Qui sommes-nous ?

« Qui êtes-vous pour parler ?! »

De simples êtres humains, des grains de sable dans l’univers…

Cette phrase n’est pas la première du genre tenue par des individus qui nous interpellent en demandant qui nous sommes pour avoir un avis, pour ne pas être parfois d’accord, pour émettre une critique et autres du même genre… La réponse de l’interlocuteur nous interrogeant est pour lui évidente : nous ne sommes personne, nous ne possédons aucun diplôme de spécialistes, ne sommes pas des érudits, sommes inconnus au bataillon…

Que dire ? Eh bien que cette personne à parfaitement raison. Nous ne sommes personne en particulier et nous n’avons jamais prétendu être des gens qu’il fallait absolument écouter, suivre, admirer, considérer ou autres. Ceci dit, cette personne n’est rien non plus pour se permettre de vouloir nous faire taire ou encore pour dire qui a raison et qui a tort. Elle, et tant d’autres ici et ailleurs, se permettent pourtant de parler, de se prononcer, de donner leurs avis, de mettre en avant des idées et idéologies le plus librement possible tout en le faisant très souvent sous pseudo, sans photo, sans donner des informations réelles sur elles (faux prénom, faux nom, faux lieu de naissance, faux lieu de résidence, fausse date de naissance…). Ils sont libres et nous sommes libres… ou bien aurait-il des droits que nous n’avons pas ?

Toutefois, cela implique-t-il, comme cet individu le prétend, que nous n’avons pas le droit de parler ? C’est ici que nous sommes en total désaccord.

Alors à la question « qui êtes vous pour parler ? », nous répondons que nous sommes des citoyen français et de simples musulmans, dotés d’une capacité à raisonner, à réfléchir et à rechercher.

De simples musulman à qui Dieu s’adresse via Son Coran comme à des milliards d’individus. De simples musulmans qui ne veulent pas suivre aveuglément et qui s’attachent aux arguments avant de s’attacher aux gens qui en sont les auteurs.

De simples musulmans qui respectent le travail des théologiens de tout bord, mais qui ne divinisent pas ces gens, ne sacralisent pas leur travaux, savent qu’il peut y avoir un fossé entre ce qu’on leur attribue et ce qu’ils ont pu réellement dire, et qui se permettent d’être critiques avec ce qui semble totalement ubuesque parfois ou tout simplement incohérent, paradoxal ou infondé.

De simples musulmans, époux, pères et amis, qui essaient d’œuvrer, à leur modeste niveau, pour améliorer l’image très négative que l’on donne parfois de l’islam et qui tentent d’œuvrer pour plus d’esprit critique et pour que la Parole de Dieu soit prioritaire dans le raisonnement.

De simples musulmans qui ne jouissent pas d’un cursus universitaire hors du commun, mais qui, via celui-ci et des recherches personnelles, principalement dans le domaine des sciences humaines et religieuses, ont appris à user de l’esprit critique, ont été initié à la recherche et qui ont acquérir des compétences en termes de méthode et de savoir-faire ou encore des connaissances générales et spécialisées dans certains domaines liés à l’histoire, la géographie, l’historiographie, l’archéologie, la sociologie, l’économie, la philosophie, etc.

De simples musulmans qui ne prétendent à aucune érudition en matière de sciences islamiques, mais qui furent toujours intéressés et attachés à l’étude, la recherche et l’analyse critique avec les moyens à leur disposition. Nos parcours jouissent d’ailleurs de certaines similitudes, déjà en ayant suivi le parcours très humble du simple musulman désirant mieux connaître sa religion. Ce parcours a débuté via des cours dans différentes mosquées avec divers professeurs (notamment dans l’apprentissage du Coran, du Tajwîd et de l’École de droit Mâlikite) et par des lectures personnelles. Par la suite, il s’est poursuivi de façon plus organisée, soutenue et rigoureuse à travers divers instituts et associations nous ayant donné accès à des connaissances plus ou moins ordinaires et des profits en matière de ‘Aqîdah, de Tazkiyyah, de Fiqh Muqâran (comparé) dans les ‘Ibâdât et les Mu’âmalât, de Fiqh d’après l’approche Hanafite et Mâlikite, de Uṣûl al Fiqh, de Maqâṣid de la Sharî’ah, de langue arabe, d’Histoire (Sîrah, civilisation et Fiqh) ou encore de sciences du Coran et du Hadîth, mais également via de nombreuses lectures et recherches personnelles en parallèle, tout en suivant les cours de plusieurs intervenants du monde arabophone et francophone. Cet apprentissage continue jusqu’à aujourd’hui, notamment en langue, Histoire et coranologie, le visionnage de diverses interventions filmées de chercheurs et professeurs sur diverses thématiques et la lecture de plusieurs ouvrages ou articles en lien avec ces domaines. En somme, nous ne sommes spécialistes de rien, intéressés par plusieurs domaines, mais érudits dans aucun d’entre eux, et donc nous ne prétendons à aucun titre et aucun domaine d’excellence, tout juste celui d’avoir pu approfondir certaines thématiques avec des professeurs, des étudiants et via des recherches personnelles.

En conséquence, et sans être guidés par la modestie pour ce qui va suivre, nous ne revendiquons aucune légitimité à parler, si ce n’est celle que possède tout musulman a qui, en tant qu’être humain et croyant, le discours divin s’adresse dans son essentiel via le Coran. Nous ne réclamons donc aucun autre droit que celui que tout musulman a d’être libre de réfléchir, de rechercher et de défendre ce qui lui semble juste et cohérent en étant fidèle à sa foi et sa conception des choses. Nous n’appelons à aucun suivi, encore moins aveugle, mais nous revendiquons le droit de critiquer et de discuter ce qui nous semble critiquable et discutable. La vérité n’est l’apanage d’aucun groupe, d’aucune secte et d’aucun courant en particulier, et personne ne peut imposer à autrui de se taire quand Dieu, Lui-même, invite les êtres humains dans leur ensemble à user de leur capacité à raisonner et à faire preuve d’esprit critique.

D’aucuns prétendent, sans preuve, qu’il faut être spécialiste pour comprendre le Coran. Tu entends les apprentis clercs de l’islam interdire aux musulmans de la masse d’avoir un esprit critique et de refuser d’adhérer à tout ce qu’on veut leur faire avaler sous couvert d’arguments d’autorité dont le contenu est parfois totalement infondé et indémontrable…

Notre conviction profonde, en tant que croyant et d’après la présentation que Dieu fait de Son Kitâb, est que le Message essentiel et primordial de Dieu est accessible à toutes et tous en matière de crédo, d’éthique, de spiritualité et de législation. Dès lors, la croyance essentielle, l’éthique primordiale ainsi que le licite et l’illicite sont clairs dans le Coran et plusieurs Ḥadîths « confirment » par ailleurs cela. Nul besoin de dizaines d’années d’études en plein désert, de centaines de Ijâzât en tout genre et de milliers de professeurs pour comprendre l’essentiel d’un message divin qui se veut, dès l’origine, destiné à l’humanité dans son entièreté et en premier lieu aux tribus du désert d’Arabie.

Certes, des subtilités et des profits ne sont accessibles qu’aux érudits qui nous les transmettent, et que Dieu récompense grandement ces gens par lesquels nous profitons de plusieurs sagesses et fruits de l’arbre coranique. Toutefois, en dehors de ces subtilités qui sont assez secondaires dans le message, l’essentiel de celui-ci est clair et accessible au plus grand nombre avec un minimum de fondamentaux.

Aussi, si certains se permettent d’adhérer aux idées de théologiens qu’ils ont érigé en idoles et en représentants de l’orthodoxie, qu’est-ce qui empêche des musulmans au moins aussi capables et compétents que ces apprentis clercs de ne pas adhérer aux idées d’autres chercheurs et théologiens et de les mettre en avant également s’ils les considèrent plus justes et cohérentes ? Pourquoi pourraient-ils se permettre de propager les idées auxquelles ils adhèrent et que d’autres musulmans, ayant autant de droit qu’eux, ne pourraient pas en faire autant ? Sont-ils investis d’une mission divine et les autres non ? Sont-ils les grands défenseurs de la foi et de l’islam ? Sont-ils ceux qui déterminent le bien, le mal, le juste, l’injuste, le permis, l’interdit, l’acceptable ou encore le détestable ?

En bref, et en conclusion, nous ne sommes rien que de simples citoyen de confession musulmane, hétérodoxe au sens de non conformiste, qui ne revendiquent détenir aucune vérité, mais juste le droit et le devoir parfois, de s’exprimer librement, de défendre comme d’autres le font les positons qu’ils croient les plus justes et les plus fondées, et de le faire avec l’approche qu’ils souhaitent et dans l’optique de créer l’échange respectueux et enrichissant. Nous ne sommes ni savant, ni spécialiste, ni érudit, ni dotés de grande capacité ou de connaissance hors du commun. Des êtres humains, de passage, qui cherchent à mieux comprendre le message de Dieu et qui sont conscients que plus d’un millénaire d’histoire et d’influence en tout genre ont toujours laissé des traces, plus ou moins positives… L’islam n’est, à ce titre, pas une exception.

Ceci dit, le but de ce site est évidemment de faire naître la réflexion, l’esprit critique, l’analyse raisonnée et, au final, de contribuer à développer la capacité de distinguer ce qui, au niveau de l’islam, relève de l’interprétation des Hommes et ce qui relève de ces sources fiables, sûres et explicites.

Notre volonté est simplement de pousser à la réflexion et à la préservation de l’esprit critique dans une démarche sincère, tout en luttant contre le fanatisme et l’esprit partisan, d’où qu’ils viennent, ainsi que contre les divisions qui minent la communauté musulmane et la société en générale et ce, à travers l’acceptation de la divergence et la mise en avant de l’Ijtihâd plus ou moins contemporain via le partage de travaux effectués par des chercheurs notamment.

Que Dieu nous unisse et nous permette d’œuvrer avec les meilleures intentions.

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