La Ijâzah est-elle obligatoire pour transmettre ?

La Ijâzah(permission délivrée par un professeur) est-elle obligatoire pour enseigner la religion ?

الإمام السيوطي في كتابه الإتقان عن الإجازة وهل هي شرط في إقراء القرآن خصوصا وفي تعليم العلوم الإسلامية عموما في الجزء الأول صفحة 135-136فقال ما نصه

L’Imâm Jalâl ad Dîn As Suyûṭî[1] a dit dans son livre Al Itqân (1/135-136) à propos de la Ijâzah : est-elle une condition dans l’enseignement du Coran en particulier et dans les sciences islamiques en général ?

فَائِدَةٌ: ادَّعَى ابْنُ خَيْرٍ الْإِجْمَاعَ عَلَى أَنَّهُ لَيْسَ لِأَحَدٍ أَنْ يَنْقُلَ حَدِيثًا عَنِ النَّبِيِّ – صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ – مَا لَمْ يَكُنْ لَهُ بِهِ رِوَايَةٌ، وَلَوْ بِالْإِجَازَةِ فَهَلْ يَكُونُ حُكْمُ الْقُرْآنِ كَذَلِكَ، فَلَيْسَ لِأَحَدٍ أَنْ يَنْقُلَ آيَةً أَوْ يَقْرَأَهَا مَا لَمْ يَقْرَأْهَا عَلَى شَيْخٍ؟ لَمْ أَرَ فِي ذَلِكَ نَقْلًا، وَلِذَلِكَ وَجْهٌ مِنْ حَيْثُ إِنَّ الِاحْتِيَاطَ فِي أَدَاءِ أَلْفَاظِ الْقُرْآنِ أَشَدُّ مِنْهُ فِي أَلْفَاظِ الْحَدِيثِ. وَلِعَدَمِ اشْتِرَاطِهِ فِيهِ وَجْهٌ ; مِنْ حَيْثُ إِنَّ اشْتِرَاطَ ذَلِكَ فِي الْحَدِيثِ وَإِنَّمَا هُوَ لِخَوْفِ أَنْ يُدْخَلَ فِي الْحَدِيثِ مَا لَيْسَ مِنْهُ أَوْ يُتَقَوَّلَ عَلَى النَّبِيِّ – صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ – مَا لَمْ يَقُلْهُ ، وَالْقُرْآنُ مَحْفُوظٌ مُتَلَقًّى مُتَدَاوَلٌ مُيَسَّرٌ ، وَهَذَا هُوَ الظَّاهِرُ .

فَائِدَةٌ ثَانِيَةٌ : الْإِجَازَةُ مِنَ الشَّيْخِ غَيْرُ شَرْطٍ فِي جَوَازِ التَّصَدِّي لِلْإِقْرَاءِ وَالْإِفَادَةِ ، فَمَنْ عَلِمَ مِنْ نَفْسِهِ الْأَهْلِيَّةَ جَازَ لَهُ ذَلِكَ وَإِنْ لَمْ يُجِزْهُ أَحَدٌ ، وَعَلَى ذَلِكَ السَّلَفُ الْأَوَّلُونَ وَالصَّدْرُ الصَّالِحُ ، وَكَذَلِكَ فِي كُلِّ عِلْمٍ ، وَفِي الْإِقْرَاءِ وَالْإِفْتَاءِ ، خِلَافًا لِمَا يَتَوَهَّمُهُ الْأَغْبِيَاءُ مِنِ اعْتِقَادِ كَوْنِهَا شَرْطًا . وَإِنَّمَا اصْطَلَحَ النَّاسُ عَلَى الْإِجَازَةِ ; لِأَنَّ أَهْلِيَّةَ الشَّخْصِ لَا يَعْلَمُهَا غَالِبًا مَنْ يُرِيدُ الْأَخْذَ عَنْهُ مِنَ الْمُبْتَدِئِينَ وَنَحْوِهِمْ ; لِقُصُورِ مَقَامِهِمْ عَنْ ذَلِكَ ، وَالْبَحْثُ عَنِ الْأَهْلِيَّةِ قَبْلَ الْأَخْذِ شَرْطٌ ، فَجُعِلَتِ الْإِجَازَةُ كَالشَّهَادَةِ مِنَ الشَّيْخِ لِلْمُجَازِ بِالْأَهْلِيَّةِ .

Il dit ce qui suit :

« Premièrement : Ibn Khayr a prétendu le consensus quant au fait qu’il n’est pas permis à quelqu’un de transmettre un Ḥadîth du Prophète (paix soit sur lui) tant qu’il n’en possède pas la chaîne de transmission directe (Riwâyah) et ceci même avec une Ijâzah.

Est-ce que le jugement est le même concernant le Coran ? En d’autres termes, est-il interdit à quelqu’un de transmettre un verset ou de l’enseigner tant qu’il ne l’a pas lu devant un Shaykh ?

Je n’ai pas vu de texte à ce sujet, d’autant qu’il y a un aspect à prendre en compte ici, car la vigilance à avoir dans le fait de bien transmettre les mots du Coran est bien plus importante que celle dont on doit faire preuve en ce qui concerne les formules du Ḥadîth. L’une des raisons expliquant également que cela ne soit pas une condition pour le Coran est qu’il y a la crainte que l’on incorpore dans le Ḥadîth ce qui n’en fait pas partie, ou que l’on impute au Prophète (paix soir sur lui) ce qu’il n’a pas dit. En revanche, le Coran est mémorisé par cœur (Maḥfuẓ), appris, propagé et aisé (dans sa mémorisation) et ceci est une évidence.

Deuxièmement : la Ijâzah donnée par un Shaykh n’est pas une condition pour qu’il soit permis de se consacrer à l’enseignement et à l’information. Ceci est permis à celui qui voit en lui les compétences nécessaires et ce, même s’il n’a reçu aucune Ijâzah de quelqu’un. C’est ce sur quoi ont été les premiers Salafs et les premières générations bénies, et cela pour chaque science, ainsi que dans l’enseignement et la Fatwâ contrairement à ce que s’imaginent les idiots en pensant que cela est une condition nécessaire.

Les gens se sont mis d’accord sur le terme Ijâzah, car les compétences d’une personne ne sont généralement pas connues pour des débutants ou d’autres qui souhaitent apprendre d’elle et ce, à cause de l’incapacité due à leur rang (de faire la distinction). La recherche des compétences avant l’apprentissage est une condition. La Ijâzah a été instaurée uniquement comme une sorte d’attestation d’un Shaykh témoignant pour le Mujâz (celui qui la reçoit) de ses compétences. »

Qu’Allah nous permette de comprendre.

Equipe Al Amânah  

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[1] Erudit sunnite d’obédience Shâfi’ite et d’origine égyptienne, il naquit au Caire (Egypte) au XVe siècle. On lui attribue l’écriture de plusieurs centaines d’ouvrages dans différents domaines de la science (Ḥadîth, Fiqh, langue arabe, rhétorique, histoire ou encore médecine) et la mémorisation de plus de 200 000 Ḥadîths.

 

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