L’influence de l’Etat sur les savants de l’islam (2/2)

Pour mieux appréhender le contexte politico-religieux dans lequel les savants de l’islam des premiers siècles ont évolué, et donc mieux cerner la relation et les persécutions du pouvoir envers les opposants idéologiques et politiques, voici quelques informations assez révélatrices :

  1. Mu’âwiyah Ibn Abî Sufyân, le premier roi de la dynastie Umayyade, persécuta les partisans de ‘Alî, ordonna de le maudire sur les Minbars et fit assassiner le Ṣaḥâbî Ḥujr Ibn ‘Adî (Irak) car il refusait de se désolidariser de ‘Alî.[1]

  1. Yazîd Ibn Mu’âwiyah, le second roi de la dynastie Umayyade, assassina Al Ḥusayn, le petit-fils du Prophète (paix sur lui), et ses descendants à Karbalâ (Irak) en leur coupant la tête. Il emprisonna leur femme après eux.[2] Son règne fut rejeté par plusieurs Ṣaḥâbah comme ‘Abdallah Ibn az Zubayr qui, après la mort d’Al Ḥusayn, se proclama calife et fit se soulever la Mecque et Médine contre Yazîd qui trouva la mort en 63/64 H.[3]

  1. Ibn Zubayr et son frère Mus’âb tuèrent un nombre important de leurs opposants après s’être établis à Kûfah (Irak). A la tête de ces opposants se trouvaient Al Mukhtâr Ath Thaqafî et son groupe qui traquèrent les assassins d’Al Ḥusayn et se vengèrent d’eux.[4]

  1. Marwân Ibn al Ḥakam, le quatrième calife Umayyade, fut l’un de ceux qui tuèrent le Compagnon Ṭalḥah Ibn ‘Ubaydillah et il maudissait le Compagnon ‘Alî Ibn Abî Ṭâlib sur le Minbar. [5]

  1. Al Ḥajjâj Ibn Yûsuf, gouverneur de l’Irak sous le règne des cinquième et sixième califes Umayyades, ‘Abd al Mâlik et Al Walîd. Il tua par simple suspicions et massacra des milliers d’hommes simplement pour préserver le pouvoir de la dynastie des Umayyades.[6]

  1. Yazîd Ibn ‘Abd al Mâlik, neuvième calife Umayyade, lutta contre les Khawârij (Khârijites) et leur dissension politique, puis tua leur chef.

  1. Ghilân ad Dimashqî trouva la mort pour avoir tenu des propos en lien avec « l’hérésie » du Qadar (destin) et le fait qu’il ait adopté les avis de Jahm Ibn Ṣafwân. Il fut tué par Hishâm Ibn ‘Abd al Mâlik, le dixième calife Umayyade.

  1. Zayd Ibn ‘Alî, le petit-fils d’Al Ḥusayn, dont le corps fut exhumé, décapité puis crucifié dans les rues de Kûfah par Yûsuf Ibn ‘Umar et ce, sous le règne de Hishâm Ibn ‘Abd al Mâlik, le dixième calife umayyade.[7]

  1. Jahm Ibn Ṣafwân fut assassiné sous le règne de Marwân Ibn Muḥammad, le quatorzième calife Umayyade, car il fut accusé de nier les Ṣifât (attributs) d’Allah et de partager l’avis que le Coran était créé.

  1. Al Ma`mûm, gouverneur abbasside Mu’tazilite et fils de Hârûn ar Rashîd. Il exploitait les Mu’tazilites et les Chiites afin de frapper les Sunnites. Les califes qui lui succédèrent directement, Al Mu’taṣim et Al Wâthîq, firent de même une fois au pouvoir. Parmi les exemples de pressions politiques du gouverneur Al Ma`mûm nous avons le cas du savant et juge Al Ḥârith Ibn Miskîn qui subit la Miḥnah (grande épreuve). Abû Bakr al Khaṭîb a dit : « Il était un Faqîh. Il fut déporté à Baghdâd par Al Ma`mûm lors de la Miḥnah (la grande épreuve de ceux appartenant aux Ahl as Sunnah) et fut emprisonné. Il resta ferme quant à ses positions et demeura prisonnier jusqu’à l’arrivée au pouvoir d’Al Mutawakkil qui le libéra. Il enseigna le Ḥadîth à Baghdâd puis retourna en Egypte où il prit le poste de juge. Par la suite, il posa sa démission en 245 H. qui fut acceptée. »[8]

  1. Al Mutawakkil Ibn al Mu’tasim billâh Ibn Hârûn ar Rashîd, le dixième calife Abbasside, fut l’un des symboles de la répression contre les adversaires des Sunnites que furent les Chiites et les Mu’tazilites en annonçant publiquement, entre autres, l’abolition de la parole qui soutient que le Coran serait créé. Il pencha pour le Ḥanbalisme et donna à profusion des dons afin de soutenir ce courant et diffuser des Fatâwâ appelant à l’égarement des Mu’tazilites et des Chiites.[9] Les savants lui firent beaucoup d’invocations et d’éloges sur les Minbars au point que certains d’entre eux disaient : « Les califes sont trois : Abû Bakr lorsqu’il tua les apostats, ‘Umar Ibn ‘Abd al ‘Azîz pour avoir rendu les droits des opprimés et Al Mutawakkil pour avoir fait revivre la Sunnah et éradiqué la difficulté. » Des Ḥadîths ont été retranscrits par la transmission d’Al Mutawakkil et rapportés par Al Baghdâdî et Ibn ‘Asâkir[10]. Il détruisit la tombe d’Al Ḥusayn en 236 H. afin d’y faire un champ et interdit quiconque de s’y rendre. Il était Nâṣibî et avait des déviances.[11] As Suyûṭî a dit : « Il a affiché son penchant pour la Sunnah, a aidé ses partisans et a contribué à lever la Miḥnah. Par la suite, il écrivit cela à toutes les contrés en l’an 234 H.. Il fit alors venir les Muḥaddithûn à Samarah (Irak), les gratifia grandement de dons et de présents, puis il leur ordonna de lire des Ḥadîths sur les Ṣifât et la vision d’Allah dans l’au-delà, plaça Abû Bakr Ibn Abî Shaybah[12] en poste à la mosquée d’Ar Raṣâfah avec trois milles personnes qui se rassemblèrent autour de lui. Il mit son frère ‘Uthmân en poste à la mosquée Al Manṣûr et le même nombre de personnes se rassembla autour de lui. »[13]

Notons qu’il est surprenant qu’une personne qui déteste la famille du Messager d’Allah (paix sur lui) soit considérée comme le sauveur de la Sunnah… ceci paraît complètement contradictoire. Enfin, remarquez qu’il frappait tout le temps de vingt coups de fouet le savant et juge Al Ḥârith Ibn Miskîn que nous avons cité précédemment lorsqu’il prit fonction en Egypte, afin qu’il fasse ce qu’il lui ordonnait de faire et ce, alors même qu’il le libéra du joug d’Al Ma`mûm (d’où sa démission).[14]

  1. Al Qâdir Billâh, gouverneur abbasside (336-422 H.). Le Ḥâfiẓ Ibn al Jawzî rapporte ce qui suit : « Ḥibatullah Ibn al Ḥasan aṭ Ṭabarî a dit : « L’année 408, l’émir des croyants Al Qâdir Billâh a demandé (de force) la repentance des Fuqahâ Mu’tazilites Ḥanafites. Ils affichèrent alors leur retour (dans la « voie droite ») et s’innocentèrent du Mu’tazilisme.” »[15] Il rédigea un livre de Uṣûl (principes) dans lequel il mit en évidence les mérites des Ṣaḥâbah et le Takfîr (égarement, voire mécréance) des Mu’tazilites et de ceux qui disent que le Coran est créé. Ce livre était alors lu chaque Jumu’ah (vendredi) dans les cercles des gens du Ḥadîth à l’intérieur de la mosquée Al Mahdî de Baghdâd et ce, durant tout son règne de plus de quarante ans.[16] Autant dire qu’il s’agit d’une véritable propagande durant près d’un demi-siècle.

  1. Ṣalâḥ ad Dîn (Saladin) imposa et donna la prééminence à l’Ecole Shâfi’ite en Egypte après la chute des Fâtimides. As Suyûṭî a dit : « Ṣalâḥ ad Dîn a soutenu la Sunnah, diffusé la vérité et a humilié les innovateurs. Il s’est également vengé des Rawâfiḍ (Fatimides, courant chiite) qui étaient nombreux en Egypte. »[17] Il a dit également : « Le sultan Ṣalâḥ ad Dîn al Ayyûbî, qu’Allah lui fasse miséricorde, était Shâfi’ite de Madhhab et Ash’arî dans le dogme. Il prenait un soin particulier à propager le dogme de l’Imâm Ash Ash’arî, qu’Allah lui fasse miséricorde. Il ordonna aux Mu`adhdhinûn[18], au moment des temps de Tasbîḥ, de proclamer publiquement le rappel du dogme Ash’arite. Il plaça spécialement des Mu`adhdhinûn pour le rappel de la ‘Aqîdah Ash’arite toutes les nuits […]. »[19]

Cette liste d’évènements est malheureusement non-exhaustive. Cependant, ce qu’il est important de comprendre c’est que l’imbrication entre le pouvoir politique et le monde des savants musulmans fut une réalité qui ne peut être niée. Ainsi, tout comme nous reconnaissons aujourd’hui l’influence du politique dans la diffusion de l’idéologie salafiste par exemple, notamment par le biais des pétromonarchies, il serait malhonnête intellectuellement de ne pas reconnaître cette même influence de la part du pouvoir umayyade, abbasside et de ceux qui leur succédèrent sur le patrimoine scientifique musulman et ce, des siècles durant.

Ceci est un fait incontestable et lire les ouvrages islamiques à l’ombre de cette prise de conscience entraîne logiquement le sectarisme intellectuel. En effet, cela revient à s’appuyer sur des dires et des positions sans tenir compte un seul instant du contexte dans lequel ils ou elles furent prononcées.

Qu’Allah nous unisse.

Equipe Al Amânah

 ******

[1] Biographie de Ḥujr Ibn ‘Adî dans Al Iṣâbah fî Tamyîs aṣ Ṣaḥâbah, Usud al Ghabah, Al Istiy’ab et les livres d’Histoire concernant les évènements de l’année 51 H.

[2] Livres d’Histoire sur l’Islam et le massacre de Kerbala en 61 H, quelques mois à peine après la mort de Mu’âwiyah.

[3] Le fils de Yazîd, Mu’âwiyah II, ne régna que quarante jours.

[4] Livres d’Histoire sur l’Islam et les évènements des années 66/67 H.

[5] Mustadrak d’Al Ḥâkim :

مستدرك الحاكم – كتاب معرفة الصحابة – ذكر وقعة الجمل – رقم الصفحة : ( 5646 )

5608 – حدثني : محمد بن ظفر الحافظ ، وأنا سألته ، حدثني : الحسين بن عياش القطان ، ثنا : الحسين ، ثنا : يحيى بن عياش القطان ، ثنا : الحسين بن يحيى المروزي ، ثنا : غالب بن حليس الكلبي أبو الهيثم ، ثنا : جويرية بن أسماء ، عن يحيى بن سعيد ، ثنا : عمي ، قال : لما كان يوم الجمل نادى علي في الناس : لا ترموا أحداًً بسهم ، ولا تطعنوا برمح ، ولا تضربوا بسيف ، ولا تطلبوا القوم ، فإن هذا مقام من أفلح فيه ، فلح يوم القيامة ، قال : فتوافقنا ، ثم إن القوم قالوا : بأجمع : يا ثارات عثمان ، قال : وإبن الحنفية إمامنا بربوة معه اللواء ، قال : فناداه علي قال : فأقبل علينا يعرض وجهه ، فقال : يا أمير المؤمنين ، يقولون : يا ثارات عثمان ، فمد علي يديه ، وقال : اللهم أكب قتلة عثمان اليوم بوجوههم ، ثم إن الزبير ، قال : للأساورة كانوا معه ، قال : إرموهم برشق ، وكأنه أراد أن ينشب القتال ، فلما نظر أصحابه إلى الأنتشاب لم ينتظروا وحملوا فهزمهم الله ، ورمى مروان بن الحكم طلحة بن عبيد الله بسهم فشك ساقه بجنب فرسه ، فقبض به الفرس حتى لحقه فذبحه فإلتفت مروان إلى أبان بن عثمان وهو معه ، فقال : لقد كفيتك أحد قتلة أبيك

وروى مسلم عن سهل بن سعد قال :  » استعمل على المدينة رجل من آل مروان ، قال فدعا سهل بن سعد فأمره أن يشتم عليا ، قال : فأبى سهل ، فقال له : أمّا إذ أبيت فقل : لعن الله أبا تراب  » (5) .

المهم من واضحات التاريخ أن الرجل هو مروان بن الحكم ، فالعجب من محاولة إخفائه في الصحاح ، والعجب من قول ابن حجر : أظن .

5) فتح الباري ج4 ص1874

وروى ابن عساكر عن عمير بن إسحاق قال :  » كان مروان بن الحكم أميرا علينا ست سنين ، فكان يسب عليا كل جمعة على المنبر  » (1) .

(1) تاريخ دمشق ج57 ص 243 ، ج21 ص 129 ، ورواه أحمد في ( العلل ) ج3 ص 176

[6] Biographie d’Al Ḥajjâj avec le Tâbi’î Sa’îd Ibn Jubayr dans les livres d’Histoire concernant les évènements de l’année 94 H.

[7] Al Kâmil fî at Târîkh d’Ibn al Athîr :

ثم إن يوسف بن عمر تتبع الجرحى في الدور فدله السندي مولى زيد يوم الجمعه على زيد فاستخرجه من قبره وقطع رأسه وسير إلى يوسف ابن عمر وهو بالحيرة وسيره الحكم بن الصلت فأمر بحراستهم وبعث الرأس إلى هشام وولي الوليد فأمر بانزاله وإحراقه‏.‏

الكامل غي التاريخ

[8] Siyar A’lâm an Nubalâ` dans la biographie d’Al Ḥârith Ibn Miskîn.

[9] cf. évènements de 234 H.

[10] Târîkh al Khulafâ` d’As Suyûṭî (1/346) :

[11] Târîkh aṭ Ṭabarî (7/365) et Al Bidâyah wan Nihâyah d’Ibn Kathîr (10/347). Siyar A’lâm an Nubalâ` (12/35) :

وفي سنة ست وثلاثين هدم المتوكل قبر الحسين – رضي الله عنه- . فقال البسامي أبياتا منها : أسفوا على أن لا يكونوا شاركوا في قتله فتتبعوه رميما.

وكان المتوكل فيه نصب وانحراف ، فهدم هذا المكان وما حوله من الدور ، وأمر أن يزرع ، ومنع الناس من انتيابه.

[12] Il est considéré comme un savant de référence sunnite notamment avec son Musannaf. Concernant sa haine de la famille du Prophète, il y a également « Târîkh » d’Ibn Kathîr (7/55).

[13].

في تارخ الخلفاء للسيوطي قال : « فأظهر المين إلى السنة ونصر أهلها ورفع المحنة وكتب بذلك إلى الآفاق وذلك في سنة أربع وثلاثين واستقدم المحدثين إلى سامراء وأجزل عطاياهم وأكرمهم وأمرهم بأن يحدثوا بأحاديث الصفات والرؤية وجلس أبو بكر بن أبي شيبة في جامع الرصافة فاجتمع إليه نحو من ثلاثين ألف نفس وجلس أخوه عثمان في جامع المنصور فاجتمع إليه أيضاً نحو من ثلاثين ألف نفس وتوفر دعاء الخلق للمتوكل وبالغوا في الثناء عليه والتعظيم له حتى قال قائلهم الخلفاء ثلاثة أبو بكر الصديق رضي الله عنه في قتل أهل الردة.

[14] Siyar A’lâm an Nubalâ` dans la biographie d’Al Mutawakkil :

ثم ولي القضاء الحارث بن مسكين ، فكان يضربه كل حين عشرين سوطا ليؤدي ما وجب عليه ، فإنا لله

[15] Al Muntaẓam (7/287) :

قال ابن الجوزي: « وفي سنة 408هـ استتاب القادر 5 بالله أميرالمؤمنين فقهاء المعتزلة الحنفية فأظهروا الرجوع وتبرأوا من الاعتزال ثم نهاهم عن الكلام والتدريس والمناظرة في الاعتزال والرفض والمقالات المخالفة للإسلام، وأخذ خطوطهم بذلك، وأنهم متى خالفوه حل بهم من النكال والعقوبة ما يتّعظ به أمثالهم »  المنتظم 7/287

[16] Ibn Ṣalâḥ lui consacra une biographie dans Ṭabaqât ash Shafi’iyyah. Siyar A’lâm an Nubalâ` dans sa biographie.

وصنف كتابا في الأصول ، ذكر فيه فضل الصحابة ، وإكفار من قال : بخلق القرآن ، وكان ذلك الكتاب يقرأ في كل جمعة في حلقة أصحاب الحديث ، ويحضره الناس مدة خلافته ، وهي إحدى وأربعون سنة وثلاثة أشهر.

[17] cf. évènements de l’année 568 H. dans les livres d’Histoire.

Ḥusn al Muḥâdarah fî Akbar Miṣr wal Qahîrah d’As Suyûṭî :

ويقول السيوطي في كتاب « حسن المحاضرة في أخبار مصر والقاهرة »: « وأخذ صلاح الدين في نصر السنة وإشاعة الحق وإهانة المبتدعة والانتقام من الروافض وكانوا بمصر كثيرين.

[18] Ceux qui appellent à la prière.

[19] Al Wasâ`il :

قال عنه السّيوطيّ ما نصّه:  » فقد كَانَ السُلطَانُ صَلاَحُ الدِّينِ الأيوبي رَحِمَهُ اللهُ –كما وصفه أصحاب التراجم–  شافعي المذهب أشعري الاعتقاد، وقد كان له اعتناء خاص بنشر عقيدة الإمام الأشعري رحمه الله، وقد أمر السلطان صلاح الدين الأيوبي المؤذنين في وقت التسبيح أن يعلنوا بذكر العقيدة الأشعرية، فوظّف المؤذنين على ذكرها كل ليلة.

الوسائل في مسامرة الأوائل للحافظ جلال الدين السيوطي-دار الكتب العلمية/بيروت-الطبعة الأولى/1986- وانظر كتاب :حدائق الفصول وجواهر العقول في علم الكلام على أصول أبي الحسن الأشعري-تصنيف الإمام النحوي المتكلم محمد بن هبة المكي (نظمها برسم السلطان صلاح الدين الأيوبي)-الطبعة الأولى/1327 هـ/مكتبة الخانجي-مصر.

 

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