Sunnah VS Coran (2/4)

Confronter la Sunnah au Coran pour l’accepter et revoir le patrimoine islamique à l’aune de ce premier critère

قال الإمام الشافعي في الأم : ….فعليك من الحديث بما تعرف العامة، و إياك و الشاذ منه، فإنه حدثنا ابن أبي كريمة عن أبي جعفر عن رسول الله صلى الله عليه وسلم، أنه دعا اليهود فسألهم فحدثوه حتى كذبوا على عيسى، فصعد صلى الله عليه وسلم المنبر، فخطب الناس فقال : « إن الحديث سيفشو عني، فما أتاكم عني يوافق القرآن فهو عني، و ما أتاكم عني يخالف القران فليس عني. »

 (و بإسناده) عن علي بن أبي طالب رضي الله عنه أنه قال: « إذا أتاكم الحديث عن رسول الله صلى الله عليه وسلم فظنوا أنه الذي هو أهدى، و الذي هو أتقى، و الذي هو أحيا. »

 ثم ذكر بإسناده قول عمر : »….لكنكم تأتون قوماً لهم دوي بالقرآن كدوي النحل فأقلوا الرواية عن رسول الله. »

 قال : « و كان علي بن أبي طالب رضي الله عنه لا يقبل الحديث عن رسول الله صلى الله عليه وسلم و الرواية تزداد كثرة، و يخرج منها ما لا يعرف، و لا يعرفه أهل الفقه، و لا يوافق الكتاب و لا السنة، فإياك وشاذ الحديث، و عليك بما عليه الجماعة من الحديث، و ما يعرفه الفقهاء، و ما يوافق الكتاب و السنة، فقس الشياء على ذلك، فما خالف القرآن فليس عن رسول الله صلى الله عليه وسلم و إن جاءت به الرواية، حدثنا الثقة عن رسول الله صلى الله عليه وسلم أنه قال في مرضه الذي مات فيه : »إني لأحرم ما حرم القرآن، و الله لا يمسكون علي بشيء » فاجعل القرآن و السنة المعروفة إماماً و قائداً، و اتبع ذلك و قس عليه ما يرد عليك مما لم يوضح لك في القران و السنة »- (الأم للشافعي 7: 307-308)

L’Imâm Ash Shâfi’î a dit dans Al Umm : « Prends le Ḥadîth connu par la masse et prends garde au Ḥadîth irrégulier (Shâdh). » Ibn Abî Karîmah nous a rapporté selon Abu Ja’far que le Messager d’Allah (paix sur lui) appela les juifs et leur posa des questions. Ils lui rapportèrent des paroles (Ḥadîths) jusqu’à ce qu’ils mentent sur ‘Isa (paix sur lui). Le Prophète (paix sur lui) monta sur le Minbar et sermonna les gens en disant : « Le Ḥadîth me concernant se répandra. Ce qui vous parviendra de moi (comme Ḥadîth) et qui concordera avec le Coran sera de moi, et ce qui vous parviendra de moi et qui contredira le Coran ne sera pas de moi. »

Il (Ash Shâfi’î) rapporte avec sa chaine : « ‘Alî Ibn Abî Ṭâlib – qu’Allah l’agréé – a dit : « S’il vous parvient un Ḥadîth du Messager d’Allah (paix sur lui), vous devez penser qu’il (le Ḥadîth) est celui qui est le plus à même de guider, le plus à même d’appeler à la piété et le plus à même de revivifier. » »

Puis il cite avec sa chaîne la parole de ‘Umar Ibn al Khaṭṭâb : « Mais vous viendrez à un peuple qui produit des vrombissements à cause de leur lecture du Coran tel le vrombissement des abeilles. Modérez (dans une autre version « diminuez ») les narrations (Riwâyah) sur le Messager d’Allah… »

 Il dit : « ‘Alî Ibn Abî Ṭâlib – qu’Allah l’agréé – n’acceptait pas le Ḥadîth du Messager d’Allah (paix sur lui) et la narration qui fourmille en grand nombre. Il excluait d’elle ce qu’il ne connaissait pas, ce que ne connaissaient pas les savants du Fiqh et ce qui n’était pas en concordance avec le Livre et la Sunnah (reconnue). Prends garde donc au Ḥadîth Shâdhdh (isolé) ! Il te faut être ce sur quoi est la Jamâ’ah concernant le Ḥadîth. Ce qui CONTREDIT le Coran n’est pas du Messager d’Allah (paix sur lui) et ce, même si l’information te parvient par chaîne de transmission (Riwâyah). Un homme de confiance (Thiqah) m’a rapporté selon le Messager d’Allah qu’il a dit lors de la maladie dont il succomba : « J’interdis ce que le Coran interdit. Par Allah, ils n’auront rien contre moi. » Fais que pour toi le Coran et la Sunnah connue soit tels un Imâm et un guide, et suis ce chemin, jauge ce qui te parvient (comme Ḥadîth) parmi ce qui ne t’est pas clair dans le Coran et la Sunnah. »[1]

قال العلامة أبو زهرة رحمه الله تعالى : « جاء الشافعي مصر وفيها أعاد النظر في كتبه وآرائه وفي مذهبه فغير وبدل ووضع كتبه الجديدة وأملى مسائل كثيرة وروي عنه أصحابه مسائل وقد أثر عنه في مصر كتاب الأم وروي عنه كتاب السنن »

Rappelons que Al Umm est un livre de la nouvelle école (Madrassah al Jadîd) de l’Imâm Ash Shâfi’î en Égypte, donc un de ses derniers avis et Ijtihâd comme l’a stipulé Abû Zuhrah – qu’Allah lui fasse miséricorde – : « Ash Shâfi’î est venu en Égypte d’où il réexamina ses livres et ses positions antérieures qu’il changea et modifia. Il composa ses nouveaux livres et dicta de nombreuses questions. Ses compagnons rapportèrent de lui des sujets. On transmit de lui en Égypte son livre « Al Umm » et on rapporta de lui son livre « As Sunan ». »

قال شيخ الإسلام زكريا الأنصاري في « أسنى المطالب » 1/479 طبعة دار الكتب العلمية :

 « قال الْإِسْنَوِيُّ: نَصَّ الشَّافِعِيُّ في الْأُمِّ وَالْإِمْلَاءِ على خِلَافِهِ، إلَّا أَنَّ نَصَّ الْأُمِّ في وُقُوعِهِ لِلْمَحْمُولِ، وَنَصَّ الْإِمْلَاءِ في وُقُوعِهِ لَهُمَا، كَذَا نَقَلَهُ في الْبَحْرِ. فَالنَّصَّانِ مُتَّفِقَانِ على نَفْيِ ما ذُكِرَ، وَنَصُّ الْأُمِّ أَقْوَى عِنْدَ الْأَصْحَابِ، وهو هُنَا بِخُصُوصِهِ أَظْهَرُ من نَصَّيْ الْإِمْلَاءِ فَيَجِبُ الْأَخْذُ بِهِ »

Le Shaykh al Islam Zakariyyâ al Anṣârî a dit dans Asnâ al Muṭâlib (1/479) – édition Dâr al Kutub al ‘Ilmiyyah : « Al Isnawî a dit : (en résumé) « […] le texte de « Al Umm » est plus fort chez les Aṣḥab (savants de l’Ecole). »

Il est donc aujourd’hui nécessaire de continuer à revoir le patrimoine islamique et de confronter les Ḥadîths à la lumière du texte coranique, afin de dépoussiérer ce qui doit l’être et rejeter ce que l’on a trop longtemps accepté à cause du chaîne de transmission qualifiée de « Ṣaḥîḥah » (authentique). D’ailleurs, nous reviendrons ultérieurement sur ces chaînes de transmission et sur la méthode d’authentification des Muḥaddithûn.

Soyons donc vigilants, faisons preuve d’esprit critique, redonnons sa place au Livre d’Allah qui, dans les fondements du droit, est présenté comme étant la première des sources. Viennent ensuite, au niveau de l’authenticité, la Sunnah Mutawâtirah et/ou Mashhûrah.

Quant aux informations singulières (Aḥâd) qui ne sont donc rapportée que par un nombre très restreint de transmetteurs est qui composent l’essentiel des Ḥadîths dont nous disposons, elles acceptent, intrinsèquement, le doute (Ẓann) potentiel de par le nombre de leurs voies et l’incertitude quant à l’authenticité du Matn (texte). Il convient donc de les confronter nécessairement à la parole d’Allah, aux Maqâṣid (objectifs, desseins) de la Sharî’ah et à la Sunnah Mutawâtirah. En conséquence, ce qui contredira ces derniers, et en premier lieu le Coran, sera rejeté sans honte ni hésitation.

Certains pourraient dire que ce travail de confrontation a déjà été fait auparavant et qu’il suffit de nos jours de suivre aveuglément. A ceci, nous répondons en plusieurs points :

  1. D’une part, la méthode utilisée par bon nombre de spécialistes dans l’authentification de la Sunnah admet plusieurs critiques fortes (nous y reviendrons),
  2. Si le travail d’authentification a été fait dans le passé c’est qu’il est permis de le continuer dans le présent.
  3. De plus, nous ajoutons que le travail des hommes reste un travail faillible et perfectible qu’il convient de vérifier, de contextualiser et d’enrichir.
  4. En outre, la perte de l’esprit critique quant aux travaux qui nous précèdent illustre la fin de l’Ijtihâd ce qui est complètement contraire à la Sharî’ah.
  5. Enfin, aucune personne et aucun groupe n’a autorité pour interdire et/ou annuler ce que Allah, Son Prophète et la Sharî’ah autorisent, voire encouragent.

Qu’Allah nous permette de comprendre.

Equipe Al Amânah

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[1] « Al Umm d’Ash Shâfi’î » (7/307-308)

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