Le Hadîth n’est pas une source de la langue arabe

Plus précisément, la question est de savoir pourquoi le Ḥadîth attribué au Prophète (paix sur lui) n’est pas considéré comme une source de la langue arabe et ce, alors qu’il fut le maître et le grand savant de cette langue ?

En effet, parmi les sources de la langue arabe permettant d’expliciter linguistiquement un texte, coranique ou prophétique, se trouve le Coran lui-même ou encore les Kalâm (poésies, proverbes…) des premiers arabes, mais le Ḥadîth n’en fait pas partie.

La raison est simple en réalité : c’est parce que la parole attribuée au Prophète ne fut généralement pas rapportée avec exactitude par les transmetteurs (Ruwwât). C’est en effet son sens qui fut le plus souvent rapporté. Or, en rapportant le sens de la parole prophétique, le rapporteur du Ḥadîth peut tout à fait commettre une faute syntaxique, grammaticale voire une erreur de compréhension[1]. Elle n’est donc pas considérée comme un argument, à l’exception du Ḥadîth Mutawâtir (notoire) dont la parole (Lafẓ) est également Mutawâtirah[2]. Certains savants rajoutent les Ḥadîths de Dhikr et de Du’â (évocation ou invocation d’Allah) étant donné qu’on peut imaginer qu’ils furent  mémorisés tel que le Prophète les prononça et qu’ils furent transmis sans modification[3].

Equipe al Amânah

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[1] Il semble toutefois qu’Ibn Mâlik considère la parole prophétique rapportée comme étant un argument dans la langue arabe, mais cela est incohérent étant donné ce qui est susmentionné.

[2] Car il y a souvent de légères différences entre les diverses versions d’un Ḥadîth Mutawâtir.

[3] A noter cependant que les Ḥadîths de Dhikr et de Du’â n’ont généralement pas un grand intérêt d’un point de vue purement linguistique.

 

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