(4/34) «Si la femme obéis enfin» (5/5)

5ème PARTIE DU VERSET (4/34) : « Il FAUT QUE LA FEMME REVIENNE À L’OBÉISSANCE DU MARI » ?

Voici le verset en entier avec sa traduction courante :

الرِّجَالُ قَوَّامُونَ عَلَى النِّسَاء بِمَا فَضَّلَ اللّهُ بَعْضَهُمْ عَلَى بَعْضٍ وَبِمَا أَنفَقُواْ مِنْ أَمْوَالِهِمْ فَالصَّالِحَاتُ قَانِتَاتٌ حَافِظَاتٌ لِّلْغَيْبِ بِمَا حَفِظَ اللّهُ وَاللاَّتِي تَخَافُونَ نُشُوزَهُنَّ فَعِظُوهُنَّ وَاهْجُرُوهُنَّ فِي الْمَضَاجِعِ وَاضْرِبُوهُنَّ فَإِنْ أَطَعْنَكُمْ فَلاَ تَبْغُواْ عَلَيْهِنَّ سَبِيلاً إِنَّ اللّهَ كَانَ عَلِيًّا كَبِيرًا

« Les hommes ont autorité sur les femmes, en raison des faveurs qu’Allah accorde à ceux-là sur celles-ci, et aussi à cause des dépenses qu’ils font de leurs biens. Les femmes vertueuses sont obéissantes à leurs maris, et protègent ce qui doit être protégé, pendant l’absence de leur époux, avec la protection d’Allah. Et quant à celles dont vous craignez la désobéissance, exhortez-les, éloignez-vous d’elles dans leurs lits et frappez-les. Si elles arrivent à vous obéir, alors ne cherchez plus de voie contre elles, car Allah est certes, Haut et Grand ! »

Le passage qui nous intéresse dans ce quatrième article est le suivant :

فَإِنْ أَطَعْنَكُمْ فَلاَ تَبْغُواْ عَلَيْهِنَّ سَبِيلاً إِنَّ اللّهَ كَانَ عَلِيًّا كَبِيرًا

D’après les traductions généralement proposées, cette partie est donc traduite comme suit :

« Si elles arrivent à vous obéir, alors ne cherchez plus de voie contre elles, car Allah est certes, Haut et Grand ! »

Ainsi, le terme principal qui nous intéresse dans cet article est celui de « Aṭa’nakum », qui vient du terme « Ṭâ’ah ».

  1. L’explication courante du terme « Ṭâ’ah » dans ce verset

Traditionnellement, on explique que la « Ṭâ’ah » correspond dans ce verset à l’obéissance au mari, ce qui reviendrait à affirmer que l’époux possède une supériorité hiérarchique sur la femme et que cette dernière lui est soumise et obéissante. Ce terme est donc censé représenter, en fin de processus ou avant qu’il ne se déclenche, l’état souhaité auquel doit parvenir la femme vis-à-vis de son mari, à savoir la subordination, puisqu’une fois trouvé ou retrouvé, Allah appelle l’homme à ne plus chercher des voies contre elle.

Aussi, classiquement, les traducteurs choisissent de traduire l’expression « Aṭa’nakum » par obéir, ce qui représente en réalité une explication orientée par ce qui est devenu coutumier dans le langage.

  1. Qu’est-ce que la Ṭâ’ah dans la langue arabe ?

Linguistiquement, le terme Ṭâ’ah provient de la racine ط و ع (Ṭa, Waw, ‘A) qui exprime tout ce qui a trait à la coopération et dont l’une des composantes seulement, parmi d’autres, renvoie à une forme d’obéissance.

Le verbe utilisé est celui de « Aṭâ’a » qui implique linguistiquement, non pas l’obéissance, mais « la disposition à suivre », le fait « d’être docile » ou encore le fait « d’accéder à la demande » de quelqu’un, en l’occurrence le conjoint, mais cela de façon totalement libre, volontaire et souhaitée, donc sans aucune contrainte.

En d’autres termes, la racine ط و ع (Ṭa, Wa, ‘A) exprime autant le fait d’être obéissant que celui d’être complaisant, disponible, spontanée ou encore coopératif.  Il s’agit par conséquent d’une attitude caractérisée par le fait de s’adapter aisément et d’être facile à manier, à vivre, à coopérer. C’est tout cela qu’exprime le verbe Aṭâ’a issue de cette racine, à savoir l’idée d’accepter de se conformer à une requête, d’y accéder spontanément avec souplesse.

Dans ce verset, le terme « Aṭa’nakum » pourrait donc parfaitement être traduit par « si elles se laissent convaincre », « si elles redeviennent coopératives » ou encore « si elles acceptent d’accéder à vos attentes », ce qui serait bien plus proche du potentiel linguistique et plus cohérent avec l’ensemble du verset que la simple traduction par « si elles vous obéissent ». En effet, une telle explication a pour conséquence de réduire considérablement le champ des significations de ce terme car, avant l’obéissance stricto sensu, il y a l’assentiment et l’adhésion, et non la contrainte.

Une telle traduction n’est donc pas exacte en ce sens qu’elle ne rend compte ni de la souplesse ni de la spontanéité ni de la coopération ou collaboration.

D’ailleurs, cette compréhension est appuyée par deux éléments importants :

  • Premièrement, la mise en opposition coranique du terme « Ṭâ’ah » avec le terme « Nushûz » dans le même verset qui, nous l’avons vu, signifie linguistiquement « discorder », « dissoner », « ne pas être en harmonie », « être récalcitrant ». D’ailleurs, ce même terme est utilisé pour qualifier l’attitude du mari dans le verset 128 de la même sourate. Or, il ne peut s’agir de désobéissance de l’un vis-à-vis de l’autre et réciproquement, à moins de dire que le Coran est incohérent et illogique. Ainsi, si le terme « Nushûz » signifie « ne plus coopérer » ou « ne plus être en accord », le terme « Ṭâ’ah » implique son contraire : « retrouver l’harmonie, l’accord et la coopération » nécessaires à la stabilité du foyer.
  • L’absence de contrainte dans la notion de « Ṭâ’ah » est fondamentale et pleinement présente dans des termes dérivés telle que « Ṭawâ’iyyah » qui qualifie ce qui est « flexible, élastique, souple ou maniable ». On parlera donc de « Ṭawâ’iyyah Jismin » pour évoquer la souplesse du corps. Or, ce qui est troublant, c’est que la plupart des traductions proposées font l’impasse sur ces nuances essentielles à une bonne compréhension du verset.

En vérité, cela n’est pas si troublant que cela lorsque l’on veut absolument imposer l’idée selon laquelle l’homme dominerait la femme, quitte à détourner le sens des termes arabes et à expliquer, de façon inédite dans l’ensemble du Coran que, pour la première fois, les femmes ne devraient pas être « Qânitât » envers Allah, mais envers leur mari…

Ainsi, lorsque l’épouse traverse une phase de Nushûz et que le mari tente de la raisonner et de la ramener à une attitude de coopération et de responsabilité, il est demandé à cette dernière qu’elle accède à la requête du mari, qu’elle adhère à sa tentative de résorption du problème et qu’elle sorte de la négativité. En résumé, il lui est demandé de faire preuve de Ṭâ’ah vis-à-vis de l’époux en accédant favorablement à ses sollicitations pour retrouver une situation apaisée, préserver le foyer et coopérer à nouveau. D’ailleurs, comme nous l’avons dit dans le précédent article, la femme peut parfaitement se retrouver elle aussi dans la même situation si c’est le mari, humain comme elle, qui traverse une attitude de Nushûz. Le Coran ne s’y oppose nullement.

  1. La Ṭâ’ah est le contraire de la contrainte

Alors que la « Ṭâ’ah » implique une forme de coopération et d’adhésion librement consentie, le terme obéissance renvoie, dans sa première acception, au fait de se soumettre ou de se plier à quelqu’un, ce qui est absent de la notion de Ṭâ’ah.

En effet, la Ṭâ’ah se fait sans contrainte et l’opposé de ce terme n’est autre que le « Ikrâh ». D’ailleurs, ce terme donne celui de « Makrûh » pour qualifier une chose ou un acte de détestable ou de repoussant. Plusieurs versets coraniques nous prouvent d’ailleurs que ces deux notions sont antinomiques :

Sourate 9/53 :

قُلْ أَنفِقُواْ طَوْعًا أَوْ كَرْهًا لَّن يُتَقَبَّلَ مِنكُمْ إِنَّكُمْ كُنتُمْ قَوْمًا فَاسِقِينَ

« Dis : « Dépensez bon gré (Ṭaw’an), mal gré (Karhan) : jamais cela ne sera accepté de vous, car vous êtes des gens pervers ». »

Sourate 3/83 :

أَفَغَيْرَ دِينِ اللّهِ يَبْغُونَ وَلَهُ أَسْلَمَ مَن فِي السَّمَاوَاتِ وَالأَرْضِ طَوْعًا وَكَرْهًا وَإِلَيْهِ يُرْجَعُونَ

« Désirent-ils une autre religion que celle d’Allah, alors que se soumet à Lui, bon gré (Ṭaw’an), mal gré (Karhan), tout ce qui existe dans les cieux et sur terre, et que c’est vers Lui qu’ils seront ramenés ? »

Sourate 41/11 :

ثُمَّ اسْتَوَى إِلَى السَّمَاء وَهِيَ دُخَانٌ فَقَالَ لَهَا وَلِلْأَرْضِ اِئْتِيَا طَوْعًا أَوْ كَرْهًا قَالَتَا أَتَيْنَا طَائِعِينَ

« Il S’est ensuite adressé au ciel qui était alors fumée et lui dit, ainsi qu’à la terre : « Venez tous deux, bon gré (Ṭaw’an), mal gré (Karhan) ». Tous deux dirent : « Nous venons obéissants ». »

Sourate 2/158 :

إِنَّ الصَّفَا وَالْمَرْوَةَ مِن شَعَآئِرِ اللّهِ فَمَنْ حَجَّ الْبَيْتَ أَوِ اعْتَمَرَ فَلاَ جُنَاحَ عَلَيْهِ أَن يَطَّوَّفَ بِهِمَا وَمَن تَطَوَّعَ خَيْرًا فَإِنَّ اللّهَ شَاكِرٌ عَلِيمٌ

« As Ṣafâ et Al Marwah sont vraiment parmi les lieux sacrés d’Allah. Donc, quiconque fait pèlerinage à la Maison ou fait la Umra ne commet pas de péché en faisant le va-et-vient entre ces deux monts. Et quiconque fait de son propre gré (Yaṭawwa’a) une bonne œuvre, alors Allah est Reconnaissant, Omniscient. »

Sourate 2/256 :

¤لاَ إِكْرَاهَ فِي الدِّينِ قَد تَّبَيَّنَ الرُّشْدُ مِنَ الْغَيِّ فَمَنْ يَكْفُرْ بِالطَّاغُوتِ وَيُؤْمِن بِاللّهِ فَقَدِ اسْتَمْسَكَ بِالْعُرْوَةِ الْوُثْقَىَ لاَ انفِصَامَ لَهَا وَاللّهُ سَمِيعٌ عَلِيمٌ ¤

« Nulle contrainte (Lâ Ikrâha) en religion ! Car le bon chemin s’est distingué de l’égarement. Donc, quiconque mécroît au Rebelle tandis qu’il croit en Allah saisit l’anse la plus solide, qui ne peut se briser. Et Allah est Audient et Omniscient. »

Ainsi, on remarque plusieurs éléments importants :

  1. Ces passages montrent bien que la « Ṭâ’ah » et « l’Ikrâh » sont opposés et incompatibles et que ce dernier implique la contrainte, à l’opposé de la Ṭâ’ah. Coraniquement, l’obéissance, bon gré mal gré, de la relation entre Allah et Sa création (3 premiers verset). Mais pour autre que cela, on parlera d’action volontaire et librement consentie. Allah dit (sourate 68/8-9) :

فَلَا تُطِعِ الْمُكَذِّبِينَ ـ وَدُّوا لَوْ تُدْهِنُ فَيُدْهِنُونَ

« N’obéis pas (Falâ Tuṭi’u) à ceux qui crient en mensonge, ¤ Ils aimeraient bien que tu transiges (composes) avec eux afin qu’ils transigent (composent) avec toi. »

Or, il est évident que le Prophète n’avait nullement l’intention d’obéir aux ennemis mecquois de l’islam. La traduction la plus adéquate aurait donc été : « Ne te laisse pas convaincre par ceux qui te démentent » ou, mieux, « Ne sois pas complaisant avec ceux qui te démentent », ce qui est renforcer par la suite du verset : « Ils aimeraient que tu transiges avec eux… ». Cela montre que l’un des sens de la Ṭâ’ah est la complaisance ou le fait de composer avec quelqu’un.

De même, certains pourraient évoquer l’un des versets suivants (sourate 4/59) parmi d’autres :

يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُواْ أَطِيعُواْ اللّهَ وَأَطِيعُواْ الرَّسُولَ وَأُوْلِي الأَمْرِ مِنكُمْ فَإِن تَنَازَعْتُمْ فِي شَيْءٍ فَرُدُّوهُ إِلَى اللّهِ وَالرَّسُولِ إِن كُنتُمْ تُؤْمِنُونَ بِاللّهِ وَالْيَوْمِ الآخِرِ ذَلِكَ خَيْرٌ وَأَحْسَنُ تَأْوِيلاً 
« Ô les croyants! Obéissez (Aṭî’u) à Allah, et obéissez (Aṭî’u) au Messager et à ceux d’entre vous qui détiennent le commandement. Puis, si vous vous disputez en quoi que ce soit, renvoyez-là à Allah et au Messager, si vous croyez en Allah et au Jour dernier. Ce sera bien mieux et de meilleur interprétation (et aboutissement). »

Toutefois, non seulement il est question ici d’une « obéissance » en premier vis-à-vis d’Allah, qui implique les autres, mais, en outre, l’obéissance demandée ici est celle qui est précédée par la conviction car Allah et Son Messager cherchent des convaincus et non des hypocrites qui suivent sans l’adhésion du cœur. Les notions de volonté, d’assentiment et d’adhésion sont donc indispensables. Il ne s’agit nullement dans ce cas d’obéissance aveugle et coercitive. En réalité, il s’agit d’adhérer, de coopérer, de consentir et de collaborer en se rendant disponible envers le Prophète et ce, car la foi du croyant n’est ni déguisée ni dissimulée.

Si nous nions cela, alors nous affirmons que les croyants et les hypocrites ont la même attitude face à la Révélation coranique puisqu’Allah dit par exemple (sourate 24/51) :

إِنَّمَا كَانَ قَوْلَ الْمُؤْمِنِينَ إِذَا دُعُوا إِلَى اللَّهِ وَرَسُولِهِ لِيَحْكُمَ بَيْنَهُمْ أَن يَقُولُوا سَمِعْنَا وَأَطَعْنَا وَأُوْلَئِكَ هُمُ الْمُفْلِحُونَ

« La seule parole des croyants, quand on les appelle vers Allah et Son messager, pour que celui-ci juge parmi eux, est : « Nous avons entendu (Sami’nâ) et nous avons obéi (Aṭa’nâ) ». Et voilà ceux qui réussissent. »

Or, qui oserait dire que le croyant obéit, même par contrainte et rancœur ? Ceux qui réussissent d’après le verset sont ceux qui ont entendu (écouté) et qui en conséquence ont adhéré et ont décidé de coopérer et de soutenir. La traduction, ici encore, ne rend absolument pas compte de cette richesse, loin de la seule obéissance.

Dans les deux versets susmentionnés, la traduction aurait donc pu être : « Ô les croyants ! Mettez-vous à disposition, rendez-vous disponible pour Allah (Sa religion) et Son Messager » et « Nous avons entendu et nous nous sommes laissés convaincre, nous nous sommes mis à disposition ».

D’ailleurs, bien pire, qui oserait dire qu’Allah peut-être potentiellement contraint par l’une de Ses créatures ? En effet, Il dit (sourate 40/18) :

وَأَنذِرْهُمْ يَوْمَ الْآزِفَةِ إِذِ الْقُلُوبُ لَدَى الْحَنَاجِرِ كَاظِمِينَ مَا لِلظَّالِمِينَ مِنْ حَمِيمٍ وَلَا شَفِيعٍ يُطَاعُ 
« …et avertis-les du jour qui approche, quand les cœurs remonteront aux gorges, terrifiés (ou angoissés). Les injustes n’auront ni ami zélé, ni intercesseur écouté (Yuṭâ’u). »

Or, celui qui n’a pas d’intercesseur Yuṭâ’u (écouté) est l’injuste. Quant à celui qui est juste, il pourra en bénéficier. Mais dirait-on alors qu’Allah obéit à cet intercesseur puisque c’est encore la racine ط و ع qui est utilisée ? Bizarrement, mais logiquement, les traducteurs ont ici traduit ce terme par « écouté », ce qui pourrait parfaitement convenir dans le verset 4/34, comme pour dire : « Si après avoir exhorté votre femme, s’être éloigné d’elle voire même avoir recouru à une attitude autoritaire, elle redevient une personne à l’écoute (qui coopère), alors ne cherchez plus de voie contre elle… ». Les choses sont en vérité simples et cohérentes.

  1. Si le mari contraint son épouse à coopérer ou à le suivre, il aura obtenu alors une forme dévoyée de la Ṭâ’ah, que l’on appelle « Ikrâh », ce qui n’est pas du tout demandé par Allah.

Ainsi, le but n’est pas que le mari ramène son épouse à l’obéissance, quitte à utiliser la frappe physique. Le but est que l’époux ramène sa femme vers l’entente, la coopération et la responsabilité, quitte à recourir si nécessaire à une forme d’autorité en l’interpellant en son for intérieur afin qu’elle sorte des pièges de son égo.

  1. Que faire lorsque le Nushûz cesse ?

Si après les différentes étapes mentionnées dans le Coran, le Nushûz cesse et que la femme retourne alors à la coopération et à la bonne cohabitation, Allah demande de ne plus chercher injustement de voies contre elle, c’est-à-dire qu’il ne faut pas garder de rancœur et ne plus en vouloir à sa partenaire au risque de tomber dans l’injustice.

Allah dit :

يا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُواْ … وَعَاشِرُوهُنَّ بِالْمَعْرُوفِ فَإِن كَرِهْتُمُوهُنَّ فَعَسَى أَن تَكْرَهُواْ شَيْئًا وَيَجْعَلَ اللّهُ فِيهِ خَيْرًا كَثِيرًا

« Ô les croyants ! […] Et cohabitez avec elles convenablement (avec savoir-vivre). Si vous avez de l’aversion envers elles (Karîhtumûhunnâ) durant la vie commune, il se peut que vous ayez de l’aversion pour une chose dans laquelle Allah a déposé un grand bien. »

La patience, le bon comportement et le bon conseil seront donc de rigueur pour préserver l’union et le foyer et ce, même en cas d’aversion (Karâhiyyah) pour certains traits de caractère.

  1. Comment traduire ce passage coranique en le liant avec le précédent ?

 Voici donc la traduction complète et rapprochée du sens du verset coranique que nous pouvons proposer en lien avec les potentialités de la langue arabe évoquées dans les cinq articles :

الرِّجَالُ قَوَّامُونَ عَلَى النِّسَاء بِمَا فَضَّلَ اللّهُ بَعْضَهُمْ عَلَى بَعْضٍ وَبِمَا أَنفَقُواْ مِنْ أَمْوَالِهِمْ فَالصَّالِحَاتُ قَانِتَاتٌ حَافِظَاتٌ لِّلْغَيْبِ بِمَا حَفِظَ اللّهُ وَاللاَّتِي تَخَافُونَ نُشُوزَهُنَّ فَعِظُوهُنَّ وَاهْجُرُوهُنَّ فِي الْمَضَاجِعِ وَاضْرِبُوهُنَّ فَإِنْ أَطَعْنَكُمْ فَلاَ تَبْغُواْ عَلَيْهِنَّ سَبِيلاً إِنَّ اللّهَ كَانَ عَلِيًّا كَبِيرًا

 « Les hommes ont une responsabilité (sont responsables) concernant les femmes [dans le cadre du mariage][1],en raison des faveurs qu’Allah accorde (en lien avec ce qu’Allah a préféré) à certains sur (par rapport à) d’autres, et aussi à cause des dépenses qu’ils font de leurs biens. [En contrepartie] (les femmes) bonnes et appropriées (Ṣâliḥât) [à ce type d’époux) sont humbles [respectueuses] (Qânitât) et préservatrices (Ḥâfiẓât) [de la cohésion et de l’intimité de leur foyer] avec la protection d’Allah. Quant (aux femmes dont) vous craignez la non-coopération (l’irresponsabilité, l’attitude récalcitrante, Nushûz), exhortez-les, prenez vos distances, mêmes charnelles avec elles, et (puis) recourez à une attitude d’autorité (de responsabilité prononcée, Ḍarb). Si après cela, elles reviennent à de meilleurs dispositions (si elles sont à nouveau prêtes à coopérer, Ṭâ’ah), alors ne cherchez plus injustement (dans un élan de l’égo) de voies contre elles. Certes, Allah est le Très-Haut, le Très-Grand [pour que vous n’oubliiez pas]. »

Qu’Allah nous permette de comprendre.

Equipe Al Amânah.

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[1] Comme l’indique clairement le verset suivant celui-ci.

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