Coran : créé ou incréé ?

Par le Shaykh Ḥasan as Saqqâf (traduction de son travail avec légers remaniements pour la syntaxe)

قال الحافظ ابن عبدالبر في كتابه « الإنتقاء » ص ١٠٦ عن الإمام الحافظ الكرابيسي ما نصه بعدما أثنى عليه : »و كانت بينه و بين أحمد بن حنبل صداقة وكيدة فلما خالفه في القرآن عادت تلك الصداقة عدواة، فكان كل منهما يطعن  على صاحبه، و ذلك أن أحمد بن حنبل كان يقول : من قال القرآن مخلوق فهو جهمي، و من قال : القرآن كلام الله و لا يقول غير مخلوق و لا مخلوق فهو واقفي، و من قال لفظي في القرآن مخلوق فهو مبتدع (١٦٤)

وكان الكرابيسي، و عبدالله بن كلاب، و أبو ثور، و داود بن علي، و البخاري ، و الحارث بن أسد المحاسبي، ومحمد بن نصر المروزي ، و طبقاتهم  يقولون  : إن القرآن الذي تكلم الله به صفة من صفاته لا يجوز عليه الخلق، وإن تلاوة التالي و كلامه بالقرآن كسب له و فعل له و ذلك مخلوق. وإنه حكاية عن كلام الله و ليس هو القرآن الذي تكلم الله به، وشبهوه بالحمد و الشكر لله ، فهو غير الله، فكما يؤجر في الحمد و الشكر و التهليل و التكبير فكذلك يؤجر في التلاوة. »

Dans son livre Al Intiqa’ (p. 106), le Ḥâfiẓ Ibn ‘Abd al Barr a dit à propos de l’Imâm Al Ḥâfiẓ Al Karâbîsî ce qui suit après en avoir fait l’éloge : « Il y avait entre lui (Al Karâbîsî) et l’Imâm Aḥmad Ibn Ḥanbal une amitié affirmée. Le jour où il divergea avec lui au sujet du Coran cette amitié se transforma en inimitié. Chacun d’entre eux invectivait son compagnon et ce, parce qu’Aḥmad Ibn Ḥanbal disait : < Celui qui dit que le Coran est créé est un Jahmî. Celui qui dit que le Coran est la parole d’Allah ni incréé ni créé est un indécis. Celui qui dit que la prononciation du Coran est créée est un innovateur > » (164)

Al Karâbîsî, ‘Abdullah Ibn Kullâb, Abû Thawr, Dâwud Ibn ‘Alî, Al Bukhârî, Al Ḥârith Ibn Asad, Al Muḥâsibî, Muḥammad Ibn Naṣr al Marwazî et leur génération disent : « Certes, le Coran avec lequel Allah a parlé est un attribut (Ṣifah) parmi ses attributs auquel on ne peut attribuer le caractère de création. Et la récitation du Coran qui est faite par le lecteur (sa parole) est son acquisition et son acte, et ceci est créé. C’est (en vérité) une narration (transmission) de la parole d’Allah et non le Coran avec lequel Allah a parlé. Ils ont assimilé (cela) à la louange (al Ḥamd) et au remerciement d’Allah (ash Shukr) qui ne font pas partie d’Allah, tout comme on est récompensé dans la louange, le remerciement, le Tahlîl (dire « Lâ ilâha illa Allah ») et le Takbîr (dire « Allâhu Akbar »), on l’est également dans la récitation. »

وقال الحافظ الذهبي في ترجمة الكرابيسي في « السير » (٨٠/١٢) : « و هو أول من فتق اللفظ » وقال في آخر الترجمة :  » و لا ريب أن ما ابتدعه الكرابيسي و حرره في مسألة التلفظ و أنه مخلوق هو حق »

Dans « As Siyar » (12/80), le Ḥâfiẓ Adh Dhahabî a dit dans la biographie d’Al Karâbîsî : « Il est le premier qui a fait la scission au (sujet du) Lafẓ (prononciation du Coran) ». Et il dit à la fin de la biographie : « Il n’y a pas de doute que ce qu’a innové et rédigé al Karâbîsî sur la question de la prononciation du Coran (at Talafuẓ) et de son caractère créé sont la vérité.»

Je dis : « C’est vers cette vérité que se sont dirigés Al Bukhârî, Muslim et les savants cités précédemment. Concernant Al Bukhârî, il fut cité dans les propos des Imâms dont le Ḥâfiẓ Ibn ‘Abd al Barr. Quant à l’Imâm Muslim, Adh Dhahabî a dit dans sa biographie (« As Siyar » – 12/575) : « Muslim Ibn al Ḥajjâj affichait clairement sa position sur le Lafẓ et ne la dissimulait point. »

Celui qui médite sur cette question célèbre, répandue et connue, sait que ces grands Imâms ont divergé d’avec Aḥmad, Adh Dhuhlî, Abû Zur’ah et Abû Ḥâtim, à savoir Al Bukhârî, Muslim, al Karâbîsî, Ibn Kullâb, Abû Thawr, Dâwud Ibn ‘Alî, Al Ḥârith Ibn Asad al Muḥâsibî, Muḥammad Ibn Naṣr al Marwazî et leurs générations étaient en opposition sur une question parmi les sujets de ‘Aqîdah liés à la parole du Seigneur des mondes (Kalâm Allah) – Gloire à Lui – et ils font partie des Salafs.

Les compréhensions des Salafs, ici, ont divergé et ils abordèrent de façon contraire et opposée ce sujet. Quelle compréhension parmi elles devons-nous alors suivre !? Et quel avis devons-nous soutenir !?

La réponse est la suivante : Il est nécessaire de délaisser toutes ces compréhensions et de revenir au Livre (Coran à la Sunnah, à la langue arabe et d’utiliser nos raisons afin de comprendre et méditer la chose. Il apparaîtra alors clairement pour nous l’exactitude. Et c’est à ce moment-là que nous saurons de manière concrète qui a eu raison et qui a eu tort. Revenir réellement à notre compréhension et non à celle des Salafs, c’est cela la vérification par rapport au gens de science et pour les étudiants sérieux en la matière. Quant aux gens du commun, les propos ici ne les concernent pas car ils ne sont pas les gens concernés et qualifiés par l’examen.

Note Al Amânah : Toutefois, ces derniers, bien que non qualifiés, se devront d’ouvrir leur esprit, de comprendre et d’accepter qu’il y ait divergence en la matière. Ils adopteront alors une position sans fanatisme ni suivi aveugle, mais avec tolérance et esprit critique.

Qu’Allah nous permette de comprendre.

Equipe Al Amânah

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