Les menstrues : prier, jeûner et user du Coran

La femmes peut-elle prier, jeûner et user (lire et toucher) du Coran en période de menstrues ?

A cette question, certains s’empresseront de mentionner des ḥadîths pour répondre que cela est strictement interdit et ils ne prendront même pas la peine de se pencher vers le texte coranique pour y chercher l’information et y confronter les récits hypothétiques que l’on attribue au Prophète (paix sur lui), sur lesquels ils s’appuient et qui affirment qu’une telle pratique est interdite.

Or, même dans leur démarche erronée consistant à utiliser le ḥadîths comme source de législation, ils devraient au moins avoir la cohérence de confronter lesdits récits au Coran (comme l’exige d’ailleurs principalement l’école des fuqahâ) puisqu’il est impensable que le Prophète ait contredit Dieu ou légiféré à Sa place.

Aussi, comme le Coran prime sur le hadîth et que, de notre point de vue appuyé par la parole divine, le hadîth ne peut en aucun cas être une source normative universelle et intemporelle au même titre que le Kitâb de Dieu, nous répondons qu’il est tout à fait permis à la femme de prier, jeûner et user du Coran en état de menstrues.

Il ne s’agit pas de donner notre opinion, mais simplement de ne pas interdire ce que Dieu n’interdit pas. Un croyant ne peut se permettre cela. Aussi, sans entrer dans les divers versets coraniques attestant de la véracité de cette position (consistant à ne pas légiférer à la place de Dieu), abordons dans un premier temps le cas de la prière.

I. La prière et les menstrues

Dieu est le seul législateur qui, en islam, peut mettre en place des Lois universelles et intemporelles. Aussi, il paraît évident que si Dieu a interdit à la femme d’accomplir la prière durant un laps de temps et ce, en raison des menstrues, Il l’a forcément mentionné en Son Kitâb révélé.

Il se trouve qu’il n’existe qu’un seul verset coranique mentionnant la menstruation. Aussi, si Dieu a interdit à la femme de prier lorsqu’elle a ses menstrues, c’est en ce verset que nous trouverons l’information, d’autant qu’il est impensable que le Prophète Muhammad ait réellement interdit à une femme menstruée de prier si Dieu ne l’a pas clairement énoncé.

Dieu dit en 2/222 :

وَيَسْأَلُونَكَ عَنِ الْمَحِيضِ قُلْ هُوَ أَذًى فَاعْتَزِلُواْ النِّسَاء فِي الْمَحِيضِ وَلاَ تَقْرَبُوهُنَّ حَتَّىَ يَطْهُرْنَ فَإِذَا تَطَهَّرْنَ فَأْتُوهُنَّ مِنْ حَيْثُ أَمَرَكُمُ اللّهُ إِنَّ اللّهَ يُحِبُّ التَّوَّابِينَ وَيُحِبُّ الْمُتَطَهِّرِينَ

Et ils t’interrogent quant aux règles. Réponds : « C’est un adhâ. Écartez-vous donc des femmes durant les règles et ne les approchez qu’une fois qu’elles ne les ont plus (qu’elles en sont nettoyées). Et, lorsqu’elles sont propres, venez à elles comme Dieu vous l’a ordonné. » Certes, Dieu aime ceux qui se repentent et Il aime ceux qui se purifient.

 

Enseignements de ce verset :

  • On interrogea le Messager sur les menstruations des femmes. La formule de la réponse que Dieu demande de fournir nous informe que ceux qui interrogèrent le Messager furent des hommes.
  • Dieu nous informe également de ce que sont les menstrues et Il utilise pour cela le terme adhâ. Étrangement, on retrouve dans plusieurs traductions le terme « souillures » pour rendre le sens de ce terme. Or, ceci est incorrecte linguistiquement puisque ce terme n’a aucun rapport avec la notion d’impureté. Il évoque en réalité la notion de préjudice, de nuisance, de mal (qui cause un tort), mais il n’est pas question de quelque chose qui souille. Dieu nous informe donc que les menstrues sont, pour les femmes, une indisposition, une incommodité, plus ou moins importante, mais nullement une impureté et une souillure. Jamais Dieu n’affirme cela.

 

Dans diverses cultures, le sang des menstrues a souvent intrigué, allant jusqu’à lui conférer des pouvoirs magiques. Ainsi, la psychanalyste et neuropsychiatre, Marie-Claire Célérier, explique que les Babyloniens, bien qu’ils furent les premiers à mentionner l’usage de protections hygiéniques internes, croyaient que la femme qui avait ses règles contaminait et détruisait tout sur son passage. La situation était telle que, dans la loi d’Hammourabi (roi de Babylone au XVIIIe avant J.-C.), on punissait de mort ceux qui s’adonnaient aux plaisirs sexuels pendant les menstrues. Idem en Perse où l’on condamnait au fouet l’homme (200 coups) et la femme (20 coups), chez les Manichéens où l’on interdisait à la femme de s’approcher des enfants ou encore chez les Chaldéens où l’on ordonnait sa claustration. Tout ceci trouve une partie de son explication dans le fait que durant très longtemps on ne comprenait pas le phénomène des règles, nourrissant ainsi une part de mystère et allant jusqu’à l’associer au cycle lunaire, alors que ce phénomène fut expliqué récemment au milieu du XXe siècle.

Médicalement, il est certes connu que le sang des menstrues est différent du sang ordinaire, mais il n’est en rien considéré comme une impureté. Il est essentiellement composé de sang, de débris tissulaires, de sécrétions vaginales ou encore de globules rouges. C’est un phénomène physiologique parfaitement normal et Dieu le qualifie uniquement de gêne, de préjudice, et non de souillure…

En outre, historiquement, depuis plus de 4000 ans, les femmes savent quoi utiliser en guise de protection hygiénique. On évoque l’utilisation de bandelettes ouatées dans le vagin dès l’époque de l’Égypte antique, mais plus tard, avec le développement du christianisme, ceci fut perçu comme un péché… Au Moyen-âge, en Europe, les femmes ne portaient plus de protection, ni même de sous-vêtements, mais les jupons remplissaient cette double fonction.

 

  • Aussi, à cause de cette gêne, Dieu demande à ce qu’il n’y ait pas de rapport sexuel durant la période de menstruation. Ceci peut notamment s’expliquer médicalement par le fait que durant les règles, il est reconnu que plusieurs femmes connaissent des maux de tête, des ballonnements, des douleurs abdominales voire des irritations vulvaires. En outre, les femmes sont plus à risque des infections sexuellement transmissibles durant cette période. A ce titre, il convient de remarquer que le verset en question évoquant le fait d’être « taṭhurna » ne fait nullement référence à une pureté « rituelle », il n’est d’ailleurs absolument pas question d’émettre une condition pour effectuer la prière ici. Le texte ne parle que d’une condition de propreté pour avoir un rapport charnel.

 

  • Une fois les menstrues arrêtées et la femme nettoyée, alors Dieu permet à l’homme et la femme d’avoir à nouveau des rapports charnels.

 

  • Le segment « Dieu aime ceux qui se repentent » nous indique que les Arabes pratiquaient l’acte sexuel durant les menstrues auparavant, mais Dieu précise qu’Il accepte leur repentir et qu’Il aime ceux qui se purifient moralement par l’arrêt de cette pratique et la conformité à la Révélation.

 

Conséquemment, il est évident que le Coran n’a jamais demandé à la femme ayant ses menstrues de ne pas prier. Au contraire, concernant la prière, la femme en période de menstrues sera considérée comme celle ne les ayant pas. A ce titre, nous rappelons que même en cas de règles douloureuses, il n’est pas préciser que cela serait un motif pour s’abstenir de prier. Même l’islam des Hommes impose la prière à un cancéreux en phase terminale…

Cependant, l’islam des Hommes a complexifié la chose, inventant tout un fiqh noircissant plusieurs dizaines de pages autour de cette question et faisant naître de multiples divergences autour du chapitre dit du Ṭuhr, qui fut définit comme la période de pureté rituelle séparant deux périodes de Ḥayḍ (menstrues). Ils se mirent alors à diverger sur sa durée minimale et maximale ou encore sur la couleur du sang, et en firent de même avec le Nifâs, à savoir le sang qui accompagne généralement l’accouchement de la femme. Tout un fiqh finalement inutile puisque Dieu n’a jamais empêché la femme indisposée de prier.

 

II. Le jeûne et les menstrues

Logiquement, puisque la prière n’est absolument pas proscrite à celle qui aurait ses règles, rien ne peut laisser supposer qu’il en serait différent dans le cas du jeûne. En effet, aucun verset coranique n’interdit à la femme menstruée de jeûner. Ceci est totalement absent du corpus coranique.

En conséquence et coraniquement, les menstrues n’empêchent nullement la femme de prier et de jeûner. Toutefois, certains pourraient être amenés à mentionner le verset 2/184 comme pour spécifier que les menstrues seraient une maladie :

أَيَّاماً مَّعْدُودَاتٍ فَمَن كَانَ مِنكُم مَّرِيضاً أَوْ عَلَى سَفَرٍ فَعِدَّةٌ مِّنْ أَيَّامٍ أُخَرَ وَعَلَى الَّذِينَ يُطِيقُونَهُ فِدْيَةٌ طَعَامُ مِسْكِينٍ فَمَن تَطَوَّعَ خَيْراً فَهُوَ خَيْرٌ لَّهُ وَأَن تَصُومُواْ خَيْرٌ لَّكُمْ إِن كُنتُمْ تَعْلَمُونَ

« Des jours comptés, mais qui de vous est malade ou en voyage, alors détermination de jours autres. Et, quant à ceux qui l’auraient pu, leur incombe un rachat (fidyah) : la nourriture d’un pauvre. Et, qui de plein gré accomplit un bien, c’est un bien pour lui, mais jeûner est meilleur pour vous, si vous le saviez ! »

Déjà, inutile d’épiloguer sur le fait que les menstrues ne sont en rien une maladie, tout comme la grossesse d’ailleurs, d’autant que Dieu les présente simplement comme un adhâ (gêne). C’est donc un phénomène physiologique parfaitement normal touchant globalement l’ensemble des femmes de la planète depuis la nuit des temps. Qui plus est, ce verset ne fait nullement mention du cas de la femme en période de menstrues, il n’y a donc pas lieu de prononcer une quelconque interdiction de jeûner en ce cas. Dieu n’oublie rien et mentionne tout ce qui est nécessaire. Aussi, en dehors des cas du voyageur et du malade épisodique, il n’est pas dit que la femme menstruée devait interrompre son jeûne…

Ceci dit, la période menstruelle peut être plus ou moins bien vécue par les femmes, certaines se retrouvant très affectées par cette période. Aussi, la maladie se définissant par ce qui altère/modifie la santé, si une femme désirant jeûner se retrouve dans une situation où ses règles l’indisposent au point d’altérer sa santé et d’éprouver des douleurs difficilement supportables, alors elle rompra son jeûne et rattrapera par la suite les jours qu’elle aurait voulu jeûner, mais pour lesquels elle fut empêchée à cause de son état. Cependant, ce ne sont pas les menstrues qui imposent cela, mais bel et bien le fait d’être indisposée par les règles, entraînant alors l’entrée dans le cadre de la maladie.

 

III. Toucher et lire le Coran pendant les menstrues

Malheureusement, l’islam des Hommes, si souvent en décalage avec l’islam coranique, ne se contenta pas d’exclure la femme des fonctions liées au culte, celles-ci étant exclusivement réservées aux hommes, mais il consacra indirectement son statut d’infériorité en l’excluant même, durant cette période, d’entrer et de s’installer dans les mosquées, de toucher le Coran voire même de le lire. En effet, les théologiens se mirent à émettre des règles interdisant à la femme de toucher le Coran, certains mettant comme condition qu’il pouvait être touché s’il était emballé par exemple ou se mirent à différencier le cas de l’enseignante de celle qui ne l’est pas concernant le toucher et la lecture. D’autres ont formellement interdit, et en toute circonstance, le toucher et la lecture et d’autres ont permis la lecture d’un seul verset, mais pas un de plus, notamment quand il s’agit de verset dont on se sert pour invoquer Dieu. Enfin, d’autres à l’instar d’Ibn Hazm, ultra-minoritaires malheureusement, ont affirmé qu’aucun texte (coranique ou prophétique) n’interdisait à la personne réglée de lire ou toucher le Coran.

En réalité, aucun verset parmi les plus de 6000 que contient le Coran n’interdit à la femme en période de menstrues de lire ou toucher le Coran, ce qui est parfaitement logique puisque rien ne lui interdit de prier et donc de réciter le Kitâb de Dieu durant la prière.

Ceci dit, certains mentionnent les versets 56/77 à 80 pour justifier leur position d’interdiction :

إِنَّهُ لَقُرْآنٌ كَرِيمٌ – فِي كِتَابٍ مَّكْنُونٍ – لَّا يَمَسُّهُ إِلَّا الْمُطَهَّرُونَ – تَنزِيلٌ مِّن رَّبِّ الْعَالَمِينَ

« Vraiment, voici une noble récitation (qur`ân) issue d’une Écriture bien gardée (kitâb maknûn), ne le touchent que les Purifiés (al-mutahharûn), c’est une révélation de ton Seigneur. »

Enseignements de ce segment coranique :

  • Cette récitation (qur`ân) provient d’un Kitâb maknûn, c’est-à-dire de Umm al-Kitâb (la Matrice de l’Écriture, le Livre archétypal).
  • Or, seuls des êtres purifiées peuvent toucher cette Écriture bien gardée. Évidemment, Umm al-Kitâb ne se trouvant pas dans notre réalité, il ne peut nullement s’agir d’être humain, mais d’êtres existant dans une autre réalité et que l’exégèse a souvent assimilé à des anges (ce qui n’est pas improbable, bien qu’il faille des preuves pour spécifier cela).

En conséquence, aucun verset coranique n’interdit à la femme ayant ses menstrues d’entrer dans une mosquée, de s’y installer, de prier, de jeûner, de toucher le Coran ou encore de le lire. Mais, conformément aux mentalités patriarcales très imprégnées et au besoin d’établir une religion capable de concurrencer les autres monothéismes, il fallait exclure la femme de la sphère religieuse, voire sociale et juridique lorsque ladite société était encadrée par le droit religieux. Or, quoi de mieux pour cela que de la mettre à l’écart, entre autres, de toute fonction sacerdotale puisque ne pouvant prier, toucher et lire le Coran ou encore entrer dans une mosquée, comment imaginer qu’elle puisse diriger la prière, être imâm et même diriger la communauté, la fonction de gouverneur impliquant souvent celle de diriger la prière en groupe lors de certains évènements.

 

Conclusion en quelques mots

Le Coran n’interdit nullement la prière, le jeûne, la lecture et le toucher du Coran à la femme en période de règles (menstrues) et ce, contrairement à l’islam des Hommes, souvent influencé par les coutumes et les récits/avis judéo-chrétiens. En effet, le judaïsme rabbinique a interdit aux femmes menstruées d’entrer dans le Temple, la considérant comme impure, même s’il n’a pas été jusqu’à lui interdire de prier. Conséquemment, aucun hadîth interdisant à la femme ces divers actes pour cause de menstrues ne peut être considéré comme acceptable (que le sanad soit jugé ṣaḥîḥ ou non) puisqu’il est inimaginable que le Messager de Dieu puisse inventer des interdictions et qu’il interdise à la femme ce que Dieu lui permet (soit en le déclarant, soit en l’absence d’interdiction divine), entrant ainsi en opposition avec la Révélation qu’il reçoit et qu’il se devait de transmettre fidèlement.

Que Dieu nous permette de comprendre.

Rédaction LVDH

 

Compléments d’information en questions/réponses

1. Le verset 2/222 cité dans la partie sur la prière mentionne le concept de pureté via l’utilisation de la racine ṭahara. Quand Dieu commande aux Hommes de ne pas s’approcher de leur femme jusqu’à ce qu’elles « yaṭhurna », il y a la notion de devenir pure après les menstrues… Dans le verset, il y a donc deux états : l’un de adhâ et l’autre de ṭahara (purification). Or, un être ne pouvant être que pur ou impur dans une vision binaire, il me semble que le terme adhâ soit assimilable à la notion d’impureté, puisque la tahara est justement la purification. Qu’en dites vous ?

Le terme  » yaṭhurna  » provient du verbe ṭahara qui signifie linguistiquement « écarter, nettoyer, rendre sain » et non purifier ou purifier rituellement. Ce n’est que plus tard qu’on lui conférera ce sens puisque l’on aura notamment fait en sorte de diffuser le fait que la femme soit impure.

Quand Dieu commande donc aux Hommes de ne pas s’approcher de leur femme en période de menstrues, il y a la notion de ne pas les approcher sexuellement avant qu’elle ne se nettoient (ḥatta yaṭhurna), qu’elles ne se lavent de ce sang par mesure d’hygiène, avant que les menstrues ne soient éloignées d’elle, donc qu’elles aient pris fin. C’est cela le sens premier et originel de ce verbe et ses dérivés.

Ainsi, si le verbe ṭahara et ses dérivés peuvent parfois avoir le sens de purifier, c’est au sens figuré seulement, c’est-à-dire dans le sens de purification morale ou spirituelle. Mais concrètement, cela signifie simplement « nettoyer, assainir, écarter, éloigner ». Plus tard donc, ce terme n’aura ce sens de purification cultuelle/rituelle que par le biais de l’influence judéo-chrétienne, du droit et de l’exégèse.

Par ailleurs, ce qui démontre le sens initial du verbe ṭahara et ses dérivés auquel nous faisons référence comme iṭṭahara par exemple, c’est le Coran lui-même via la mise en parallèle des versets 4/43 et 5/6. En 4/43, Dieu fait référence au junub et demande à ce que l’on n’approche pas la prière après un junub (c’est-à-dire, dans un sens figuré, un rapport intime) et ce, jusqu’à ce que l’on soit taghtasilu :

وَلاَ جُنُباً إِلاَّ عَابِرِي سَبِيلٍ حَتَّىَ تَغْتَسِلُواْ

« De même, [n’approchez pas la prière] après un rapport (junuban) – sauf pour celui qui est en chemin – jusqu’à ce que vous vous soyez nettoyés/lavés (taghtasilû).

En effet, le verbe ghasala signifie « laver, rincer, nettoyer » et son dérivé ightasala signifie « se laver, se rincer, se nettoyer ».

Or, le verset 5/6 nous réitère la même demande, mais en utilisant le verbe iṭṭahara :

إِن كُنتُمْ جُنُباً فَاطَّهَّرُواْ

« Et, [lorsque vous vous apprêtez à prier) après un rapport (junuban), nettoyez-vous (fa-ṭṭahharû)… »

On constate donc que Dieu a effectué la même demande deux fois en deux versets différents, à savoir celle de se nettoyer/laver après un rapport intime si l’on veut prier. Dieu a donc mis en miroir les deux verbes ightasala et iṭṭahara ce qui nous indique clairement que, coraniquement, le verbe ightasala est le synonyme du verbe iṭṭahhara. Or, cela démontre que le sens de ce dernier est initialement celui de « se nettoyer, se laver » et non de se purifier d’une impureté qui serait, en outre, rituelle. Cela n’existe pas en ces trois segments coraniques.

 

2. Dieu dit en 4/43 :

يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا لَا تَقْرَبُوا الصَّلَاةَ وَأَنتُمْ سُكَارَىٰ حَتَّىٰ تَعْلَمُوا مَا تَقُولُونَ وَلَا جُنُبًا إِلَّا عَابِرِي سَبِيلٍ حَتَّىٰ تَغْتَسِلُوا ۚ وَإِن كُنتُم مَّرْضَىٰ أَوْ عَلَىٰ سَفَرٍ أَوْ جَاءَ أَحَدٌ مِّنكُم مِّنَ الْغَائِطِ أَوْ لَامَسْتُمُ النِّسَاءَ فَلَمْ تَجِدُوا مَاءً فَتَيَمَّمُوا صَعِيدًا طَيِّبًا فَامْسَحُوا بِوُجُوهِكُمْ وَأَيْدِيكُمْ ۗ إِنَّ اللَّهَ كَانَ عَفُوًّا غَفُورًا

« Ô vous qui croyez ! Ne faites pas la salât lorsque vous êtes ivres ; attendez que vous ayez retrouvé votre lucidité ! Ne la faites pas non plus lorsque vous êtes en état d’impureté ; attendez que vous ayez fait vos grandes ablutions, à moins que vous ne soyez en voyage ! Si vous êtes malades ou en voyage, ou si vous venez de satisfaire vos besoins naturels, ou si vous avez approché une femme et que vous ne trouviez pas d’eau, utilisez alors de la terre propre pour vous en essuyer le visage et les mains, car Dieu est Indulgent et Miséricordieux. »

 

Si je ne me trompe pas, la condition pour prier est d’être pure. Or, si le sang des menstrues est considéré comme une impureté comme le dit ce verset (d’après la traduction), il n’y a pas la condition requise pour prier. Qu’en dites-vous ?

 

Ce verset ne parle pas d’impureté en réalité. Ce terme n’est pas présent dans ce verset et la traduction est erronée car, comme bien trop souvent, orientée et influencée, notamment pas l’exégèse tardive, le droit et les récits judéo-chrétiens. Linguistiquement, le terme junub ne signifie pas impureté, mais « côté, flanc, retrait » comme cela est clairement le cas dans plusieurs versets coraniques à l’instar des verset 3/191, 4/36 ou encore 19/52. Ce terme provient du verbe janaba qui signifie « se mettre à l’écart, repousser, éloigner sur le côté ».

En réalité, ce terme ne fait nullement référence à une impureté, mais à l’acte charnel par une figure rhétorique consistant à adoucir un terme plus cru et que l’on appelle un euphémisme. En outre, ce verset ne fait nullement référence au sang des menstrues.

Ce verset demande donc simplement à ce que celui et celle qui ont eu un rapport (junub) et qui veulent prier se nettoient (ightasala). Il n’y a aucune notion de pureté ou d’impureté ici.

 

3. Merci pour vos réponses, mais que faisons nous alors de tous ces hadiths qui abordent ces sujets comme certains rapportés par Aicha qu’Allah swt l’agrée (notamment sur la fin des menstrues pour pouvoir se purifier…) ?

Premièrement, le Hadith ne peut ni fonder ni annuler une norme divine, tout comme il ne peut légiférer de façon universelle et intemporelle. En outre, le Hadith, par définition, dépend du Coran et non l’inverse quant à sa recevabilité. Tout Hadith qui contredit le Coran ne peut être accepté et nombreux sont les Hadiths qui furent forgés pour des raisons politiques ou idéologiques. Le Coran prime sur le Hadith quoiqu’il en soit.

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