Les conditions du plus haut degré de savant

Quelles sont les conditions à remplir, d’après les spécialistes des Usûl al Fiqh (fondements du droit), pour atteindre le plus haut degré chez les savants (Mujtahid Muṭlaq) ?

Le Mujtahid Muṭlaq (savant « absolu ») est celui qui a atteint le plus haut degré dans l’Ijtihâd[1] et qui est donc capable d’établir les règles sur lesquelles reposent le Fiqh (droit) islamique à l’instar des Imâms des quatre Ecoles, de Muḥammad Ibn al Ḥasan Ash Shibânî, d’Asad Ibn al Furât, d’Al Muzanî, d’Abû Yûsuf, d’Al Athram et d’autres. Ainsi, le Mujtahid Muṭlaq ne s’affilie à aucune Ecole. Dans un moindre degré, il y a le Mujtahid Muqayyid, le Mujtahid at Tarjîḥ, le Mujtahid de Fatwâ et enfin le Muqallid (celui qui n’a pas la capacité de faire l’Ijtihâd)[2].

Pour se rendre compte plus précisément de l’accessibilité des conditions permettant d’agir en tant que Mujtahid et ce, contrairement à ce que beaucoup prétendent, voici lesdites conditions énoncées par plusieurs professeurs et issues de sources arabophones et francophones. Ainsi, vous pourrez juger par vous-mêmes de la crédibilité du discours consistant à interdire toute forme d’Ijtihâd et toute revisite du patrimoine islamique sous prétexte que personne ne soit en mesure d’atteindre le degré d’Ijtihâd (posé par les Hommes).

  1. LES CONDITIONS PERMETTANT D’AGIR EN TANT QUE MUJTAHID MUṬLAQ d’après Le livre « Nashr al Bunûd ‘alâ al Marâqî as Su’ûd » de ‘Abdullah Ibn Ibrâhîm al ‘Alawî ash Shinqîṭî (p. 292-298) en résumé :

كتاب نشر البنود على مراقي السعود لعبدالله بن ابراهيم العلوي الشتفيطي ص292 -298 بإختصار : شروط المجتهد المطلق
– التكليف
-شديد الفهم طبعاً أي سجية لمقاصد الشارع. و اختلف فيمن أنكر حجية القياسة من المجتهدين كالظلهرية هل يعد من أهل الإجتهاد و هو اختيار السبكي و القاضي عبد الوهاب، إذ لا يخرجه إنكار القياس عن فقاهة النفس ، أو لا يعد منهم
-أن يكون عارفاً بأنه مكلف بالتمسك بالدليل العقلي أي البراءة الأصلية، إلى أن يصرف عنه صارف من النقل أي الشرع.
– أن يكون عارفاً بالنحو الشامل للتصريف، و عارفاً بعلم المنطق أي بالمحتاج إليه منه وباللغة عربية كانت أو شرعية أو عرفية و علم الأصول و بعلم البلاغة من معان و بيان. وكلما كمل معرفة واحد من تلك العلوم كان الإجتهاد أتم. (المراد بأصول الفقه معرفة ذات قواعده مدونة كانت أم لا، عرفها بالطبع أو التعلم لان هذا العلم لم تكن مدونة لما جمهور المجتهدين كانوا متبحرين في الإجتهاد.)
-عارفاً بمواضع الأحكام من المصحف و الأحادث. ولا يشترط حفظ المتون أي ألفاظ تلك الآيات و الأحاديث عند أهل الضبط، و إن كان حفظها أحسن و أكمل بل يكفيه في الأحاديث أن يكون عنده من كتبها
-أن يبلغ الرتبة الوسطى من العلوم ما مضى ذكره. ويجب في معرفة اللغة الزيادة على التوسط
-معرفة مواضع الإجماع (و المراد معرفتها و لو إجمالاً بأن يعرف المجتهد أن المسألة ليست من مسائل الإجماع) شرط إيقاع الاجتهاد كي لا يخرقه، لا شرط في كونه صفة فيه
– كونه عارفا شروط الخبر المتواتر و شروط خبر الآحاد
-عرفاً شروط صحة الحديث و ضعفه
-معرفة الناسخ و المنسوخ
-معرفة أسباب النزول في الآيات و الأحاديث
معرفة أحوال رواة الحديث و أحوال الصحابة شرط في إيقاع الإجتهاد
ويجوز للمجتهد أن يكون جاهلاً لعلم الفروع
قال الإمام الرازي: » و أما تفاريع الفقه فلا حاجة إليها لأن هذه التفاريع يولدها المجتهدون بعد أن فازوا بمنصب
الإجتهاد فكيف تكون شرطا فيه. »
-و كذلك يجوز أن يكون جاهلاً لعلم الكلام لإمكان الإستنباط ممن يجزم بعقائد الإسلام تقليداً
-يجوز أن يكون المجتهد عبداً أو أنثى
-لا يجب عند أهل الأصول في المجتهد أن يكون عدلاً، يجوز للفاسق أن يبلغ مرتبة الإجتهاد
المجتهد الذي تقدم ذكر شروطه هو المجتهد المطلق وهو الناظر في الأدلة الشرعية من غير التزام مذهب إمام معين كمالك والشافعي وأبي حنيفة وأحمد.

  • Être Mukallaf (responsable de ces actes légalement).
  • Être doté d’une très grande compréhension naturelle des desseins (objectifs) de la Sharî’ah. Il y a divergence sur le cas de celui qui rejette le Qiyâs (raisonnement par analogie), à savoir s’il fait partie des Mujtahidûn comme les Ẓâhirites. D’après As Subkî et le Qâḍî ‘Abd al Wahhâb, il sera compté parmi eux.
  • Être responsable dans le fait de s’attacher aux preuves rationnelles, c’est-à-dire la Barâ`ah al Aṣliyyah. Il s’agit du fait que toute chose garde son statut tant qu’il n’y a pas de preuve textuelle légiférée indiquant le contraire.[3]

NOTE AL AMÂNAH : Ces trois premières conditions sont remplies par des millions de personnes sur Terre.

………………

  • Connaître la grammaire, la prosodie, la philologie, la science de la logique (Mantiq), c’est-à-dire ce dont le Mujtahid aura besoin dans ces sciences, ainsi que la langue arabe de façon linguistique, légiférée et traditionnelle.
  • La science des Uṣûl (fondements du droit), celle de l’éloquence (Balâghah) dans les sens et l’élocution. Toutes les fois qu’il termine l’une de ces sciences, son Ijtihâd n’en sera que plus complet. Ce que l’on veut dire par « Uṣûl al Fiqh » c’est qu’il connaisse les règles, transcrites par écrit ou non et ce, qu’il les connaisse naturellement ou par apprentissage, car cette science n’était pas consignée lorsque la majorité des Mujtahidûn s’adonnaient à l’Ijtihâd.
  • Savoir où trouver les jugements (Aḥkâm) dans le livre d’Allah et les Ḥadîths. Il n’est pas obligatoire de mémoriser les textes (des Aḥkâm) de ces versets et Ḥadîths selon les savants de la maîtrise et ce, même si le fait de les mémoriser est meilleur et plus parfait. Toutefois, il suffit pour les Ḥadîths qu’il possède chez lui une partie de ces livres.[4]

NOTE AL AMÂNAH : Concernant les sciences susmentionnées, le niveau minimum attendu est celui de « MOYEN » et il sera nécessaire d’avoir un niveau supérieur en arabe. Autrement dit, des centaines, voire des milliers, de personnes peuvent parfaitement remplir ces conditions de nos jours en consacrant un temps raisonnable à leur apprentissage.

……………..

  • Connaitre les sujets sur lesquels il y a Ijmâ’ (consensus) et ce, afin de ne pas transgresser le consensus et voir son Ijtihâd effectif. Cela implique au moins de les connaître de manière générale, c’est-à-dire le fait que le Mujtahid sache que telle question ne fait pas partie des consensus.[5]

NOTE AL AMÂNAH : Nous reviendrons sur cette notion de « consensus », mais retenons déjà que cette condition n’a pas beaucoup de sens car un véritable consensus est, en réalitée, irréalisable et invérifiable. Ainsi, il est tout simplement impossible de connaître les cas de consensus (Ijmâ’) puisqu’il est impossible de prouver qu’un consensus véritable ait un jour existé. Toutefois, même à considérer que cela soit possible, rappelons que les cas présumé de Ijmâ’ as Sarîh (consensus explicites) ne sont que très rares et donc facile à mémoriser.

……………..

  • Connaître les conditions du Khabar (information) Mutawâtir (notoire) et les conditions du Khabar Aḥâd (singulier).
  • Connaître les conditions d’authenticité et de faiblesse du Ḥadîth.
  • Connaître l’abrogeant et l’abrogé.
  • Connaître les causes de la révélation des versets et des Ḥadîths.
  • Connaître les statuts des transmetteurs du Ḥadîth et des Ṣaḥâbah qui sont une condition pour que l’Ijtihâd advienne.[6]

 

NOTE AL AMÂNAH : Premièrement, ces sciences sont aujourd’hui connues par des centaines de personnes mais, deuxièmement, plusieurs savants précisent qu’il suffit, pour remplir cette condition, de se référer aux ouvrages de référence rédigés par des spécialistes en la matière. Ainsi, il n’est pas demandé obligatoirement de maîtriser ses sciences et encore moins de mémoriser les Hadîths par milliers.

CE QUI N’EST PAS UNE CONDITION

  • [Mémoriser entièrement le texte coranique et les Ḥadîths].
  • Connaître les questions des branches juridiques. Ainsi, l’Imâm Ar Râzî a dit : « Quant aux branches juridiques il n’en n’a nul besoin, car ces branches juridiques sont produites par les Mujtahidûn eux-mêmes après avoir obtenu le degré de l’Ijtihâd. Comment alors se pourrait-il que cela soit une condition pour eux ? »
  • Connaître de la science du Kalam (‘Aqîdah).
  • Le Mujtahid peut être un serviteur ou une femme.
  • Il n’est pas obligatoire, chez les Uṣuliyyûn (principologistes), que le Mujtahid soit probe (‘Adl). Ainsi, il est possible que le Fâsiq (pervers) atteigne le degré de l’Ijtihâd.

CONCLUSION

Le Mujtahid dont les conditions ont été décrites plus haut est le Mujtahîd Muṭlaq, à savoir celui qui examine les preuves de la Sharî’ah sans qu’il soit obligé de suivre l’Ecole (Madhhab) d’un Imâm en particulier, tel que Mâlik, Ash Shâfi’î, Abû Ḥanîfah ou Aḥmad. (Fin de citation)

L’extrait du livre est le commentaire de Marâqî as Su’ûd lî Mubtaghî Araqî was Su’ûd, un poème de mille vers dans les Uṣûl al Fiqh, selon le Madhhab Mâlikite basé sur le Matn Jam’ al Jawâmi’ d’As Subkî, At Tanqîḥ avec son Sharḥ d’Al Qarâfî, Al Ayat al Bayyinat d’Al ‘Abidî, At Talwih  de Sa’d ad Dîn at Taftazânî, Ad Diyâ’a al Lami’ d’Ibn Halul, etc.. Le commentaire et le poème sont du même auteur. Il est enseigné dans de très nombreuses Mahadara (écoles) mauritaniennes et écoles malikites du Maghreb.
  1. LES CONDITIONS DU MUJTAHID MUTLAQ d’après le livre Al Waraqât de l’Imâm Al Ḥaramayn (en résumé).

Ces conditions sont tirées de l’ouvrage du professeur ‘Abdallah Althaparro qui fut validé par certains Shuyûkh de l’école mauritanienne d’An Nabâghiyyah tel que Muhammad Alamîn Ibn Fata :

  • Connaître les questions juridiques (Furû’), sachant que les spécialistes divergent sur cette condition[7].
  • Connaître les Uṣûl al Fiqh (principes du droit) et ses Qawâ’id (préceptes).
  • Jouir de façon optimale de la faculté permettant l’Ijtihâd.
  • Avoir au moins un niveau moyen en matière de grammaire et de langue arabe.
  • Connaître l’explication des versets et des Ḥadîths relatifs aux Aḥkâm (jugements). Al Khaṭṭâb précise qu’il n’est pas nécessaire de connaître le Coran par cœur, ni même les versets et les Ḥadîths normatifs (relatifs aux jugements) et qu’il sera suffisant de savoir où les trouver (dans les livres spécialisés). Il ne sera pas non plus obligatoire de connaître les mots rares du Ḥadîths et leur interprétation.
  • Connaître l’abrogeant et l’abrogé du Coran et de la Sunnah.
  • Pour connaître le statut d’un Ḥadîth et de son Sanad (chaîne de transmission), le Mujtahîd pourra se contenter de se référer aux ouvrages de spécialistes tels que celui de l’Imâm Al Bukhârî ou de l’Imâm Muslim par exemple.
  • Connaître les points de consensus (Ijmâ’).[8]

NOTE AL AMÂNAH : Voir note précédente sur la condition de la connaissance des consensus. De plus, nous précisons également que des milliers de personnes, sont parfaitement capables d’atteindre le niveau susmentionné, d’autant que la connaissance des Usûl al Fiqh n’a pas beaucoup de sens puisque le Mujtahid est censé établir ces propres fondements juridiques et non suivre ceux des autres.

  1. LES CONDITIONS DU MUJTAHID par le professeur Corentin Pabiot, licencié de la faculté de Damas et titulaire d’une maîtrise de l’université d’Al Azhar :

  • Le Coran et la Sunnah : il ne s’agit pas de tout le Coran ni de toute la Sunnah, mais des versets et Ḥadîths contenant les textes de loi proprement dits. Il n’est pas une condition de mémoriser ces textes.
  • Connaître la langue arabe, non au degré de perfection, mais suffisamment pour comprendre, à la première lecture, le sens des textes de loi. Le Mujtahid devra, en un mot, avoir de cette langue la connaissance que peut en avoir un Arabe l’ayant étudiée grammaticalement dans les œuvres des écrivains classiques.
  • Connaître les règles des Uṣûl al Fiqh (fondements du droit) : distinguer les sens particuliers, généraux, communs, propres ou figurés du Coran et de la Sunnah, les textes péremptoires et conjecturaux, et les règles qui régissent la recherche et l’emploi du motif causal, de la ‘Illah.
  • La qualité des transmetteurs qui rapportent la Sunnah : il pourra se contenter de puiser les informations dans les recueils officiellement consacrés à cela, tel que le  Ṣaḥîḥ  d’al-Bukhârî ou d’autres.
  • Être « honorable », c’est-à-dire de bonne foi, droit et véridique. Or, ces qualités morales sont toutes des vertus cachées. Aussi se base-t-on, pour conclure à leur existence, sur une présomption.[9]

 

  1. LES CONDITIONS DU MUJTAHID par le professeur ‘Abd al Wahhâb Khallaf dans son ouvrage ‘Ilm Uṣûl al Fiqh (en résumé) :

  • Connaître parfaitement la langue arabe.
  • Connaître les versets coraniques normatifs qui ne sont pas très nombreux. Le Mujtahid pourra se référer aux ouvrages consacrés à leur rassemblement.
  • Connaître la Ḥadîths normatifs avec la fiabilité des transmetteurs et le degré de fiabilité des Ḥadîths. Le Mujtahid pourra se référer aux ouvrages spécialisés en la matière.
  • Être capable et connaître le raisonnement analogique (Al Qiyâs). En outre, il s’agit de connaître la raison et le but des prescriptions.
  • Il est naturellement demandé au Mujtahid de vivre dans le « réel » et donc d’avoir une bonne connaissance des cas traités et être capable d’agir en fonction de l’intérêt des gens et en connaissant les usages.
  1. LES CONDITIONS DU MUJTAHID par le professeur Hasan Amdouni dans son ouvrage Uṣûl al Fiqh (en résumé) :

  • Connaître le Coran et ses sciences. Il n’est pas exigé de l’avoir mémorisé en entier.
  • Connaître la Sunnah et ses sciences afin de distinguer la chaîne juste de la fausse.[10]
  • Connaître les différents cas de consensus.[11]
  • Maîtriser les Uṣûl al Fiqh (fondements du droit).
  • Connaître la langue arabe et ses sciences permettant de comprendre les textes légaux : grammaire, conjugaison, science des idées (‘Ilm al Ma’ânî), science de l’exposé (‘Ilm al Bayân), philosophie de la langue, sémantique…

NOTE AL AMÂNAH : La majorité des conditions posées pour avoir le droit de recourir à l’Ijtihâd le furent par les Hommes et non explicitement par le Coran et la Sunnah. Aussi, il pourrait être intéressant de s’intéresser aux conditions citées uniquement dans le Coran et la Sunnah, sachant qu’ils constituent les deux seules sources fondamentales de l’islam, puis de s’intéresser à la pertinence des quelques conditions mentionnées par les savants.

REMARQUES ET PISTES DE RÉFLEXION SUR L’IJTIHÂD

D’une part, il est intéressant de remarquer que l’islamité n’est pas mentionnée comme condition de l’Ijtihâd. D’autre part, remarquons qu’il n’est jamais précisé que la « Ijâzah » serait un préalable à l’Ijtihâd. A ce titre, rappelons que plusieurs écoles (sunnites) traditionnelles ne délivrent aucune Ijâzah, à l’instar de certaines écoles de Mauritanie. De même, aujourd’hui de nombreux étudiants suivent un parcours scientifique dans les universités et n’obtiennent pas à proprement parler une Ijâzah, mais plutôt des diplômes sanctionnant un niveau d’étude (et non de maîtrise).

De plus, après avoir énoncé, d’après plusieurs sources, les conditions de l’Ijtihâd, pensez-vous vraiment que ce niveau soit inaccessible ?

Pour nous la réponse est assurément « non ». Certes, nous n’affirmons pas que cela soit à la portée de tout un chacun, mais il semble évident que ce niveau est accessible à toute personne qui s’investit dans l’étude sérieuse des sciences islamiques avec l’esprit de la recherche et non, comme l’affirment certains, qu’il est absolument inaccessible et que cela fait des siècles que plus personne ne l’a atteint. De plus, ajoutons qu’il y a de nombreuses divergences quant aux conditions à remplir précisément.

Comment un tel discours pourrait être audible alors que des centaines de personnes de par le monde mémorisent le Coran, l’étudient, le commentent, tout comme ils étudient la Sunnah, les différents fondements du droit ou encore la langue arabe depuis plusieurs années ? Quelle condition susmentionnée ne remplissent-ils pas ?

Ainsi, plusieurs questions se posent :

  • Si des personnes remplissent de nos jours les conditions de l’Ijtihâd susmentionnées, pourquoi ne pourraient-elles pas recourir à un nouvel Ijtihâd ? Pourquoi devrait-elle rester figée dans les avis juridiques du passé ?
  • Qui a autorité pour fermer les portes de l’Ijtihâd ? Cela vient-il du Coran ou de la Sunnah véritable ?
  • Pourquoi, alors que les conditions de l’Ijtihâd sont en réalité accessibles à plus d’une personne encore de nos jours, nous rabâche-t-on sans arrêt que les savants tardifs (Muta`akhkhirûn), notamment chez les sunnites, ont interdit de suivre un autre avis que celui des 4 Ecoles ?

Qu’Allah nous permette de comprendre.

Equipe Al Amânah

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[1] C’est-à-dire l’effort intellectuel, par la connaissance des outils nécessaires, entreprit par une personne de science pour déterminer le Ḥukm (statut juridique) d’une action.
[2] Nous posterons une publication à ce sujet et sur la pertinence ou non de cette classification.
[3] NOTE AL AMÂNAH : Ces trois premières conditions sont remplies par des millions de personnes sur Terre.
[4] NOTE AL AMÂNAH : Concernant les sciences susmentionnées, le niveau minimum attendu est celui de « MOYEN » et il sera nécessaire d’avoir un niveau supérieur en arabe. Autrement dit, des milliers, voire millions, de personnes peuvent parfaitement remplir ces conditions de nos jours en consacrant un temps raisonnable à leur apprentissage.
[5] NOTE AL AMÂNAH : Nous reviendrons sur cette notion de « consensus », mais retenons déjà que cette condition n’a pas beaucoup de sens car un véritable consensus est, pour ainsi dire, irréalisable et invérifiable. Ainsi, il n’est tout simplement impossible de connaître les cas de consensus (Ijmâ’). Toutefois, même à considérer que cela est possible, rappelons qu’ils ne sont que très rares.
[6] NOTE AL AMÂNAH : Premièrement, ces sciences sont aujourd’hui connues par des milliers de personnes mais, deuxièmement, plusieurs savants précisent qu’il suffit, pour remplir cette condition, de se référer aux ouvrages références rédigés par des spécialistes en la matière.
[7] NOTE AL AMÂNAH : Effectivement, comment le fait de connaître les autres avis de Fiqh sur une question pourrait être obligatoire, alors qu’il est précisément demandé à celui qui fait l’Ijtihâd de s’émanciper et de s’affranchir des autres avis ?!
[8] NOTE AL AMÂNAH : Voir note précédente sur la condition de la connaissance des consensus. De plus, nous précisons également que des milliers de personnes, sont parfaitement capables d’atteindre le niveau susmentionné.
[9] NOTE AL AMÂNAH : Nous avons vu précédemment que cette condition était, comme beaucoup d’autres, soumise à la divergence. De plus, elle est partiale et subjective.
[10] NOTE AL AMÂNAH : Nous avons vu précédemment qu’il était parfaitement possible dans ce cas de se référer aux ouvrages spécialisés.
[11] NOTE AL AMÂNAH : Voir note précédente sur la condition de la connaissance des « consensus ».

 

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