L’importance d’apprendre la langue arabe

L’importance de la langue arabe : Notre esprit est limité sur la compréhension des textes de l’islam car notre accès aux sources est limité…

Notre compréhension de la richesse de l’islam/Islam est partielle et limitée pour plusieurs raisons. Parmi ces dernières, nous pouvons citer l’éducation qui, parfois, limite la volonté de recherche et fait croire que la voie empruntée ne nécessite aucun regard critique et aucune remise en question. De même, le parcours d’élève et d’étudiant peut freiner la capacité à prendre du recul sur un enseignement et donc ne pas avoir le réflexe de prise de distance face à un discours ou un écrit. Citons encore le besoin d’appartenance qu’a l’Homme et qui le pousse souvent, quitte à être en contradiction avec les principes qu’il prétend défendre, à s’attacher impérativement à un groupe de peur d’être isolé, plutôt que de rechercher objectivement et sincèrement la vérité et ce, avec ce que cela peut coûter. Nous pouvons ajouter à cela le fait qu’une grande partie des musulmans doit faire face à l’indigence des sources documentaires : en français l’état est proche du néant, même si paradoxalement les librairies sont emplies de livres, et en arabe tout n’est pas traduit, loin de là. Ainsi, les sources scripturaires éditées auxquelles le chercheur à accès sont limitées et quasiment inexistantes en français. L’accès à la langue arabe apparaît donc comme un outil nécessaire pour ouvrir notre esprit, bien qu’il ne soit pas suffisant.

Ainsi, Éric Vallet, maître de conférence à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne et chercheur sur l’Islam médiéval, dit : « Près de trois millions de manuscrits islamiques seraient aujourd’hui dans le monde, sans compter toute la production imprimée moderne. Toutefois, l’étendue des sources disponibles (en arabe) s’est considérablement enrichie au cours du dernier demi-siècle avec la redécouverte de corpus massifs tels que les actes des fondations pieuses (Waqf), les fonds de la Geniza du Caire, les registres des tribunaux, la littérature hagiographique et mystique ou les épopées historiques (Sîrah), ou avec la collectes de données, abondantes mais parcellaires, issues de prospections et de chantiers archéologiques plus nombreux. Pour le temps des origines où la documentation est plus rare, une réflexion approfondie sur les méthodes d’analyse et un traitement plus systématique des sources ont permis d’importants renouvellements. »[1]

Force est de constater que les millions de sources scripturaires existantes sont loin d’être accessibles, notamment aux non-arabophones. Comprendre l’Islam c’est ouvrir son esprit, s’ouvrir au monde, s’ouvrir aux sources plurielles et ce, tout en prenant conscience que les traductions accessibles et disponibles sont, trop souvent, le fruit d’un travail orienté et partial.

Qu’Allah nous permette de comprendre.

Equipe Al Amânah

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[1] Dictionnaire de l’historien, sous la direction de Claude Gauvard et Jean-François Sirinelli, PUF, 2015.

 

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