Les 6 caractéristiques de la langue arabe

Les caractéristiques de la langue arabe – خصائص كلام العرب

 

ـ كثرة علومها و فنونها : اللغة ، و البلاغة ، و النحو ، و الصرف ، و العروض ، و القوافي ، و الاشتقاق ، و أصول النحو ، و أخبار العرب ، الخط…

  1. Son grand nombre de sciences et d’arts: la langue, la Balâghah (éloquence),  le Naḥw (grammaire),  le Ṣarf (morphologie), le ‘Arûḍ (prosodie, métrique), les rimes, les dérivés, les fondements de la grammaire,  les informations (Akhbâr) des arabes, la calligraphie…

ـ مناسبة الألفاظ للمعاني : كتوالي حركات الصيغ لتوالي حركات الأفعال نحو غَيَلَان ، و هَيَجَان ،  كتضعيف العين في الثلاثي للدلالة على التكرار نحو كـسّر ، و كذا مضاعفة المصادر الرباعية نحو قلقلة ، و زعزعة ، و قوة الفعل بحسب مخرج الحرف ، فقالوا نضح الثوب أي رشه بالماء رشا خفيفا ، و نضخ الثوب أي رشه رشا عنيفا ، و من ذلك قوله تعالى  » فيهما عينان نضاختان « ، و من ذلك الخضم لأكل الرطب ، و القضم لليابس

  1. L’adéquation des mots avec les sens:
  • La morphologie de certains mots peut exprimer la succession des mouvements, des formes et des actes. C’est le cas par exemple de « Ghalayân » (bouillonnement) ou encore de « Hayajân » (échauffement ou éruption). En effet, on se rend compte ici que la forme de ces deux mots est la même et qu’elle exprime la succession d’une chose (ébullition, éruption…).
  • De même, le Taḍ’îf al ‘Ayn (redoublement  de la seconde lettre) avec une Shaddah  dans un verbe Thulâthî (trilitère) indique la répétition. C’est le cas de « Kassara » (briser, casser, mettre en morceaux), puisque le fait de casser implique la répétition d’un mouvement le permettant.
  • Il s’agit encore du  doublement des noms ou des verbes Rubâ’î (quadrilitère). C’est le cas de « Qalqalah » ou « Za’za’ah », puisque tous les deux signifient « ébranlement ».
  • Le mot peut également, de par sa forme, exprimer l’intensité d’un acte par rapport à l’endroit de la sortie d’une lettre composant le mot (Makhârij al Ḥurûf).

Les savants de la grammaire ont dit : « Naḍaa ath Thawb » « c’est-à-dire « il a légèrement aspergé le vêtement avec de l’eau ». En revanche, « Naḍakha  ath Thawb»  signifie « il l’a aspergé vigoureusement. »

A ce sujet, nous citons la parole du Très-Haut : « Dans lesquelles il y aura deux sources Naḍâkhatân (jaillissantes). »[1]

Il y a également  « Al Khaḍam » qui exprime le fait de manger un aliment gorgé d’eau ou frais et « Al Qaḍam » qui désigne un aliment sec.

ـ الصرف: الذي به يسهل ضبط اللغة بتيسر حفظ الأصول و القواعد للمريد ، و التوسع فيها كقاعدة الإلحاق ، و التخفيف كقاعدة القلب ، إذ قولهم  » ميعاد  » أخف من « مِوْعاد » 

  1. Le Ṣarf (morphologie) : Il rend accessible la justesse de la langue grâce à la facilité de la mémorisation de ses fondements, de ses règles et leurs largesses, à l’instar de celle du Ilḥâq (annexion) et de celle du Takhfîf (faciliter la prononciation) qui est composée par exemple du Qalb (transformation) qui s’exprime notamment par le terme «Mî’âd», plus aisé à prononcer que «Miw’âd».

4ـ كثرة الكلمات : قال ابن خالويه : جمعت للأسد خمس مائة اسم ، و للحية مائتين.

قال الأصمعي : قد حفظت للحجر سبعين اسما و في  » أف  » خمسون لغة ، و الأصبع عشر لغات.

قال الشافعي في الرسالة : لسان العرب أوسع الألسنة ، لا يحيط بجمعه إلا نبي.

4.La largesse du vocabulaire:

  • Ibn Khâlawiha dit: « J’ai rassemblé plus de 500 mots exprimant le « lion » et 200 autres pour la « barbe ». »
  • Al Aṣma’î a dit: « J’ai mémorisé 60 mots pour la « pierre », 50 dialectes pour l’onomatopée « ouf » et 10 mots pour le « doigt ». »
  • Ash Shâfi’î a dit dans ArRisâlah: « La langue arabe est la plus riche des langues, personne ne peut l’appréhender dans son entièreté si ce n’est un Prophète. »

اللحن و الغناء: و ذلك لتعدد المخارج فتتنوع أوصاف الحروف

6ـ الإيجاز و الإطناب: فالمقال تارة يقتضي إيجازا ، فيتخير العربي بين الإيجاز في التركيب و ذلك بالحذف الذي من أنواعه الاكتفاء نحو قوله تعالى  » لو يعلم الذين كفروا حين لا يكفون عن وجوههم النار » ، و بين الإيجاز في الإفراد نحو التنكير في قوله تعالى  » و لكم في القصاص حياة « 

  1. La mélodie et le chant: Il en est ainsi étant donné les nombreuses sorties de lettre et les caractéristiques variées de ces dernières.
  1. La brièveté et la prolixité (c’est où ?): Ce qui ce dit parfois exige la brièveté. L’Arabe choisira alors entre deux méthodes :
  • La brièveté dans le Tarkîb (la phrase) par Al Ḥadhf[2] ont fait partie Al Iktifâ`[3] comme la parole du Très-Haut : « Si [seulement] les mécréants connaissaient le moment où ils ne pourront empêcher le Feu de leur visage… »[4]
  • La brièveté dans le Ifrâd (un seul mot), à l’instar du Tankîr[5]comme dans la parole du Très-Haut : « Vous avez dans le Qaṣâṣ (Talion) une vie (Ḥayâtun)[6] » Hayâh : c’est-à-dire «vous aurez la préservation de la vie.»

 

Article d’Islam ibn Ahmad at Tilimsânî (traduit par la rédaction LVDH)

Chercheur indépendant, enseignant, spécialiste du Hadith et des fondements de plusieurs domaines des sciences islamiques

Sources :

[1]Coran (Ar Raḥmân 55/66)

[2]Suppression d’un élément de l’expression sans compromettre sa compréhension.

[3]Le fait d’enlever dans une phrase des mots dont la raison indique la présence.

[4]Coran (Al Anbiyâ 21/39)

[5]Action par laquelle on rend un nom  indéfini.

[6]Coran (Al Baqarah 2/179). Le terme Ḥayâtun dans le verset est indéfini (Nakîrah).

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