Le Prophète fut-il empoisonné ?

L’avis répandu, notamment dans le sunnisme, est que le Prophète (paix sur lui) serait mort assassiné par empoissonnement et cela sur la base notamment d’un Ḥadîth à travers lequel on apprend que le corps rôti d’une chèvre (ou un mouton) qui servait de repas offert au Prophète aurait averti ce dernier que sa chair avait été intoxiquée dans le but de le tuer.

Ci-après, nous montrerons que l’essentiel de la compréhension de ce sujet réside dans le fait qu’il est incohérent et contradictoire avec le Coran et donc que nous rejetons ce récit ainsi que ce qu’il implique.

 

1. UN RÉCIT INCOHÉRENT

D’une part, plusieurs récits en lien avec cette histoire peuvent être rejetés dans la science du Ḥadîth et, d’autre part, même si on les acceptait, il faudrait alors admettre que le poison en question n’aurait agi que des années après qu’il ait été ingéré par le Messager de Dieu (paix sur lui) ce qui, rationnellement, n’est pas possible. Revenons donc à la dimension humaine dans la compréhension de notre religion, sachant que nous faisons fi du mythe de la chèvre rôtie qui s’adresse au Prophète…

 

2. UN RÉCIT CONTRADICTOIRE AVEC LE CORAN

En effet, Dieu a dit dans le verset 67 de la sourate Al Mâ`idah (5) :

يا أَيُّهَا الرَّسُولُ بَلِّغْ مَا أُنزِلَ إِلَيْكَ مِن رَّبِّكَ وَإِن لَّمْ تَفْعَلْ فَمَا بَلَّغْتَ رِسَالَتَهُ وَاللّهُ يَعْصِمُكَ مِنَ النَّاسِ إِنَّ اللّهَ لاَ يَهْدِي الْقَوْمَ الْكَافِرِينَ

« Ô Messager, transmets ce qui t’a été descendu de la part de ton Seigneur. Si tu ne le faisais pas, alors tu n’aurais pas communiqué Son message. Et Dieu te protégera des gens. Certes, Dieu ne guide pas les gens mécréants. »

Certains pourraient alors rétorquer que la protection dont il s’agit ici est celle du Message et non du Messager. A cela, nous répondons que le fait de concevoir la protection évoquée dans ce verset comme étant celle du Message et non du Messager  (l’un étant lié à l’autre) ne tient pas d’après les trois éléments suivants :

  • Le Coran : Dans le verset suivant, Nûḥ dit à son fils : « il n’y a aujourd’hui aucun protecteur – ‘asim عاصم – contre l’ordre de Dieu. »

Le ism fa’il – ‘asim – du verbe « ‘asama » est utilisé dans le verset où Dieu dit : « Dieu te protège des gens ». Or, si la protection de Dieu ne suffit pas même en cas d’empoisonnement, comme comprendre son utilisation dans la parole de Nûh ?!

معنى عصم في لسان العرب العِصْمة في كلام العرب المَنْعُ وعِصْمةُ الله عَبْدَه أن يَعْصِمَه مما يُوبِقُه عَصَمه يَعْصِمُه عَصْماً منَعَه ووَقَاه وفي التنزيل لا عاصِمَ اليومَ مِنْ

Dans le dictionnaire Lisan al ‘Arab, il est précisé que la ‘isma chez les Arabes correspond à l’empêchement (d’une chose). La ‘isma divine pour Son serviteur correspond donc au fait qu’Il le protège – « ya’simahu » – de ce qui pourrait le détruire ou lui nuire et le poison en fait partie.

  • La langue arabe : si le verset indiquait la protection du Message et non du Messager, alors le Damîr (pronom) du verbe n’aurait pas été celui utilisé dans le verset, c’est-à-dire le pronom « ka » – ك (te) :

وَاللّهُ يَعْصِمُكَ مِنَ النَّاسِ

En effet, s’il s’agissait de protéger la révélation (« mâ unzila »), le Damir aurait été « hu » – ه et s’il s’agissait du terme « Risâlah » alors le Damîr aurait été « hâ » – ها.

  • Le raisonnement par le texte coranique : Comment protéger un message si on ne protège pas son unique porteur ? Comment prétendre préserver un message si on admet qu’il soit possible que son seul messager puisse être assassiné et donc ne pas transmettre le message dans son entièreté ?

En guise d’exemple, imaginons que nous n’ayons accès à l’eau que par une seule canalisation. Comment pourrait-on prétendre préserver la pureté de cette eau si on ne préserve pas dans le même temps la qualité et le bon état de la canalisation ?

Ainsi, l’application de ce premier critère cohérent évite les débats enflammés, les écrits à rallonge pour tenter d’affaiblir certains Ḥadîths via telle ou telle règle des sciences mises en place par les muḥaddithûn (savants du Hadîth) ou encore les essais pour concilier ce qui apparaît comme inconciliable.

Or, le problème se trouvant chez nombre de musulmans c’est qu’ils ont été tellement conditionnés par le fait de tenter d’accepter le Ḥadîth à tout prix, même en dépit du du texte coranique et du bon sens, qu’ils cherchent sans cesse à affaiblir la transmission par la seule méthode traditionnelle alors qu’il suffit, pour commencer, d’y opposer la première source ultime de référence, le Coran, comme le faisaient d’ailleurs plusieurs Ṣaḥâbah.

A ceci, certains seraient tentés de répondre que Dieu a bien précisé dans Son Livre (sourate Al Baqarah) que les enfants d’Israël avaient tués certains Prophètes. Certes, mais nous répondons à cela que si des Prophètes (ce qui est différent du terme « Messager ») furent tués par le passé, c’est soit qu’ils n’ont pas bénéficié de cette ‘isma (étant donné qu’il n’y a aucune preuve coranique affirmant qu’ils en bénéficièrent tous à l’instar du dernier Messager), soit leur mission était  terminée, soit ils étaient plusieurs pour transmettre un même message par exemple.

En outre, se référer aux Hadîths pour tenter de savoir ce qui provoqua le décès du Prophète ne règle absolument pas la situation puisque les récits se contredisent : certains parlent de miracle, d’autres d’empoisonnement à retardement, d’autres de loi du Talion et d’autres encore du fait que le Prophète ne serait pas mort à cause du poison mais parce qu’il en aurait fait le choix. On a même divergé sur le degré d’acceptabilité des Hadîths et, dans ce cas, sur des contradictions évidentes. En bref, un labyrinthe sans issue…

 

3. Dieu précise que le Prophète mourra (naturellement ou de maladie) et non qu’il sera assassiné

 

Le Coran est en fait clair et voici comment il évoque la mort du Prophète Muhammad :

‪وَمَا مُحَمَّدٌ إِلَّا رَسُولٌ قَدْ خَلَتْ مِنْ قَبْلِهِ الرُّسُلُ ۚ أَفَإِنْ مَاتَ أَوْ قُتِلَ انْقَلَبْتُمْ عَلَىٰ أَعْقَابِكُمْ ۚ وَمَنْ يَنْقَلِبْ عَلَىٰ عَقِبَيْهِ فَلَنْ يَضُرَّ اللَّهَ شَيْئًا ۗ وَسَيَجْزِي اللَّهُ الشَّاكِرِينَ

‪« Muhammad n’est qu’un Messager ; des Messagers avant lui sont passés. S’il mourait, donc, ou s’il était tué, retourneriez-vous sur vos talons? Quiconque retourne sur ses talons ne nuira en rien à Dieu ; et Dieu récompensera bientôt les reconnaissants.»

Ici, Dieu évoque deux possibilités quant au décès du Prophète :

  • Soit le fait de mourrir, sous-entendu naturellement (sinon la suite du verset n’aurait pas de sens).
  • Soit le fait de mourrir par la cause d’un autre, d’être tué, assassiné.

Or, si l’on pouvait comprendre du verset susmentionné que les deux possibilités étaient envisagées, un autre verset verset vient alors trancher, expliquer et spécifier l’autre :

إِنَّكَ مَيِّتٌ وَإِنَّهُمْ مَيِّتُونَ

‪« En vérité tu mourras et ils mourront eux aussi. »

A ceci, ajoutons que dans le premier verset mentionné, lorsque Dieu évoque le fait de mourir (mâta) ou d’être tué (qutila) concernant le Prophète, Il n’aborde pas spécifiquement le cas qui subviendra pour Muhammad, mais Il interroge la sincérité des Sahâbah dans leur suivi. Dans le second verset en revanche, Dieu affirme, spécifie et précise que le Prophète Muhammad mourra (mayyit). Dieu a donc fait Son choix puisqu’Il aurait parfaitement pu, comme il le fit par ailleurs pour d’autres Prophètes, préciser qu’il serait tué, mais tel ne fut pas le cas. Dieu a utilisé le verbe « mâta » pour évoquer le décès du Prophète, sachant qu’Il fit clairement la distinction dans d’autres versets entre les termes mâta et qatala.

Certes, le résultat est la mort dans les deux cas, mais le fait de faire la distinction montre que le terme « mâta » fait référence à une mort non provoquée par l’assassinat ou le combat. En effet, il nous semble évident que si Dieu précise que des Prophètes sont tués (en utilisant le verbe qatala) et que d’autres sont tués (en utilisant le verbe mâta) c’est pour une raison précise, car les mots utilisés par Dieu sont justes, cohérents et exacts.

D’ailleurs, cela est encore appuyé par le verset 16 de la sourate 33 :

‪قُلْ لَنْ يَنْفَعَكُمُ الْفِرَارُ إِنْ فَرَرْتُمْ مِنَ الْمَوْتِ أَوِ الْقَتْلِ وَإِذًا لَا تُمَتَّعُونَ إِلَّا قَلِيلًا

‪« Dis: «Jamais la fuite ne vous sera utile si c’est la mort – mawt – (sans combat) ou le meurtre – qatl – (dans le combat) que vous fuyez; dans ce cas, vous ne jouirez (de la vie) que peu (de temps)». »

Conséquemment, lorsqu’un verset nous dit que le Prophète est protégé du mal des gens (que les tafsîr précisent même que cela signifie qu’il est protégé contre l’assassinat) et qu’un autre verset explique qu’il mourra, et non qu’il sera tué, le cas de la mort du Prophète est limpide et vouloir affirmer le contraire en affirmant via des sources de fiabilité douteuse qu’il aurait été assassiné est assez surprenant. A ce titre, les Hadîths entre eux se contredisent, ce qui n’aide en rien la compréhension et est plutôt contre-productif, sachant que même quand Abû Bakr annonça la mort du Prophète, il parla, d’après ce qu’on lui attribue, de « mort » et non « d’assassinat »… aujourd’hui, même le meurtre d’un chef d’entreprise ne passerait pas inaperçu, alors que dire du prétendu meurtre du dernier Messager qui n’est même pas évoqué dans le Coran… Soyons sérieux et revenons au Livre de Dieu en priorité pour une compréhension plus saine de l’islam.

Conclusion

Voici les arguments de ceux qui affirment ou pensent que l’empoisonnement est plausible :

  1. Il existe des récits singuliers plus ou moins fiables qui l’évoquent.
  2. Ceux qui mentionnent les récits évoquant l’empoisonnement, même s’il a eu lieu au moins trois ans entre celui-ci et la mort du Prophète, estiment qu’il est possible que Dieu préserve Son Messager le temps qu’il termine sa mission de transmission du message (à l’image d’un miracle), ce qui ne contredirait pas le Coran selon eux.
  3. Le verset du Coran de la sourate al-Mâ`idah peut signifier la préservation du Message et non du Messager. Et si le verset signifie la préservation contre tout mal des gens, alors comment expliquer que le Prophète ait pu être blessé lors de batailles par exemple ?

Voici les arguments de ceux qui, comme nous, rejettent l’empoisonnement :

  1. Dieu précise clairement dans le Coran (sourate al-Mâ`idah) qu’Il protège Son Messager :

يا أَيُّهَا الرَّسُولُ بَلِّغْ مَا أُنزِلَ إِلَيْكَ مِن رَّبِّكَ وَإِن لَّمْ تَفْعَلْ فَمَا بَلَّغْتَ رِسَالَتَهُ وَاللّهُ يَعْصِمُكَ مِنَ النَّاسِ إِنَّ اللّهَ لاَ يَهْدِي الْقَوْمَ الْكَافِرِينَ

« Ô Messager, transmets ce qui t’a été descendu de la part de ton Seigneur. Si tu ne le faisais pas, alors tu n’aurais pas communiqué Son message. Et Allah te protégera des gens. Certes, Allah ne guide pas les gens mécréants. »

Or, la protection dans le verset concerne le Messager et non le Message (l’un étant finalement lié à l’autre) comme nous l’avons démontré. Cela est confirmé par le sens du terme utilisé dans le Coran, la langue arabe et le raisonnement.

  1. Le verset susmentionné de la sourate al-Mâ`idah ne précise pas que le Prophète est protégé des gens uniquement le temps de sa mission. Donc le fait d’imposer une limite temporelle à cette protection n’est pas conforme au Coran. D’autant que sa mission ne consiste pas seulement à transmettre mais également à rappeler et appliquer la Révélation, et cela peut se faire jusqu’au moment de la mort.
  1. Même si l’on admet que le Prophète ait pu être blessé, notamment à travers d’autres versets, nous pouvons convenir que le verset de la sourate al-Mâ`idah évoque une protection contre la mort, car il est attesté dans le Coran que le Prophète a pu être blessé intérieurement (voire extérieurement) à cause des gens. Il s’agit donc d’une protection contre l’assassinat sans date limite et, comme le Coran ne se contredit pas, on peut convenir que cette parole ne fait pas référence à d’autres torts éventuels que le Prophète aurait pu subir.
  1. Le problème réside dans le fait de vouloir continuellement en revenir à la science du Ḥadîth traditionnelle pour commencer la réflexion, quand nous préconisons une confrontation directe avec le Coran pour simplifier et épurer l’approche. En effet, vouloir entrer dans la voie de la science du Ḥadîth traditionnelle pour accepter ou non un récit c’est entrer dans un labyrinthe qui ne propose, pour ainsi dire, aucune issue fiables. A chaque fois, l’on tombera sur un savant qui aura affaibli le transmetteur qu’un autre aura renforcé, un savant qui aura affaibli un Ḥadîth par une voie et qu’un autre aura assaini par le biais de shawâhid (Ḥadîths témoins), un savant qui essaiera de concilier à tout prix un Ḥadîth qui en contredit un autre, un savant qui prétendra que tel Ḥadîth abroge tel autre alors qu’un autre savant affirmera le contraire, etc. C’est une voie sans fin qui, en outre, ne donne accès à aucun apaisement car un Ḥadîth singulier, par définition, n’est porteur que de doute, même présumés faibles, quant à son information.

Aussi, même si le Coran est très clair sur le sujet, notamment par l’étude du verset cité et d’autres pouvant compléter sa compréhension (le tafsîr du Coran se faisant en premier lieu par le Coran lui-même), il convient de citer ce qui, pour ceux qui veulent passer par la voie des Ḥadîths, pourrait mettre tout le monde d’accord :

مَا مِنْ نَبيٍّ يَمْرَضُ إِلاَّ خُيِّرَ بَيْنَ الدُّنْيَا وَالآخِرَةِ. وَكَانَ فِي شَكْوَاهُ الَّذِي قُبِضَ فِيهِ أَخَذَتْهُ بُحَّةٌ شَدِيدَةٌ، فَسَمِعْتُهُ يَقُولُ: مَعَ الَّذِينَ أَنْعَمَ اللَّهُ عَلَيْهِمْ مِنَ النَّبِيِّينَ وَالصِّدِّيقِينَ وَالشُّهَدَاءِ وَالصَّالِحِينَ. فَعَلِمْتُ أَنَّهُ خُيِّرَ ـ رواه البخاري (4586

Al Bukhârî rapporte (Ṣaḥîḥ) : « Il n’y a pas un Prophète qui tombe malade sans qu’on ne lui LAISSE LE CHOIX entre demeurer dans la duniyâ (bas monde) ou l’au-delà. Il était dans l’agonie dans laquelle il mourut. Il fut pris de forts gémissements à cause de la maladie. Et je l’ai entendu cité (le passage coranique) suivant : {… avec ceux que Dieu a comblé de Ses bienfaits : les Prophètes, les véridiques, les martyrs, et les vertueux.} J’ai compris alors qu’il avait choisi. »

Ici, il est question de CHOIX pour le Messager de Dieu (paix sur lui) qui ne serait donc pas mort des suites d’un empoisonnement, mais parce qu’il a quitté ce bas monde conformément au choix qu’il fit (selon ce Ḥadîth).

 [ ( كَانَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم وَهْوَ صَحِيحٌ يَقُولُ : إِنَّهُ لَمْ يُقْبَضْ نَبِيٌّ قَطُّ حَتَّى يَرَى مَقْعَدَهُ مِنَ الْجَنَّةِ ، ثُمَّ يُحَيَّا أَوْ يُخَيَّرَ . فَلَمَّا اشْتَكَى وَحَضَرَهُ الْقَبْضُ وَرَأْسُهُ عَلَى فَخِذِ عَائِشَةَ غُشِي عَلَيْهِ ، فَلَمَّا أَفَاقَ شَخَصَ بَصَرُهُ نَحْوَ سَقْفِ الْبَيْتِ ثُمَّ قَالَ : اللَّهُمَّ فِي الرَّفِيقِ الأَعْلَى . فَقُلْتُ : إِذًا لاَ يُجَاوِرُنَا . فَعَرَفْتُ أَنَّهُ حَدِيثُهُ الَّذِي كَانَ يُحَدِّثُنَا وَهْوَ صَحِيحٌ )

رواه البخاري (4437) ومسلم  – (2444

Al Bukhârî et Muslim rapportent :

« Lorsque le Messager de Dieu était en forme, il disait : « On ne prend l’âme d’aucun Prophète jusqu’à ce qu’il voie sa place au paradis puis on le fait vivre ou on le laisse choisir. » Lorsqu’il se plaignit (des affres de la mort), qu’il était à l’agonie et que sa tête était sur la cuisse de Âïshah, il s’évanouit (un moment) puis quand il reprit connaissance, il leva son regard vers le toit de la maison puis dit : « Ô mon seigneur ! Plutôt la compagnie du très Haut » ».

فتح الباري لإبن حجر  » هذه الحالة من خصائص الأنبياء أنه لا يقبض نبي حتى يخير بين البقاء في الدنيا وبين الموت  » انتهى من  » فتح الباري  » (10/131

Ibn Ḥajar a dit dans Fatḥ al Bârî (10/131) en commentant les Ḥadîths sur le choix des Prophètes : « Ces cas font partie des spécificités des Prophètes, (c’est -à-dire) que l’on ne prend pas l’âme d’un Prophète jusqu’à ce qu’on lui laisse le choix entre rester dans la duniyâ et la mort. » Fin de citation.

Conséquemment, si ce n’est en tentant une nouvelle fois des conciliations sans fin et/ou des tentatives d’affaiblissement d’un Ḥadîth par rapport à l’autre, il s’agit de récits qui contredisent clairement la mort par assassinat, puisque les Prophètes meurent en fonction du choix qu’ils font entre rester dans la duniyâ et aller dans l’au-delà.

Compléments

Ce qui nous permet d’opter pour cette dernière voie de compréhension d’un point de vue coranique, rationnel et linguistique, se sont en résumé les éléments suivants :

  1. Le verset évoquant la ‘isma (sourate al-Mâ`idah). Sachant que cette compréhension du verset est corroborée par au moins un autre verset, le raisonnement et la linguistique.
  2. Le verset évoquant que le Prophète va mourir, avec l’emploi du verbe « mâta ».
  3. Le verset faisant la distinction entre « qatala » et mâta », notamment pour le Prophète. Cela est en plus corroborer par d’autres versets faisant la distinction entre ces deux termes : 3/168, 5/3…
  4. Le fait que Dieu précise quand un Prophète meurt (naturellement) et quand il est tué (assassiné, au combat…).
  5. Le fait que les Ḥadîths dans le sujet se contredisent et, au final, ne permettent pas d’expliciter et rendre claire la réponse à la question posée si on se suffit de ce qu’ils nous rapportent. Pire, certains embrouillent, nécessitent de faire des galipettes en tout genre et/ou d’entrer par d’autres portes pour les rendre crédibles et « lisibles » (miracles, poison à retardement…), quand d’autres évoquent simplement un choix du Prophète[1] et une simple mort[2].

Que Dieu nous permette de comprendre.

Rédaction LVDH

******

[1] Ḥadîths rapportés par Al Bukhârî et Muslim

[2] Abû Bakr annonce la mort du Prophète : il parle de mort, et ne parle jamais d’assassinat. Aujourd’hui, même l’assassinat d’un chef d’entreprise ne passerait pas inaperçue, alors que dire de celui du dernier Messager de Dieu !?

1252 – خُطْبَةُ أَبِي بَكْرِ الصِّدِّيقِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ عِنْدَ وَفَاةِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ

3216 – أَخْبَرَنَا أَبُو زَكَرِيَّا يَحْيَى بْنُ مُحَمَّدٍ الْعَنْبَرِيُّ ، ثَنَا مُحَمَّدُ بْنُ عَبْدِ السَّلَامِ ، ثَنَا إِسْحَاقُ بْنُ إِبْرَاهِيمَ ، أَنْبَأَ عَبْدُ الرَّزَّاقِ ، أَنْبَأَ مَعْمَرٌ ، عَنِ الزُّهْرِيِّ قَالَ : أَخْبَرَنِي أَبُو سَلَمَةَ بْنُ عَبْدِ الرَّحْمَنِ قَالَ : كَانَ ابْنُ عَبَّاسٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا يُحَدِّثُ أَنَّ أَبَا بَكْرٍ الصِّدِّيقَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ دَخَلَ الْمَسْجِدَ وَعُمَرُ بْنُ الْخَطَّابِ يُحَدِّثُ النَّاسَ ، فَأَتَى الْبَيْتَ الَّذِي تُوُفِّيَ فِيهِ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَآلِهِ وَسَلَّمَ فَكَشَفَ عَنْ وَجْهِهِ بُرْدَ حِبْرَةٍ ، وَكَانَ مُسَجًّى بِهِ ، فَنَظَرَ إِلَيْهِ فَأَكَبَّ عَلَيْهِ لَيُقَبِّلَ وَجْهَهُ ، وَقَالَ : وَاللَّهِ لَا يَجْمَعُ اللَّهُ عَلَيْكَ مَوْتَتَيْنِ بَعْدَ مَوْتَتِكَ الَّتِي لَا تَمُوتُ بَعْدَهَا . ثُمَّ خَرَجَ إِلَى الْمَسْجِدِ وَعُمَرُ يُكَلِّمُ النَّاسَ فَقَالَ أَبُو بَكْرٍ : اجْلِسْ يَا عُمَرُ ، فَأَبَى فَكَلَّمَهُ مَرَّتَيْنِ أَوْ ثَلَاثًا ، فَأَبَى ، فَقَامَ فَتَشَهَّدَ فَلَمَّا قَضَى تَشَهُّدَهُ قَالَ : أَمَّا بَعْدُ ، فَمَنْ كَانَ يَعْبُدُ مُحَمَّدًا فَإِنَّ مُحَمَّدًا صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَآلِهِ وَسَلَّمَ قَدْ مَاتَ ، وَمَنْ كَانَ يَعْبُدُ اللَّهَ ، فَإِنَّ اللَّهَ حَيٌّ لَا يَمُوتُ ، ثُمَّ تَلَا : وَمَا جَعَلْنَا لِبَشَرٍ مِنْ قَبْلِكَ الْخُلْدَ وَمَا مُحَمَّدٌ إِلَّا رَسُولٌ قَدْ خَلَتْ مِنْ قَبْلِهِ الرُّسُلُ ، وَتَلَا إِلَى : الشَّاكِرِينَ . فَمَا هُوَ إِلَّا أَنْ تَلَاهَا فَأَيْقَنَ النَّاسُ بِمَوْتِ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَآلِهِ وَسَلَّمَ حَتَّى قَالَ قَائِلٌ : لَمْ يَعْلَمِ النَّاسُ أَنَّ هَذِهِ الْآيَةَ أُنْزِلَتْ حَتَّى تَلَاهَا أَبُو بَكْرٍ . قَالَ الزُّهْرِيُّ : فَأَخْبَرَنِي سَعِيدُ بْنُ الْمُسَيِّبِ أَنَّ عُمَرَ بْنَ الْخَطَّابِ قَالَ : لَمَّا تَلَاهَا أَبُو بَكْرٍ : عُقِرْتُ حَتَّى خَرَرْتُ إِلَى الْأَرْضِ وَأَيْقَنْتُ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَآلِهِ وَسَلَّمَ قَدْ مَاتَ .

[ ص: 14 ] هَذَا حَدِيثٌ صَحِيحٌ عَلَى شَرْطِ الشَّيْخَيْنِ وَلَمْ يُخْرِجَاهُ بِهَذِهِ السِّيَاقَةِ .

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