Les chrétiens trinitaires sont-ils des Kâfirûn (dénégateurs) selon le Coran ?

Cet article se base sur les écrits de divers auteurs, chercheurs et spécialistes de la thématique : Aurélia Hetzel (chercheuse en sciences religieuses de l’EPHE), Hervé Legrand (professeur honoraire à l’Institut catholique de Paris), Henri Tincq  (journaliste spécialistes de religions), Mohammed Taleb (philosophe et écrivain), Jean Daniélou (professeur à l’Institut catholique de Paris), Richard Goulet (docteur de IIIe cycle et chercheur au CNRS), Jean-Marc Prost-Tournier (professeur à l’Institut de Géographie du Proche et Moyen-Orient), Cyrille Moreno (islamologue et coranologue) ou encore Herman Teule (professeur d’université et spécialiste de la tradition syriaque orientale des Assyro-Chaldéens).

En avant-propos, il convient de préciser qu’il faut distinguer le fait d’être chrétien et le fait d’être chrétien adepte de la croyance trinitaire. En effet, les chrétiens trinitaires ne sont qu’une branche du christianisme, même si ces derniers sont majoritaires aujourd’hui. Ainsi, il existait différentes branches chrétiennes avant le VIIe siècle et l’avènement de l’islam, notamment au Moyen-Orient et plus particulièrement en Arabie, puisque après la mort de Jésus au début du Ier siècle, les communautés judéo-chrétiennes (d’origine juives) se divisèrent en divers groupes. En effet, avant que la Grande Église (Ecclesia magna) représentée par les chrétiens d’origine païenne impose un dogme central, une multitude de mouvements considérés par la suite comme hérétiques prospéraient, à l’instar des nazoréens, des baptistes ou encore des gnostiques. Ceci n’est pas étonnant puisqu’il a fallu attendre plus de 400 ans et le concile de Chalcédoine en 451 pour que le « mystère trinitaire » se stabilise dans sa formulation/définition.

 

I. La diversité des groupes chrétiens avant l’islam

Plusieurs groupes chrétiens existaient et divergeaient donc auparavant et même par la suite et l’un des échos manifeste de cette multitudes de groupes chrétiens divers est certainement la question posée par le nouveau gouverneur musulman de Hims (Syrie) en 644 (23 ans après l’Hégire) au patriarche syrien-orthodoxe peu après la conquête de la ville : « Est-ce un seul et même Évangile, sans aucune différence, qui est tenu pour véridique par tous les chrétiens ? Pourquoi alors, puisque l’Évangile est un, la foi/doctrine est-elle différente ? Pourquoi (tes prophètes) n’ont-ils pas écrit avec clarté ? »[1]. En réalité, pour comprendre la diversité des communautés chrétiennes, il faut prendre en compte trois facteurs principaux que sont la doctrine, la situation politique et l’appartenance culturelle et linguistique.

Au niveau doctrinal par exemple, la principale source de débat fut la question de la nature du Christ : était-elle humaine, divine ou bien les deux à la fois ? Et en conséquence, peut-on parler de « Vierge » Marie ou de Mère de Dieu ? Ici, le courant de l’évêque de Constantinople, Nestorius, s’opposa à celle de l’évêque d’Alexandrie, Cyrille. L’orthodoxie représentée par Cyrille s’y opposera en proclamant la formule christologique d’union hypostatique :« une seule nature incarnée de Dieu le verbe ». A ce titre, il faut noter que si Cyrille n’avait pas l’intention de déprécier la nature humaine de Jésus à travers cette formule, un moine de Constantinople du nom d’Eutychès se l’appropria pour mettre l’accent sur la divinité du Christ et reçut le soutien du successeur de Cyrille, Dioscore. Ceci dit, afin d’apaiser la discorde, un nouveau concile après celui d’Éphèse en 431, et réunissant l’ensemble des évêques, fut réuni par l’empereur Marcien à Chalcédoine (aujourd’hui : Kadiköy) en 451 et fixa de façon plus ferme le crédo. Ainsi la formule christologique de compromis devint que le Christ était né, avant tous les siècle, du Père selon sa divinité, mais qu’à la fin des temps il est né de la Vierge Marie selon son humanité. Aussi, on considéra lors de ce concile qu’il existait deux natures, divine et humaine, réunies en la seule personne (hypostase) de Jésus.

Toutefois, même si la formule de « théotokos » pouvait ravir les chrétiens d’Alexandrie, la formule consistant à accorder deux natures au Christ ne pouvait que les crisper, ainsi que les orientaux en général, puisqu’elle contredisait la formulation du vénéré Cyrille.

Cependant, la formule du concile réunissait ces deux natures en une seule personne/hypostase, quand Nestorius avait défendu une dualité d’hypostases. En réalité, ce compromis s’avéra désastreux :

  • Pendant un temps, la formule de Chalcédoine devint le fer de lance de l’orthodoxie impériale au point que les termes « chalcédonien », impérial et orthodoxe se confondent. C’est pour cette raison qu’à l’époque musulmane, les chalcédoniens de Syrie recevront le nom de melkites, partisans de l’empereur (de malkô – syriaque – et malik – arabe).

Aussi, sans entrer dans davantage de détails ici quant aux trois facteurs principaux à prendre en compte, vous trouverez ci-après les principaux groupes chrétiens de l’histoire du christianisme existant avant le VIIe siècle :

  • Les chrétiens d’origine païenne ou pagano-chrétiens(Grande Église), dont le schisme en 1052 (XIe siècle) donnera naissance aux trois Églises majoritaires et dominantes aujourd’hui, à savoir les Églises catholique, orthodoxe puis protestante. Ce groupe émerge aux alentours de l’an 100 et se distingue de la Petite Église, celle des chrétiens d’origine juive.
  • Les judéo-chrétiens (ou chrétiens d’origine juive, Petite Église) comprenant principalement les nazôréens (ou nazaréens), qui sont des juifs messianistes mal connus, mais aussi les ébionites[2], les baptistes[3]encore les elkasaïtes[4]. Les judéo-chrétiens (ou nazoréens parfois, de Nazareth en Galilée) sont les membres juifs de la première Église, celle de Jérusalem. Ils croient que Jésus est le Messie attendu, mais observent scrupuleusement tout ou partie de la Torah.
  • Les gnostiques: Ce courant né au Ier siècle en Palestine forme un mouvement hybride à la croisée entre les religiosités juives/judéo-chrétiennes et des mystiques grecques et s’est développé aux IIe et IIIe siècle en plusieurs groupes aux limites de l’Empire romain. Ce courant s’inscrit dans une dimension très ésotérique. D’ailleurs leurs positions théologiques et philosophiques, ainsi que la fascination qu’ils exercent vont être vite perçues comme une menace par l’Église dominante qui les condamnera lors du concile de Nicée en 325.
  • Les ariens: Il s’agit d’un groupe représentant un courant de pensée théologique (arianisme) fondé par Arius, théologien alexandrin du IVe siècle EC. Ce courant qui professe que si « Dieu le Père » est divin, Jésus, « Son fils » est avant tout un humain disposant d’une part de divinité, sera condamné par le même concile de Nicée en 325. En d’autres termes, les ariens rejettent la consubstantialité du Jésus, c’est-à-dire l’égalité de substance du Fils avec le Père, le Père étant de nature supérieure. Aussi, l’orthodoxie réaffirmera, à l’inverse, la consubstantialité de l’Esprit-Saint avec le Père et le Fils lors du deuxième concile à Constantinople en 381.
  • Les nestoriens: Le nestorianisme, du Patriarche Nestorius de Constantinople au Ve siècle, fut repris par l’Église de Perse (Église d’Orient) et consiste à expliquer les deux natures humaines et divines de Jésus et insista sur la distinction entre l’humain et le divin du Christ. Ainsi, il fut dit que Jésus avait deux hypostases en lui, une divine (Fils de Dieu) et l’autre humaine (fils de Marie), et ils refusèrent d’appeler Marie « théotokos » (Mère de Dieu) puisqu’elle n’avait enfanté que Jésus l’homme. Ce courant fut considéré comme hérétique par le concile d’Éphèse en 430/431, d’ailleurs convoqué par l’empereur à l’instigation de l’évêque Cyrille, et Nestorius fut exilé. L’orthodoxie s’y opposera en proclamant la formule christologique d’union hypostatique susmentionnée.
  • Les marcionites : Il s’agit d’un groupe influencé par les gnostiques qui s’est développé au IIe siècle et qui met en avant une croyance dualiste, notamment en opposant un Dieu de la Loi (Ancien Testament) à un Dieu de l’Amour (Nouveau Testament). Ce groupe sera absorbé au IIIe siècle par le mouvement manichéen du « prophète » Mani, un jeune Perse de 24 ans qui se proclame, en 240 EC, Paraclet : c’est le fondement du manichéisme.
  • Les miaphysites (ou monophysites)[5]: Ce groupe se développa en Égypte mais aussi en Syrie, tout comme le groupe des partisans de Chalcédoine, et s’organisa en une Église indépendante au IVe siècle sous l’influence de Jacques Baradée, moine d’Édesse (actuelle Turquie orientale) puis évêque.

 

II. Les premiers chrétiens persécutés

En résumé, il faut retenir qu’après la mort de Jésus, des juifs et de nombreux païens se convertirent et formèrent les premières communautés chrétiennes. Refusant de rendre un culte à l’empereur et de participer aux cultes païens, les premiers chrétiens vont être persécutés dès le Ier siècle, notamment sous Néron, Dèce ou encore Dioclétien : insultés, frappés, volés, pillés, emprisonnés, lapidés, crucifiés, brûlés, jetés au lion… comme en témoignent par exemple les lettres des martyrs de Lyon mises en avant par Eusèbe de Césarée dans Histoires ecclésiastiques au début du IVe siècle ou encore les Annales de Tacite au début du IIe siècle. Paradoxalement, ces martyrs chrétiens provoquèrent l’admiration et les conversions se multiplièrent alors. Au début du IVe siècle, l’empereur Galère promulgua un édit de tolérance (311, édit de Sardique), puis l’empereur Constantin se convertit au christianisme et en 313 (édit de Milan) il autorisa la pratique du christianisme. Progressivement, au IVe siècle, la communauté chrétienne s’organise avec à sa tête des évêques, dont le Pape, évêque de Rome. En 380, l’empereur Théodose fit du christianisme la religion officielle de l’empire romain, puis interdit les cultes païens vers 390.

 

III. Quelques éléments historiques quant à la présence de branches et courants chrétiens dans l’Arabie médiévale

L’élan des premiers disciples de Jésus ne s’est pas tourné uniquement vers les terres européennes, mais fut également orienté vers l’est et le sud de la Palestine. Ainsi, le Moyen-Orient, à l’exception de la façade méditerranéenne, connut une forme particulière de christianisme qui garda le sémitisme de la prédication araméenne des origines et qui utilisa le syriaque (dialecte araméen d’Edesse) et l’arabe. A ce titre, le Nouveau Testament, via les Actes des apôtres (daté de 80-90) évoquent les Arabes parmi les peuples pouvant recevoir le message chrétien en Acte 2,1 à 11 :

Le jour de la Pentecôte, ils étaient tous ensemble dans le même lieu. 2Tout à coup il vint du ciel un bruit comme celui d’un vent impétueux, et il remplit toute la maison où ils étaient assis. 3Des langues, semblables à des langues de feu, leur apparurent, séparées les unes des autres, et se posèrent sur chacun d’eux. 4Et ils furent tous remplis du Saint-Esprit, et se mirent à parler en d’autres langues, selon que l’Esprit leur donnait de s’exprimer.5Or, il y avait en séjour à Jérusalem des Juifs, hommes pieux, de toutes les nations qui sont sous le ciel. 6Au bruit qui eut lieu, la multitude accourut, et elle fut confondue parce que chacun les entendait parler dans sa propre langue. 7Ils étaient tous dans l’étonnement et la surprise, et ils se disaient les uns aux autres: Voici, ces gens qui parlent ne sont-ils pas tous Galiléens? 8Et comment les entendons-nous dans notre propre langue à chacun, dans notre langue maternelle?9Parthes, Mèdes, Élamites, ceux qui habitent la Mésopotamie, la Judée, la Cappadoce, le Pont, l’Asie, 10la Phrygie, la Pamphylie, l’Égypte, le territoire de la Libye voisine de Cyrène, et ceux qui sont venus de Rome, Juifs et prosélytes, 11Crétois et Arabes, comment les entendons-nous parler dans nos langues des merveilles de Dieu? 12Ils étaient tous dans l’étonnement, et, ne sachant que penser, ils se disaient les uns aux autres: Que veut dire ceci? 13Mais d’autres se moquaient, et disaient: Ils sont pleins de vin doux.

Les Arabes sont ici cités en fin de liste, mais le second exemple nous vient de Paul dans son épître aux chrétiens de Galatie (centre de la Turquie) où il précise en 1, 13 à 17, qu’après sa conversion, au lieu de rejoindre Jérusalem et les chrétiens qui s’y trouvaient, il décide de partir pour l’Arabie puis de revenir à Damas :

 13Vous avez su, en effet, quelle était autrefois ma conduite dans le judaïsme, comment je persécutais à outrance et ravageais l’Église de Dieu, 14et comment j’étais plus avancé dans le judaïsme que beaucoup de ceux de mon âge et de ma nation, étant animé d’un zèle excessif pour les traditions de mes pères. 15Mais, lorsqu’il plut à celui qui m’avait mis à part dès le sein de ma mère, et qui m’a appelé par sa grâce, 16de révéler en moi son Fils, afin que je l’annonçasse parmi les païens, aussitôt, je ne consultai ni la chair ni le sang, 17et je ne montai point à Jérusalem vers ceux qui furent apôtres avant moi, mais je partis pour l’Arabie. Puis je revins encore à Damas.

 

Notons qu’à cette époque, on distinguait également trois régions en Arabie :

  • l’Arabie désertique qui correspond à l’actuelle Arabie saoudite et aux pays du Golfe,
  • l’Arabie heureuse – Arabia Felix (Yémen, ensemble des hautes terres de l’Arabie du Sud-Ouest) doit son nom à des conditions climatiques plus favorables,
  • et l’Arabie pétrée (constituée en 106 lorsque Rome occupa le royaume des Nabatéens et sa capitale Pétra dans l’actuelle Jordanie). Elle est globalement située dans l’actuelle région de Palestine/Israël, Jordanie et Syrie et était au carrefour des routes caravanières. D’ailleurs, on peut légitimement penser que c’est dans cette Arabie pétrée que Paul s’est rendu durant trois ans et peut-être s’est-il rendu à Bosra (Syrie), l’un des premiers jalons de la pénétration chrétienne en terres arabes.

En conséquence, un peu partout, à l’époque de la domination romaine, des formes particulières de christianisme se sont développées, beaucoup ont disparu, mais plusieurs, considérées comme hérétiques furent dénoncées. Les chrétiens minoritaires, fuyant les persécutions, utilisèrent deux canaux pour pénétrer le monde arabe de l’époque :

  • Via les communautés chrétiennes désirant restées fidèles à la Loi juive, ce qu’on appelle les judéo-chrétiens (des nazoréens aux ébionites, en passant par les elkasaïtes).
  • Via les conversions à la foi chrétienne des païens des villages araméens (et coptes pour l’Égypte) ainsi que des tribus arabe du désert, ce qu’on appelle les néo-chrétiens et qui seront la matrice de l’arabité chrétienne connue aujourd’hui.

D’ailleurs, plusieurs spécialistes pensent que le monophysisme, affirmant que Jésus n’a qu’une nature divine, est la marque des christianismes particuliers syriens et égyptiens et que les grandes tribus arabes, comme les Ghassanides (Jafnides), seront monophysites. Ces tribus joueront d’ailleurs un rôle important dans l’émergence de la civilisation musulmane des Umayyades à Damas vers la moitié du VIIe siècle.

Les nestoriens vont quant à eux se développer en Irak et d’autres doctrines considérées comme hérétiques vont apparaître, à l’instar de celle des « Arabiens » au début du IIIe siècle qui défendaient l’idée d’une âme qui meurt avec le corps dans l’attente d’une résurrection. D’ailleurs, le célèbre Origène, l’un des plus grands théologiens de l’école d’Alexandrie, se serait rendu en Arabie en 207 afin de ramener ces chrétiens dans la « bonne voie ».

Ainsi, au côté des chrétiens du Moyen-Orient des Ve et VIe siècle qui, outre le grec, s’exprimaient en syriaque, copte, guèze et araméen, d’importantes communautés chrétiennes s’exprimaient en arabe. D’ailleurs, chacune des trois positions christologique (liées à la nature du Christ) avaient ses partisans chez ces chrétiens arabophones :

  • Certains, comme les Ghassanides évoqués plus haut originaire (probablement) de l’Arabie du Sud, seront miaphysites (monophysites : une nature et une persone), bien qu’au service de l’Empire byzantin une fois installés en Syrie.
  • D’autres, les Nasrides (Lakhmides) par exemple, tribu arabes séjournant dans la région d’Al Hîra (Sud de l’Irak actuel) avaient adopté la christologie de l’Église de Perse (nestorienne) affirmant deux natures (humaine et divine) en une personne (Jésus) mais avec deux qnome (hypostases ?).

 

IV. Que dit le Coran des chrétiens d’Arabie ?

Comprendre le message coranique révélé au VIIe siècle dans l’Arabie médiévale et abordant, entre autres nombreuses thématiques, celle des ahl al kitâb et des chrétiens, nécessite de comprendre de quoi était constitué le paysage des communautés chrétiennes d’Arabie. A ce titre, le texte coranique est très intéressant à ce niveau, puisque des communautés de chrétiens prospèrent également dans la péninsule arabique des premiers siècles comme cela fut abordé. Des formes singulières de christianisme s’y développent ou s’y réfugient et on repère les traces de ces christianismes arabes ou minoritaires, souvent disparus, et de ces crédos considérés comme hérétiques par l’orthodoxie chrétienne ou exagérés voire faux dans le Coran (mais également dans les travaux des historiens musulmans), notamment :

  • Le trithéisme
  • Le monophysisme
  • La trinité post-chalcédonienne

Ainsi, il semble évident que le fait de parler de chrétiens dans le Coran implique qu’il ne s’agisse pas absolument ou uniquement des chrétiens formant le groupe majoritaire aujourd’hui. A ce titre, la polémique coranique contre la Trinité (ou plutôt ici trithéisme) suggère par exemple que les chrétiens qui étaient visés croyaient en une divinité composée de Dieu (le Père), de Jésus et de Marie. Or, cette croyance n’est absolument pas conforme à l’orthodoxie chrétienne actuelle, d’autant que quelques décennies avant la naissance de l’islam, la région avait été secouée par la crise du trithéisme. Cette crise fut assez importante pour qu’elle nécessite la publication d’une lettre dans les années 570, signée par 137 représentants des monastères d’Arabie.

Ainsi, on peut distinguer divers groupes présents en Arabie à travers le texte coranique :

  1. Les trithéistes condamné dans la sourate Al Mâ`idah (5)
  • Première forme : le trithéisme pseudo-collyridien ou philomarianite (Dieu le Père, Jésus, Marie)

Par exemple, au verset 5/116, le Coran condamne le trithéisme, certainement partagée par des chrétiens arabes, suggérant qu’il fallait croire en une divinité composée du Père, de Jésus et de Marie. Évidemment, cela n’est absolument pas la conception trinitaire de la divinité et ce dogme est même considéré comme hérétique par les Trinitaires :

وَإِذْ قَالَ ٱللَّهُ يَٰعِيسَى ٱبْنَ مَرْيَمَ ءَأَنتَ قُلْتَ لِلنَّاسِ ٱتَّخِذُونِى وَأُمِّىَ إِلَٰهَيْنِ مِن دُونِ ٱللَّهِ ۖ قَالَ سُبْحَٰنَكَ مَا يَكُونُ لِىٓ أَنْ أَقُولَ مَا لَيْسَ لِى بِحَقٍّ ۚ إِن كُنتُ قُلْتُهُۥ فَقَدْ عَلِمْتَهُۥ ۚ تَعْلَمُ مَا فِى نَفْسِى وَلَآ أَعْلَمُ مَا فِى نَفْسِكَ ۚ إِنَّكَ أَنتَ عَلَّٰمُ ٱلْغُيُوبِ

Et quand Dieu dira : Ô Jésus fils de Marie ! Est-ce toi qui as dit aux gens : Prenez-moi ainsi que ma mère en tant que deux divinités en sus de Dieu ?Il répondra : Gloire à Toi ! En quoi aurais-je dit ce qui n’est pas pour moi vrai ! Si je l’avais dit, tu l’aurais su ! Tu connais bien ce qui est en moi, alors que je ne sais point ce qui est en Toi ; Tu es, certes, parfaitement connaisseur des choses cachées !

  • Deuxième forme : le trithéisme syro-yéménite (Dieu le Père, Jésus, Esprit saint)

Au verset coranique 5/73, cette forme de trithéisme étant historiquement attesté aux VIe-VIIe siècles entre la Syrie et le Yémen est également condamnée :

لَّقَدْ كَفَرَ ٱلَّذِينَ قَالُوٓا۟ إِنَّ ٱللَّهَ ثَالِثُ ثَلَٰثَةٍۢ ۘ وَمَا مِنْ إِلَٰهٍ إِلَّآ إِلَٰهٌۭ وَٰحِدٌۭ ۚ وَإِن لَّمْ يَنتَهُوا۟ عَمَّا يَقُولُونَ لَيَمَسَّنَّ ٱلَّذِينَ كَفَرُوا۟ مِنْهُمْ عَذَابٌ أَلِيمٌ

De même, sont vraiment dénégateurs (kafara) ceux qui disent : Dieu est le troisième de trois. Mais, il n’y a de divinité qu’une Divinité unique ! Et, s’ils ne cessent point de le dire, ceux d’entre euxqui auront dénié seront certainement touchés par un tourment terrible.

Ici, c’est cette deuxième forme de trithéisme, considérée comme du kufr, et supposant trois divinités distinctes où Dieu serait le troisième trois qui est dénoncée. Certes, il n’est pas précisé la nature des deux autres divinités, mais comme la triade divine composée de Dieu, Jésus et Marie est dénoncée au verset 116 susmentionné, il ne peut vraisemblablement s’agir que de cette autre forme de trithéisme.

Quoiqu’il en soit, ni la première ni la seconde forme de trithéisme mises en avant ne correspondent au crédo et à la conception de la divinité de l’orthodoxie chrétienne trinitaire et majoritaire que nous développerons ci-après.

  1. Le monophysisme

Toujours dans la sourate Al Mâ`idah, en 5/72, le Coran condamne non pas le trithéisme, mais cette fois-ci le monophysisme (ou miaphysisme), considéré comme du shirk (associationnisme) :

لَقَدْ كَفَرَ ٱلَّذِينَ قَالُوٓا۟ إِنَّ ٱللَّهَ هُوَ ٱلْمَسِيحُ ٱبْنُ مَرْيَمَ ۖ وَقَالَ ٱلْمَسِيحُ يَٰبَنِىٓ إِسْرَٰٓءِيلَ ٱعْبُدُوا۟ ٱللَّهَ رَبِّى وَرَبَّكُمْ ۖ إِنَّهُۥ مَن يُشْرِكْ بِٱللَّهِ فَقَدْ حَرَّمَ ٱللَّهُ عَلَيْهِ ٱلْجَنَّةَ وَمَأْوَىٰهُ ٱلنَّارُ ۖ وَمَا لِلظَّٰلِمِينَ مِنْ أَنصَارٍۢ

Ils sont vraiment dénégateurs (kafara) ceux qui disent : Dieu est le Messie, fils de Marie. Ce, alors que le Messie a dit : Ô Fils d’Israël ! Adorez Dieu qui est mon Seigneur et votre SeigneurCertes, quiconque donne un associé à Dieu, alors Dieu lui a interdit le Paradis et son seul refuge sera le Feu – et les iniques n’auront point de défenseurs !

Ici, il faut être conscient que le fait de dire que le Messie est Dieu est contraire à la doctrine des chrétiens trinitaires, puisque ce courant affirme que Jésus n’a qu’une seule nature : divine. A ce titre, il faut rappeler qu’il existait un important foyer monophysite dans la région de Najran, au sud-est de la Mecque, mais également au sein de la grande confédération tribale des Taghlib et c’est très probablement de leur croyance que parle le Coran en ce passage.

En outre, en guise de réponse à ceux qui confondent ou méconnaissent les divergences dogmatiques chrétiennes, notamment à cette époque, comment le Coran pourrait considérer comme du kufr et du shirk la croyance chrétienne dans son ensemble (comme ils l’affirment), y compris le concept de trinité partagé par la majorité, et désigner dans le même temps ceux qui partagent la foi chrétienne (qui n’est ni du kufr ni du shirk) comme bénéficiant du Salut en 5/48 et 5/68-69 :

وَأَنزَلْنَآ إِلَيْكَ ٱلْكِتَٰبَ بِٱلْحَقِّ مُصَدِّقًۭا لِّمَا بَيْنَ يَدَيْهِ مِنَ ٱلْكِتَٰبِ وَمُهَيْمِنًا عَلَيْهِ ۖ فَٱحْكُم بَيْنَهُم بِمَآ أَنزَلَ ٱللَّهُ ۖ وَلَا تَتَّبِعْ أَهْوَآءَهُمْ عَمَّا جَآءَكَ مِنَ ٱلْحَقِّ ۚ لِكُلٍّۢ جَعَلْنَا مِنكُمْ شِرْعَةًۭ وَمِنْهَاجًۭا ۚ وَلَوْ شَآءَ ٱللَّهُ لَجَعَلَكُمْ أُمَّةًۭ وَٰحِدَةًۭ وَلَٰكِن لِّيَبْلُوَكُمْ فِى مَآ ءَاتَىٰكُمْ ۖ فَٱسْتَبِقُوا۟ ٱلْخَيْرَٰتِ ۚ إِلَى ٱللَّهِ مَرْجِعُكُمْ جَمِيعًۭا فَيُنَبِّئُكُم بِمَا كُنتُمْ فِيهِ تَخْتَلِفُونَ

Nous t’avons révélé l’Écrit en toute vérité, confirmant partie de ce qui lui est antérieur de la Bible et se portant garant de cela. Juge donc à leur sujet d’après ce que Dieu a révélé, et ne suis point leurs désirs quant à ce qui t’est parvenu de la Vérité. Toutefois, à chacun d’entre vous Nous avons indiqué une voie générale et une voie spécifique. Et si Dieu l’avait voulu, Il aurait fait de vous une seule communauté religieuse, mais il en est ainsi afin que vous puissiez exprimer ce qu’Il vous a donné. Rivalisez donc en bonnes œuvres, c’est vers Dieu que vous retournerez tous ensemble, et Il vous informera quant à ce sur quoi vous divergiez.

قُلْ يَٰٓأَهْلَ ٱلْكِتَٰبِ لَسْتُمْ عَلَىٰ شَىْءٍ حَتَّىٰ تُقِيمُوا۟ ٱلتَّوْرَىٰةَ وَٱلْإِنجِيلَ وَمَآ أُنزِلَ إِلَيْكُم مِّن رَّبِّكُمْ ۗوَلَيَزِيدَنَّ كَثِيرًۭا مِّنْهُم مَّآ أُنزِلَ إِلَيْكَ مِن رَّبِّكَ طُغْيَٰنًۭا وَكُفْرًۭا ۖ فَلَا تَأْسَ عَلَى ٱلْقَوْمِ ٱلْكَٰفِرِينَ – إِنَّ ٱلَّذِينَ ءَامَنُوا۟ وَٱلَّذِينَ هَادُوا۟ وَٱلصَّٰبِـُٔونَ وَٱلنَّصَٰرَىٰ مَنْ ءَامَنَ بِٱللَّهِ وَٱلْيَوْمِ ٱلْءَاخِرِ وَعَمِلَ صَٰلِحًۭا فَلَا خَوْفٌ عَلَيْهِمْ وَلَا هُمْ يَحْزَنُونَ

Dis : Ô Gens du Livre ! Vous ne reposerez sur rien tant que vous n’observerez pas la Thora et l’Évangile et ce qui vous a été révélé par votre Seigneur. Mais ce qui t’a été révélé par ton Seigneur n’a fait qu’accroître nombre d’entre eux en révolte et en déni. Ne te désespère donc point du peuple des dénégateurs. * En vérité, ceux qui croient : les judaïsés, les sabéens et les chrétiens, qui croit en Dieu et au Jour Dernier et œuvre en bien, nulle crainte pour eux, ils ne seront point affligés.

Notons que ce dernier verset est répété trois fois dans le Coran et ce, afin de mettre en avant son importance. Cette liste non exhaustive de croyants monothéistes est définie assez largement par Dieu Lui-même de cette manière : « qui croient en Dieu et au Jour Dernier et œuvrent bien » et est regroupée en trois groupes :

  • Les judaïsés(al ladhîna hâdû) : cette expression est plus large que les seuls fils d’Israël, mais concerne globalement tous ceux qui ont embrassé le judaïsme, forme tardive de la primo religion des fils d’Israël.

 

  • Les sabéens(as sâbi`ûna) : ce terme ne constitue pas une identification précise, bien que l’hypothèse qui semble la plus sérieuse pour certains soit celle émise au XIXe siècle par l’orientaliste allemand Théodore Nöldeke évoquant les origines baptistes (de « saba » signifiant immerger dans l’eau) de ce(s) groupe(s).

 

  • Les chrétiens(an nasârâ) : ce terme désigne l’ensemble des chrétiens au sens large, comme le démontre son usage en 5/82. Cependant, certains y ont vu la désignation des nazaréens, mais ceci semble manqué de preuve. En revanche, il apparaît que ce terme était connu dans la poésie anté-islamique et que selon Eusèbe de Césarée cette appellation désigne depuis longtemps au Moyen-Orient les chrétiens dans leur ensemble.
  1. La Trinité ou Tri-unité post-chalcédonienne

Cette trinité, qui est le dogme partagé par la grande majorité des chrétiens via le catholicisme notamment, se définit comme suit : c’est la croyance, non pas en trois dieux (trithéisme) ou en un Dieu qui serait Jésus, mais c’est la croyance en un Dieu unique en trois personnes (hypostases). Ainsi, le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont trois hypostases d’une seule et même entité divine, à savoir Dieu en tant qu’essence unique. Pour les non-initiés, il peut apparaître que la différence n’est pas évidente, et pourtant elle l’est puisqu’il y a une différence fondamentale entre la croyance en un Dieu (même ayant trois hypostases) et la croyance en trois dieux !

En d’autres termes, la trinité est la croyance en un Dieu unique en trois personnes (Père, Fils et Esprit-Saint) qui sont toutes de même nature, de même substance et qui sont pourtant fondamentalement distinctes entre elles. Cette conception s’oppose à trois autres conceptions jugées fausses par le Coran et l’orthodoxie chrétienne :

  • Le trithéisme qui diverge de la trinité car, même s’il reconnaît la même nature et fait la distinction, il ne reconnaît pas la même substance divine. Cela revient donc à affirmer qu’il y aurait trois dieux de nature divine, distincts et de substance divine différente. Certaines déviances de ce courant, influencées par le paganisme, vont même aller jusqu’à dire qu’il s’agirait de trois divinités complémentaires.

 

  • Le monophysisme diverge de la trinité puisqu’il considère Jésus comme étant de nature entièrement divine, alors que l’orthodoxie définit Jésus comme étant de nature humaine et divine. Cette doctrine fut considérée comme hérétique par le concile de Chalcédoine en 451 comme susmentionné.

 

  • Le modalisme qui diverge également de la trinité car, même s’il reconnaît la même nature et la même substance (donc pas de trithéisme ou de monophysisme), il ne reconnaît pas la distinction entre les trois personnes/hypostases. Cela implique donc que ces trois personnes ne serait que trois modes ou aspects de Dieu. Dieu est donc éternel, Tout-puissant et Créateur, mais aussi Père, Fils et Saint-Esprit. Toutefois, le danger mis en avant par les trinitaires est qu’une telle conception pourrait permettre de dire que Dieu le Père (en plus du Fils) fut crucifié… ce qui n’est pas admissible.

 

V. Comment le Coran évoque le crédo des chrétiens trinitaires ou tri-unitaires ?

Maintenant que nous avons abordé les divers groupes chrétiens de l’Arabie considérés comme étant dans le shirk ou le kufr dans le texte coranique, comment Dieu évoque-t-Il le concept de trinité chrétienne dans le texte coranique, à savoir la croyance en un Dieu unique mais en 3 hypostases ? La réponse à cette question se trouve dans le verset 4/171 suivant :

 

¤يَا أَهْلَ الْكِتَابِ لاَ تَغْلُواْ فِي دِينِكُمْ وَلاَ تَقُولُواْ عَلَى اللّهِ إِلاَّ الْحَقِّ إِنَّمَا الْمَسِيحُ عِيسَى ابْنُ مَرْيَمَ رَسُولُ اللّهِ وَكَلِمَتُهُ أَلْقَاهَا إِلَى مَرْيَمَ وَرُوحٌ مِّنْهُ فَآمِنُواْ بِاللّهِ وَرُسُلِهِ وَلاَ تَقُولُواْ ثَلاَثَةٌ انتَهُواْ خَيْرًا لَّكُمْ إِنَّمَا اللّهُ إِلَهٌ وَاحِدٌ سُبْحَانَهُ أَن يَكُونَ لَهُ وَلَدٌ لَّهُ مَا فِي السَّمَاوَات وَمَا فِي الأَرْضِ وَكَفَى بِاللّهِ وَكِيلاً ¤
« Ô Gens du Livre (ahl al Kitâb) ! N’outrepassez point en votre foi et ne dites de Dieu que le vrai : En vérité, le Messie, Jésus fils de Marie est un messager de Dieu, Son Verbe projeté en Marie et un Esprit émanant de Lui. Croyez donc en Dieu et Ses messagers et ne dites point : « Il est trois » ! Abstenez-vous, cela serait meilleur pour vous, Dieu est seulement Déité une. De par Sa transcendance il ne peut avoir de fils ! À lui ce qui est en les Cieux et sur la Terre, et Dieu suffit comme garant ! »

 

Le propos est donc clair concernant les trinitaires chrétiens que Dieu ne nomme pas mécréants, mais Gens du Livre (ahl al Kitâb), et que Dieu n’accuse pas de kufr (dénégation, mécréance) ou de shirk (polythéisme), mais qu’Il accuse « seulement » d’exagérer dans leur foi en considérant un Dieu unique en 3 hypostases, quand Jésus est présenté comme un Messager de Dieu.

Ceci dit, il est bon de remarquer que le statut coranique de Jésus est tout à fait particulier, puisqu’il est le seul de tous les Messagers et de toutes les créatures à être qualifié par le Coran de Verbe de Dieu (kalimah), de réceptacle du Verbe divin projeté en Marie, et également d’Esprit de Dieu (rûh) ! D’une certaine manière, le texte coranique nous explique ici la raison de ces différentes compréhension chrétienne du rôle de Jésus puisque s’il fut un simple Messager, Dieu rappelle tout de même son statut très singulier faisant de lui un être malgré tout à part, même dans la catégorie des Messagers.

Toutefois, remarquons qu’ici le Coran ne parle pas d’une conception où Dieu serait le troisième de trois (thâlithu thalâthah), ce qui est la conception trithéiste, mais où Dieu est trois (thalâthah), ce qui est totalement différent et correspond de façon synthétique à la conception chrétienne trinitaire. Dieu les appelle donc à ne pas exagérer dans leur foi monothéiste, ce qui est normal car du point de vue coranique il s’agit malgré tout d’un égarement puisqu’on attribue à Jésus une nature divine constituant l’une des trois hypostases de Dieu. En revanche, malgré cette exagération manifeste (« n’outrepassez pas en votre foi ») leur faisant dire que le Dieu unique est trois, Dieu ne dit pas d’eux qu’ils sont mushrikûn (polythéistes) ou kâfirûn (dénégateurs), Dieu leur demande de s’abstenir de cet excès, de cette démesure, car cela est meilleur pour eux puisque Dieu est en réalité une seule déité (ilâhun wâhidun). En tout état de cause, les chrétiens trinitaires sont donc fondamentalement monothéistes d’après le texte coranique, et ne sont donc ni des mécréants/dénégateurs, ni des polythéistes, même si le Coran reconnaît et affirme qu’ils exagèrent dans leur conception dogmatique.

Wallahu a’lam

Rédaction LVDH

Annotations : 

[1]Force est de constater que nous pourrions en réalité poser la même question aux musulmans qui, eux aussi, divergèrent très rapidement et se divisèrent en plusieurs groupes alors que le Coran est un…

[2]Formaient-ils un seul groupe avec les nazaréens ? Ils ne considèrent pas Jésus comme Fils de Dieu, mais comme le fils de Joseph et rejettent la virginité de Marie. Ils considèrent Jésus comme un prophète élevé au rang de Messie, rejettent sa nature divine et considèrent Paul comme un apostat car il voit en la mort du Christ un sacrifice expiatoire.

[3]Ils accordaient une grande importance aux rituels de purification par l’eau.

[4]Groupe baptiste qui rejettent également Paul et qui voit en l’eau un caractère thaumaturgique exacerbé qu’il vénère et qui pratique le végétarisme. Il refuse de reconnaître la divinité du Christ, mais juste sa messianité. Encore, les elkasaïtes considèrent Jésus comme le dernier des prophètes, le « sceau de la prophétie ». Pour eux, le Christ a transmigré de corps en corps, partant de celui d’Adam à celui de Jésus.

[5]Nous n’entrons pas ici dans la subtilité entre les deux dénominations, bien qu’il semble que le terme de miaphysite soit plus conforme que celui de la tradition, même s’il semble réservé aujourd’hui à la doctrine d’Eutychès.

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