Faut-il fermer la mosquée d’Al Azhâr ?

EST-IL HARÂM DE PRIER ET D’ENSEIGNER DANS LA MOSQUÉE D’AL AZHÂR (Egypte) ?

وإنشاء الفاطميين لهذا المسجد يفسّر الاسم الذي أطلق عليه، فقد قيل إنّ الأزهر إشارة إلى السيدة الزهراء وهو لقب فاطمة بنت الرسول محمد (ص) التي سميّت باسمها أيضاً مقصورة في المسجد (المقريزي، ج2، ص275، س16). وقد زاد المستنصر والحافظ في بناء المسجد شيئاً قليلاً. وتغيّر الحال في عهد الأيوبيين، فمنع صلاح الدين الخطبة من الجامع وقطع عنه كثيراً مما أوقفه عليه الحاكم. وانقضى نحو قرن من الزمان قبل أن يستعيد الجامع الأزهر عطف الولاة ووجوه البلاد عليه، ولما جاء الملك الظاهر بيبرس زاد في بنائه وشجّع التعليم فيه وأعاد الخطبة إليه في عام 665هـ = 1266-1267م.

الفقيه والقاضي الشافعي صدر الدين عبد الملك ابن درباس الكردي (ت 605هـ) وهو معول صلاح الدين من رجال الدين في القضاء على المذهب الشيعي العبيدي في مصر فقد عمل هذا القاضي إلى عزل سائر قضاة الشيعة من مناصبهم في أقطار مصر وعين بدلا منهم قضاة الشافعية

أصدر قاضى القضاة صدر الدين بن عبد الملك بن درباس فتوى بأنه لا يجوز إقامة الجمعة فى بلد واحد فى مكانين

فأبطل إقامتها بالأزهر وقصرها بالجامع الحاكمى

بنى صلاح الدين مدرسة للشافعية بجوار مسجد عمرو، ومدرسة أخرى للمالكية وعرفت باسم دار الغزل ثم عرفت بالمدرسة القمحية، ثم بنى مدرسة ثالثة للفقهاء الحنفية أطلق عليها اسم المدرسة السيوفية، كما بنى مدرستين أخريين لفقهاء المذهب الشافعى خاصة، وهو المذهب الذى كان عليه أكثر أفراد البيت الأيوبى نفسه

تغيرت اﻷوضاع كثيرا أثناء حكم المماليك وبالتحديد مع تولية الظاهر بيبرس عام 1266 فتم بإذنه إعادة إقامة الصلاة في اﻷزهر واستعاد المسجد شهرته السابقة ، وقد أمر بيبرس بعودة رواتب للطلاب والمعلمين وأوقفت عليه الأوقاف وفتح لكل الدارسين من شتي أقطار العالم الإسلامي.

« وانقطعت الخطبة من الأزهر لما استبد السلطان صلاح الدين يوسف بن أيوب بالسلطنة فإنه قلد وظيفة القضاء لقاضي القضاة صدر الدين عبد الملك بن درباس فعمل بمقتضى مذهبه وهو امتناع إقامة الخطبتين للجمعة في بلد واحد كما هو مذهب الإمام الشافعي فأبطل الخطبة من الجامع الأزهر وأقر الخطبة بالجامع الحاكمي من أجل أنه أوسع‏.‏

فلم يزل الجامع الأزهر معطلًا من إقامة الجمعة فيه مائة عام من حين استولى السلطان صلاح الدين يوسف بن أيوب إلى أن أعيدت الخطبة في أيام الملك الظاهر بيبرس كما تقدم ذكره‏. »

كتاب: الخِطط المقريزية المسمى بـ «المواعظ والاعتبار بذكر الخِطط والآثار» 140  من  163

حسن إبراهيم، تاريخ الإسلام. ج4. ص608.

وفاء محمد علي، قيام الدولة الأيوبية في مصر والشام. ط1، دار الفكر العربي، القاهرة. 1986. ص56.

La fondation de cette mosquée par les Fatimides explique le nom qu’on lui a donné. En effet, on a dit que le nom d’Al Azhâr faisait référence à Sayyidah az Zahra, le surnom de Fâṭimah, la fille du Messager Muḥammad (paix sur lui).[1]

Al Mustanṣir (calife fatimide) et Al Ḥâfiẓ li Dinillah (calife fatimide) ont ajouté à la construction de la mosquée quelques petits éléments. La situation changea sous le règne ayyoubide. Ṣalâḥ ad Dîn (Saladin) interdit la Khuṭbah (sermon du vendredi) dans la mosquée et lui retira beaucoup de ce qu’avait mis en place le calife (fatimide) Al Ḥâkim. C’est environ un siècle plus tard que la mosquée d’Al Azhâr bénéficia à nouveau de la bienveillance des gouverneurs et que les gens des contrés se redirigèrent vers elle.

Lorsque vint le règne du roi Aẓ Ẓâhir Rukn ad Dîn Baybars, il fit construire sur l’édifice et encouragea l’enseignement (en son sein), puis il rétablit la Khuṭbah dans la mosquée en l’an 665 H (1266-1267).

Le Faqîh (juriste) et le Qadi (juge) shâfi’ite, Ṣadr ad Dîn Abd al Mâlik ibn Dirbâs al Kurdî (m. 605 H), était le soutient de Ṣalâḥ ad Dîn parmi les religieux quant à la sentence appliquée sur l’école chiite oubaydite (‘ubaydî) en Égypte. Il destitua tous les juges chiites de leur fonction et ce, dans toutes les régions d’Égypte, et désigna à leur place des juges d’obédience shâfi’ite.

Le juge des juges (Qâḍî al Quḍât), Ṣadr ad Dîn ‘Abd al Mâlik Ibn Dirbâs, émit une Fatwâ (avis juridique) interdisant d’accomplir la prière et d’effectuer le discours du Jumu’ah dans deux mosquées différentes d’une même ville. Il annula donc l’office du Jumu’ah (prière du vendredi) à Al Azhâr et le restreignit à la mosquée d’Al Hâkim.

Ṣalâḥ ad Dîn construisit une Madrasah (école) pour les Shâfi’ites à proximité de la mosquée de ‘Amr et une autre pour les Mâlikites connue sous le nom de « Dâr al Ghazl », puis sous le nom de « Madrasah al Qamhiyah », puis une troisième Madrasah pour les Fuqahâ (juristes) Ḥanafites appelée « Madrasah as Suyûfiyyah ». Enfin il construisit deux dernières Madrasah (écoles) pour les Fuqahâ (juristes) de l’Ecole Shâfi’ite spécialement qui se trouvait être le Madhhab adopté par la majorité des individus composant la famille ayyoubide.

La situation changea considérablement durant le règne mamelouk, plus précisément sous celui d’Aẓ Ẓâhir Baybars, et en l’an 1266 se produira par sa permission le retour de l’office de la prière au sein d’Al Azhâr. La mosquée regagna alors de son prestige passé. Baybars ordonna le retour des rémunérations pour les étudiants et les enseignants en fondant les Awqaf (fondations pieuses) et en ouvrant les portes à tout étudiant du monde islamique.

En résumé

« La Khuṭbah fut interrompue à Al Azhar lorsque le sultan Ṣalâḥ ad Dîn Yûsuf ibn Ayyûb prit le pouvoir. Il donna le titre de la fonction de juge des juges au Qadi Ṣadr ad Dîn Abdal Mâlik ibn Dirbâs qui agit en exigence avec son Madhhab, c’est-à-dire par l’interdiction de faire deux Khuṭbah du Jumu’ah dans une seule ville comme cela est stipulé dans le Madhhab de l’Imam Ash Shâfi’î. Il annula donc la Khuṭbah de la mosquée d’Al Azhar et l’établit dans celle d’Al Hakim car elle était plus grande. La mosquée d’Al Azhar ne cessa d’être dénuée de l’office du Jumu’ah durant cent ans depuis la prise de pouvoir de Ṣalâḥ ad Dîn jusqu’à l’avènement du souverain Aẓ Ẓâhir Baybars (comme vu précédemment). »

Aussi, faut-il fermer la mosquée d’Al Azhâr en suivant le raisonnement de certains suiveurs aveugles (ou aveuglés) d’Ecole de droit ?

Cette question trouve sa légitimé dans le fait que selon certains « grands défenseurs » (autoproclamés) de l’islam, il serait interdit de revenir sur les avis majoritaires (Jumhûr) ou prépondérants (Râjiḥ) des Ecoles de droit.

En effet, suivant ce raisonnement,w s’il faut suivre l’avis Râjiḥ (avis prépondérant) sans possibilité de critique ou de contextualisation et ce, quand bien même ce dernier daterait de plus de 500 ou 600 ans, pourquoi ne pas l’appliquer dans ce cas-ci à la mosquée d’Al Azhâr ?

Puisqu’il fut un temps, sous le règne de Ṣalâḥ ad Dîn (Saladin), où l’avis en vigueur consistait à prier dans une seule mosquée d’une grande ville et ce, sachant qu’au XIIIe siècle la population du Caire atteignait 200 000 à 300 000 habitants, pourquoi ne pas fermer cette mosquée comme elle le fut à cette époque, sur l’avis du juge des juges, où l’on cessa d’officier en son sein ?

Seraient-ils dans le péché ceux qui, parmi les savants et musulmans contemporains, prient, enseignent, étudient et travaillent au sein d’Al Azhâr ?!

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Source : Al Maqrizî (2/275) – Al Mawâ’iẓ al I’tibâr bi Dhikr al Khiṭaṭ wal Âthar

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