Suivre la majorité : est-ce fiable ? (1/2)

Suive le groupe majoritaire des musulmans est-ce une voie fiable garantissant le salut et le chemin droit ? (1/2)

Il n’est pas rare d’entendre certains musulmans exhorter leurs coreligionnaires à suivre la majorité, la voie majoritaire, pour ainsi être préservé de l’égarement. Or, derrière cette expression, ces gens traduisent les termes « Jamâ’ah » (littéralement, le groupe), « as Sawâd al A’ẓam » (littéralement, la masse), voire « Ijmâ’ » (le consensus) qu’ils trouvent dans certains Ḥadîths en leur donnant le sens qui arrange leurs thèses.

Ainsi, on trouve par exemple certains de ces Ḥadîths traduits comme suit :

« En vérité ma communauté ne s’accordera jamais sur l’égarement. A chaque fois que vous assistez à un désaccord, accrochez-vous fermement au groupe le plus large. »

« Suivez la voie du plus large groupe de musulmans ! Car celui qui s’écarte de ce groupe sera envoyé en enfer ! »

Ainsi, selon eux, la voie la plus sûre pour éviter l’égarement consisterait à suivre celle empruntée par la majorité, conformément à ce qu’aurait dit le Prophète. Que pouvons-nous en dire ?

  1. D’une part, le Prophète n’a pas évoqué la majorité, mais, d’après les Ḥadîths qu’on lui attribue, il utilisa les termes « Jamâ’ah » ou « Sawâd al A’ẓam ».
  1. D’autre part, cette assertion est très éloignée de la dimension historique car, tout le monde pourra constater que certains avis majoritaires un temps, cessèrent de l’être un autre. Dans ce cas, quelle majorité suivre ?
  1. De plus, des textes coraniques sûrs et explicites démontrent en fait que le suivi de la majorité peut mener à l’égarement. En effet, Allah a dit notamment :

وإِن تُطِعْ أَكْثَرَ مَن فِي الأَرْضِ يُضِلُّوكَ عَن سَبِيلِ اللّهِ إِن يَتَّبِعُونَ إِلاَّ الظَّنَّ وَإِنْ هُمْ إِلاَّ يَخْرُصُونَ

« Et si tu obéis à la majorité de ceux qui sont sur la terre, ils t’égareront du sentier d’Allah : ils ne suivent que la conjecture et ne font que fabriquer des mensonges. »

Et d’autres versets vont dans ce sens (Hûd/40, Al A’râf/102 et 187, etc.)

  1. Enfin, ce raisonnement laisserait entendre que la « voie juste », si tant est qu’il n’y en ait qu’une, a toujours été empruntée par la majorité. Mais par la majorité de qui ? Des êtres humains, des savants, des musulmans ? De quoi parle-t-on alors et sur quelle base impose-t-on une seule compréhension ?

Ajoutons, et c’est certainement le plus important, que ces personnes ignorent ou dissimulent le fait que les termes « Jamâ’ah » et « Sawâd al A’ẓam » peuvent avoir un sens contraire à celui qu’ils avancent devant la masse des musulmans et qu’il fut explicité, notamment par certains de ceux que ces gens prétendent prendre en référence, différemment.

Voici donc quelques éléments de réponse liés à cette prétendue « majorité », invoquée ci et là pour pousser les musulmans à ne pas réfléchir et à adhérer absolument à une voie présentée comme majoritaire et donc, semble-t-il, préservée de l’égarement.

Ibn al Qayyim a dit dans « I’lâm al Mawqi’în ‘an Rabi al ‘Âlamîn » (3/308) :

وقال ابن القيم في إعلام الموقعين عن رب العالمين – 3/ 308

قد يكون الْإِجْمَاعَ وَالْحُجَّةَ وَالسَّوَادَ الْأَعْظَمَ هُوَ الْعَالِمُ صَاحِبُ الْحَقِّ، وَإِنْ كَانَ وَحْدَهُ، وَإِنْ خَالَفَهُ أَهْلُ الْأَرْضِ، قَالَ عَمْرُو بْنُ مَيْمُونٍ الْأَوْدِيُّ: صَحِبْت مُعَاذًا بِالْيَمَنِ، فَمَا فَارَقْته حَتَّى وَارَيْته فِي التُّرَابِ بِالشَّامِ، ثُمَّ صَحِبْت مِنْ بَعْدِهِ أَفْقَهَ النَّاسِ عَبْدَ اللَّهِ بْنَ مَسْعُودٍ فَسَمِعْته يَقُولُ: عَلَيْكُمْ بِالْجَمَاعَةِ، فَإِنَّ يَدَ اللَّهِ مَعَ الْجَمَاعَةِ، ثُمَّ سَمِعْته يَوْمًا مِنْ الْأَيَّامِ وَهُوَ يَقُولُ: سَيُوَلَّى عَلَيْكُمْ وُلَاةٌ يُؤَخِّرُونَ الصَّلَاةَ عَنْ مَوَاقِيتِهَا، فَصَلُّوا الصَّلَاةَ لِمِيقَاتِهَا، فَهِيَ الْفَرِيضَةُ، وَصَلُّوا مَعَهُمْ فَإِنَّهَا لَكُمْ نَافِلَةٌ، قَالَ: قُلْت: يَا أَصْحَابَ مُحَمَّدٍ مَا أَدْرِي مَا تُحَدِّثُونَ، قَالَ: وَمَا ذَاكَ؟ قُلْت: تَأْمُرُنِي بِالْجَمَاعَةِ وَتَحُضُّنِي عَلَيْهَا ثُمَّ تَقُولُ لِي: صَلِّ الصَّلَاةَ وَحْدَك وَهِيَ الْفَرِيضَةُ، وَصَلِّ مَعَ الْجَمَاعَةِ وَهِيَ نَافِلَةٌ، قَالَ: يَا عَمْرُو بْنَ مَيْمُونٍ قَدْ كُنْت أَظُنُّك مِنْ أَفْقَهِ أَهْلِ هَذِهِ الْقَرْيَةِ، أَتَدْرِي مَا الْجَمَاعَةُ؟ قُلْت: لَا، قَالَ: إنَّ جُمْهُورَ الْجَمَاعَةِ هُمْ الَّذِينَ فَارَقُوا الْجَمَاعَةَ، الْجَمَاعَةُ مَا وَافَقَ الْحَقَّ وَإِنْ كُنْت وَحْدَك، وَفِي لَفْظٍ آخَرَ: فَضَرَبَ عَلَى فَخِذِي وَقَالَ: وَيْحَك، إنَّ جُمْهُورَ النَّاسِ فَارَقُوا الْجَمَاعَةَ، وَإِنَّ الْجَمَاعَةَ مَا وَافَقَ طَاعَةَ اللَّهِ تَعَالَى. انتهى.

« Il se peut que le Ijmâ’ (consensus), l’argument (Ḥujjah) et le Sawâd al A’ẓam soient le savant détenteur de la vérité même s’il est seul, et même si les gens de la terre divergent d’avec lui. ‘Amru Ibn Maymûn al Awdî a dit : « J’ai accompagné Mu’âdh au Yémen et je ne l’ai jamais quitté jusqu’à l’avoir enterré au Shâm, puis j’ai accompagné après lui le plus savant des gens, ‘Abdallah Ibn Mas’ûd. Je l’ai entendu dire : « Soyez avec la Jamâ’ah (le groupe) car la main d’Allah est avec le groupe », puis je l’ai entendu dire un autre jour : « Prendront le pouvoir sur vous des gouverneurs qui retarderont la prière de son temps. Priez donc la Ṣalât à son heure, elle est obligatoire, et priez avec eux, (ces prières) seront pour vous telles des surérogatoires. » Il dit : « J’ai dit : Ô compagnon de Muḥammad, je ne comprends pas ce que tu dis. » Il dit : « Comment cela ? » J’ai dit : « Tu m’ordonnes de suivre la Jamâ’ah et m’exhorte à elle, puis tu me dis de prier la Ṣalât obligatoire seul, puis de prier avec la Jamâ’ah une Ṣalât qui sera surérogatoire pour moi. » Il dit : « Ô ‘Amru Ibn Maymûn, je pensais que tu faisais partie des plus savants des habitants de cette ville. Sais-tu au moins ce qu’est la Jamâ’ah ? » J’ai dit : « Non ». Il répondit : « Certes, la majorité est celle qui a quitté la Jamâ’ah. La Jamâ’ah (le groupe) est ce qui est conforme à la vérité (Ḥaqq) et ce, même si tu es seul ! » Et dans une autre version : « Il tapa ma cuisse et dit : « Malheur à toi, la majorité des gens ont quitté la Jamâ’ah, et certes la Jamâ’ah est ce qui est conforme à l’obéissance d’Allah le Très haut. » »

وقال نعيم بن حماد: إذا فسدت الجماعة فعليك بما كانت عليه الجماعة قبل أن تفسد، وإن كنت وحدك، فإنك أنت الجماعة حينئذ، ذكرها البيهقي وغيره.

 وقال بعض أئمة الحديث وقد ذكر له السواد الأعظم، فقال: أتدري ما السواد الأعظم؟ هو محمد بن أسلم الطوسي وأصحابه.

 فمسخ المختلفون الذين جعلوا السواد الأعظم والحجة والجماعة هم الجمهور وجعلوهم عيارا على السنة، وجعلوا السنة بدعة، والمعروف منكرا لقلة أهله وتفردهم في الأعصار والأمصار، وقالوا: من شذ شذ الله به في النار،

 وما عرف المختلفون أن الشاذ ما خالف الحق وإن كان الناس كلهم عليه إلا واحدا منهم فهم الشاذون.

 وقد شذ الناس كلهم زمن أحمد بن حنبل إلا نفرا يسيرا؛ فكانوا هم الجماعة، وكانت القضاة حينئذ والمفتون والخليفة وأتباعه كلهم هم الشاذون، وكان الإمام أحمد وحده هو الجماعة، ولما لم يتحمل هذا عقول الناس قالوا للخليفة: يا أمير المؤمنين أتكون أنت وقضاتك وولاتك والفقهاء والمفتون كلهم على الباطل وأحمد وحده هو على الحق؟، فلم يتسع علمه لذلك؛ فأخذه بالسياط والعقوبة بعد الحبس الطويل؛ فلا إله إلا الله، ما أشبه الليلة بالبارحة، وهي السبيل المهيع لأهل السنة والجماعة حتى يلقوا ربهم، مضى عليها سلفهم، وينتظرها خلفهم: {من المؤمنين رجال صدقوا ما عاهدوا الله عليه فمنهم من قضى نحبه ومنهم من ينتظر وما بدلوا تبديلا}، ولا حول ولا قوة إلا بالله العلي العظيم

An Nu’aym Ibn Ḥammâd a dit : « Lorsque la Jamâ’ah se pervertira, sois ce sur quoi la Jamâ’ah fut avant qu’elle ne se pervertisse. Et si tu es seul, alors tu représenteras la Jamâ’ah, Al Bayhaqî et d’autres l’ont mentionné ».

Certains savants du Ḥadîth ont dit : « On a mentionné à (An Nu’aym) le Sawâd al A’ẓam, il dit : « Sais-tu ce qu’est le Sawâd al A’ẓam ? C’est Muḥammad Ibn Aslam at Tusî et ses compagnons. Les contestataires ont déformé le sens en rendant le Sawâd al A’ẓam, la Ḥujjah (l’argument) et la Jamâ’ah (le groupe) comme étant le Jumhûr (la majorité) et ils ont rendu cette majorité comme étant le critère (standard) de la Sunnah. Ils ont rendu la Sunnah comme étant une Bid’ah (innovation), le Ma’ruf (convenable) comme étant Munkar (réprouvable) et ce, à cause de la minorité de ses partisans et de leur isolement à chaque époque et dans chaque contré. Et ils disent : « Celui qui veut s’isoler, Allah l’isolera dans le Feu. » »

Mais les contestataires ne savent pas que le Shâdhdh (l’isolé) est celui qui diverge d’avec la vérité et ce, même si tous les hommes sont sur une voie, à l’exception d’une seule personne d’entre eux. Ils seront, eux, considérés comme isolés (Shâdhdh).

Tous les hommes étaient Shâdhdh à l’époque de l’Imâm Aḥmad Ibn Ḥanbal excepté un petit groupe, et c’est eux qui représentaient la Jamâ’ah. Les juges à ce moment-là, ainsi que les gens du commun, le calife et ses suivants, tous étaient Shâdhdh (isolés de la Jamâ’ah). L’Imâm Aḥmad représentait seul la Jamâ’ah.[1]

Et comme cela n’a pu être concevable dans l’esprit des gens, ils dirent au calife : «Ô Emir des croyants, seriez-vous toi, tes juges, tes gouverneurs, tes Fuqahâ et ceux sur qui appliquent la Fatwa tous dans le faux et Aḥmad seul sur la vérité ? Il ne put répondre et appliqua le fouet et le supplice après une longue incarcération. Il n’y a de Dieu qu’Allah, comme l’histoire se répète ! C’est la voie claire et large des Ahl as Sunnah wal Jamâ’ah (sunnites) jusqu’à ce qu’ils rencontrent leur Seigneur, leurs prédécesseurs la prirent avant eux et leurs successeurs l’attendront : Il est, parmi les croyants, des hommes qui ont été sincères dans leur engagement envers Allah. Certains d’entre eux ont atteint leur fin, et d’autres attendent encore. Ils n’ont varié aucunement (dans leur engagement). Il n’y a de force et de puissance qu’en Allah le Très Haut, le Puissant. »

NOTES AL AMÂNAH

Les enseignements de ces propos sont notamment les suivants :

  1. La Jamâ’ah peut être représentée par un individu, même seul face à la masse.
  2. La Jamâ’ah peut se pervertir et il faut alors distinguer le suivi de la « Jamâ’ah » (groupe) et celui de la « vérité ».
  3. Le sens de majorité donné aux termes « Jamâ’ah », « Sawâd al A’ẓam » et « Jumhûr » a été déformé. Il ne désigne pas nécessairement la « majorité » et n’est pas le critère de la « voie juste ».
  4. La personne ou le groupe isolé est ce qui diverge d’avec la « majorité », et non ce qui diverge d’avec la vérité.
  5. Aucun verset coranique ne stipule que le suivi de la majorité serait une voie sûre.

On notera également que la compréhension du terme « Jamâ’ah » fait l’objet de divergences entre les savants :

  • Pour certains, il s’agit des trois premières générations après le Prophète (Salafs Ṣâliḥ)[2] ou des Ṣaḥâbah seulement, comme le précise l’Imâm Ash Shâṭibî dans « Al I’tiṣâm »[3].
  • Pour d’autres, il s’agit des gens de science (Ahl al ‘Ilm), comme l’a titré l’Imâm Al Bukhârî. Plus précisément, Al Bukhârî n’évoque pas spécifiquement la Jamâ’ah, mais, bien plus, il fait référence au Ḥadîth disant « qu’un groupe de gens ne cessera d’être sur la vérité » et il explique qu’il s’agit des Ahl al ‘Ilm[4], ce qui reste tout de même assez vague.
  • Certains, comme ‘Alî Ibn al Madînî ou encore Aḥmad[5], précisent qu’il s’agit des savants du Ḥadîth (Ahl al Ḥadîth).
  • Pour d’autres encore, il s’agit du groupe des musulmans dirigé par un chef.
  • D’aucuns, comme l’Imâm Ash Shâṭibî, rapportent enfin l’avis disant qu’il s’agit de ne pas se séparer de la Ummah entière.

Bref, il paraît évident que le fait d’affirmer que la « bonne » voie à suivre afin d’éviter l’égarement soit la majorité n’a visiblement pas beaucoup de sens ou, du moins, est sérieusement critiquable.

Qu’Allah nous permette de comprendre.

Equipe La voie du Hanîf

******

[1] Ceci est, évidemment, un point de vue subjectif. Et on peut penser aisément que chaque groupe prétendra représenter la bonne voie.

[2] « Mirqât al Mafâtîḥ ».

[3] .

يقول الشاطبي -رحمه الله-: فعلى هذا القول فلفظ الجماعة مطابق للرواية الأخرى في قوله -صلى الله عليه وسلم-: «ما أنا عليه وأصحابي» ، فكأنه راجع إلى ما قالوه وما سنوه وما اجتهدوا فيه حجة على الإطلاق وبشهادة رسول الله -صلى الله عليه وسلم- لهم بذلك خصوصا في قوله- صلى الله عليه وسلم-: «فعليكم بسنتي وسنة الخلفاء الراشدين، واشباهه (1)).

ويقول -رحمه الله-: « أو لأنهم المتقلدون لكلام النبوة المهتدون للشريعة الذين فهموا أمر دين الله بالتلقي من نبيه مشافهة على علم وبصيرة بمواطن التشريع وقرائن الأحوال بخلاف غيرهم: فإذا كل ما سنوه فهو سنة من غير نظير فيه بخلاف غيرهم فإن فيه لأهل الاجتهاد مجالا للنظر ردا وقبولا فأهل البدع إذاً غير داخلين في الجماعة قطعا على هذا القول »(2)

(1) الاعتصام: 1/ 479.

(2) المصدر السابق: 1/ 479.

[4] .

بَاب قَوْلِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لَا تَزَالُ طَائِفَةٌ مِنْ أُمَّتِي ظَاهِرِينَ عَلَى الْحَقِّ يُقَاتِلُونَ وَهُمْ أَهْلُ الْعِلْمِ

6881 حَدَّثَنَا عُبَيْدُ اللَّهِ بْنُ مُوسَى عَنْ إِسْمَاعِيلَ عَنْ قَيْسٍ عَنْ الْمُغِيرَةِ بْنِ شُعْبَةَ عَنْ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ لَا يَزَالُ طَائِفَةٌ مِنْ أُمَّتِي ظَاهِرِينَ حَتَّى يَأْتِيَهُمْ أَمْرُ اللَّهِ وَهُمْ ظَاهِرُونَ

الحاشية رقم :

قَوْلُهُ ( وَهُمْ أَهْلُ الْعِلْمِ ) هُوَ مِنْ كَلَامِ الْمُصَنِّفِ وَأَخْرَجَ التِّرْمِذِيُّ حَدِيثَ الْبَابِ ثُمَّ قَالَ سَمِعْتُ مُحَمَّدَ بْنَ إِسْمَاعِيلَ هُوَ الْبُخَارِيُّ يَقُولُ : سَمِعْتُ عَلِيَّ بْنَ الْمَدِينِيِّ يَقُولُ هُمْ أَصْحَابُ الْحَدِيثِ . وَذَكَرَ فِي  » كِتَابِ خَلْقِ أَفْعَالِ الْعِبَادِ  » عَقِبَ حَدِيثِ أَبِي سَعِيدٍ فِي قَوْلِهِ تَعَالَى وَكَذَلِكَ جَعَلْنَاكُمْ أُمَّةً وَسَطًا هُمُ الطَّائِفَةُ الْمَذْكُورَةُ فِي حَدِيثِ  » لَا تَزَالُ طَائِفَةٌ مِنْ أُمَّتِي  » ثُمَّ سَاقَهُ وَقَالَ وَجَاءَ نَحْوُهُ عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ وَمُعَاوِيَةَ وَجَابِرٍ وَسَلَمَةَ بْنِ نُفَيْلٍ وَقُرَّةَ بْنِ إِيَاسٍ انْتَهَى . وَأَخْرَجَ الْحَاكِمُ فِي عُلُومِ الْحَدِيثِ بِسَنَدٍ صَحِيحٍ عَنْ أَحْمَدَ إِنْ لَمْ يَكُونُوا أَهْلَ الْحَدِيثِ فَلَا أَدْرِي مَنْ هُمْ ، وَمِنْ طَرِيقِ يَزِيدَ بْنِ هَارُونَ مِثْلُهُ . وَزَعَمَ بَعْضُ الشُّرَّاحِ أَنَّهُ اسْتَفَادَ ذَلِكَ مِنْ حَدِيثِ مُعَاوِيَةَ لِأَنَّ فِيهِ  » مَنْ يُرِدِ اللَّهُ بِهِ خَيْرًا يُفَقِّهْهُ فِي الدِّينِ  » وَهُوَ فِي غَايَةِ الْبُعْدِ ، وَقَالَ الْكِرْمَانِيُّ يُؤْخَذُ مِنَ الِاسْتِقَامَةِ الْمَذْكُورَةِ فِي الْحَدِيثِ الثَّانِي [ ص: 307 ] أَنَّ مِنْ جُمْلَةِ الِاسْتِقَامَةِ أَنْ يَكُونَ التَّفَقُّهَ ، لِأَنَّهُ الْأَصْلُ قَالَ وَبِهَذَا تَرْتَبِطُ الْأَخْبَارُ الْمَذْكُورَةُ فِي حَدِيثِ مُعَاوِيَةَ ، لِأَنَّ الِاتِّفَاقَ لَا بُدَّ مِنْهُ ، أَيِ الْمُشَارُ إِلَيْهِ بِقَوْلِهِ : وَإِنَّمَا أَنَا قَاسِمٌ وَيُعْطِي اللَّهُ عَزَّ وَجَلَّ. »

[5] ‘Ulûm al Ḥadîth d’Al Ḥâkim avec un Sanad Ṣaḥîḥ. Réf : Fatḥ al Bârî d’Ibn Ḥajar al ‘Asqalânî.

 

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