La valeur du Hadîth normatif ? (résumé)

Quelle est la portée des Ḥadîths ayant une dimension réglementaire ?

Par hadith normatif, il faut comprendre un hadith dont les traditionnistes se servent afin d’établir des règles qu’ils imposent ensuite à la masse des musulmans. Or, la problématique est que la très grande majorité des règles mises en place par les théologiens de l’orthodoxie islamique sont issues, non pas du texte coranique, mais du corpus hadistique composé de milliers de propos attribués, de façon présumée, au Prophète Muhammad (paix sur lui).

Mais, une question se pose : ont-ils raison d’agir de la sorte ?

Dieu est explicite dans Son Livre quant à la réponse à cette question :

  • La seule Norme/Voie qui réglemente de façon absolue que Dieu nous impose de suivre est celle contenue dans le Coran,
  • Le Coran est explicite, sans ambiguïté, suffisant et contient les meilleurs propos,
  • Le Messager (paix sur lui) lui-même ne cherchait pas d’autre source de Loi que celle du Coran,
  • Le rôle que Dieu a donné à Son Messager est celui de transmettre la Révélation, de la mettre en pratique dans son contexte de vie et de juger, non en sus d’elle, mais selon elle.

En d’autres termes, la seule « législation » – où plutôt sharî’ah – ayant une portée universelle que Dieu nous impose en rendant, en outre, son suivi possible par sa préservation est celle contenue dans Son Kitâb, le Coran, qui fut révélé à Son Messager Muḥammad (paix sur lui) par l’intermédiaire de l’ange Gabriel. Ainsi, tous les hadîths attribués au Prophète (paix sur lui) ayant une dimension réglementaire entre dans l’une des trois catégories suivantes :

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Ainsi, un hadith qui établit par exemple qu’il est interdit d’avoir des vêtements qui dépassent les chevilles est un hadith qui interdit ce qui n’est pas explicitement mentionné dans le Coran. Or, lorsque l’on prend en compte le contexte socio-culturel entourant ce hadith et que l’on sait que le fait de laisser traîner ses vêtements était un signe de vanité et d’orgueil à cette époque et en cette région, alors on comprend que le hadith concorde parfaitement avec le Coran dans sa dimension normative. Ainsi, il convient, en notre contexte, de ne pas l’appliquer à la lettre/dans la forme, mais d’en tirer l’essence/le fond qui, quant à lui, se doit d’être suivi puisque nécessaire conforme au Coran. Ainsi, on peut parfaitement s’inspirer de ce hadith pour blâmer les actes qui, en notre temps, sont synonymes d’orgueil et de vanité puisque cela concorde avec le cadre coranique.

Toutefois, il ne s’agit pas de rejeter l’ensemble de ce qu’on appelle la sunnah véhiculée par les hadîths, mais simplement de définir la portée limitée et circonstanciée de ceux ayant une dimension réglementaire et que l’on appelle à ḥâdith al aḥkâm, sachant que leur nombre est relativement restreint par rapport à l’ensemble des hadîths.

Toutefois, il est cohérent de considérer que le hadîth peut avoir un rôle informatif, consultatif, historique, «confirmatif» (itératif), spirituel ou encore incitatif aux bonnes oeuvres à la condition, évidemment, que cela soit concordant avec le Coran.

En somme, le hadith ne peut servir ni à fonder une règle universelle et intemporelle, ni à expliquer le Coran qui n’a pas besoin de source externes pour que l’essentiel de son message soit compris, ni abroger le texte coranique.

Que Dieu nous permette de comprendre.

Rédaction LVDH

 

 

 

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