de la violence et des poursuites légales
Gris pâle : Pas de donnée

Les pays où les pressions s’exercent en faveur du voile font tous partie de la zone rouge de la carte précédente sur le viol. Seules la Tunisie et la Turquie, où le port du voile était restreint à certains endroits au moment où cette carte a été publiée, font partie de la zone orange où le viol est tout de même considéré comme fréquent. En d’autres termes, voilement de la femme et préservation/respect de l’intégrité de celle-ci ne sont pas avérés. Il ne s’agit pas de dire que la femme devrait se dévêtir pour ne pas être agressée, mais il s’agit de démentir et réfuter l’idée selon laquelle le voile de la femme ou le fait qu’elle soit davantage couverte que d’autres la préserverait absolument contre les agressions sexuelles. Tout ceci n’est qu’une histoire d’éducation et de rapport au corps.

AFFIRMATION 3 : « Le voile (Khimâr, Jilbâb) permet à la femme de ne pas montrer d’elle ce qui peut attirer un homme car Allah a interdit toute forme d’attirance. »

Réponse : Certes, le Jilbâb par exemple permet évidemment à la femme de dissimuler au moins certaines parties de son corps comme sa poitrine, ses jambes, ses fesses ou encore ses bras, et de ne laisser apparaître que ce qu’elle désire (main et visage). Mais d’une part, cela n’est pas le propre de ce vêtement uniquement, plusieurs habits peuvent remplir cette fonction et permettre à la femme qui souhaite faire preuve d’une certaine pudeur de le faire. D’autre part, Allah n’a jamais voulu empêcher toute forme d’attirance entre homme et femme, celle-ci n’étant pas nécessairement malsaine. Sinon, en considérant à l’évidence qu’un visage peut être attirant, charmant et séduisant, Dieu aurait dû ordonné explicitement sa dissimulation également.

Ceci nous montre que ce n’est pas l’attirance physique en générale qui fut proscrite en islam, ou du moins que l’on a tenté d’endiguer, mais celle qui procède d’envies malsaines et libidineuses. Ainsi, il nous semble logique de reconnaître que la vision des cheveux ne provoque pas nécessairement ce type de plaisir salace. De même, nombre de femmes trouvent des hommes attirants de par la chevelure, leur visage, leur barbe ou encore le bras. Or, Allah n’a jamais ordonné aux hommes de se couvrir absolument ces parties-ci du corps et plusieurs savants ont d’ailleurs stipulé que le port de la barbe était, selon eux, obligatoire. Interpréter le sens et le but du verset divin comme cela est donc totalement contestable et n’est ni plus ni moins qu’une opinion subjective.

Nous pouvons dire qu’Allah a interdit que l’attirance soit provoquée en lien avec des désirs sexuels, puisqu’Il interdit le Tabarruj, mais l’attirance d’un homme envers une femme n’est pas nécessairement sexuelle, impudique et lascive. L’islam tant à corriger les gens et non à annihiler toute forme d’interaction, même celle pouvant mener à un attrait naturel et sain entre deux adultes cherchant un conjoint par exemple.

En résumé, le seul moyen permettant la fermeture des voies menant à des interdits comme l’agression sexuelle n’est autre que ceux mis en avant par le Coran : que l’homme et la femme refreinent leurs envies et certains regards, s’éduquent, cherchent à préserver leur chasteté, à être pudiques et évitent les situations pouvant mettre en danger leur intégrité physique et morale. En effet, la pudeur est une affaire personnelle, éducative et culturelle et, bien que le Coran en donne les principes généraux à suivre, il ne détermine pas avec précision les contours applicatifs de cela. A cela, il faut ajouter l’importance de l’éducation dans son sens général et ici la société ainsi que la famille ont un rôle extrêmement important à jouer.

***

[1] Extrait du site www.womanstats.org: « Le projet WomanStats a commencé en 2001 dans le but d’enquêter sur le lien entre la sécurité et le comportement des États et la situation et la sécurité des femmes en leur sein. Depuis ce temps, il a grandi pour inclure treize chercheurs principaux dans neuf universités dans quatre pays, ce qui représente six domaines d’études: les relations internationales, la géographie, la psychologie, le développement durable, les statistiques et la sociologie. Le projet a également été une source de mentorat à plus de 120 étudiants, dont beaucoup sont allés à des études supérieures.Les chercheurs principaux sont les suivants :

  • Valerie M. Hudson, Université Brigham Young (relations internationales)
  • Mary Caprioli, Université du Minnesota-Duluth (relations internationales)
  • Rose McDermott, Université Brown (psychologie politique)
  • Tchad Emmett, Université Brigham Young (géographie)
  • Bonnie Ballif-Spanvill, Université Brigham Young (psychologie) (emerita)
  • Andrea Den Boer, Université de Kent à Canterbury (relations internationales)
  • Donna Lee Bowen, Université Brigham Young (science politique)
  • Perpetua Lynne Nielsen, Université Brigham Young (statistiques)
  • Catalina Monroy, Sergio Arboleda Université (relations internationales)
  • Senem Ertan, sciences sociales Université d’Ankara (science politique)
  • Rebecca Nielsen, Université de Yale (science politique)
  • Valentine Moghadam, Université du Nord-Est (sociologie)
  • Alizon Brysk, Université de Californie (gouvernance mondiale)
  • Juan Pablo Vallejo, École des études forestières et environnementales de
  • Yale (gestion de l’environnement)
  • Dara Kay Cohen, Université Harvard (sciences politiques)
  • Sabrina Karim, Université Emory (sciences politiques) »
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