Etre allaité par une bête crée un lien sacré !

Pour certains savants, l’allaitement par une bête crée un lien sacré avec elle !

Le savant Ḥanafite As Sarakhsî a dit, lorsqu’il traita la question de l’allaitement :

السرخسي الحنفي عند تعرضه لمسألة الرضاع فقال “ولو اُرضع الصبيان من بهيمة لم يكن ذلك رضاعاً، وكان بمنزلة طعام أكلاه من إناء واحد

« Si on allaite des enfants avec une bête, ceci ne sera pas considéré comme un allaitement (légiféré). Mais ceci sera considéré comme étant au même niveau que de la nourriture mangée dans un unique récipient. »

[Toutefois], Muḥammad Ibn Ismâ’îl (al Bukhârî)  – le savant des akhbâr -, que Dieu lui fasse miséricorde, a dit :

. ومحمد بن اسماعيل صاحب الأخبار رحمه الله يقول: تثبت به حرمة الرضاع! فإنه دخل بخارا في زمن الشيخ الإمام أبي حفص (رحمه الله) وجعل يفتي، فقال له الشيخ رحمه الله: لا تفعل فلست هناك! فأبى أن يقبل نصحه، حتى استُفتي عن هذه المسألة: إذا أرضع صبيّان بلبن شاة.. فأفتى بثبوت الحرمة! فاجتمعوا وأخرجوه من بخارا بسبب هذه الفتوى”! (المبسوط للسرخسي الحنفي ج5 ص139 وج30 ص297)

« “Ceci établit les liens sacrés de l’allaitement !” Il entra (un jour) dans la région de Bukhârâ à l’époque du shaykh et imâm Abû Ḥafṣ (que Dieu lui fasse miséricorde) et commença à donner la fatwâ. Le shaykh Abû Ḥafṣ lui dit : “Ne fais pas cela, tu n’es pas arrivé à ce niveau !” Al Bukhârî refusa son conseil et ce, jusqu’à ce qu’un jour on lui demande son avis (fatwâ) sur le cas d’enfants allaités par une brebis et qu’il dise alors que les liens de prohibition dus à l’allaitement étaient établis…  Ils se sont donc rassemblés et l’ont expulsé de Bukhârâ à cause de cette fatwâ ! »  (Al Mabsûṭ d’As Sarakhsî al Ḥanaf – 5/139 et 30/297)

De même, on trouve dans Al Inṣâf fî Ma’rifah al Râjiḥ min al Khilâf ‘alâ Madhhab al Imâm al Mubajal Aḥmad Ibn Ḥanbal de ‘Alâ ad Dîn Ibn al Ḥasan :

“واذا ارتضع طفلان من بهيمة لم ينشر الحرمة بلا نزاع، وإن ارتضع من رجل لم ينشر الحرمة أيضا على الصحيح من المذهب، وعليه الأصحاب وقطعوا به. وذكر الحلواني وابنه: بأنه ينشر”! (الإنصاف في معرفة الراجح من الخلاف على مذهب الإمام المبجل أحمد بن حنبل لعلاء الدين بن الحسن المرداوي تحقيق حامد الفقي ج9 ص332)

« Lorsque deux enfants tètent une bête, les liens de prohibition ne sont pas effectifs et ce, sans divergence. Il en est de même s’ils tètent (les seins) d’un homme selon l’avis le plus juste (!?) de l’Ecole. C’est la position des aṣḥâb sur laquelle ils ont tranché. [En revanche] Al Ḥalwânî et son fils ont mentionné que les liens étaient établis. »

Il ne s’agit pas ici de ridiculiser des personnes pour toucher critiquer leur probité gratuitement, mais il s’agit de mettre en avant le fait que les théologiens du passé ne sont que des êtres humains faillibles, à la compréhension limitée et le fruit de leur culture et contexte.

Evidemment cet avis est minoritaire en islam, mais cela montre que même ceux que l’on considère comme les plus grands, à l’instar d’Al Bukhârî, peuvent avoir des positions extravagantes, absurdes et  incohérentes. L’esprit critique est donc de rigueur et ce, même si l’avis prononcé ne semble pas, contrairement à celui-ci, étrange à première vue.

Prendre en considération les travaux de nos prédécesseurs, ce n’est pas les suivre aveuglément, mais c’est s’inspirer de leurs efforts pour donner un nouvel élan intellectuel nécessaire à notre époque. Cela aussi c’est l’héritage de l’Islam et, bien plus, c’est ce que Dieu nous demande…

A bon entendeur…

Rédaction LVDH

 

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