S’essuyer les parties intimes avec la Torah et l’Evangile !

« و أما الثمار و الفواكه ففيها تفصيل ذكرته في شرح المنهاج و غيره، و من المحترم ما كتب عليه اسم معظم أو علم كحديث أو فقه قال في المهمات : و لا بد من تقييد العلم بالمحترم سواء كان شرعياً كما مر أم لا كحساب و نحوه و طب و عروض فإنها تنفع في العلوم الشرعية، أما غير المحترم كفلسفة و منطق مشتمل عليها فلا، كما قاله بعض المتأخرين، أما غير المشتمل عليها فلا يجوز و على هذا التفصيل يحمل إطلاق من جوزه، و جوزه القاضي بورق التوراة و الإنجيل، و هو محمول على ما عليه تبديله منهما، و خلا عن اسم الله تعالى و نحوه، و ألحق بما فيه علم محترم جلده المتصل به دون المنفصل… »

« …quant aux récoltes ou fruits (à savoir si l’on peut les utiliser de façon à s’essuyer « al Istijmâr ») il y a en cela des développements que j’ai mentionné dans le commentaire d’al Minhâj et d’autres. [Il ne faudra pas utiliser pour l’essuyage] ce qui est vénéré (Muḥtaram) et ce sur quoi on a écrit le nom d’Allah ou une science telle que le Ḥadîth ou le Fiqh. Il dit dans Al Muhimât : « il est nécessaire de conditionner la science par ce qui est Muḥtaram et ce, que cette science soit légiférée, comme nous l’avons vu précédemment, ou non, à l’instar du calcul ou autres, de la médecine ou de la métrique car elles sont utiles pour les sciences légiférées. Quant à ce qui n’est pas Muḥtaram, comme la philosophie et la logique comprise dedans, il n’y aura pas [comme condition de ne pas l’utiliser pour l’essuyage] comme l’ont stipulé certains (savant parmi les) tardifs. Pour ce qui ne contient (ni philosophie ni logique), il ne sera pas permis de les utiliser et c’est sur ce détail que l’on transpose la généralisation de ceux qui l’ont permis. Le Qâḍî a permis l’essuyage avec des feuilles de la Torah et de l’Evangile, avis que l’on conditionne au fait de savoir de façon certaine ce qui a été modifié de ces deux livres [afin de les utiliser], et à condition que [les parties utilisées pour l’essuyage] soit dénuées du nom d’Allah le Très haut ou autres choses similaires. »[1]

Ajoutons à cela que l’Imâm An Nawawî et l’Imâm Ibn Ṣalâḥ ont permis de s’essuyer avec des livres philosophiques et de logique. Evidemment, d’autres savants ont interdit cela, mais il n’empêche que cela est issu d’ouvrage que l’on trouve et enseigne aujourd’hui dans les universités islamiques. Espérons quand même que les professeurs soient enclins à nuancer et contextualiser ces propos…

Qui plus est, le savant Shâfi’ite, Shaykh Zakariyyâ al Anṣârî, confirme ce que le Qâḍî Abû ‘Alî Ḥusayn Ibn Muḥammad al Marwâzî a dit précédemment et le Shaykh Ash Shams ar Ramlî confirme, dans Nihâyah al Muhtâj, la permission (selon lui) de s’essuyer avec la Torah et l’Évangile. Notons toutefois que cette confirmation est accompagnée des conditions susmentionnées dans Al Iqnâ’, à savoir le fait de savoir de façon certaine ce qui a été modifié de ces deux livres [afin de les utiliser], et à condition que [les parties utilisées pour l’essuyage] soit dénuées du nom d’Allah le Très haut ou autres choses similaires.) :

قال الشيخ زكريا الأنصاري في أسنى المطالب: أما غير المحترم كمنطق، وفلسفة فلا أثر له، وفي إطلاقه في المنطق نظر، وألحق بما فيه علم محترم جلده المتصل به دون المنفصل عنه بخلاف جلد المصحف يمتنع الاستنجاء به مطلقا كما في عقود المختصر للغزالي, وجوزه القاضي بورق التوراة, والإنجيل، ويجب حمله على ما علم تبدله منهما, وخلا عن اسم الله, ونحوه. اهـ

وقال الشمس الرملي في نهاية المحتاج: فلا يجوز ـ أي الاستنجاء ـ بالمحترم ولا يجزئه، والمحترم أنواع منها ما كتب عليه شيء من العلم كالحديث والفقه وما كان آلة لذلك، أما غير المحترم، كفلسفة وتوارة وإنجيل علم تبدّلهما وخلوهما عن اسم معظم، فيجوز الاستنجاء به. انتهى

Malheureusement, ce genre d’opinions affligeantes n’est pas isolé dans le Fiqh, ce qui corrobore le fait qu’il faille revoir et nettoyer le Fiqh islamique à l’aune du Coran, de la Sunnah véritable et de la raison. Le but n’est pas de pointer du doigt tel ou tel savant, mais de s’insurger contre ces interprétations consternantes et indignes du message coranique et de la Sunnah du Prophète Muḥammad (paix sur lui).

Conséquemment, il faut absolument revoir le Fiqh avec un œil nouveau et contemporain, le dépoussiérer et le contextualiser car jamais Allah et Son Messager ne nous ont demandé de rester figés dans les siècles passés et de sacraliser ce qui n’a pas à l’être. Les Hommes, savants ou non, sont soumis à des passions, des tendances et l’erreur est possible chez eux. Nous devons donc considérer leurs travaux, mais nous devons aussi honorer le véritable héritage de notre Prophète. Or, ne pas respecter les croyances et les livres des autres communautés (falsifiés en partie ou non), au point que certains permettent l’essuyage avec, n’est pas conforme à l’islam et à l’éthique.

Et puis, accepterions-nous que l’on fasse cela avec le Coran ?! La fois où un sombre imbécile le fit, une Fatwâ autorisant sa mise à mort fut prononcée…

Qu’Allah nous permette de comprendre.

Equipe Al Amânah

******

[1] Al Iqnâ’ fî Hal al Afâzh Abî Shujâ’ (1/154-155)

%d blogueurs aiment cette page :
search previous next tag category expand menu location phone mail time cart zoom edit close