«Suivre la Sunnah des califes Râshidûn»

Ḥadîth : « Suivez ma Sunnah et celle des califes Râshidûn (« bien guidés »)

Le Ḥadîth en question est célèbre, présent notamment dans l’ouvrage très lu « Riyâḍ as Ṣâliḥîn » et régulièrement utilisé pour justifier l’avis voulant imposer le fait qu’il faille absolument suivre les Salafs quant aux avis qui leurs sont attribués. Toutefois, il est à noter que ce Ḥadîth n’est rapporté ni par Al Bukhârî ni par Muslim, mais par At Tirmidhî, Abû Dâwud, Al Ḥâkim ou encore Ibn Ḥibbân. Cela est précisé pour celles et ceux qui considèrent comme intouchables ce que rapportent ces deux Imâms. Concernant son authentification, ou acceptation, il y a également des remarques à faire dans ce qui va suivre.

Ce propos fut rapporté par des voies qui passent toutes par ‘Abd ar Raḥmân ibn ‘Amr as Sulamî et Ḥujr ibn Ḥujr qui ont (tous deux) dit que ‘Irbâḍ ibn Sâriyyah rapporte :

« Le Messager d’Allah nous fit une exhortation telle que nos cœurs en frémirent et que nos yeux s’emplirent de larmes. Nous dîmes alors : « Ô Messager de Dieu ! On dirait un sermon d’adieu, fais-nous donc une recommandation. » Il dit : « Je vous recommande la crainte de Dieu ainsi que l’obéissance totale à ceux d’entre vous qui vous gouvernent, serait-il un esclave abyssin. Celui d’entre vous qui vivra verra de grandes discordes. Accrochez-vous à ma Sunnah et à celle des califes bien guidés (Al Khulafâ` ar Râshidûn). Saisissez-la de toutes vos forces et méfiez-vous des innovations, car toute innovation est égarement. »

عن العرباض بن سارية قال ثم وعظنا رسول الله صلى الله عليه وسلم يوما بعد صلاة الغداة موعظة بليغة ذرفت منها العيون ووجلت منها القلوب فقال رجل إن هذه موعظة مودع فماذا تعهد إلينا يا رسول الله قال أوصيكم بتقوى الله والسمع والطاعة وإن عبد حبشي فإنه من يعش منكم يرى اختلافا كثيرا وإياكم ومحدثات الأمور فإنها ضلالة فمن أدرك ذلك منكم فعليكم بسنتي وسنة الخلفاء الراشدين المهديين عضوا عليها بالنواجذ

Voici maintenant ce que nous pouvons mettre en avant comme problème concernant ce Ḥadîth en lien avec l’approche de l’une des Ecoles du Ḥadîth : celle des Muḥaddithûn.

 

CONCERNANT ḤUJR IBN ḤUJR (al Kalâ’î al Ḥimṣî)

Il n’y a qu’Al Ḥâkim et Ibn Ḥibbân qui l’ont certifié, comme à leur accoutumé dans l’authentification d’inconnus (Majâhîl) par le statut. Ibn al Qaṭṭân a dit : « لا يُعرف – Il est inconnu » et cela est exact, car il ne rapporte que ce Ḥadîth et personne ne transmet de lui si ce n’est un seul individu. C’est pour cela qu’Ibn Ḥajar a dit de lui dans « At Taqrîb » : « مقبول – (il) peut être accepté (Maqbûl) » ce qui est en réalité un terme d’affaiblissement (Laqab Taḍ’îf).

CONCERNANT ‘ABD AR RAHMÂN IBN ‘AMR IBN ‘ABASA AS SULAMÎ (ash Shâmî)

Ibn al Qaṭṭân a dit de lui :

مجهول، والحديث لا يصح

« Inconnu, et ce Ḥadîth n’est pas valide. »

Personne ne l’a authentifié excepté Ibn Ḥibbân conformément à son habitude de rendre fiable des inconnus parmi les Tâbi’ûn. C’est pour cela qu’Ibn Ḥajar a dit de lui dans « At Taqrîb » : « Maqbûl ». C’est un terme qu’il utilise habituellement pour ceux dont on ne connaît pas le statut (Mastûr al Ḥâl).

Adh Dhahabî a dit de lui dans « Al Kâshif » : « Ṣadûq » (sincère) ce qui constitue un terme d’affaiblissement (Taḍ’îf). En effet, être sincère ne garantit en rien la bonne conformité des propos rapportés.

Al Ḥâkim a commis une erreur quand il a dit :

وقد احتج البخاري بعبد الرحمن بن عمرو

« Al Bukhârî a pris comme argument ‘Abd ar Raḥmân ibn ‘Amr. »

Effectivement, Al Bukhârî a bien pris comme argument ‘Abd ar Raḥmân ibn ‘Amr, mais il s’agissait de ‘Abd ar Raḥmân ibn ‘Amr Al Awzâ’î et non de ‘Abd ar Raḥmân ibn ‘Amr ibn ‘Abasa as Salumî. Il s’agit donc d’une erreur de sa part puisqu’il a vraisemblablement confondu les deux ‘Abd ar Raḥmân.

At Ṭabarânî dans « Al Awṣat » a pris en compte une autre chaine de transmission pour ce Ḥadîth, à savoir la suivante :

حدثنا أحمد بن إبراهيم قال حدثنا إبراهيم بن عبد الله بن العلاء بن زبر قال حدثني أبي عن يحيى بن أبي المطاع عن العرباض بن سارية السلمي

Aḥmad ibn Ibrâhîm, d’après Ibrâhîm ibn ‘Abdillah ibn al ‘Alâ` ibn Zabr, d’après son père, d’après Yaḥyâ ibn Abî al Muṭâ’, d’après Al ‘Irbâḍ ibn Sâriyyah as Sulamî.

Toutefois, il a émis comme défaut l’isolement (Tafarrud) quand il dit :

لم يرو هذا الحديث عن يحيى بن أبي المطاع إلا عبد الله بن العلاء بن زبر

« Ce Ḥadîth n’est transmis selon Yaḥyâ ibn Abî al Muṭâ’ que par ‘Abdullah ibn al ‘Alâ` ibn Zabr. »

CONCERNANT IBRÂHÎM IBN ‘ABULLAH IBN AL ‘ALÂ susmentionné

Ibn Ḥibbân l’a authentifié. An Nasâ’î a dit de lui qu’il n’est pas fiable (Laysa bi Thiqah) et Aḥmad ibn Ibrâhîm a dit :

لم أميزه

« Je ne l’ai pas discerné. »

Dans tous les cas, cette chaîne est faible et il n’est pas valide de l’utiliser comme Ḥadîth garant (Mutâba’ah) afin de renforcer l’autre, car Yaḥyâ ibn Abî Mutâ’ est fiable (Thiqha), mais n’a jamais entendu de ‘Irbâḍ et ne l’a jamais rencontré (physiquement). Cependant, il a rapporté de façon Mursal (avec une coupure) de lui comme il est de coutume chez les gens du Shâm (voir « Mîzân al I’tidal » (7/221).

Al Ḥâkim est venu avec une chaîne plus « ténébreuse » (إظلام) que celle-ci :

حدثنا أبو العباس محمد بن يعقوب ثنا أحمد بن عيسى بن زيد التنيسي ثنا عمرو بن أبي سلمة التنيسي أنبأ عبد الله بن العلاء بن زيد عن يحيى بن أبي المطاع قال سمعت العرباض بن سارية

« Abû al ‘Abbâs Muḥammad ibn Ya’qûb nous a rapporté d’après Aḥmad ibn ‘Isâ ibn Zayd at Tunîsî, d’après ‘Amr ibn Salâmah at Tunîsî, d’après ‘Abdullah ibn al ‘Alâ ibn Zayd, d’après Yaḥyâ ibn Abû al Mutâ’ qui a dit : J’ai entendu al ‘Irbâḍ ibn Sâriyyah. »

Cette chaîne possède la même coupure que précédemment et le défaut de l’isolement (Tafarrud) que nous avons indiqué, en plus de la faiblesse des transmetteurs jusqu’à Al Ḥâkim.

CONCERNANT ‘ABDULLAH IBN AL ‘ALÂ IBN ZAYD

Il est inconnu. Il se peut que ce soit ibn Zabr qui se soit isolé (Tafarada) avec ce Ḥadîth et il est fiable (Thiqah).

CONCERNANT ‘AMR IBN ABÎ SALÂMAH at TUNÎSÎ

Ibn Ḥajar a dit de lui :

صدوق له أوهام

« Il est sincère (Ṣadûq) et fait des erreurs/confusions (Lahu Awhâm) ».

Abû Ḥâtim a dit de lui :

كتب حديثه ولا يحتج به

« On écrit son Ḥadîth, mais on ne le prend pas pour argument. »

Ibn Ma’în et As Sâjî l’ont affaibli.

CONCERNANT AHMAD IBN ‘ISÂ IBN ZAYD AT TUNÎSÎ

Ibn ‘Adî a dit :

له مناكير

« Il transmet des choses réprouvables (Lahu Manâkir). »

Ad Dâraquṭnî a dit :

ليس بالقوي

« Il n’est pas fort (Laysa bi Qawî). »

Ibn Ṭâhir a dit de lui :

كذاب يضع الحديث

« Menteur, il forge le Ḥadîth. »

Ibn Ḥibbân a dit :

يروي عن المجاهيل الأشياء المناكير، وعن المشاهير الأشياء المقلوبة

« Il rapporte d’inconnus des choses réprouvables (Munkar) et de personnes célèbres des choses acceptées. »

CONCLUSION/RESUME DE CETTE PARTIE

Conséquemment, ce Ḥadîth n’est rapporté que par deux hommes dont le statut est inconnu. Ce genre de Ḥadîth est authentifié par certains savants, lesquels sont connus pour leur laxisme dans l’authentification des inconnus parmi les Tâbi’ûn, comme par exemple Ibn Ḥibbân, Al Ḥâkim, Ibn Khuzaymah et une grande partie des tardifs. Quant à la majorité des Muḥaddithûn parmi les prédécesseurs, la narration du Mastur (celui dont on ne connait pas le statut) n’est pas valide.

Cela est toutefois différent chez les Fuqahâ (Ḥanafites) car ils considèrent comme suffisante la ‘Adâlah aẓ Ẓâhirah (probité apparente) du transmetteur, c’est-à-dire l’islamité apparente chez la personne (et non la ‘Adâlah al Bâṭinah – probité intérieure – qui consiste à éviter les grands péchés et qui est prise en compte par l’Ecole des Muḥaddithûn) et ce, à la condition qu’il fasse partie des trois premiers siècles[1]. Ainsi, Ibn al Ḥanbalî[2] a dit : « Ce sur quoi doit être notre Ecole est l’acceptation de l’inconnu même s’il a été caché sans formule d’éloge (comme « Shaykh, savant, etc. »), mais à la même condition que nous avons accepté le Mursal[3], c’est-à-dire que le rapporteur fasse partie des trois premiers siècles. »[4] Ceci se nuance cependant par la position de Muhammad, contraire à celle d’Abû Ḥanîfah, rapportée par As Sarakhsî : « Quant au Mastûr (celui dont l’état est inconnu), Muḥammad a écrit dans son livre Al Istiḥsân que son Khabar (Ḥadîth) est semblable à celui du Fâsiq (pervers) […]. » As Sarakhsî poursuivra d’ailleurs en disant : « […] Mais ce que [Muḥammad] a mentionné dans Al Istiḥsân est davantage valide à notre époque car la perversion l’a emporté chez les gens […].»[5]

Quoiqu’il en soit, il convient de s’interroger sur la recevabilité d’un propos attribué au Prophète de l’islam par des gens dont le statut est inconnu et ce, même s’ils font partie des trois premières générations. Pourquoi ? Car aucune source authentique, explicite et fiable ne précise que l’ensemble des gens des trois premières générations sont, de façon absolue, des gens pieux et fiables. Même si ces Salafs sont décrient comme étant des pieux prédécesseurs (As Salaf as Ṣâliḥ), certains d’entre eux ont rendu innovateurs d’autres Salafs. Or, l’accusation du Tabdî’ (le fait de rendre innovateur) et du Taḍlîl (le fait de rendre égaré) a touché des gens tels qu’Abû Ḥanîfah, Ash Shâfi’î, Al Bukhârî ou encore Muslim. Les élites que l’on nomme « les Salafs » purent également s’entretuer, se maudire et se traiter d’égaré les uns les autres.

Or, s’ils ne voyaient pas (eux-mêmes) l’obligation de se suivre entre eux (puisqu’ils font partie des Salafs), comment ceux qui viennent après considèreraient-ils cela comme obligatoire et comment suivrait-ils leurs divergences ? Comment peut-on imposer l’idée que l’ensemble des « Salaf » furent pieux, comme s’ils représentaient un tout homogène et que l’on sait que parmi les Hommes des meilleurs siècles, il s’y trouvait le croyant, le mécréant, l’hypocrite, le sincère, l’égaré, celui qui demande la guidée, le criminel ou encore le musulman. Or, ce constat empêche l’imitation et le suivi d’un ensemble qu’on appelle les « Salafs » puisqu’il est impossible de suivre ce qui s’oppose et se contredit. A fortiori, il est très difficilement envisageable d’accepter les propos attribués au Prophète par des personnes dont le statut est inconnu.

LA CONFRONTATION DE CE HADÎTH AU RAISONNEMENT

Le Matn (texte) du Ḥadîth possède des choses évidentes qui ne peuvent être acceptées. Il est connu des fondements de la Sharî’ah que le calife bien guidé n’est nullement en droit de légiférer sur ce que fut le Prophète (paix sur lui). ‘Umar lui-même, quand il était calife, a nommé ce qu’il a vu concernant le fait de rassembler la Ṣalât les nuits du mois de Ramadân comme étant une « innovation » (Bid’ah) et il n’a jamais dit que cela était une « Sunnah ». Méditez sur le fait que les Ṣaḥâbah ont contredit les deux Shaykh (Abû Bakr et ‘Umar) dans plusieurs questions. Ceci indique qu’ils ne donnèrent pas au Ḥadîth en question, si toutefois ils le connaissaient et le considéraient comme un Ḥadîth, le sens que certains lui donnent aujourd’hui en voulant faire de la pratique des califes « bien guidés » un argument (Ḥujjah) en islam.

En plus, si nous devions admettre que le Messager d’Allah (paix sur lui) ait laissé après lui le pouvoir de légiférer au nom du Coran à des Hommes, il aurait alors institué de manière évidente et indubitable des critères explicites afin que nous reconnaissions qui sont les califes bien guidés (Râshidûn) en question. De plus, si nous examinons les avis des savants concernant le califat d’Al Ḥasan, sur lui la paix, nous nous rendons compte qu’on a divergé de manière réelle sur la personnalité des califes bien guidés. Comment le Messager d’Allah pourrait-il nous ordonner de suivre la Sunnah par d’autres que lui et ce, sans les définir précisément ou les spécifier clairement pour nous au préalable ?

Un Messager d’Allah peut-il avoir accompli sa mission complètement en nous laissant dans le flou le plus complet à ce niveau ?!

Ne serait-ce qu’en tenant compte de cet argument, le Ḥadîth en question devient assurément faible, voire irrecevable, et Allah est plus savant.

En effet, la Ummah dans son entièreté a divergé sur l’identité des califes bien guidés. Il y a ceux qui ne reconnaissent pas ce titre à Abû Bakr, ‘Umar ainsi qu’à ‘Uthmân, ceux qui voient dans l’ordre établit par ceux qui se sont succédés dans le califat une « usurpation », ceux qui ne sont pas d’accord avec l’ordre même des « califes bien guidés », etc. Etonnant donc qu’avec un Hadîth censé être si important la Ummah ne se soit pas mise d’accord dessus et soit incapable de déterminer précisément qui sont les califes Râshidûn. D’ailleurs, si nous devions admettre que les califes en question sont les quatre premiers califes et que cela était connu des Sahâbah, comment se fait-il que ces mêmes Sahâbah aient besoin de voter, aient divergé et se soient parfois disputés (voire divisés) pour déterminer la personne qui succèderait au Prophète (paix sur lui) ou au calife précédent ? Ceci n’a aucun sens.

En outre, à ce genre de Ḥadîth, on pourrait appliquer, pour les fervents suiveurs de l’Ecole des Muḥaddithûn, ce qu’a dit le Ḥâfiẓ Ibn ‘Abd al Barr dans « At Tamhîd » (10/278) :

«ولم يخرج البخاري ولا مسلم بن الحجاج منها حديثاً واحداً. وحسبك بذلك ضعفاً لها»

« Et ni Al Bukhârî ni Muslim al Ḥajjâj n’ont rapporté de ceux-ci un seul Ḥadîth. Et cela te suffit pour montrer leur faiblesse. »

Donc ceux qui rapportent l’acceptation de la Ummah quand à ce Ḥadîth, de quelle Ummah parle-t-ils ? des sunnites, chiites, Zaydites, etc., ou de leur secte personnelle ?

Concernant ce Ḥadîth, des prédécesseurs l’ont affaibli et cela est suffisant pour faire tomber cet argument. En outre, la preuve ici n’est pas en lien avec « le vote » quant à la validité du Ḥadîth, mais il est en rapport à l’authentification de ses hommes transmetteurs et la présence ou absence de chose irrecevable dans son Matn (texte).

Ce Ḥadîth n’a aucune voie pouvant être prise en compte, sauf celles selon deux inconnus qui rapportent selon ‘Irbâḍ ibn Sâriyyah.

Ainsi, le fait d’inclure les califes « bien guidés » dans la législation divine est une chose contraire aux fondements même de la Sharî’ah (Uṣûl ash Sharî’ah). Allah nous a ordonné de renvoyer nos divergences comme suit : {… Puis, si vous vous disputez en quoi que ce soit, renvoyez-le à Allah et au Messager, si vous croyez en Allah et au Jour Dernier. Ce sera bien mieux et de meilleure interprétation.} [Coran, 4/59], et non de les renvoyer aux « califes bien guidés » dont l’identité est totalement floue.

En effet, qui sont les califes « bien guidés » en question ? Est-il parvenu un texte les concernant et les mentionnant précisément ? Pourquoi tel ne serait pas le cas si on affirme qu’il est obligatoire de suivre leur Sunnah !? Savez-vous qu’il y a une grande divergence entre les savant dans la désignation des califes en question ? Est-ce qu’on inclut avec eux Al Ḥusayn ? Est-ce qu’on inclut ‘Umar ibn ‘Abd al ‘Azîz ? Suivons-nous la Sunnah du dernier (‘Umar ibn ‘Abd al ‘Azîz) qui est un Tâbi’î et délaissons-nous les meilleurs Ṣaḥâbah ?

Et pourquoi les Ṣaḥâbah n’ont-ils pas appliqué ce Ḥadîth entre eux ? Sur combien de choses certains Ṣaḥâbah ont divergé d’avec les califes « bien guidés », à l’instar d’Ibn ‘Umar par exemple qui a contredit Abû Bakr et ‘Umar sur la même question (Muta’ al Hajj) et qui fit la Fatwâ contrairement à ce que l’on rapporte d’eux dans deux questions. La parole d’Ibn ‘Abbâs est célèbre en ce sens :

توشك أن تنزل عليكم حجارة من السماء… أقول قال رسول الله (صلى الله عليه وسلم) وتقولون قال أبو بكر وعمر؟!

« Des pierres du ciel vont presque vous tomber dessus… je suis en train de vous dire « le Messager a dit » et vous me dites « Abû Bakr et ‘Umar ont dit !? ». »

Qu’Allah nous permette de comprendre.

Equipe La voie du Hanîf

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[1] .

بالعدالة الظاهرة عند الأحناف ظاهر الإسلام، وبالعدالة الباطنة اجتناب محظورات الشرع، والعدالة الباطنة هي المعتبرة في قبول الأخبار، إلا أنهم اكتفوا بالظاهرة في قبول رواية المستور بشرط أن يكون من أهل الصدر الأول. راجع: تعريف العدالة وأنواعها عند الحنفية (ص 11)

[2] Savant Ḥanafite et spécialiste des Uṣûl.

[3] Ḥadîth avec une coupure dans le Sanad.

[4] .

ة فقال ابن الحنبلي: والذي ينبغي أن يكون مذهبنا -يعني الحنفية- قبوله وإن أبهم بغير لفظ التعديل، ولكن بمثل الشرط الذي اعتبرناه في المرسل وهو أن يكون من القرون الثلاثة دون ما عداها. اهـ. قفو الأثر (ص 85)، وقواعد في علوم الحديث – ص 203.

[5] Uṣûl As Sarakhsî (1/370) :

السرخسي: أما المستور فقد نص محمد في كتاب الاستحسان على أن خبره كخبر الفاسق، وروى الحسن عن أبي حنيفة أنه بمنزلة العدل في رواية الأخبار، لثبوت العدالة له ظاهرًا بالحديث المروي عن رسول الله صلى الله عليه وسلم وعن عمر: (المسلمون عدول بعضهم على بعض) -رواه مرفوعًا ابن أبي شيبة في مصنفه (4/ 325) من طريق عمرو بن شعيب عن أبيه عن جده، ورواه موقوفًا الدارقطني (4/ 206)، ومن طريقه البيهقي (10/ 197) عن عمر في كتابه إلى أبي موسى الأشعري-؛ ولهذا جوز أبو حنيفة القضاء بشهادة المستور فيما يثبت مع الشبهات إذا لم يطعن الخصم، ولكن ما ذكره في الاستحسان أصح في زماننا، فإن الفسق غالب في أهل هذا الزمان فلا تعتمد رواية المستور ما لم يتبين عدالته كما لم تعتمد شهادته في القضاء قبل أن تظهر عدالته، وهذا بحديث عباد بن كثير أن النبي صلى الله عليه وسلم قال: (لا تحدثوا عمن لا تعلمون بشهادته) -لم أقف على من أخرجه-. ولأن في رواية الحديث معنى الإلزام، فلا بد من أن يعتمد فيه دليل ملزم وهو العدالة التي تظهر بالتفحص عن أحوال الراوي. اهـ [أصول السرخسي (1/ 370

 

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