Faire preuve d’esprit critique comme nous le demandons aux autres ?

Nous semblons incapables de mettre en pratique ce que nous demandons aux autres communautés…

L’un des grands paradoxes des membres de la communauté musulmane c’est qu’ils sacralisent ce qui a été fait auparavant par les savants des premiers siècles, alors qu’ils demandent aux autres communautés (chrétiennes ou juives notamment) de faire exactement le contraire avec leur religion ou leur patrimoine lorsqu’ils tentent de les convaincre d’adhérer à la religion musulmane.

Imaginons un instant qu’un chrétien écoutant un prédicateur musulman lui demandant, face à son argumentaire, de se remettre en question, lui rétorque qu’il ne va pas délaisser ce que la majorité des Papes, des conciles d’évêques et des Pères de l’Eglise affirment depuis des siècles pour ce que lui en dit… Que lui répondra-t-il ?

A cela, deux options s’offrent à nous :

  • Soit il répondrait : « Tu as raison, il faut que tu suives la majorité des théologiens de ta religion car nous considérons nous-mêmes en islam la majorité comme un argument indiquant la voie juste… Donc tu as raison, reste dans ta voie qui est celle de la majorité, de la justesse, et ne délaisse pas ce que des siècles de chrétienté ont fondé et construit pour la parole de quelques doctes ou prédicateurs musulmans anciens et contemporains. »
  • Soit il répondrait : «Raisonne, réfléchis, écoute les arguments, confronte-les, ne suis pas aveuglément les dires des uns et des autres, les avis (prétendument) majoritaires voire les consensus du passé au sein de l’Eglise (ou autres), mais suis ce qui, après réflexion et sans esprit partisan, te convainc le plus et s’avère est argumenté. »
  • Evidemment, nombreux seront les musulmans qui opterons pour la seconde réponse, la première n’ayant aucun sens à moins de dire que la da’wah (prédication) n’a pas de sens non plus, et ils appuieront cela par le fait qu’il ne faut pas suivre aveuglément les anciens parmi les doctes chrétiens car ils ne sont pas infaillibles et peuvent commettre des erreurs. N’est-ce pas d’ailleurs exactement ce que Dieu reprocha dans le Coran aux Arabes de l’époque du Prophète (paix sur lui) :
  • وَإِذَا قِيلَ لَهُمُ اتَّبِعُوا مَا أَنزَلَ اللَّهُ قَالُوا بَلْ نَتَّبِعُ مَا وَجَدْنَا عَلَيْهِ آبَاءنَا أَوَلَوْ كَانَ الشَّيْطَانُ يَدْعُوهُمْ إِلَى عَذَابِ السَّعِيرِ

    « Et quand on leur dit : « Suivez ce que Dieu a fait descendre », ils disent : « Nous suivons plutôt ce sur quoi nous avons trouvé nos ancêtres ». Est-ce donc même si le Diable les appelait au châtiment de la fournaise ! »

    Les musulmans, dans leur da’wah (prédication) et du’â (invocations) demandent pourtant aux juifs ou encore aux chrétiens de délaisser les points faisant l’objet d’un « consensus » ou d’un accord majoritaire au sein de leur dîn afin qu’ils adhère à la religion musulmane, mais dans le même temps, ces musulmans invoquent sans cesse les mêmes (pseudo)arguments de consensus (ijmâ’) et de majorité (jumhûr), ne reposant au passage sur aucun fondement explicite et fiable, pour rejeter ce qui est différent de leur vision et de celle imposée, disons-le, souvent à coup d’injonctions du pouvoir politique ou d’influences extérieures.

    Il ne s’agit certes pas de rejeter l’avis consensuel ou prédominant au seul prétexte qu’il serait l’avis du plus grand nombre, mais par honnêteté intellectuelle, il faut que les musulmans puissent adopter le même état d’esprit vis-à-vis de leurs textes que celui qu’ils exigent ou qu’ils aimeraient que les autres adoptent vis-à-vis des leurs quand ils les appellent à l’islam, à savoir être capable de se remettre en question et suivre, non pas naïvement ce que tout le monde répètent sans examen, mais ce qui, après argumentation et recherche, semble le plus convaincant et ce, sans s’enfermer dans une approche idéologique et partisane.

    Que Dieu nous permette de comprendre.

    Rédaction LVDH

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