Les sources de la langue arabe

 

Quelles sont les sources de la langue arabe pouvant être utilisées comme argument et permettant de donner le sens à un texte coranique ou prophétique ?

Cette question est importante car c’est par la langue arabe, et donc par le sens que les mots ont, que l’on accède à la compréhension des textes de l’islam (Coran et Hadîths en premier lieu).

La langue arabe a, comme toutes les langues, connu une certaine évolution à travers son histoire sur laquelle nous reviendrons dans de prochaines publications, mais elle fut également plus ou moins maîtrisée par ceux qui la pratiquent. Ainsi, les sources dans lesquelles la langue arabe est utilisée n’ont pas la même valeur linguistique et ne peuvent donc pas toutes servir de preuve pour la compréhension d’un texte coranique ou prophétique.

Nous pouvons ainsi classer ses sources de la manière suivante selon l’ordre de leur valeur linguistique :

  1. Le Coran[1] (Mutawâtir, Shâdhdh, Mashhûr[2])
  2. Les Kalâm (paroles) des Arabes[3] :
  • La première génération, avant l’Islam : Al Jâhiliyyûn – الجاهليّون. C’est la période la plus sûre dans la préservation de la langue arabe et ce, sans divergence. Les poètes de cette époque, comme ‘Amru al Qays ou Al Aḥshâ` jouissaient d’un arabe est très élevé.
  • La seconde génération : Al Mukhaḍramûn – المخضرمون. Il s’agit de ceux qui ont vécu à cheval sur deux époques comme Ḥasan Ibn Thâbit, Lubayd ou Ka’b Ibn Zuhayr.
  • La troisième génération : Al Islâmiyyûn – الإسلاميّون. Il s’agit de ceux qui ont vécu avec les musulmans, qu’ils soient eux-mêmes musulmans ou non. C’est le cas par exemple d’Al Farazdaq (musulman) ou Al Akhṭal (chrétien). Cette catégorie se subdivise en deux sous-catégories :
    • La première est celle des Mutaqaddimûn. Ils vécurent de la période de la Révélation (Al Waḥî) jusqu’à l’époque Abbasside[4] et leurs paroles sont considérées comme des arguments dans la langue par la “majorité” des savants.
    • La seconde est celle des Muwalladûn qui vécurent à partir de la dynastie Abbasside jusqu’à notre époque. Leurs paroles ne sont pas considérées comme des arguments de la langue arabe par la “majorité” des savants. Toutefois, certains linguistes comme Az Zamakhsharî et d’autres les ont autorisés dans le Bayân (discours) et la Balâghah (éloquence) en se basant sur le recueil de poèmes d’Abu Tamam.

Ainsi, une fois que nous possédons un argument tiré de la langue arabe de cette époque, nous pouvons nous en servir pour faire le Ta`wîl et le Tafsîr. Toutefois, une question reste en suspens : comment prouver et déterminer avec certitude que tel propos attribué à telle ou telle génération est bien celui de la génération mentionnée ?

Qu’Allah nous permette de comprendre.

Equipe Al Amânah

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[1] Etant donné que le Coran fut révélé en langue arabe et, aux premiers temps, aux arabes qui maîtrisaient pour beaucoup cette langue.

[2] Le Coran est la transmission Mutawâtirah du texte révélé au Messager d’Allah. Toutefois, les versions Shâdhdhah et Mashhûrah du Coran peuvent servir d’argument dans la langue arabe étant donné qu’elles sont rapportées en tant que passage coranique. L’argument ici est donc de savoir s’il est imaginable que les Ṣaḥâbah aient rapporté des passages du Coran de façon approximative ou uniquement dans leur sens en avançant qu’il s’agit de la parole d’Allah. Le contre-argument serait de dire qu’il y a des textes prouvant que certains Ṣaḥâbah récitaient le sens du Coran (sans pour autant le mettre dans leur Muṣḥaf).

[3] Poésies, proverbes, dictons, etc.

[4] Vers 140-150 H.

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