Sunna et manipulation du texte coranique (n°3) : « Obéir à Dieu et Son Messager » ?

Dans le Coran, nous lisons à plusieurs reprises qu’il est demandé « d’obéir* à Dieu et d’obéir à Son Messager (Rasûl) ». De même, nous remarquons que jamais cette formule coranique n’utilise un autre terme que Rasûl (Messager). Jamais donc elle n’utilise le terme « Muhammad » ou encore « Nabî » (Prophète).

Or, Dieu n’employant pas des termes de manière hasardeuse, il faut donc constater deux points importants quant à cette formulation :

1. Il n’est jamais avancé que l’obéissance au Messager serait différente de celle envers Dieu. De même, cette formule n’indique absolument pas que l’obéissance en vers le Messager implique une autorisation à légiférer en sus ou différemment du Coran, c’est-à-dire d’ajouter des règles et des lois à celles qu’il reçoit de Dieu.

A titre d’exemple, si un agent de police demande à un groupe d’individus d’obéir aux ordres qu’il donne, cela ne signifie pas qu’il aurait la capacité de faire la loi. On ne comprend pas de cette situation que l’agent aurait le pouvoir de légiférer et que le fait d’obéir à son ordre revient à accepter l’idée qu’il puisse légiférer. Chacun sait que l’agent possède, par délégation, le pouvoir exécutif, c’est-à-dire le pouvoir de faire exécuter la loi. Mais en aucun cas cet individu ne possède le pouvoir législatif, c’est-à-dire celui de faire la loi. Obéir à quelqu’un n’implique donc pas que ce dernier puisse légiférer, qui plus est de façon universelle et intemporelle.

Ainsi, dire qu’il faut obéir au Messager n’implique pas qu’il faudrait obéir à des lois qu’on lui attribue (des siècles après sa mort), alors qu’elles ne se trouvent pas dans le Coran, le Message divin.

2. Dire qu’il faut obéir au Messager implique forcément de connaître le rôle du Messager. Or, ce rôle est clairement défini par Dieu dans Son Kitâb.

On constate, à travers de multiples versets, que le rôle du Messager (Rasûl) est principalement de transmettre/enseigner le Message (Risâlah) qu’il reçoit de la part de Dieu. Son rôle est donc en premier lieu celui d’un transmetteur fiable, fidèle, sincère, scrupuleux et pieux. De même, on constate qu’il se doit de suivre scrupuleusement ce qui lui est révélé, sans rien modifier, qu’il se doit de l’appliquer, de le réciter, de juger selon la Révélation, d’appeler les gens à adhérer au Message divin et qu’il se doit également d’expliquer aux gens, par le Coran, c’est-à-dire en utilisant le Message qu’il reçoit, la voie de guidée.

En somme, pas un seul verset, parmi les plus de 6000 versets que contient le Coran, n’autorise le Messager à légiférer en sus ou différemment du Coran. Bien plus, Dieu affirme et confirme que Son Messager ne cherchait pas d’autre source de législation pour juger que le Coran, qu’il ne faisait que suivre fidèlement la Révélation et qu’il n’a rien ajouter à celle-ci.

CONCLUSION : Il semble évident que la seule source de Législation (universelle, intemporelle et divine) en islam est le Coran, le Kitâb de Dieu, et que la véritable Sunnah prophétique consiste à s’attacher scrupuleusement à la Révélation et de légiférer selon elle, comme le fit logiquement le Prophète en son temps et son contexte, et non en sus ou différemment d’elle.

Que Dieu nous permette de comprendre.

***

*En réalité, il s’agit davantage, linguistiquement, d’adhésion que d’obéissance, car le terme Ṭâ’ah est davantage lié à la notion de consentement, de coopération, de collaboration, de volonté ou encore d’assentiment. Qu’il s’agisse de la Ṭâ’ah envers Dieu ou Son Messager par exemple, il n’est en fait pas question d’obtempérer ou de se soumettre même à contre coeur, il est question d’adhérer, de rejoindre, de consentir à suivre ou encore de souscrire et d’appliquer avec assentiment.

%d blogueurs aiment cette page :
search previous next tag category expand menu location phone mail time cart zoom edit close