Où est passé le « fameux » tafsîr de l’imâm Al-Ash’arî en 500 volumes ?

On prétend qu’Al Ash’arî aurait rédigé une exégèse du Coran intitulée Al-Mukhtazan et ce, en 500 volumes ! L’Imâm Al-Kawtharî a dit qu’il consacra une longue recherche à essayer de trouver un manuscrit ou un quelconque écrit lié à ce fameux tafsîr… Mais il ne trouva rien. L’Imâm As-Sayyid Muḥammad al-Khidr Ḥusayn at-Tunîsî a dit :

ومنها تفسيره المسمى بـ((المختزن))، قال القاضي أبو بكر بن العربي في كتاب (القواصم والعواصم): انتدب الأشعري إلى كتاب الله فشرحه في خمسمائة مجلد، وسماه بالمختزن، ومنه أخذ الناس كتبهم، ومنه أخذ عبدالجبار الهمداني كتابه في تفسير القرآن الذي يسمى بالمحيط في مائة سفر، ثم ذكر ابن العربي أن الصاحب ابن عباد بذل عشرة آلاف دينار لخازن الكتب في بغداد، فألقى النار في الخزانة، فاحترقت الكتب واحترق من بينها ((المختزن)) ولم تكن منه إلا نسخة واحدة، فنفدت من أيدي الناس، وكان الصاحب بن عباد على مذهب المعتزلة، ولأبيه عباد بن عباس كتاب أحكام القرآن ينصر فيه مذهب الاعتزال

« Parmi (ses ouvrages), on trouve son tafsîr nommé Al-Mukhtazan (La provision). Le Qâḍî Abû Bakr ibn al-‘Arabî a dit dans son livre Al-qawâṣim wal-‘awâṣim ce qui suit : “Al-Ash’arî s’est tourné vers le Kitâb de Dieu (Coran), l’a commenté en 500 volumes et l’a appelé Al-Mukhtazan. A partir de lui, les gens ont rédigé leurs ouvrages et ‘Abd al Jabbâr al Ḥamdânî l’a utilisé pour son livre exégétique du Coran que l’on appelle Al-Muḥîṭ sur cent livrets. Puis Ibn al-‘Arabî a mentionné qu’As-Ṣâḥib ibn ‘Abâd a octroyé 10 000 dinars au gardien des livres de Bagdad afin de déclencher un incendie dans la bibliothèque. Les livres brulèrent dont Al-Mukhtazan. Il ne resta de lui qu’une copie qui se perdit (au fil du temps). Le Ṣâḥib d’Ibn ‘Abbâd était mu’tazilite et son père, ‘Abbâd ibn Abbâs, avait un livre intitulé Aḥkâm al-Qur`ân dans lequel il défendait l’école du mu’tazilisme. »

Deux choix s’offre alors à nous :

  • Soit nous disons que cette histoire est forgée de toute pièce, sachant qu’il ne subsiste aucun manuscrit et aucune copie de l’exégèse en question.
  • Soit nous disons qu’elle est vraie et alors il faut admettre qu’il y eut de nombreux autres livres qui ont pu subir le même sort. En conséquence, la compréhension des textes, notamment celle du Coran, ne se limite pas aux écrits de ceux qui ont subsisté « grâce » aux manigances du pouvoir politique ou parce que les flammes les ont épargnés.

A bon entendeur…

 

Rédaction LVDH

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