Une femme peut-elle être Imâm ?

La femme peut-elle être Imâm et donc diriger la prière en présence de femmes et d’hommes ?

Suite à des échanges avec des personnes sur le sujet, nous avons décidé de nous pencher sur cette thématique et de rédiger cet article afin d’y voir plus clair.

VOICI QUELQUES QUESTIONS PREALABLES A NOTRE TRAVAIL

  • Quel texte avons-nous à disposition pour interdire cette pratique ?
  • Quel texte avons-nous à disposition pour autoriser cette pratique ?
  • Peut-on interdire un acte sans texte acceptable et explicite sur la question ?
  • Peut-on interdire ce qu’Allah n’a pas interdit et ce que le Prophète semble avoir autorisé ?
  • Quels sont les avis des théologiens sur la question ?

 

NOTRE ANALYSE PREMIÈRE

  • Il n’existe aucun texte pouvant être pris en compte, à notre connaissance, qui interdise à la femme l’Imamâh (la direction de la prière) des hommes dans les prières surérogatoires ou obligatoires.
  • Un texte rapporté par Abû Dâwud, Ad Dâraquṭnî, Ibn Khuzaymah et d’autres, d’après Umm Waraqah al Anṣâriyyah (que le Prophète surnommait « la martyre ») nous apprend que le Prophète lui a permis de diriger la prière chez elle et qu’elle demanda à un homme de faire l’Adhân (appel à la prière). Ce Ḥadîth nous indique qu’elle fut autorisée à diriger la prière, que le Mu`adhdhin fut un homme et qu’il s’agissait d’une prière obligatoire. De plus, on sait qu’à priori celui qui appelle à la prière y participe.
  • Concernant la prière non-obligatoire, nous avons deux avis :
    • Selon l’avis majoritaire, la femme ne peut pas être Imâm.
    • Un autre avis précise qu’elle peut être Imâm pour les prières surérogatoires, comme celles du Tarâwîḥ par exemple. Cela est l’avis de nombreux Salafs comme l’Imâm Aḥmad Ibn Ḥanbal (dans une version) ou encore l’Imâm Ash Shâfi’î. Leur argument est notamment le Ḥadîth susmentionné.
  • Concernant la prière obligatoire, nous avons deux avis : 
    • La grande majorité dit que la femme ne peut pas présider la prière des hommes.
    • Un autre avis précise que la femme peut être Imâm en présence d’hommes dans la prière surérogatoire. Cela est notamment un avis attribué à l’Imâm Ahmad.
    • Un autre avis permet à la femme d’être Imâm pour les hommes et les femmes lors de la prière obligatoire et ce, en référence notamment au Ḥadîth susmentionné. Cet avis est attribué à Abû Thawr[1], à Dâwud al Asbahânî[2] ou encore à At Ṭabarî[3]. L’Imâm Al Mâzirî parmi les Mâlikites le rapporte d’après ses Shuyûkh dont l’Imâm Al Lakhmî. Par la suite, l’Imâm Ibn Rushd dans Al Bidâyah et l’Imâm Ibn Qudâmah al Maqdisî dans Al Mughnî ont également attribué cet avis à ces savants.
  • Aucun texte tiré du Coran ou de la Sunnah n’interdit à la femme de diriger la prière pour les hommes. Ainsi, le seul argument dans ce sujet est la tradition qui a habitué les gens à ce que l’homme dirige la prière obligatoire.
  • Le consensus qui pourrait être avancé n’est pas prouvé et est sujet à énormément de divergences quant à sa définition. En effet, il ne suffit pas de dire : « untel a dit qu’il y a consensus », pour que cela serve d’argument. Un consensus, si toutefois nous étions tous d’accord sur son sens et son effectivité potentiel, doit être PROUVÉ, AVÉRÉ et se baser sur des textes (qui semblent inexistants en la matière), et non pas être simplement déclaré par untel et untel.

En outre, nous rappelons que :

  • La majorité n’est pas un argument (irréfutable et établi explicitement) dans les principes du droit islamique.
  • Aujourd’hui nous ne pouvons pas attribuer à l’islam (Coran ou propos prophétiques) l’interdiction de l’Imâmah à la femme pour la prière obligatoire derrière laquelle s’y trouveraient des hommes. Cette position doit donc être attribuée à un travail de certains juristes, mais nous n’avons ni verset coranique ni Ḥadîth prophétique sur le sujet.

******

[1] L’élève de l’Imâm Ash Shâfi’î.

[2] Le fondateur de l’Ecole Ẓâhirite.

[3] Quelques sources :

قال الصنعاني في سبل السلام. والحديث دليل على صحة إمامة المرأة أهل دارها وإن كان فيهم الرجل فإنه كان لها مؤذن وكان شيخا كما في الرواية والظاهر أنها كانت تؤمه وغلامها وجاريتها وذهب إلى صحة ذلك أبو ثور والمزني والطبري وخالف في ذلك الجماهير. وأولوا الحديث على أنها تصلي بنساء أهل بيتها كما قاله الدارقطني وغيره من كبار الأئمة.

سبل السلم (2/35 ) الْمَسْأَلَةُ الرَّابِعَةُ

إِمَامَةُ الْمَرْأَةِ

اخْتَلَفُوا فِي إِمَامَةِ الْمَرْأَةِ ، فَالْجُمْهُورُ عَلَى أَنَّهُ لَا يَجُوزُ أَنْ تَؤُمَّ الرِّجَالَ ، وَاخْتَلَفُوا فِي إِمَامَتِهَا النِّسَاءَ ، فَأَجَازَ ذَلِكَ الشَّافِعِيُّ ، وَمَنَعَ ذَلِكَ مَالِكٌ ، وَشَذَّ أَبُو ثَوْرٍ ، وَالطَّبَرِيُّ ، فَأَجَازَا إِمَامَتَهَا عَلَى الْإِطْلَاقِ ، وَإِنَّمَا اتَّفَقَ الْجُمْهُورُ عَلَى مَنْعِهَا أَنْ تَؤُمَّ الرِّجَالَ ; لِأَنَّهُ لَوْ كَانَ جَائِزًا لَنُقِلَ ذَلِكَ عَنِ الصَّدْرِ الْأَوَّلِ ، وَلِأَنَّهُ أَيْضًا لَمَّا كَانَتْ سُنَّتُهُنَّ فِي الصَّلَاةِ التَّأْخِيرَ عَنِ الرِّجَالِ عُلِمَ أَنَّهُ لَيْسَ يَجُوزُ لَهُنَّ التَّقَدُّمُ عَلَيْهِمْ ، لِقَوْلِهِ – عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ –  » أَخِّرُوهُنَّ حَيْثُ أَخَّرَهُنَّ اللَّهُ  » ، وَلِذَلِكَ أَجَازَ بَعْضُهُمْ إِمَامَتَهَا النِّسَاءَ إِذْ كُنَّ مُتَسَاوِيَاتٍ فِي الْمَرْتَبَةِ فِي الصَّلَاةِ ، مَعَ أَنَّهُ أَيْضًا نُقِلَ ذَلِكَ عَنْ بَعْضِ الصَّدْرِ الْأَوَّلِ ، وَمَنْ أَجَازَ إِمَامَتَهَا ، فَإِنَّمَا ذَهَبَ إِلَى مَا رَوَاهُ أَبُو دَاوُدَ مِنْ حَدِيثِ أُمِّ وَرَقَةَ  » أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ – صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ – كَانَ يَزُورُهَا فِي بَيْتِهَا وَجَعَلَ لَهَا مُؤَذِّنًا يُؤَذِّنُ لَهَا ، وَأَمَرَهَا أَنْ تَؤُمَّ أَهْلَ دَارِهَا  » وَفِي هَذَا الْبَابِ مَسَائِلُ كَثِيرَةٌ ( أَعْنِي : مِنِ اخْتِلَافِهِمْ فِي الصِّفَاتِ الْمُشْتَرَطَةِ فِي الْإِمَامِ ) تَرَكْنَا ذِكْرَهَا لِكَوْنِهَا مَسْكُوتًا عَنْهَا فِي الشَّرْعِ .

بداية المجتهد و نهاية المقتصد لابن رشد 1/124

APRES PLUSIEURS RECHERCHES, VOICI NOTRE CONCLUSION SUR LE SUJET

Nous rappelons que l’objectif était de savoir s’il y avait des textes acceptables et clairs sur le sujet, permettant éventuellement de justifier l’interdiction faite aux femmes de présider la prière et ce, que ce soit en présence de femmes uniquement ou en présence d’hommes.

REPONSE OBJECTIVE

  • Il n’existe AUCUN texte coranique et explicite permettant d’interdire l’Imâmah à la femme.
  • Il n’existe AUCUN texte attribué au Prophète qui soit à la fois qualifié d’«authentique » (dans la science traditionnelle) et d’explicite sur le sujet.
  • Il n’existe pas de « consensus » sur la question. Déjà, parce que l’on rapporte des avis divergents et, de plus, parce qu’un véritable Ijmâ’ (consensus) ayant force de loi est, de toute façon, impossible à prouver et à vérifier. Cela ne peut donc pas constituer un argument.

ARGUMENTS DES OPPOSANTS et RÉFUTATIONS

En l’absence de texte prophétique clair et authentique, ils se basent sur des interprétations de textes faibles et/ou hors-sujet.

  1. Le Ḥadîth affirmant qu’un peuple ayant une femme à sa tête ne réussira pas. Outre, le fait que ce Ḥadîth n’aborde absolument pas la question de l’Imâmah de la femme, il est hors-contexte et, vraisemblablement, douteux au niveau de la chaîne de transmission et de sa réalité historique (nous pourrons y revenir si besoin). Il est donc objectivement hors-sujet.
  2. Le Ḥadîth indiquant que les meilleures rangées pour les hommes soient les premières et les meilleures pour les femmes soient les dernières. Premièrement, ce Ḥadîth n’interdit rien, mais fait il recommande. Deuxièmement, il fait une recommandation aux orants, aux fidèles qui suivent l’Imâm, et non à l’Imâm lui-même. La question de l’Imâmah n’est pas abordée dans ce Ḥadîth, il est donc objectivement hors-sujet.
  3. Le Ḥadîth rapporté par Ibn Mâjah affirmant, entre autres, qu’une femme ne doit pas diriger la prière d’un homme. Or ce Ḥadîth est, dans la science traditionnelle, qualifié de très faible et ne peut donc pas servir d’argument, d’autant qu’il est contradictoire avec certains principes coraniques et islamiques comme le fait qu’un homme et une femme puisse jouir des mêmes droits et prérogatives jusqu’à preuve du contraire.
  4. Le Ḥadîth rapporté par Muslim disant que celui qui guide le « Qawm » est le plus connaisseur du Coran. Or, ils expliquent que le « Qawm » signifie ici le « groupe d’hommes » et citent comme preuve le verset 11 de la sourate Al Ḥujurât (49) dans lequel Allah dit :

ا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا لَا يَسْخَرْ قَومٌ مِّن قَوْمٍ عَسَى أَن يَكُونُوا خَيْرًا مِّنْهُمْ وَلَا نِسَاء مِّن نِّسَاء عَسَى أَن يَكُنَّ خَيْرًا مِّنْهُنَّ

« Ô vous qui avez cru ! Qu’un groupe (Qawm) ne se raille pas d’un autre groupe : ceux-ci sont peut-être meilleurs qu’eux. Et que des femmes ne se raillent pas d’autres femmes : celles-ci sont peut-être meilleures qu’elles. […] »

Ils expliquent ainsi que dans ce verset, Allah parle des hommes en utilisant le terme « Qawm » et des femmes en utilisant le terme « Nisâ` » (femmes). Ceci prouverait donc que le terme « Qawm » désigne les hommes uniquement.

Or, non seulement cela n’est qu’une interprétation partiale puisqu’il est tout à fait possible qu’Allah évoque le peuple en général puis les femmes en particulier, mais il suffit d’ouvrir un dictionnaire de langue arabe pour constater que le terme « Qawm » a plusieurs sens et que celui qui est le plus utilisé est le sens de « peuple » dans son ensemble, hommes et femmes mélangés.

De plus, le Coran lui-même répond à cette assertion. En effet, si le terme « Qawm » désignait seulement les hommes, que dire des versets suivant :

  • Coran (36/20) : « Et du bout de la ville, un homme vint en toute hâte et il dit:   » Ô mon Qawm (peuple), suivez les messagers. » Les femmes ne devraient-elles donc pas suivre les Messagers ?
  • Coran (7/59) : Le Prophète Nûḥ dit : « Ô mon Qawm (peuple), adorez Allah. Pour vous, pas d’autre divinité que Lui. » Les femmes ne seraient-elles pas concernées par cet appel ?
  • Coran (5/8) : « Ô les croyants ! Soyez stricts (dans vos devoirs) envers Allah et (soyez) des témoins équitables. Et que la haine pour un Qawm (peuple) ne vous incite pas à être injuste. » La haine envers les femmes serait-elle donc permise ? Serait-il autorisé d’être injuste si on éprouve de la haine envers les femmes ?
  • Coran (27/40) : « Or, ce qu’elle (la reine de Saba) adorait en dehors d’Allah l’empêchait (d’être croyante) car elle faisait partie d’un Qawm (peuple) mécréant. » Comment une femme pourrait-elle faire partie d’un Qawm si le Qamw ne désigne que les hommes ? Si elle faisait partie d’un Qawm mécréant, cela signifierait-t-il que seuls les hommes étaient mécréants ?
  1. Ils avancent le fait qu’il n’a jamais été rapporté qu’une femme ait un jour prononcé le sermon du vendredi ou dirigé les hommes dans la prière. D’une part, un Ḥadîth acceptable peut légitimement prouver le contraire et, d’autre part, l’absence de trace dans l’histoire n’est pas un argument juridique en islam et ne l’a jamais été. En effet, comment peut-on avancer cet argument tout en omettant de dire que depuis des siècles et des siècles ce sont les hommes, dans leur extrême majorité, qui ont toujours pris le pouvoir et dominé le domaine des sciences islamiques ? Comment ne pas tenir compte un seul instant du second rôle qu’a très souvent joué la femme, malgré elle, dans les sociétés médiévales, et encore aujourd’hui, à cause de la mainmise de l’homme dans les postes d’autorité ? Ne confondons pas l’islam des hommes qui ne fait que très peu de place aux femmes, et celui d’Allah qui n’a jamais interdit une telle pratique.

Ajoutons quelques points essentiels dans cette réflexion :

  • L’absence de récit rapporté et ayant subsisté jusqu’à os jours démontrant que des femmes dirigeaient parfois les hommes dans la prière à l’époque du Prophète, si l’on ne tient pas compte du Ḥadîth auquel nous avons fait allusion précédemment, n’est pas une preuve que cela n’a pas existé. En effet, l’absence d’une trace d’une chose n’est pas la preuve de son inexistence, surtout quand on connaît l’impact de 1400 ans d’histoire sur le patrimoine islamique.
  • Le Prophète (paix sur lui) est venu pour réformer les gens, mais il n’a pas forcément pu aller jusqu’au bout de tout dans les nombreux domaines de la vie étant donné les mentalités parfois archaïques qui étaient ancrées et tout juste sorties du polythéisme ancestral. En revanche, il nous a laissé le Coran comme guide afin que nous puissions oeuvrer sur ses pas avec les ordres d’Allah et les sagesses coraniques.
  • Enfin, d’autres textes auxquels nous avons fait référence affirment que des femmes ont pu diriger la prière en présence d’hommes parfois à l’époque des Salaf.
  1. Enfin, en l’absence de texte clair, ils arguent du fait qu’il serait indécent qu’une femme soit Imâm devant des hommes et qu’elle s’incline et se prosterne alors qu’ils sont derrière. Ils en appellent alors au respect de la pudeur, comme si une femme Imâm était moins pudique qu’un homme Imâm.. Nous rappelons alors que cet argument est pour le moins ambigu puisque la femme n’a pas à être responsable de la perversité des hommes. En outre, quand la femme s’incline ou se prosterne, les hommes sont censés en faire de même et non la contempler ou fantasmer sur le contour extrêmement flou des fesses d’une femme que laisserait à peine entr’apercevoir le tissu de la tunique qu’elle porte pour se couvrir. Il faut vraiment  être pervers pour en arriver là…

La femme est censée être couverte décemment conformément à l’éthique islamique et non se retrouver à moitié nue. Nous rappelons d’ailleurs qu’à l’époque du Prophète, certains hommes du dernier rang étaient si pauvres et donc si peu vêtus qu’en s’inclinant et se prosternant ils découvraient leurs parties intimes et ce, alors que des femmes se trouvaient derrière. Pour autant, le Prophète n’a pas ordonné de séparation visuelle entre les hommes et les femmes, mais il a appelé à la responsabilité de chacun en demandant aux femmes de se relever après les hommes. Comment donc la gestuelle d’une femme couverte pourrait-elle la reléguer vers un second rôle ?! Où se trouve la justice dans une telle conception ? Allah ordonne aux hommes de baisser certains de leurs regards, et non aux femmes de ne pas sortir afin de les subir et de devenir invisibles. Est-il également utile de rappeler qu’une femme est un être humain pouvant potentiellement être attirée par un homme Imâm, qui plus est qui s’incline… devrait-on alors faire cesser l’Imâmah définitivement ? Si l’homme peut être séduit par la femme, l’inverse est aussi vrai !

Les savants qui ont autorisé légitimement et logiquement l’Imâmah de la femme ignoraient-ils que la pudeur fait partie de l’islam ? Certains diront à cela que parmi les savants ayant autorisé cela, il y en a qui ont imposé des conditions comme le fait qu’elle se positionne derrière les hommes et qu’elle dirige la prière uniquement si aucun homme ne connaît mieux le Coran qu’elle… En somme, elle peut être l’égal de l’homme mais pas au même prix et dans les mêmes conditions.

Nous connaissons bien ces conditions posée par certains hommes parmi les Hanbalites ou chez l’Imâm At Tabarî par exemple, mais il y a une chose importante à ne pas omettre, c’est qu’il n’existe pas, à notre connaissance, d’argument explicite et recevable justifiant de telles conditions, pas plus qu’il n’en existe pour interdire l’Imamah de la femme (que ce soit avec des femmes ou avec des hommes). Il s’agit donc d’opinions personnelles reposant sur des indications implicites et contestables qui n’engagent que leurs auteurs et nullement l’islam.

Qui peut empêcher aux femmes de faire ce que les hommes font, là où elles sont aussi capables qu’eux ? Qui a autorité à interdire ce qu’Allah a permis ? Qui veut se prendre pour Dieu à la place de Dieu ?!

ARGUMENTS DES PARTISANS

  1. Le Ḥadîth rapporté par Abû Dâwud, Aḥmad et d’autres dans lequel le Prophète demanda à Umm Waraqah de diriger la prière dans sa maisonnée après qu’un homme ait appelé à la prière. Certains ont affaibli ce Ḥadîth, d’autres l’ont accepté mais en ont restreint la portée en disant qu’il constituait un cas particulier (sur quelle preuve ?) puisque la femme n’aurait pas le droit d’appeler à la prière ni de la diriger (sur quelle preuve ?) et qu’elle dirigeait certes des hommes et des femmes, mais uniquement des gens de sa famille (sur quelle preuve ?).
  1. Même si on accepte de ne pas prendre en compte ce Ḥadîth, quelle indication avons-nous que la femme ne puisse par faire Imâm en présence d’hommes ? Quel argument juridique explicite possède-t-on en la matière ? Aucun.
  1. Les hommes et les femmes sont égaux, l’un n’est pas supérieur à l’autre et, contrairement à ce que l’on entend, l’islam ne dit pas que les hommes ont autorité sur les femmes. Aussi, pour empêcher l’un d’eux de faire ce que l’autre s’autorise il faut un argument que les opposants ne possèdent pas.

Chacun se fera don son opinion sur la question, mais chacun pourra également admettre que l’interdiction est un avis que l’on doit attribuer à certains hommes juristes et non à l’islam, d’autant qu’il y a une divergence sur la question puisque certains théologiens ont permis à la femme d’être Imâm.

Allah est Le seul a légiférer. Or, en l’absence de verset explicite dans le sujet, il n’y a, selon nous, aucune raison valable permettant d’interdire ce qu’Allah a permis en ne l’interdisant pas.

Qu’Allah nous permette de comprendre et de fortifier notre esprit critique.

Equipe Al Amânah

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